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samedi, mars 18, 2017

Les indépendantistes écossais tiennent à leur référendum

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Publié le 18 mars 2017 à 07h58 | Mis à jour à 07h58
Des affiches ont été déposées sur une table... (Photo Russell Cheyne, REUTERS)
Des affiches ont été déposées sur une table au congrès du Parti national écossais SNP, le 17 mars à Aberdeen
PHOTO RUSSELL CHEYNE, REUTERS
MARK MCLAUGHINJACQUES KLOPP
Agence France-Presse
Aberdeen et Londres
« Évidemment que le référendum aura lieu ! »: réunis en congrès à Aberdeen, les nationalistes écossais clament leur soif d'indépendance et menacent de faire éclater le Royaume-Uni à l'heure du Brexit.
Nicola Sturgeon, première ministre de la région semi-autonome et chef du Parti national écossais SNP, a frappé un grand coup lundi en dévoilant son projet d'un nouveau référendum fin 2018 ou début 2019.
« Il revient à l'Écosse de choisir son avenir », devait-elle dire samedi après-midi au congrès, selon les extraits de son discours. L'appel est destiné à galvaniser les militants, avant un premier vote décisif à Holyrood, le Parlement écossais, la semaine prochaine, sur le long et incertain chemin de l'autodétermination.
À moins d'une énorme surprise, le Parlement régional, où le SNP dispose d'une confortable majorité, devrait donner son feu vert mercredi à la tenue d'un nouveau référendum, moins de trois ans après celui de septembre 2014 où le non à l'indépendance l'avait emporté par 55 % des voix contre 45 %.
La balle sera ensuite dans le camp du gouvernement britannique et de la première ministre Theresa May, qui a en théorie le pouvoir de s'opposer à l'organisation de ce référendum à haut risque pour l'unité du royaume.
Mme May a d'ores et déjà expliqué que ce n'était « pas le moment » de rappeler les Écossais aux urnes, alors que le pays tout entier devrait concentrer son énergie sur les négociations du Brexit qui s'annoncent ardues.
« Mandat en béton »
De là à bloquer complètement le référendum, il y a un pas difficile à franchir sur le plan politique. « Ce serait une atteinte à la démocratie », a averti Nicola Sturgeon en insistant sur le fait que le SNP disposait d'un « mandat populaire en béton » après avoir recueilli 46,5 % des voix aux élections écossaises en 2016.
S'opposer au référendum « briserait de manière irréparable toute notion d'égalité entre nations constituantes du Royaume-Uni », doit-elle insister samedi.
« Évidemment que le référendum aura lieu ! », a lancé son adjoint au SNP, Angus Robertson, vendredi à la tribune du congrès, en fustigeant « l'arrogance » de Londres.
« Qu'aucun premier ministre britannique ne se mette en travers de la démocratie écossaise ! Ce serait la preuve d'un retour aux mauvais jours de l'ère Thatcher, lorsque le Royaume-Uni piétinait l'Écosse, ce qu'on n'accepte plus », a-t-il menacé.
Le SNP estime que la décision des Britanniques de quitter l'Union européenne, rejetée par 62 % des Écossais, justifie l'organisation d'une nouvelle consultation puisque l'Écosse veut conserver des liens étroits avec l'organisation.
« Troisième option »
« Le SNP veut que l'Écosse fasse partie de l'UE ou au moins, dans un premier temps, du marché unique, s'il faut passer par une période de transition. Le plus important est la libre circulation des personnes », a déclaré à l'AFP le Français Christian Allard, député SNP et résident écossais depuis trente ans.
Si le SNP se remet en ordre de bataille pour un nouveau référendum, c'est aussi parce qu'il estime que le désir d'indépendance a le vent en poupe en Écosse.
Publiée mercredi, la dernière étude annuelle de ScotCen sur l'état du nationalisme en Écosse indique que 46 % des Ecossais sont désormais favorables à l'indépendance, la proportion la plus élevée depuis le lancement de ce rapport en 1999.
« En 2012, on était à 20 % », rappelle l'ancien leader du SNP Alex Salmond, pour en conclure: « Nous avons toutes les raisons d'être confiants ».
Theresa May a certainement flairé le danger. Vendredi, elle a une nouvelle fois dénoncé la quête « obsessionnelle » de l'indépendance par le gouvernement écossais, en défendant « l'union précieuse » du Royaume.
Elle devait recevoir samedi l'appui de l'ancien premier ministre travailliste Gordon Brown qui appelle à « une troisième option, à mi-chemin entre le jusqu'au boutisme du SNP et le "ne rien faire" du gouvernement conservateur », consistant à offrir davantage de pouvoirs au Parlement écossais pour éviter un nouveau référendum.