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vendredi, décembre 04, 2015

Le Québec prêt à recevoir ses premiers réfugiés dans les prochains jours

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 Mise à jour le jeudi 3 décembre 2015 à 21 h 34 HNE  Radio-Canada avec La Presse Canadienne
Les ministres provincial et fédéral de l'Immigration Kathleen Weil et John McCallum à l'issue de leur rencontre avec les organismes œuvrant auprès de réfugiés le 3 décembre 2015 à Montréal
Les ministres provincial et fédéral de l'Immigration Kathleen Weil et John McCallum
 à l'issue de leur rencontre avec les organismes œuvrant auprès de réfugiés
 le 3 décembre 2015 à Montréal.
  Photo :  PC/Graham Hughes

Les premiers réfugiés syriens à entrer au Canada sont attendus aux environs du 10 décembre, et le Québec semble fin prêt à les accueillir, selon les ministres fédéral et provincial de l'Immigration, John McCallum et Kathleen Weil.
Les deux ministres tenaient jeudi une rencontre à Montréal avec les représentants d'organismes œuvrant auprès de réfugiés.
M. McCallum est impressionné par le niveau de préparation dans la province.
« Je crois que le reste du pays a beaucoup à apprendre de l'expérience québécoise. »— John McCallum, ministre fédéral de l'Immigration

Ottawa insiste sur l'engouement des réfugiés pour le Canada
Le ministre fédéral s'est par ailleurs inscrit en faux contre les chiffres rendus publics par son propre ministère selon lesquels à peine 6 % des réfugiés souhaitaient venir au Canada.
L'idée qu'il n'y a pas beaucoup de réfugiés qui veulent venir au Canada « est folle » (crazy) a déclaré le ministre en anglais.
À peine revenu d'un séjour dans les camps de réfugiés en Jordanie, M. McCallum a assuré y avoir constaté « un enthousiasme énorme pour venir au Canada ».
Il impute les données de son ministère à un manque de communication et à une diffusion fautive de renseignements sur la possibilité d'être reçu au pays.
Le ministre McCallum a ensuite insisté sur le fait que cet accueil n'était pas un projet du gouvernement, mais bien un projet de société. Il a ainsi invité le secteur privé à suivre les entreprises ayant déjà promis une aide généreuse à l'accueil.
Pas de demande de fonds additionnels pour le Québec
Contrairement aux propos qu'elle avait tenus plus tôt en novembre, Mme Weil a par ailleurs estimé que l'arrivée d'un nombre plus élevé de réfugiés syriens dans la province n'exigerait pas de demandes de fonds additionnels auprès du gouvernement fédéral.
Elle a précisé que le report du délai permettait au Québec de suivre le plan qu'il s'était initialement fixé : accueillir 3650 réfugiés en 2015 et 3650 autres en 2016. 
Jusqu'ici, 1000 réfugiés syriens ont été accueillis au Québec depuis janvier dernier et 2650 autres doivent l'être d'ici le 31 décembre.
La priorité ultime demeure le logement. Les organismes du Québec sont à pied d'œuvre pour résoudre cette problématique à temps pour l'arrivée des premiers contingents.

Les parents et le personnel dirigeront les commissions scolaires

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Mise à jour le jeudi 3 décembre 2015 à 19 h 27 HNE

Exclusif - Après des mois de réflexion et de consultation, le ministre de l'Éducation du Québec, François Blais, déposera vendredi à l'Assemblée nationale un projet de loi pour abolir les élections scolaires et réformer la gouvernance des commissions scolaires.
Un texte de Sébastien BovetTwitterCourriel
Selon les informations obtenues par Radio-Canada, les taxes scolaires seront maintenues, mais les conseils des commissaires seront remplacés par des conseils scolaires. La nouvelle structure sera composée de parents, de membres du personnel des écoles et de membres de la communauté.
Les parents et les enseignants seront donc au coeur des décisions des commissions scolaires. Il n'est plus question de fusion, puisque les 72 commissions scolaires survivront. Elles garderont leurs responsabilités d'organisation des services et du transport scolaire, par exemple, mais devraient perdre une partie de leur pouvoir décisionnel au profit des écoles. De plus, elles seront fortement incitées à regrouper des services pour économiser.
Pour respecter son obligation constitutionnelle à l'égard des anglophones, le ministre Blais proposera que les parents des commissions scolaires décident s'ils veulent élire ou non les membres de la communauté au sein des nouveaux conseils scolaires. Les parents de chaque commission scolaire seraient consultés pour savoir s'ils désirent des élections. Les parents des commissions scolaires francophones pourront aussi exercer ce droit.
En matinée jeudi, le premier ministre Couillard avait déjà donné un aperçu des intentions de son gouvernement. « On sait bien que c'est un sujet délicat, mais c'est un sujet également dans lequel il faut reconnaître, d'une part, que le système d'éducation au Québec a de grandes qualités, donc il ne faut pas reculer là-dessus, mais il faut aller plus loin, notamment en ce qui a trait à une plus grande autonomie pour l'école, plus de place pour les parents, pour les enseignants et je crois qu'on est dans cette direction-là. »
Le gouvernement avait clairement énoncé son intention d'abolir les élections scolaires. Dans les commissions scolaires francophones, à peine 5 % des électeurs avaient exercé leur droit de vote en 2014. Ils étaient autour de 17 % dans les commissions scolaires anglophones. Les élections scolaires coûtent environ 20 millions de dollars.
Les partis d'opposition ont dénoncé le dépôt du projet de loi au dernier jour de la session d'automne. Ils estiment que le débat sur cette délicate question sera repoussé en raison du congé des Fêtes. Le gouvernement réplique qu'il donnera tout le temps nécessaire pour aller au fond des choses au début de l'année prochaine.

Jouer à la roulette américaine

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Mise à jour le jeudi 3 décembre 2015 à 13 h 41 HNE
La fusillade survenue à San Bernardino rappelle à quel point les risques d'être victime de pareil événement sont élevés aux États-Unis.
La fusillade survenue à San Bernardino rappelle à quel point les risques d'être victime
 de pareil événement sont élevés aux États-Unis.

Photo :  Chris Carlson

J'habite aux États-Unis et j'ai peur. Pour moi et ma petite famille. Pour mes amis, aussi. Je n'ai pas peur tous les jours. Mais parfois. Ces tueries trop fréquentes rappellent qu'il est si facile d'être au mauvais endroit au mauvais moment. Combien le hasard peut nous placer dans la trajectoire d'une balle.
Un texte de Yanik Dumont Baron TwitterCourriel correspondant à Washington 
Habiter aux États-Unis, c'est jouer à une version modifiée de la roulette russe. Appelons ça la roulette américaine. Un sombre « jeu » dans lequel les probabilités de mourir sont élevées. Bien plus élevées qu'ailleurs. Des fusillades, il y en a beaucoup dans les écoles. Mais aussi dans les cinémas, les églises, des cafés, des restaurants, des centres commerciaux, dans la rue. Bref, ça peut arriver n'importe où. Et n'importe quand.
Bien sûr, les probabilités d'être blessé ou, pire, tué demeurent faibles. Mais le risque est tout de même bien plus grand aux États-Unis qu'au Canada, en France ou à peu près partout ailleurs sur la planète.
Des chiffres effarants
Vous connaissez sûrement ces statistiques. Une fusillade (au moins quatre blessés ou morts) chaque jour.
Les armes à feu ont fait plus de victimes (y compris les suicides) que l'ensemble des guerres auxquelles les Américains ont participé. 
Oui, il y a des tueries dans d'autres pays. Mais aux États-Unis, c'est la fréquence qui est troublante. La plupart de ces fusillades, presque personne n'en parle. Tiens, vous saviez qu'il y a eu une autre fusillade (à Savannah, en Georgie) le jour même de celle de San Bernardino?
Ces fusillades sont devenues presque banales. Sauf pour ceux qui sont directement touchés. Et sauf lorsqu'elles font beaucoup de victimes. Et encore. Ce matin, à NPR, un invité disait que San Bernardino n'était pas une « fusillade ordinaire », comme les autres. Comme s'il y avait un modèle à suivre. Un moule.
Le quotidien reprend son cours
Bien des Américains ignorent ces fusillades. Ils ont bien sûr une pensée pour les victimes. Mais, rapidement, le quotidien reprend son cours. Comme si rien ne pouvait changer. Les Américains se détachent du problème. Choisissent d'ignorer les risques d'être, eux aussi, une victime. Ils vivent avec ce risque.
Ceux qui sont touchés par ces tueries ont beau remuer ciel et terre. Rien n'y change. Ou si peu. Même les talents oratoires du président Obama n'y parviennent pas.
« On ne peut pas laisser les professionnels s'attaquer seuls au problème de ces horribles tueries », a-t-il lancé au lendemain de la fusillade de San Bernardino. Il s'adresse au Congrès. Et aux citoyens qui peuvent faire pression sur ces élus.
Comme bien d'autres, le président croit que les motifs d'une tuerie importent peu. Qu'il faut réduire les probabilités qu'il y en ait une prochaine. Peu importe pourquoi on tire dans la foule.
Mais trop d'Américains demeurent détachés. Surtout ceux qui ont le pouvoir d'agir. Après chaque grande tuerie, rien ne se passe. Ceux qui peuvent agir font une prière. Pour les victimes. Et peut-être aussi pour que leurs proches ne soient pas les prochains.