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vendredi, juillet 08, 2016

SPVM: les quatre policiers piégés par un agent double de la GRC

http://www.lapresse.ca/actualites/justice-et-affaires-criminelles/

Publié le 08 juillet 2016 à 06h32 | Mis à jour à 06h49
Selon une source, ils auraient été piégés par... (PHOTO PATRICK SANFAÇON, LA PRESSE)
PHOTO PATRICK SANFAÇON, LA PRESSE
Selon une source, ils auraient été piégés par un agent double de la GRC qui se serait fait passer pour un nouvel informateur. Les policiers fautifs auraient inventé ou modifié des informations sur un ou des affidavits au soutien de mandats de perquisition.

Coup de tonnerre au Service de police de Montréal, hier. Quatre policiers ont été arrêtés à la suite d'une enquête «sur des irrégularités dans le contrôle de leurs informateurs».
Faycal Djelidi, l’un des quatre policiers arrêtés hier,... (PHOTO FOURNIE PAR LES ACTUALITÉS) - image 1.0
Faycal Djelidi, l’un des quatre policiers arrêtés hier, est un employé du SPVM depuis 16 ans et travaille aux enquêtes depuis six ans. Durant sa carrière, et encore aujourd’hui, il a contrôlé plusieurs sources dont certaines ont été déterminantes dans le résultat d’enquêtes de longue haleine.
PHOTO FOURNIE PAR LES ACTUALITÉS
Seuls deux des quatre policiers arrêtés ont été identifiés pour le moment. Il s'agit des enquêteurs Faycal Djelidi et David Chartrand, de la section Gang de rue de la Division Sud. Ils font face à des chefs d'accusation de parjure et de tentative d'entrave à la justice. Faycal Djelidi fait également face à des accusations de sollicitation, d'obtention de services sexuels moyennant rétributions et d'abus de confiance.
Faycal Djelidi est à l'emploi du SPVM depuis 16 ans et aux enquêtes depuis 6 ans. Durant sa carrière, et encore aujourd'hui, il a contrôlé plusieurs sources dont certaines ont été déterminantes dans le résultat d'enquêtes de longue haleine. «Il est très travaillant et respecté, c'est un choc», nous a confié un informateur. Récemment, Djelidi avait même été accepté pour participer au processus d'aspirants commandants.
David Chartrand est au SPVM depuis 11 ans et enquêteur depuis 3 ans. Lui aussi est très respecté. Les deux ont immédiatement été suspendus sans solde.
Les deux autres policiers interpellés n'ont pas été identifiés, le Directeur des poursuites criminelles n'ayant pas encore autorisé le dépôt d'accusation contre eux. Ceux-ci ont été interrogés et l'enquête se poursuit.
Filature et écoute électronique
Le chef du SPVM Philippe Pichet a interrompu ses vacances hier matin pour en faire l'annonce lors d'une conférence de presse.
Il a indiqué que les policiers avaient attiré l'attention des enquêtes internes après qu'on eut noté des irrégularités dans leur façon de gérer leurs sources. Ils n'auraient pas rédigé un rapport de contact chaque fois qu'ils rencontraient certains informateurs, ce qui a fait lever un drapeau rouge.
Les enquêteurs auraient été rappelés à l'ordre l'an dernier, mais la situation se serait poursuivie, si bien que la Division des affaires internes a déclenché une enquête criminelle en décembre.
Au cours de cette enquête de sept mois, les policiers auraient notamment été filés et écoutés. C'est dans ce contexte que l'un d'entre eux aurait été vu fréquenter un salon de massage.
Selon une source, ils auraient été piégés par un agent double de la GRC qui se serait fait passer pour un nouvel informateur. Les policiers fautifs auraient inventé ou modifié des informations sur un ou des affidavits au soutien de mandats de perquisition.
Il semble, selon nos informations, que le point commun entre les quatre hommes serait ce seul et même faux informateur dont les indications auraient mené à une fausse perquisition qui n'aurait pas obtenu les résultats escomptés.
Djelidi et l'un des policiers non identifiés auraient été les contrôleurs de cette source, Chartrand aurait été l'enquêteur au dossier alors que le quatrième policier aurait rédigé les affidavits servant à obtenir des mandats.
«Quoi qu'on leur reproche, ils n'ont certainement pas fait cela à des fins personnelles», nous a dit une personne qui les connaît bien. «C'est sûr qu'ils n'ont pas fait cela pour le fric», a renchéri une autre.
«Je ne vous cacherai pas ma déception. Lorsqu'un des nôtres traverse la ligne, c'est toute la communauté policière qui s'en trouve affectée», a pour sa part commenté Philippe Pichet, qui a tenu à assurer qu'«aucune personne n'a été mise en danger» et qu'aucune enquête n'aurait été compromise par le comportement des enquêteurs.

Terreur à Dallas: cinq policiers tués, six autres blessés

http://www.lapresse.ca/international/etats-unis/

Publié le 07 juillet 2016 à 22h31 | Mis à jour le 08 juillet 2016 à 07h06
Cinq policiers ont été tués dans la fusillade... (PHOTO DALLAS MORNING NEWS)
PHOTO DALLAS MORNING NEWS
Cinq policiers ont été tués dans la fusillade qui s'est produite jeudi soir à Dallas au Texas.

LAURA BUCKMAN
Agence France-Presse
DALLAS
Des tireurs ont abattu cinq policiers et blessé six autres dans une attaque coordonnée jeudi soir à Dallas, lors d'une manifestation en hommage à deux Afro-Américains tués par la police ailleurs aux États-Unis.
Des secouristes donnent les premiers soins à une... (PHOTO TONY GUTIERREZ, AP) - image 1.0
Des secouristes donnent les premiers soins à une personne blessée.
PHOTO TONY GUTIERREZ, AP
Un chien renifleur a effectué des recherches pour... (PHOTO LM OTERO, AP) - image 1.1
Un chien renifleur a effectué des recherches pour retrouver des explosifs à la suite de la fusillade.
PHOTO LM OTERO, AP
S'exprimant à Varsovie, le président Barack Obama a dénoncé « des attaques haineuses, calculées et méprisables », pour lesquelles il n'existe « pas de justification ».
Le centre de Dallas s'est retrouvé plongé dans le chaos et demeurait vendredi un théâtre criminel livré aux démineurs, experts légistes et balistiques.
« Il y avait des Noirs, des Blancs, des latinos, tout le monde. Et il y a eu [les coups de feu] sortis de nulle part », a relaté un témoin. « C'était le chaos total, c'est complètement fou ».
L'un des suspects, qui s'était retranché dans un bâtiment de cette ville du sud des États-Unis, est mort au terme d'un face-à-face avec des unités d'élite.
Il avait auparavant affirmé que des bombes avaient été posées « partout » dans le centre-ville. Trois autres suspects ont été placés en garde à vue.
Les tireurs ont ouvert le feu subitement, vers la fin de la manifestation. Ils visaient très clairement les policiers et ont également blessé un civil, selon les autorités.
Ce bilan de 11 victimes dont cinq morts est le pire enregistré par les forces de l'ordre aux États-Unis depuis le 11 septembre 2001.
Les médias américains ont diffusé une vidéo montrant un homme présenté comme l'un des tireurs, habillé d'un pantalon clair et tenant un fusil d'assaut.
On le voit épauler et faire feu sur des cibles non identifiées.
Chaos total
« C'est lui, là, à côté de la colonne blanche, regardez, il tire vers la gauche, tire vers la droite, tire de l'autre côté, on voit qu'il vise quelqu'un », commente un témoin, Ismael DeJesus, qui filmait à partir d'un hôtel proche.
« Ensuite il s'est retourné, pour vérifier que personne n'arrivait derrière lui, mais il y avait un policier qui arrivait et qui a essayé de l'avoir, mais ça s'est mal terminé. C'était une exécution, franchement. Alors qu'il était déjà à terre, l'homme a encore tiré sur lui trois ou quatre fois », dit-il.
Sur une autre vidéo, on entend des rafales de tirs, un autre témoin commentant par ses mots : « Oh mon Dieu, c'est quelqu'un armé jusqu'aux dents. Et il n'est pas tout seul ».

L'atmosphère était tendue alors que les policiers tentaient... (PHOTO LM OTERO, AP) - image 3.0
L'atmosphère était tendue alors que les policiers tentaient de retrouver les auteurs de la fusillade. 
PHOTO LM OTERO, AP
Un policier tente de calmer une femme alors... (PHOTO LAURA BUCKMAN, AFP) - image 3.1
Un policier tente de calmer une femme alors qu'une personne vient d'être arrêtée. 
PHOTO LAURA BUCKMAN, AFP
La manifestation dénonçait les violences de la police envers les Afro-Américains, après la mort cette semaine de deux hommes noirs sous les balles des forces de l'ordre.
Vers la fin de la manifestation, deux hommes « ont commencé à tirer sur les policiers à partir d'une position élevée », a déclaré le chef de la police de Dallas, David Brown.
Le port d'armes de façon visible est légal au Texas pour une personne munie d'un permis.
Des équipes du SWAT, la force d'intervention d'élite de la police, ont été déployées en nombre après que les coups de feu ont éclaté vers 22 h (heure de l'Est), selon des chaînes de télévision locales, et les autorités ont interdit le survol de la ville, sauf par des vols de secours.
« Plusieurs opérations d'inspection fouillée sont en cours pour rechercher des explosifs en centre-ville. Cela prendra du temps », a indiqué Max Geron, un responsable de la police de Dallas.
« Grave problème »
Des policiers se sont alignés, en position de salut solennel ou la main sur le coeur, à l'extérieur d'un hôpital où ont été transférés les dépouilles de leurs collègues, selon des images diffusées par la presse locale.
« Nous, en tant que ville, en tant que pays, devons nous rassembler, nous étreindre et soigner les blessures dont nous souffrons », a déclaré Mike Rawlings, le maire de la ville.
Le rassemblement à Dallas faisait partie de plusieurs manifestations organisée à travers les États-Unis pour protester contre la mort de deux hommes noirs abattus par la police cette semaine, l'un en Louisiane, l'autre dans le Minnesota.
Leur mort a de nouveau plongé les États-Unis face au spectre du racisme policier.
Le président Obama a dénoncé jeudi un « grave problème » rongeant l'Amérique, soulignant que son pays avait vécu « trop de fois des tragédies » et appelant la police à entreprendre des réformes.
Plusieurs manifestations et veillées ont été organisées à travers le pays, comme à Dallas, après la mort de Philando Castile dans le Minnesota et d'Alton Sterling en Louisiane.
Avec des pancartes et des t-shirts appelant à « Arrêter d'exécuter les Noirs » et « Mains en l'air, ne tirez pas », des centaines de manifestants, de tous âges et origines, se sont rassemblés jeudi soir devant la résidence du gouverneur à Saint Paul, capitale du Minnesota.
À Manhattan, plusieurs milliers de personnes se sont dirigées vers Times Square en scandant notamment et « Black Lives Matter », du nom du mouvement qui dénonce les violences policières contre les Afro-américains.

jeudi, juillet 07, 2016

L’Ordre des ingénieurs sous tutelle

http://www.ledevoir.com/politique/quebec/

L’organisme est secoué par une série de crises depuis les révélations de la commission Charbonneau

7 juillet 2016 |Marco Fortier | Québec
Dans un communiqué, la ministre précise que «plusieurs lacunes ont été observées».
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne
Dans un communiqué, la ministre précise que «plusieurs lacunes ont été observées».
Le gouvernement Couillard vient de mettre sous tutelle l’Ordre des ingénieurs du Québec (OIQ), ébranlé depuis des mois par des conflits internes après les révélations de malversations dans l’industrie de la construction.

La ministre Stéphanie Vallée a annoncé mercredi la mise sous tutelle de l’Ordre pour une durée indéterminée, de façon à « mettre un terme à une succession de crises » au sein de l’organisme qui chapeaute la profession d’ingénieur.

Il s’agit du dernier d’une longue suite de déboires pour l’OIQ, chargé de veiller à la protection du public et de scruter le travail des 61 000 ingénieurs du Québec. La profession a été éclaboussée par des dizaines de scandales éthiques au cours des dernières années : usage de prête-noms pour le financement de partis politiques, corruption, collusion, fraude, et ainsi de suite, comme révélé par la commission Charbonneau.

Conflits internes

Des conflits internes ont aussi perturbé le travail de « chien de garde » de l’Ordre. L’ancien président, Jean-François Proulx, était à couteaux tirés avec la direction, qui l’a accusé de harcèlement psychologique. Un rapport d’expert avait sonné l’alarme au sujet du climat de travail malsain au sein de l’Ordre des ingénieurs.

« Depuis 2013-2014, l’Ordre est secoué par plusieurs crises internes. […] Malgré les efforts qui ont été mis de l’avant, il y a encore énormément de travail qui doit être fait pour assurer que l’Ordre des ingénieurs peut assurer sa mission première, qui est la protection du public », a dit la ministre Stéphanie Vallée en sortant d’une réunion du Conseil des ministres à Québec mercredi.

« L’objectif est de permettre à l’Ordre de reprendre le contrôle de sa gouvernance et de mettre un terme à cette succession de crises qui a secoué l’ordre professionnel », a-t-elle ajouté.

« Grand ménage »

La ministre Vallée a nommé trois administrateurs chevronnés pour superviser la gestion de l’Ordre. Ces administrateurs ont les pleins pouvoirs : ils doivent autoriser toutes les décisions de l’exécutif et du conseil d’administration de l’Ordre, ils peuvent formuler des recommandations et même forcer l’adoption de résolutions, a précisé Stéphan Boivin, responsable des communications à l’Office des professions du Québec.

Ces responsables de la tutelle — Me Johanne Brodeur, ex-bâtonnière du Québec, Michel Pigeon, ingénieur, ex-député et ex-recteur de l’Université Laval, et le comptable François Renauld — vont se familiariser avec leur mandat avant de faire des commentaires, a précisé l’Office des professions.

La nouvelle présidente de l’Ordre, Kathy Baig, a dit « respecter la décision » de mettre son organisation sous tutelle, même si « ce n’est pas une bonne nouvelle ». Elle entend collaborer pleinement au changement de cap prôné par le gouvernement Couillard. La ministre Stéphanie Vallée a déclaré que l’entrée en fonction de Mme Baig, le 22 juin, cadre avec la volonté gouvernementale de « donner un nouveau souffle à l’Ordre ».

« Ça fait quand même deux ans qu’on déploie beaucoup d’efforts pour recentrer la mission de l’Ordre. On a commencé le grand ménage dont vous parlez, mais il en reste encore beaucoup à faire », a dit Kathy Baig au Devoir en début de soirée mercredi.

La tutelle est d’une durée indéterminée. Le Conseil des ministres, qui a adopté la tutelle par décret, y mettra aussi fin par décret, indique-t-on à Québec.

La nouvelle n’a surpris personne dans le milieu des ingénieurs, qui vit des jours difficiles depuis les révélations de la commission Charbonneau — et même avant. « La tutelle paraissait inévitable. C’est un coup dur pour les ingénieurs, mais aussi une mesure susceptible d’arrêter l’hémorragie », a réagi Beaudoin Bergeron, administrateur à l’Association des firmes de génie-conseil, mise sur pied pour redorer le blason de la profession.

Débat sur les cotisations

Un des problèmes, c’est que la profession est divisée sur la nécessité d’augmenter les cotisations annuelles des ingénieurs pour renforcer la lutte contre les dérives éthiques, rappelle M. Bergeron. La ministre Stéphanie Vallée a aussi souligné mercredi le manque de moyens financiers du syndic de l’OIQ, qui « met en péril » la protection du public, selon elle.

Un rapport commandé par l’Office des professions avait livré le même diagnostic en janvier 2015. Les auteurs avaient critiqué sévèrement le manque de vigueur de l’Ordre pour renforcer la lutte contre la collusion et la corruption. Le syndic n’a tout simplement pas les moyens de faire son travail, selon les experts Yves Lamontagne (ancien président du Collège des médecins) et l’avocat Pierre Pilote.

Les cotisations professionnelles des ingénieurs s’élevaient à 325 $ par année au moment du rapport. Elles passeront à 340 $ au 1er avril 2017. « Ce scénario d’une hausse minime [de cotisation] pour les prochaines années n’est pas très surprenant. Il est en droite ligne avec l’approche adoptée par l’Ordre depuis des décennies, à savoir de limiter au minimum les ressources que l’Ordre doit consacrer à sa mission », indique le rapport.

« Est-ce une approche qui va amener l’Ordre à se distinguer parmi les meilleurs en matière de protection du public ? La question se pose. Cependant, nous sommes d’avis que l’Ordre mérite une modernisation en profondeur de ses pratiques, et la vision budgétaire projetée pour les prochaines années semble plutôt destinée à calmer la grogne de certains membres plutôt que d’amener l’Ordre à un niveau supérieur pour assurer la protection du public », poursuivent les auteurs.

Les cotisations de 340 $ par année sont-elles suffisantes ? Interrogée à ce sujet, la présidente Kathy Baig a refusé de s’avancer. « On révise le budget en fonction des besoins », a-t-elle dit. Elle compte analyser les besoins au cours des prochaines semaines.

Le budget du syndic a triplé depuis six ans, passant de 1,4 million à 4,7 millions de dollars, indique un document de l’Ordre des ingénieurs. Le nombre d’employés a doublé, de 13 à 27, durant la même période.