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dimanche, septembre 13, 2015

La fin du monopole

http://www.ledevoir.com/politique/

12 septembre 2015 |Michel David | Québec

Entendre Pierre Karl Péladeau annoncer la fin du monopole péquiste sur la souveraineté était assurément rafraîchissant. Aucun de ses prédécesseurs n’avait encore voulu reconnaître ouvertement la fin d’une hégémonie qui est depuis longtemps chose du passé. Ce n’est qu’un premier pas sur le chemin de l’unité dans la diversité que les souverainistes désespèrent de voir se réaliser un jour, mais il faut bien commencer quelque part.

Celle que Péladeau a choisie pour reprendre le dialogue, Véronique Hivon, estime que la grande erreur a été de considérer la question sous l’angle d’une alliance électorale dont personne ne voulait faire les frais plutôt que de miser sur les points de convergence. Dans toute négociation, on commence en effet par régler les points les moins litigieux, mais il vient néanmoins un moment où il faut bien s’attaquer au coeur du problème.

En réalité, l’intransigeance manifestée par les partis ne reflète pas les sentiments de leurs électeurs. Un sondage Léger Marketing-Le Devoir réalisé en juin 2013 indiquait que 80 % des péquistes, 75 % des partisans d’ON et 62 % des solidaires étaient disposés à voter pour un candidat souverainiste unique. Malgré l’exaspération qui se manifeste chaque fois que des représentants de la société se réunissent dans l’espoir de favoriser un rapprochement, les appareils des partis sont malheureusement incontournables.

Le cas d’Option nationale est relativement simple. Si le PQ s’engage à tenir un référendum dans un premier mandat, il y aura vraisemblablement fusion, comme le prévoient les statuts du parti. Du côté de Québec solidaire, Françoise David semble commencer à envisager un peu plus sereinement l’idée de discuter avec le PQ de PKP, mais il est difficile d’imaginer un quelconque « projet de société » commun aux deux partis. Une forme d’alliance ne peut être que ponctuelle et porter précisément sur la réalisation de la souveraineté, ce qui suppose qu’on s’entende sur la mécanique qui permettrait d’y accéder. Un référendum devrait-il porter précisément sur la souveraineté ou sur un projet de constitution ? Faudrait-il réunir une assemblée constituante ? Avant ou après un référendum ? Faudrait-il deux référendums distincts ?

Il ne s’agit pas là de simples détails, mais cela ne devrait pas constituer un obstacle insurmontable si la volonté politique y est. Le référendum sur l’entente de Charlottetown (1992) a également démontré qu’il est possible pour des partis distincts d’être chapeautés par le même comité parapluie tout en conservant leur identité propre. Les « libéraux pour le non », dirigés par Jean Allaire, avaient alors cohabité sans trop de heurts avec le PQ.


Tout cela sera cependant sans objet sans l’élection d’un gouvernement qui serait en mesure de tenir un référendum, et il est clair qu’une alliance électorale entre les partis souverainistes y contribuerait grandement.

M. Péladeau, qui a visiblement été marqué par sa visite en Catalogne, ne cesse de la donner en exemple. « Il y a deux partis qui sont souverainistes et ils sont ensemble justement pour faire en sorte d’atteindre l’objectif qui est le leur, c’est-à-dire que la Catalogne devienne un parti », a-t-il déclaré lundi.

En prévision de l’élection du 27 septembre prochain, la coalition Junts pel Si (Ensemble pour le Oui) vient de présenter une « feuille de route » qui, au bout de 18 mois, devrait en principe aboutir à une déclaration unilatérale d’indépendance par le Parlement catalan sans qu’il y ait eu référendum, l’état espagnol en ayant refusé la tenue. Madrid n’assistera certainement pas en spectateur à la division du pays, de sorte que la suite des événements paraît très incertaine, mais il est très possible que la coalition, qui mène actuellement dans les sondages, remporte l’élection.


Malgré l’enthousiasme de M. Péladeau, il y a une différence fondamentale avec le Québec. La Catalogne a un mode de scrutin proportionnel qui permet aux partis de la coalition d’additionner leurs voix. Au Québec, le mode de scrutin uninominal à un tour fait en sorte qu’ils se cannibalisent.

Jusqu’à présent, les efforts du Nouveau Mouvement pour le Québec (NMQ) pour favoriser une première candidature unique dans Laurier-Dorion, où la lutte entre le PQ et QS est la plus profitable aux libéraux, n’ont pas abouti.

Quelqu’un devra faire un geste. M. Péladeau pourrait envoyer un puissant signal de sa réelle volonté de faire l’unité des souverainistes en renonçant à y présenter un candidat. Il est assez paradoxal que le PQ ait accepté de s’effacer devant une candidate aussi inconditionnellement fédéraliste que Fatima Houda-Pépin dans l’espoir de battre Gaétan Barrette dans La Pinière, mais qu’il refuse de laisser le champ libre à un souverainiste dans Laurier-Dorion, où le candidat de QS a recueilli près du double des voix de son adversaire péquiste en avril 2014.

Pour Marine Le Pen, "les clandestins deviennent exigeants et arrogants"

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La présidente du FN dénonce le comportement des migrants à Calais, "où ils manifestent presque quotidiennement", et conteste qu'il s'agisse de réfugiés.


Publié le  | Le Point.fr
Devant 250 fidèles, Marine Le Pen a estimé que "l'UMPS se couchait devant les exigences communautaristes."
Marine Le Pen

« Les routiers voient leur outil de travail chaque jour menacé, saccagé, par des clandestins ne reculant devant rien et devenant même arrogants et exigeants, comme à Calais, où ils manifestent presque quotidiennement », a déclaré la candidate aux régionales dans le Nord-Pas-de-Calais-Picardie lors d'un discours devant la permanence de son parti à Hénin-Beaumont axé sur les régionales et l'immigration.
« Nous avons constaté l'étendue des dégâts due à l'ouverture totale des frontières, en effet, les camps illégaux se sont multipliés ces dernières années [...] Nous avions annoncé que l'immigration clandestine se métastaserait dans toute la région si nous ne prenions pas de mesures fermes au niveau national », a-t-elle ajouté.
Marine Le Pen a par ailleurs réagi à l'annonce du ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, d'accorder une aide aux communes qui mettraient en place des dispositifs d'hébergement pour les réfugiés de 1 000 euros par place supplémentaire. « C'est profondément scandaleux », a-t-elle dit, « une fois de plus [...], les Français derniers servis ».

« On est chez nous ! On est chez nous ! »

En outre, elle a estimé que « l'UMP-PS se couch[aient] devant les exigences communautaristes ». « Or, céder au communautarisme, c'est mettre à mal notre unité nationale et lancer un signal aux intégrismes islamistes [...] Je le répète, ceux qui ne veulent pas respecter nos règles de vie doivent quitter la France », a-t-elle poursuivi.
Elle a été acclamée par quelque 250 sympathisants venus écouter son discours. « On est chez nous ! On est chez nous ! » pouvait-on entendre dans le public. Elle a par ailleurs affirmé une nouvelle fois que la France était « confrontée à une immigration économique et non pas à une immigration de réfugiés politiques, car si c'était des réfugiés politiques nous aurions 75 % de femmes et d'enfants et 25 % d'hommes, et pas l'inverse ».
Marine Le Pen a traversé la grande braderie d'Hénin-Beaumont en compagnie de Steeve Briois, le maire FN de la ville, et de Florian Philippot, l'un des vice-présidents du Front national, avant de prononcer son discours. Elle doit entrer officiellement en campagne le 20 septembre.

Affrontements très violents sur l'esplanade des Mosquées à Jérusalem

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Des affrontements ont éclaté dimanche matin sur l'esplanade des Mosquées, dans la vieille ville de Jérusalem, entre la police israélienne et des musulmans.


Publié le  - Modifié le  | Le Point.fr
Des affrontements entre la police et des musulmans sur l'esplanade des Mosquées, photo d'illustration.

De violents heurts ont opposé dimanche sur l'esplanade des Mosquées à Jérusalem des musulmans aux forces de l'ordre israéliennes, qui ont expulsé pour la première fois la garde jordanienne positionnée sur le site sacré ultra-sensible, à quelques heures des célébrations du nouvel an juif. Depuis plusieurs jours, Palestiniens et Arabes israéliens assuraient redouter des affrontements à l'occasion des fêtes juives. La tension était montée après l'interdiction cette semaine par la Défense israélienne des « mourabitoune », un groupe de « sentinelles » musulman qui affirme défendre le troisième lieu saint de l'islam, également le site le plus sacré du judaïsme.
À l'occasion de la nouvelle année du calendrier juif, et comme le leur autorise le statu quo - des règles tacites héritées du conflit de 1967 -, des groupes de juifs se sont rendus sur l'esplanade. De 7 h 30 à 11 heures tous les matins - à l'exception du vendredi, jour de la grande prière musulmane et du samedi, chômé chez les juifs -, les visiteurs non-musulmans sont autorisés à y entrer. Une heure avant leur venue, la police israélienne a investi la mosquée al-Aqsa, où se trouvaient des dizaines de musulmans, ont indiqué des témoins. Des policiers postés sur le toit ont brisé les vitres, des pièces d'antiquité, pour y tirer des grenades lacrymogènes et assourdissantes, ont-ils ajouté. « Les commandos spéciaux sont entrés jusqu'au pied de la chaire où l'imam prononce le sermon », a affirmé à l'AFP Mahmoud Abou Atta, un militant en contact avec les musulmans qui se trouvaient à l'intérieur lorsque la police est intervenue.
Alors que les affrontements se poursuivaient, et sous des colonnes de fumée provoquées par les tirs, plusieurs groupes de visiteurs non-musulmans sont entrés depuis la porte des Maghrébins, la seule réservée aux non-musulmans, tandis que toutes les autres portes étaient fermées par la police israélienne. Parmi eux se trouvait le ministre de l'Agriculture Uri Ariel, un colon habitué aux coups d'éclat, selon les médias israéliens et les manifestants.

Le directeur d'al-Aqsa arrêté

La police israélienne a accusé « des manifestants masqués » d'avoir lancé depuis la mosquée « des pierres et des pétards vers les policiers ». Aux abords de l'esplanade, des policiers déployés en nombre ont pourchassé les manifestants et plusieurs journalistes ont été molestés, dont un photographe de l'AFP. Vingt personnes ont été hospitalisées à l'issue des heurts sur et autour de l'esplanade, a indiqué le Croissant-Rouge palestinien à l'AFP.
À la mi-journée, le calme est revenu et un photographe de l'AFP a vu des dizaines de fidèles déblayer le sol de la mosquée, recouvert de bris de verre, de pierres, et des tapis brûlés. Une porte en bois peint en vert gisait au sol, tandis que des balles en caoutchouc jonchaient l'esplanade.
Le président palestinien Mahmoud Abbas a condamné une « attaque » et des « agressions de fidèles », réaffirmant qu'al-Aqsa et les lieux saints étaient une « ligne rouge » à ne pas franchir. L'organisation des Biens religieux (Waqf), qui gère le site, a dénoncé l'expulsion par les forces israéliennes des gardes positionnés sur l'esplanade par la Jordanie, gardienne du lieu saint selon le statu quo de 1967. « C'est la première fois qu'ils évacuent tous les gardes », a indiqué à l'AFP Firas al-Dibs, porte-parole du Waqf. « Le directeur de la mosquée Al-Aqsa, Omar Kaswani, a été blessé et arrêté », a-t-il ajouté.

Le statu quo en péril

En novembre 2014, la Jordanie, seul pays arabe avec l'Égypte à avoir signé un traité de paix avec Israël, avait rappelé son ambassadeur durant trois mois pour protester contre l'incursion de la police dans al-Aqsa et la fermeture d'une journée du lieu saint, un événement exceptionnel. Dimanche, Amman a appelé le gouvernement israélien à « cesser les provocations » et a dénoncé « des tentatives répétées de modifier le statu quo ». Le Caire a également condamné une « escalade inacceptable ».
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a réaffirmé vouloir « maintenir le statu quo », mais a prévenu : « Il est de notre pouvoir et de notre devoir d'agir contre les émeutiers pour permettre la liberté de culte sur ce lieu saint. »
Ezzat al-Richq, haut dirigeant du Hamas en exil, a dénoncé « un crime de guerre qui vise à entériner le plan israélien de division d'al-Aqsa », tandis qu'à Gaza 500 jeunes ont manifesté à l'appel du mouvement islamiste. Israël cherche à diviser l'esplanade « géographiquement ou via des créneaux horaires séparés », avait déjà accusé vendredi le président palestinien Mahmoud Abbas. C'est de l'esplanade des Mosquées qu'était partie la deuxième Intifada, en réaction à la venue de l'ex-Premier ministre Ariel Sharon en septembre 2000 sur ce site