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samedi, mars 18, 2017

Un homme abattu à l'aéroport d'Orly de Paris

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Publié le 18 mars 2017 à 07h19 | Mis à jour à 09h04
Près de 3000 personnes ont été évacuées du terminal... (Photo Benoit Tessier, REUTERS)
Près de 3000 personnes ont été évacuées du terminal Sud, et les passagers qui se trouvaient dans le terminal Ouest ont été confinés, selon le porte-parole du ministère de l'Intérieur, Pierre-Henry Brandet.
PHOTO BENOIT TESSIER, REUTERS
ROMAIN FONSEGRIVES
Agence France-Presse
Orly
Un homme a été abattu samedi matin par les forces de sécurité à l'aéroport d'Orly-Sud après avoir tenté de dérober une arme à une militaire de l'opération Sentinelle, alors que la France fait face à une menace terroriste sans précédent depuis deux ans.
Des militaires patrouillent à l'extérieur de l'aéroport.... (Photo Benoit Tessier, REUTERS) - image 1.0
Des militaires patrouillent à l'extérieur de l'aéroport.
PHOTO BENOIT TESSIER, REUTERS
Un Français, connu des services de police et du renseignement, a été abattu samedi par les forces de sécurité après avoir tenté de dérober une arme à une militaire en patrouille à l'aéroport d'Orly au sud de Paris, où le trafic aérien a été suspendu.
L'enquête a été confiée à la section antiterroriste de Paris. Une heure et demie avant de mener l'attaque à Orly, l'homme avait tiré sur des policiers lors d'un contrôle dans la banlieue parisienne nord et volé un véhicule en banlieue sud pour aller à l'aéroport, à 10 km de là.
Cette nouvelle alerte survient alors que la France fait face à une menace terroriste sans précédent depuis plus de deux ans.
Vers 2h30 (heure de l'Est), cet homme a tenté de dérober un fusil d'assaut Famas «à une militaire puis s'est réfugié dans un commerce de l'aéroport international avant d'être abattu par les forces de sécurité» dans le terminal Sud, selon le ministère français de l'Intérieur.
Un témoin interrogé par l'AFP a indiqué pour sa part avoir vu l'assaillant tenir «en otage une militaire. Il la tenait par le cou, et il menaçait les deux autres militaires avec le fusil de la femme» qu'il tentait d'arracher. «J'ai entendu des éclats de voix, et j'ai vu des militaires qui tenaient en joue une personne», a expliqué Dominique, un voyageur en partance pour la République dominicaine qui n'a pas souhaité donner son nom de famille.
L'homme abattu est «connu des services de police et de renseignement», selon le ministre de l'Intérieur Bruno Le Roux et il s'agit d'un Français de 39 ans, ont indiqué des sources proches de l'enquête.
Son père et son frère ont été placés en garde à vue, selon les mêmes sources et le président François Hollande a «(salué) le courage» des policiers et militaires face à un «individu particulièrement dangereux».
«Le trafic aérien est complètement interrompu», a déclaré à l'AFP un porte-parole de la Direction générale de l'aviation civile (DGAC).
Évacuations et confinements
Près de 3000 personnes ont été évacuées du terminal Sud, et les passagers qui se trouvaient dans le terminal Ouest ont été confinés, a précisé le porte-parole du ministère de l'Intérieur, Pierre-Henri Brandet. Il n'y a pas eu de blessé, a-t-il ajouté.
Des magasins qui ferment leurs rideaux instantanément, des valises abandonnées en plein aéroport: les témoins qui ont assisté à l'attaque ont décrit une scène aussi brève que violente.
Sofiane Slim, un agent d'escale de la Royal Air Maroc de 30 ans, a cru que «c'était soit un film, soit un exercice d'entraînement». Il se trouvait au rez-de-chaussée quand ont retenti les coups de feu. «Ç'a été la panique générale: les gens couraient de partout».
Une opération de déminage a permis de constater l'absence d'explosifs, a annoncé le ministère de l'Intérieur.
L'attaque s'est produite au premier étage du terminal Sud dans la zone publique, juste avant les contrôles.
Un périmètre de sécurité a été mis en place et d'importants moyens policiers ont été engagés dans le deuxième aéroport en France après Paris-Charles de Gaulle (Roissy), avec 31 millions de passagers en 2016 et la desserte de 55 pays.
Un peu plus tôt dans la matinée, l'assaillant d'Orly avait blessé un policier en banlieue parisienne nord, avec un pistolet à grenaille lors d'un contrôle routier, avant de prendre la fuite.
Il a ensuite été «repéré» à Vitry-sur-Seine (sud de la capitale) après avoir expulsé un conducteur d'une voiture afin de se rendre à Orly à bord du véhicule volé, selon Bruno Le Roux.
État d'urgence
«Fortement choqués», les trois militaires de la patrouille visée à Orly ont été pris en charge par les secours, selon des sources policières.
L'opération Sentinelle, dont ils font partie, a été mise en place à la suite des attentats de janvier 2015 à Paris. Cette série d'attaques terroristes meurtrières avait notamment visé le journal Charlie Hebdo et une supérette cacher.
L'attaque à Orly est survenue un mois et demi après une précédente agression ayant déjà visé des militaires au Musée du Louvre, au coeur de Paris. Un Égyptien de 29 ans y avait attaqué à la machette des soldats, se précipitant sur la patrouille en criant «Allah Akbar» (Dieu est le plus grand, en arabe), avant d'être blessé grièvement.
Elle intervient également alors que la Belgique s'apprête à commémorer le 1er anniversaire des attentats de l'aéroport et du métro de Bruxelles le 22 mars (32 morts).
Depuis les attentats de novembre 2015 à Paris et en région parisienne (130 morts), la France vit sous le régime de l'état d'urgence qui a été prolongé plusieurs fois et doit rester en vigueur jusqu'au 15 juillet.
Jeudi, après l'explosion d'un courrier piégé au siège parisien du Fonds monétaire international (FMI), le président français François Hollande avait estimé que cet événement notamment conduisait «à justifier l'état d'urgence».

Laval: le maire mis à l'amende par le DGE

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EXCLUSIF
Publié le 18 mars 2017 à 05h00 | Mis à jour à 07h30
S'il plaide coupable au constat d'infraction, le maire... (PHOTO MARCO CAMPANOZZI, Archives LA PRESSE)
S'il plaide coupable au constat d'infraction, le maire de Laval, Marc Demers, se verra imposer une amende minimale de 500 $ par le Directeur général des élections du Québec.
PHOTO MARCO CAMPANOZZI, ARCHIVES LA PRESSE
Pour conquérir la mairie de Laval en 2013, Marc Demers a prêté presque trois fois la somme permise par la loi à son parti, le Mouvement lavallois. Quatre ans plus tard, le Directeur général des élections du Québec (DGEQ) vient de lui envoyer un constat d'infraction.
Le DGEQ a confirmé vendredi à La Presse avoir mis à l'amende M. Demers lundi dernier, sans toutefois justifier pourquoi il aura fallu ce long délai avant de conclure à une irrégularité. On se borne à dire que le DGEQ ne commente jamais « les cas particuliers afin de respecter le processus judiciaire ».
Le constat d'infraction indique que M. Demers a consenti un prêt à la représentante officielle du parti « en sachant qu'un tel acte avait pour effet de lui faire dépasser le maximum prévu » - soit 10 000 $ - à la Loi sur les élections et les référendums dans les municipalités.
La somme prêtée se retrouve dans le rapport financier du Mouvement lavallois pour l'année 2013. On y indique que Marc Demers a prêté 28 000 $ au taux d'intérêt de 3 %.
Le chef du Mouvement lavallois se voit ainsi imposer une amende minimale de 500 $ s'il plaide coupable. Il peut toutefois se prévaloir du droit d'appeler de la décision devant la Cour du Québec ; il a jusqu'au 13 avril prochain pour le faire.
Contestation
« Nous contesterons le constat d'infraction du DGEQ », a réagi en début de soirée vendredi l'attaché de presse du maire Demers, François Brochu. « Il s'agissait d'un geste fait de bonne foi. D'ailleurs, cette information a été rendue publique le 15 octobre 2013 sur le site web du Mouvement lavallois et on a même émis un communiqué de presse », a-t-il souligné.
M. Brochu a expliqué que c'est au cours d'une formation donnée par le DGEQ quelques mois après les élections de novembre 2013, et à laquelle participait la représentante officielle du Mouvement lavallois, que l'infraction a été connue.
Bien que ce soit la représentante du parti Isabelle Piché (conjointe du fondateur du Mouvement lavallois et conseiller municipal David De Cotis) qui a accepté la somme de 28 000 $ et que son rôle est de s'assurer que les activités du parti sont conformes aux règles édictées par la loi, elle n'a pas reçu de constat d'infraction. « Elle a reçu une lettre lui signifiant que cette pratique est irrégulière et qu'elle ne doit plus se reproduire. C'est du deux poids, deux mesures », a soutenu M. Brochu.
Pré-campagne électorale
Le geste du DGEQ survient alors que le Mouvement lavallois tiendra son brunch annuel de financement demain. L'événement a d'autant plus d'importance que c'est l'occasion de lancer la pré-campagne électorale. Le chef Marc Demers doit y présenter sa vision d'avenir pour Laval après un premier mandat à l'hôtel de ville. Près de 1000 sympathisants et militants y sont attendus, selon l'invitation de presse envoyée plus tôt cette semaine.
« On se demande quelle mouche a piqué le DGEQ. Quel est son intérêt d'agir ainsi en pleine année électorale ? », a ajouté François Brochu.
L'entrée en politique de Marc Demers avait suscité de nombreuses critiques relativement à son éligibilité, lui qui n'avait pas habité à Laval durant quelques mois, l'année précédant le scrutin. Un de ses adversaires avait déposé une poursuite devant les tribunaux, mais en vain.

Les indépendantistes écossais tiennent à leur référendum

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Publié le 18 mars 2017 à 07h58 | Mis à jour à 07h58
Des affiches ont été déposées sur une table... (Photo Russell Cheyne, REUTERS)
Des affiches ont été déposées sur une table au congrès du Parti national écossais SNP, le 17 mars à Aberdeen
PHOTO RUSSELL CHEYNE, REUTERS
MARK MCLAUGHIN, JACQUES KLOPP
Agence France-Presse
Aberdeen et Londres
« Évidemment que le référendum aura lieu ! »: réunis en congrès à Aberdeen, les nationalistes écossais clament leur soif d'indépendance et menacent de faire éclater le Royaume-Uni à l'heure du Brexit.
Nicola Sturgeon, première ministre de la région semi-autonome et chef du Parti national écossais SNP, a frappé un grand coup lundi en dévoilant son projet d'un nouveau référendum fin 2018 ou début 2019.
« Il revient à l'Écosse de choisir son avenir », devait-elle dire samedi après-midi au congrès, selon les extraits de son discours. L'appel est destiné à galvaniser les militants, avant un premier vote décisif à Holyrood, le Parlement écossais, la semaine prochaine, sur le long et incertain chemin de l'autodétermination.
À moins d'une énorme surprise, le Parlement régional, où le SNP dispose d'une confortable majorité, devrait donner son feu vert mercredi à la tenue d'un nouveau référendum, moins de trois ans après celui de septembre 2014 où le non à l'indépendance l'avait emporté par 55 % des voix contre 45 %.
La balle sera ensuite dans le camp du gouvernement britannique et de la première ministre Theresa May, qui a en théorie le pouvoir de s'opposer à l'organisation de ce référendum à haut risque pour l'unité du royaume.
Mme May a d'ores et déjà expliqué que ce n'était « pas le moment » de rappeler les Écossais aux urnes, alors que le pays tout entier devrait concentrer son énergie sur les négociations du Brexit qui s'annoncent ardues.
« Mandat en béton »
De là à bloquer complètement le référendum, il y a un pas difficile à franchir sur le plan politique. « Ce serait une atteinte à la démocratie », a averti Nicola Sturgeon en insistant sur le fait que le SNP disposait d'un « mandat populaire en béton » après avoir recueilli 46,5 % des voix aux élections écossaises en 2016.
S'opposer au référendum « briserait de manière irréparable toute notion d'égalité entre nations constituantes du Royaume-Uni », doit-elle insister samedi.
« Évidemment que le référendum aura lieu ! », a lancé son adjoint au SNP, Angus Robertson, vendredi à la tribune du congrès, en fustigeant « l'arrogance » de Londres.
« Qu'aucun premier ministre britannique ne se mette en travers de la démocratie écossaise ! Ce serait la preuve d'un retour aux mauvais jours de l'ère Thatcher, lorsque le Royaume-Uni piétinait l'Écosse, ce qu'on n'accepte plus », a-t-il menacé.
Le SNP estime que la décision des Britanniques de quitter l'Union européenne, rejetée par 62 % des Écossais, justifie l'organisation d'une nouvelle consultation puisque l'Écosse veut conserver des liens étroits avec l'organisation.
« Troisième option »
« Le SNP veut que l'Écosse fasse partie de l'UE ou au moins, dans un premier temps, du marché unique, s'il faut passer par une période de transition. Le plus important est la libre circulation des personnes », a déclaré à l'AFP le Français Christian Allard, député SNP et résident écossais depuis trente ans.
Si le SNP se remet en ordre de bataille pour un nouveau référendum, c'est aussi parce qu'il estime que le désir d'indépendance a le vent en poupe en Écosse.
Publiée mercredi, la dernière étude annuelle de ScotCen sur l'état du nationalisme en Écosse indique que 46 % des Ecossais sont désormais favorables à l'indépendance, la proportion la plus élevée depuis le lancement de ce rapport en 1999.
« En 2012, on était à 20 % », rappelle l'ancien leader du SNP Alex Salmond, pour en conclure: « Nous avons toutes les raisons d'être confiants ».
Theresa May a certainement flairé le danger. Vendredi, elle a une nouvelle fois dénoncé la quête « obsessionnelle » de l'indépendance par le gouvernement écossais, en défendant « l'union précieuse » du Royaume.
Elle devait recevoir samedi l'appui de l'ancien premier ministre travailliste Gordon Brown qui appelle à « une troisième option, à mi-chemin entre le jusqu'au boutisme du SNP et le "ne rien faire" du gouvernement conservateur », consistant à offrir davantage de pouvoirs au Parlement écossais pour éviter un nouveau référendum.