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lundi, octobre 31, 2016

Présidentielle américaine: «Le pire reste à venir»

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Publié le 31 octobre 2016 à 07h15 | Mis à jour à 09h31
Donald Trump aime tenir des rassemblements dans des... (photo eric thayer, archives the new york times)
PHOTO ERIC THAYER, ARCHIVES THE NEW YORK TIMES
Donald Trump aime tenir des rassemblements dans des petites villes où il est littéralement la personne la plus célèbre à jamais y avoir mis les pieds. En retour, Trump cite ces foules comme la preuve de l'existence d'un mouvement majeur en sa faveur, une affirmation reprise et diffusée par les médias nationaux, explique Angelo Carusone, de Media Matters.

La campagne présidentielle de Donald Trump, remplie d'attaques personnelles et de désinformation, vous exaspère ? Vous n'avez encore rien vu : l'avenir du débat politique aux États-Unis s'annonce plus houleux encore, explique Angelo Carusone, vice-président à la direction de Media Matters, une organisation progressive sans but lucratif qui analyse les médias aux États-Unis. La Presse l'a joint à New York.
Donald Trump aime tenir des rassemblements dans des... (photo damon winter, archives the new york times) - image 1.0
Donald Trump aime tenir des rassemblements dans des petites villes où il est littéralement la personne la plus célèbre à y avoir jamais mis les pieds. En retour, Trump cite ces foules comme la preuve de l'existence d'un mouvement majeur en sa faveur, une affirmation reprise et diffusée par les médias nationaux, explique Angelo Carusone, de Media Matters.
PHOTO DAMON WINTER, ARCHIVES THE NEW YORK TIMES
En comparaison des campagnes de John McCain en 2008 et de Mitt Romney en 2012, la campagne de Donald Trump se démarque par la quantité d'informations inexactes véhiculées par le candidat et par ses attaques misogynes et racistes. Est-ce que le ton de la campagne vous étonne ?
Il ne m'étonne pas. L'écosystème médiatique de la droite américaine s'est radicalisé durant la présidence de Barack Obama. Donald Trump l'a compris et exploite cette tendance. Nous avons vu la montée en force de sites comme Breitbart News, le Daily Caller ou divers sites et émissions de radio sur le Net. Ces médias n'ont aucun mal à mentir et à ouvertement faire de la désinformation - tant que cela fait avancer leurs idées politiques. Leur auditoire est de plus en plus homogène et composé de nationalistes blancs, de nationalistes ethniques, d'adeptes des théories du complot et de militants antigouvernementaux, etc.
Nous savons que Donald Trump a employé des recherchistes pour suivre et analyser ces médias avant de se lancer dans la course et qu'il s'est imprégné et inspiré de ces mouvements. Il s'inspire aussi de l'animateur de radio Michael Savage, qui a dit à ses auditeurs que les soldats qui souffrent de stress post-traumatique étaient « faibles », ce que Trump a lui-même suggéré récemment. Trump s'adresse à ces gens en des termes très directs depuis les tout premiers jours de sa campagne, et il a gagné leur appui. L'été dernier, Trump a d'ailleurs embauché Steve Bannon, le bouillant patron de Breitbart News, pour lui confier la direction de sa campagne présidentielle.
Les sondages donnent une avance à Hillary Clinton. Pourtant, on n'entend que très peu parler de ses partisans, alors que ceux de Trump monopolisent toute l'attention et les conversations. Pourquoi, selon vous ?
C'est en partie dû aux styles très différents de leurs campagnes. Mme Clinton organise de grands rassemblements, mais elle rencontre aussi des petits groupes d'électeurs, fait des tables rondes plus intimistes, etc. Donald Trump ne fait que de gros rassemblements, basés autour de sa personnalité et de sa célébrité, sans avoir une organisation politique traditionnelle de terrain derrière. Aussi, Trump aime tenir des rassemblements dans des petites villes où il est littéralement la personne la plus célèbre à y avoir jamais mis les pieds. Des gens font des heures de route pour aller le voir. En retour, Trump cite ces foules comme la preuve de l'existence d'un mouvement majeur en sa faveur, une affirmation reprise et diffusée par les médias nationaux.
Vos analyses concluent régulièrement que, pour les médias grand public américains, c'est deux poids et deux mesures quand vient le temps de parler de Donald Trump et de Hillary Clinton...
Oui, tout à fait. Les médias exigent de Mme Clinton qu'elle respecte des normes élevées qui ne sont pas imposées à Donald Trump. Par exemple, avant le premier débat, les journalistes, analystes et commentateurs répétaient que « la barre était extrêmement haute » pour Mme Clinton dans ce débat, tandis que Donald Trump n'avait qu'à se tenir debout sur ses deux pieds pour réussir son débat. Dans ce cas comme dans d'autres, l'idée du « deux poids, deux mesures » est ouvertement acceptée par la presse. C'est une chose que nous avons vue tout au long de la campagne.
Croyez-vous que la campagne de Trump est une anomalie, ou bien qu'elle est devenue la nouvelle norme dans le débat politique américain ?
Ce que l'on voit n'est pas la nouvelle norme : le pire reste à venir. Je suis sérieux. Durant la campagne électorale de 2008, les médias de droite étaient en colère. À l'été 2009, durant la première année de la présidence d'Obama, ils étaient encore plus en colère : les activistes conservateurs l'avaient d'ailleurs baptisée « l'été de la rage ». Les gens de droite organisaient des manifestations à tous les évènements publics des élus. Ils n'y allaient pas pour manifester contre un enjeu ou un autre, ils y allaient tout simplement pour crier et hurler que le président était dangereux, mauvais et illégitime. Cette année, je pense qu'une fois que le brouillard de la campagne va s'être dissipé, les médias de droite comme Breitbart vont monter le ton dans leurs critiques contre Hillary Clinton et son programme, et aussi dans leurs attaques contre des républicains. Ils vont se battre pour prendre le contrôle à l'interne, pour que les gens dans le parti qui pensent comme eux prennent du galon et que les autres perdent leur influence.

Le PQ propose deux mesures pour soutenir les créateurs face au numérique

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Publié le 28 octobre 2016 à 14h53 | Mis à jour le 28 octobre 2016 à 15h39
Jean-François Lisée note que les revenus de TVQ perdus... (Mike Blake, archives Reuters)
Jean-François Lisée note que les revenus de TVQ perdus chez le
distributeur de films Netflix sont évalués à quelque 7 millions.
MIKE BLAKE, ARCHIVES REUTERS

PIERRE SAINT-ARNAUD

La Presse Canadienne
MONTRÉAL
Devant l'effondrement des revenus des créateurs, dont la production ne rapporte plus que des miettes lorsqu'elle est distribuée en ligne, le Parti québécois (PQ) propose deux mesures dans l'espoir de freiner la saignée.
Le chef péquiste Jean-François Lisée et sa porte-parole en matière de culture, Martine Ouellet, suggèrent d'imposer la taxe de vente du Québec (TVQ) à tous les contenus culturels vendus en ligne au Québec.
Mme Ouellet soutient que, même si les grands distributeurs de contenu ont leur place d'affaires et leurs serveurs à l'extérieur de la province, le Québec a le pouvoir de légiférer pour les assujettir à la TVQ «On peut déterminer (les ventes en ligne) comme étant des ventes au Québec», a affirmé Martine Ouellet, vendredi en conférence de presse à Montréal, ajoutant que cette taxe n'a même pas à être récoltée directement auprès des géants du web.
«Les intermédiaires que sont les fournisseurs de cartes de crédit pourraient aussi (...) aller saisir la TVQ. C'est essentiel, sinon c'est de la concurrence déloyale», a-t-elle soutenu.
Jean-François Lisée note que les revenus de TVQ perdus chez le seul distributeur de films Netflix sont évalués à quelque 7 millions $, ce qui laisse entrevoir des entrées de fonds importantes si on comptabilise l'ensemble des Spotify, iTunes, GooglePlay et autres distributeurs en ligne.
«L'objectif, c'est de soutenir les créateurs parce que ce sont eux qui sont victimes des modes de distribution», a fait valoir M. Lisée.
«Les sous qu'on veut aller récupérer par la TVQ sont des sous qu'on voudra redistribuer aux créateurs. Comment nous allons le faire? On va en discuter avec l'UDA (Union des artistes), avec l'ADISQ (Association de l'industrie du disque, du spectacle et de la vidéo), avec la Guilde des musiciens», a-t-il ajouté.
Le Parti québécois propose également de faire en sorte que les distributeurs en ligne affichent sur leurs pages d'accueil, au Québec, un minimum de 65 % de contenu francophone québécois et un autre 5 % de contenu culturel québécois dans les autres langues. Cette pratique pourrait être instituée soit par voie législative, réglementaire ou par simple négociation.
M. Lisée ne propose nullement de restreindre l'accès au contenu international sur ces sites, mais bien de mettre en vitrine les produits québécois.
Il fait valoir que 50 % de la musique achetée en magasin par les consommateurs québécois est québécoise, mais que cette proportion chute à moins de 15 % en ligne. «Pourquoi? Pas parce que son goût a changé; c'est parce que l'offre qui lui est donnée dans la vitrine est de façon prédominante non francophone et non québécoise», a affirmé le chef péquiste.
Martine Ouellet a reconnu que les créateurs auraient davantage à gagner d'une application plus serrée de la Loi sur les droits d'auteur ou de l'établissement de redevances auprès des grands agrégateurs de contenus culturels comme Netflix, Spotify, iTunes, GooglePlay et autres, mais elle a souligné qu'il s'agit là d'outils de juridiction fédérale.
«Ces outils seront disponibles une fois que le Québec sera indépendant», a-t-elle laissé tomber.
Mme Ouellet en a profité pour blâmer au passage le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) pour avoir négocié des tarifs à rabais pour les créateurs québécois et canadiens au profit des géants du web.

Policiers et migrants s'affrontent dans les rues de Paris

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Publié le 31 octobre 2016 à 08h13 | Mis à jour à 10h23
Environ 5000 adultes ont été évacués ces derniers... (PHOTO AFP)
Environ 5000 adultes ont été évacués ces derniers jours vers
 des centres disséminés sur l'ensemble de la France.
PHOTO AFP

ZOÉ LEROY

Agence France-Presse
Calais
Plusieurs pelleteuses finissaient de déblayer lundi les ruines de la «Jungle» de Calais, face aux côtes anglaises, dernière étape de la démolition du plus grand bidonville de France, mais la question de l'accueil des migrants a ressurgi à Paris.
Encore occupé il y a peu par 6000 à 8000 migrants désireux de rejoindre l'Angleterre, le plus grand bidonville de France sera entièrement rasé d'ici lundi soir au terme d'une opération de démantèlement lancée la semaine dernière, selon le programme prévu par les autorités.
Environ 5000 adultes ont été évacués ces derniers jours vers des centres disséminés sur l'ensemble du pays. Quelque 1500 mineurs, rassemblés dans un centre d'accueil dédié, attendent encore sur place l'examen de leur dossier par les autorités britanniques, avec l'espoir de franchir la Manche, grâce aux dispositions sur le regroupement familial et sur les personnes vulnérables.
Pour empêcher la reconstitution d'un bidonville et lutter contre l'immigration irrégulière, un dispositif «sera maintenu» et «les forces de police resteront» sur place, promettait récemment le ministre français de l'Intérieur Bernard Cazeneuve. Le précédent démantèlement du camp de Sangatte, en 2002, n'avait pas stoppé le flux des exilés qui rêvent de refaire leur vie outre-Manche.
Le camp de Calais à peine rasé, les effets de la crise migratoire sans précédent que connaît l'Europe surgissent ailleurs: depuis quelques jours, un campement peuplé de Soudanais, d'Érythréens, d'Afghans ou de Lybiens ne cesse de grossir dans un quartier populaire du nord de Paris, avec 2000 personnes environ installées à même les trottoirs.
Une opération de «contrôle administratif» était en cours lundi matin dans ce camp de fortune. Tout le week-end, de nombreux responsables politiques, dont le chef de l'État François Hollande, ont promis de l'évacuer dans le courant de la semaine.
Lundi, une pelleteuse s'affairait à déblayer des matelas et des couvertures. «S'ils ne nous donnent pas d'abri, pourquoi détruisent-ils nos maisons ?», s'interrogeait un Afghan. «Il ne me reste plus rien, je n'ai plus que mes vêtements, mes chaussures et mes documents», déclarait un autre migrant.
«Situation humanitaire dramatique»
Bien décidé à redorer le blason humanitaire du pays et à faire oublier sa gestion tardive de la vague migratoire, le président Hollande a promis samedi que la France ne tolérerait plus sur son sol de camps improvisés comme celui de Calais qui «n'était pas digne de ce que peut être l'accueil de la France».
Très engagée sur la question de l'accueil des réfugiés, la Maire de Paris Anne Hidalgo a adressé une lettre au gouvernement français pour lui rappeler «l'absolue nécessité» de démanteler le camp de fortune du nord de Paris, dans une «situation humanitaire et sanitaire dramatique».
Anne Hidalgo critique dans sa lettre «cette méthode qui consiste à attendre le point de rupture pour héberger».
La mairie de Paris a prévu d'ouvrir prochainement un centre d'accueil humanitaire de 400 lits, pour prendre en charge les migrants pendant quelques jours avant de les répartir sur des structures d'hébergement plus pérennes en régions.
Mais «ce lieu n'a pas vocation à accueillir les migrants déjà présents à Stalingrad: ce n'est pas sa fonction, il n'en a, par ailleurs, pas la capacité», a prévenu la mairie.
Le gouvernement travaille de son côté pour créer près de 9000 places supplémentaires dans des centres d'accueil aux quatre coins de France. Le programme de répartition ne suscite pas toujours l'enthousiasme des localités concernées, avec des mouvements de protestation souvent portés par l'extrême droite, à moins de six mois de l'élection présidentielle.
Plus de 300 000 migrants et réfugiés ont traversé la Méditerranée pour se rendre en Europe en 2016, dont au moins 3800 sont morts ou ont disparu pendant la traversée, selon les derniers bilans du Haut-Commissariat de l'ONU aux réfugiés.
L'Italie, l'une des principales portes d'entrée du continent avec la Grèce, a été confrontée en octobre à un nombre record d'arrivées, à plus de 27 000 personnes.