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vendredi, octobre 16, 2015

Harper refuse de spéculer sur un gouvernement conservateur minoritaire

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Publié le 16 octobre 2015 à 13h12 | Mis à jour à 13h12
Le chef conservateur Stephen Harper (au centre) en... (Le Soleil, Patrice Laroche)
LE SOLEIL, PATRICE LAROCHE

Le chef conservateur Stephen Harper (au centre) en compagnie de ses candidats de la région de Québec était de passage dans la capitale, vendredi matin.

LINA DIB, PATRICE BERGERON
La Presse Canadienne
Québec
Le chef conservateur Stephen Harper refuse de s'engager à rappeler le Parlement dans les 60 jours après le vote de lundi, s'il est élu encore une fois premier ministre.
Ses rivaux libéral, néo-démocrate et bloquiste ont fait savoir qu'un gouvernement Harper minoritaire ne survivrait pas. Ils s'assureraient de le défaire au premier vote aux Communes.
Vendredi matin, de passage à Québec, le premier ministre sortant n'a pas voulu répondre à un journaliste qui cherchait à savoir si M. Harper s'accrocherait au pouvoir en retardant les travaux parlementaires, après le 19 octobre.
«Je vais m'abstenir de spéculer sur des scénarios d'ici à lundi», a-t-il plutôt répondu.
Avant le court point de presse, le chef conservateur avait livré son discours à une petite assemblée de 150 partisans. Ils se sont tous levés, scandant son nom, lorsqu'il a fait référence à sa promesse d'interdire le niqab dans les cérémonies de citoyenneté.
C'est un pan du discours conservateur que M. Harper réserve au public québécois. Depuis le début de la semaine, il se contente de parler économie et impôts dans ses sorties de campagne dans le reste du pays.
Québec a eu droit, comme les autres, au bruit de la caisse enregistreuse pendant qu'une militante conservatrice déposait des billets de banque sur une table pour illustrer ce qu'il y aurait à perdre si M. Harper n'est pas réélu.
Affaire Gagnier
Le chef conservateur n'a pas manqué par ailleurs d'en rajouter sur l'affaire Daniel Gagnier, coprésident de la campagne libérale qui a été largué après la divulgation d'un courriel dans lequel il donnait des conseils de lobbying au promoteur du projet d'oléoduc Énergie Est.
Selon M. Harper, aucun parti ne va aussi bas que les libéraux, qui baignent encore dans la culture qui prévalait à l'époque du scandale des commandites, il y a près de 20 ans.
«Il n'y a pas de preuve de tel comportement de la part de n'importe quel autre parti. C'est encore une question de comportement dans cette élection, c'est encore la culture du scandale des commandites du Parti libéral qui persiste», a-t-il dit.
Pont de Québec
Par ailleurs, M. Harper n'a pas voulu répondre à la demande des maires de Québec et de Lévis qui veulent maintenant qu'Ottawa achète le pont rouillé de Québec. M. Harper s'est contenté de répéter que le CN doit venir à la table discuter de cette affaire.

Élection fédérale : l’«affaire» Dan Gagnier décodée

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Daniel Gagnier - un exemple parmi d'autres du phénomène de plus en plus répandu des «portes tournantes» entre le monde politique, le milieu des affaires et plus spécifiquement ici, l'industrie pétrolière.

JOSÉE LEGAULT
MISE à JOUR 
Daniel Gagnier - un exemple parmi d'autres du phénomène de plus en plus répandu des «portes tournantes» entre le monde politique, le milieu des affaires et plus spécifiquement ici, l'industrie pétrolière.  À quelques jours de l’élection fédérale, courtoisie d’un ex-chef de cabinet de Jean Charest, le chef libéral Justin Trudeau est soudainement aux prises avec une question sérieuse d’éthique.
Le coprésident de la campagne libérale, Dan Gagnier, démissionnaitmercredi après que La Presse Canadienne ait révélé qu’il avait rédigé tout récemment des conseils pour TransCanada Corp. – une puissante firme albertaine spécialisée dans le «transport» du pétrole, du gaz naturel et autres «produits énergétiques» -, sur «comment approcher le prochain gouvernement pour faciliter leurs projets comme celui du pipeline Énergie Est».
TransCanada est entre autres porteur des projets controversés de pipelinesKeystone XL  et Énergie Est.
On a également appris que M. Gagnier était en fait sous contrat avec TransCanada depuis le printemps dernier pour des «conseils de communication». Traduction : M. Gagnier «conseillait» TransCanada en même temps qu’il «conseillait» de près Justin Trudeau sur la campagne libérale. Y a-t-il eu ou non vase communicant entre les deux fonctions? Dans les circonstances, la question est inévitablement posée.
Happé par cette situation trouble de possible conflit d’intérêts, le chef libéral lance qu’il a fait ce qu'il fallait sur le plan éthique en mettant fin à leurs liens pour «longtemps».
Pour Stephen Harper, Thomas Mulcair et Gilles Duceppe, c’est un cadeau tombé du ciel en cette fin de campagne aux résultats imprévisibles.
De concert, ils accusent chacun les libéraux de retomber dans les mêmes travers qui les a menés au scandale des commandites sous Jean Chrétien. Le message sous-jacent étant de deux ordres. 1) Les libéraux sont facilement corruptibles. 2) Par conséquent, Justin Trudeau ne représente pas le «vrai» changement.
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À ne pas confondre, aussi tentant que cela puisse être...
Or, au-delà de ces attaques attendues et de bonne guerre, confondre l’«affaire Gagnier» et la culture du «tout m’est dû» derrière le scandale des commandites est une erreur de fait.
Le scandale des commandites était une sordide histoire de détournement de fonds publics sous le gouvernement Chrétien à des fins partisanes et d’enrichissement personnel. L’enrichissement étant celui d’une brochette de «publicistes» proches du PLC gâtés par une kyrielle de contrats publics. Le tout, suivant le référendum de 1995, sous le prétexte fallacieux de «publiciser» le Canada – en fait, l’«unité nationale» que le PLC identifiait en même temps à son propre «branding» politique.
Et la partisanerie se trouvant dans le détournement d’une partie de ces fonds publics déjà détournés pour garnir illégalement les coffres du Parti libéral du Canada.
A-t-on même besoin de rappeler aussi, du côté conservateur, le «scandale du Sénat» sous Stephen Harper ?
L’«affaire» Gagnier est d’une autre nature.
Elle est un exemple, parmi d’autres, de l’influence marquée de l'industrie pétrolière auprès des pouvoirs publics. Ici comme ailleurs. Et de la grande proximité que les unit.
C’est un exemple de lobbyisme croisé où les intérêts financiers de l’industrie pétrolière courtisent les intérêts politiques des partis. Ou plus précisément, des partis politiques qui sont au pouvoir ou qui encore, ont de bonnes chances d’y être un jour.
En 2013, j’écrivais ceci sur l’«inquiétude grandissante face à l’influence parfois démesurée du pouvoir de l’argent sur les processus décisionnels politiques et l’adoption de lois aptes à mieux protéger les intérêts des firmes capables de se payer des lobbyistes.»
Bien sûr, le PLC jure que M. Gagnier ne faisait aucun lobbying pour TransCanada – qu’il ne faisait que conseiller la firme albertaine. Lorsqu’un «conseiller» contractuel d’une telle firme conseille en même temps un chef de parti susceptible de prendre un jour le pouvoir, le doute est minimalement permis.
Dans le cas de TransCanada, sa proximité des pouvoirs politiques, tous paliers de gouvernement et plusieurs partis confondus -, est d'ailleurs amplement documentée.
Inquiète de pouvoir obtenir l’aval pour ses projets les plus controversés, la firme albertaine ne ménage pas ses efforts de «représentation» dans les coulisses – ou l’antichambre – du pouvoir. Au fédéral, au provincial et au municipal.
D’autant plus qu’aux prises avec ses mêmes projets controversés, en juin dernier, TransCanada se voyait elle-même obligée de se délester de 185 employés, dont 100 emplois à temps plein.
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Une influence transnationale et transpartisane
L’influence de l’industrie pétrolière et gazière auprès des pouvoirs publics est en fait transnationale et transpartisane. Malgré même la baisse du cours du pétrole.
Il est là, le vrai problème politique et éthique.
Le seul obstacle sur son chemin est l’opposition montante de plus en plus de citoyens à certains de ses projets les plus pollueurs et/ou risqués pour les populations résidant là où passent leurs pipelines, leurs trains ou leurs éventuels ports.
C’est le seul obstacle qui retarde la mise en œuvre de leurs projets les plus controversés. D’où les bouchées doubles que cette industrie prend côté lobbyisme.
Cette proximité entre l’industrie et les pouvoirs publics se voit aussi dans les fameuses «portes tournantes» qui les unissent.
Voici ce que j’en écrivais ici:
«Les portes tournantes entre le pouvoir politique et l’industrie pétrolière, que ce pouvoir soit rouge ou bleu, ne manquent pas, non plus. Un indice parmi d’autres – et il n’est pas anodin -, est la liste suivante.
Non exhaustive, on y trouve des acteurs-clé, par le passé récent ou dans le présent,  de cette même industrie, lesquels ont également été soit des élus – et pas n’importe lesquels -,  soit des membres importants du personnel politique de ministres et de premiers ministres.
J'en listais ici certains des plus influents :
L’ex-premier ministre et ex-chef du Parti québécois, Lucien Bouchard, fut président de l’Association pétrolière et gazière du Québec de 2011 à 2013.
Dan Gagnier, ex-chef de cabinet de l’ex-premier ministre Jean Charest a siégé sur le comité consultatif de Talisman Inc. Stéphane Gosselin, ancien chef de cabinet du ministre libéral Clément Gignac devenait directeur de l’APGQ en 2010.
En 2009, l’ex-chef de cabinet de Jean Charest, Stéphane Bertrand, oeuvrait à la création de l’APGQ.
Daniel Bernier, aussi chef de cabinet au gouvernement Charest quittait pour Talisman en 2005. Raymond Savoie, ex-ministre libéral, est devenu président de Gastem.
Le porte-parole francophone actuel (2014) de TransCanada Pipelines et Philippe Cannon, ex-candidat libéral et ex-attaché de presse de Line Beauchamp du temps où elle était ministre de l’Environnement dans le gouvernement Charest. En 2012, l’ex-chef du Parti québécois, André Boisclair, était consultant pour Questerre et le Alberta Enterprise Group.»
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Et j’insiste – la liste est non exhaustive.
Dans cette exclusivité de janvier 2011, je révélais aussi que «la compagnie albertaine Talisman Energy Inc. s'occupera de la rémunération de Lucien Bouchard ( on parlait ici de 2011) lorsqu'il prendra la tête de l'Association pétrolière et gazière du Québec (APGQ) le 21 février prochain. Talisman est une compagnie pétrolière et gazière dont le siège social est à Calgary. (...)
Rappelons également que Daniel Gagnier, un ancien chef de cabinet du premier ministre Charest, fut aussi recruté par Talisman l'automne dernier, mais pas en tant que lobbyiste.»
Comme le monde est petit... Lorsque l'industrie pétrolière et gazière va jusqu'à se payer les services d'un ex-premier ministre, on mesure d'autant plus son pouvoir véritable d'influence.
Doit-on aussi rappeler l'épisode désolant de l'an dernier lorsque le ministère de l'Environnement du Québec, sans la moindre analyse scientifique rigoureuse, accordait néanmoins à TransCanada un permis d'exploitation à Gros-Cacouna en pleine pouponnière de bélugas. Une histoire aux odeurs d'ingérence politique non prouvée qui est allée jusqu'à valoir au ministère cejugement lapidaire de la Cour supérieure du Québec.
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En complément :
Si le sujet vous intéresse, pour mieux comprendre le phénomène de la proximité importante entre le politique et l’industrie pétrolière - incluant ici sous le gouvernement de Pauline Marois -, permettez-moi aussi de vous recommander cette autre analyse plus détaillée et intitulée «Les pétroleuses».

L'affaire Ishaq: Duceppe se fait prudent

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RÉGYS CARON
MISE à JOUR 
POL-TOURNÉE DUCEPPE  GATINEAU - Gilles Duceppe invite les services secrets canadiens à faire leur travail et craint qu'un gouvernement conservateur se serve du cas de Zunera Ishaq pour restreindre les libertés des Canadiens.
Le chef du Bloc québécois a commenté avec prudence le reportage du Journal de Montréal révélant vendredi que Mme Ishaq était liée à une organisation musulmane caritative qui aurait elle-même des liens avec un groupe considéré comme terroriste en Europe.
Mme Ishaq s'est rendue célèbre au cours de la campagne électorale en obtenant de la Cour suprême du Canada de prêter serment de citoyenneté canadienne le visage voilé par un niqab. D'origine pakistanaise, Mme Ishaq œuvre au sein de l'antenne féminine du Islamic Circle of North America (ICNA), qui a versé 633 000 $ à la Fondation Al-Khidmat, bras de bienfaisance de l'organisation pakistanaise Jamaa-e-Islami, considérée comme un groupe terroriste en Europe.
«Si quelqu'un se faufilait, cela peut arriver, il faut voir le cas très précisément, dans chaque pays il y a des services de sécurité et certaines fois les services sont déjoués (...) Ce sont des allégations, il faut voir si les services de sécurité vont vérifier de telles allégations et éventuellement porter des accusations (...) Il faut éviter de faire des amalgames», a commenté M. Duceppe, à l'occasion d'un point de presse à Gatineau.
Le leader souverainiste a profité de l'occasion pour décocher une flèche à l'endroit du premier ministre conservateur sortant Stephen Harper. «Je souhaite que les services compétents fassent leur travail. Il ne faut pas tomber non plus dans l'excès et diminuer notre espace de liberté, il faut un équilibre entre liberté et sécurité.»
«La première chose que je commencerais à surveiller chez Stephen Harper, c'est la surveillance du Service canadien de renseignement et de sécurité (SCRS). Quand vous avez placé à la tête des services de sécurité canadiens un gars comme Arthur Porter, qui était consul plénipotentiaire de Sierra Leone, c'était une première dans l'histoire du renseignement. Dans les écoles militaires ou du renseignement, ça va être sûrement l'exemple d'une décision idiote appuyée par les partis fédéralistes à Ottawa, seul le Bloc a voté contre ça.»