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mardi, décembre 08, 2015

Quatre Ontariennes ont tenté de rejoindre l'EI en Syrie

http://ici.radio-canada.ca/nouvelles/societe/

 Mise à jour le lundi 7 décembre 2015 à 21 h 08 HNE  Radio-Canada avec CBC
L'institut Al-Huda à Mississauga
L'institut Al-Huda à Mississauga  Photo :  Site Internet de l'institut

Exclusif - CBC a appris qu'au moins quatre jeunes femmes de l'Ontario se sont jointes ou ont essayé de se joindre au groupe armé État islamique (EI) au cours des derniers mois. Les quatre personnes ont fréquenté l'institut Al-Huda, à Mississauga, un institut connu pour un enseignement rigoriste de l'islam, notamment la soumission des femmes aux hommes.
La sœur d'une jeune fille qui se trouve actuellement en Syrie a indiqué au réseau anglais de Radio-Canada que sa sœur a fréquenté l'institut de Mississauga durant quelques mois. Elle a indiqué qu'elle a été prise de panique lorsqu'elle a appris que sa sœur, âgée de 23 ans, avait disparu du jour au lendemain. Elle a été dévastée lorsqu'elle a appris par téléphone que sa sœur se trouvait en Syrie.
« Je l'aurais secouée, je ne l'aurais laissé partir nulle part, je lui aurais caché son passeport », a-t-elle dit à CBC.
Les trois autres filles, de Brampton, qui étaient mineures, ont été interceptées et refoulées par les autorités turques au Canada. Elles essayaient de rejoindre l'EI en Syrie.
L'Institut Al-Huda a indiqué qu'il n'avait aucune connaissance du cas des quatre jeunes filles, mais a indiqué que le Service canadien de renseignement et de sécurité avait pris attache avec l'école au sujet de deux autres jeunes filles qui se sont jointes à l'EI, et qui avaient fréquenté l'institut Al-Huda.
Refusant de s'exprimer devant la caméra, les responsables de l'école ont diffusé sur leur site Internet un communiqué condamnant les idéologies terroristes.
Lien avec le massacre de San Bernardino
La fondatrice de l'institut Al-Huda, Farhat Hashmi, a également fondé une école portant le même nom à Matula, au Pakistan.
Il se trouve que la branche pakistanaise d'Al-Huda a été fréquentée il y a quelques années par Tashfeen Malik, qui est avec son mari à l'origine du massacre de San Bernardino en Californie.
CBC n'a pu joindre la fondatrice de l'institut, car elle se trouverait actuellement au Pakistan.
Les responsables de l'école ne croient pas que les quatre jeunes filles se soient radicalisées à l'école. Mais le lien entre l'établissement et la tuerie de San Bernardino leur fait craindre des répercussions sur l'école.
Les mêmes responsables disent qu'ils travaillent avec la police afin de protéger les étudiants.

dimanche, octobre 04, 2015

Le Canada a mis son personnel à l'étranger en garde contre l'EI

http://www.lapresse.ca/international/dossiers/

EXCLUSIF
Publié le 04 octobre 2015 à 07h58 | Mis à jour à 10h01
Sur cette photo publiée le 25 avril dernier... (PHOTO PROVENANT D'UN SITE INTERNET)
PHOTO PROVENANT D'UN SITE INTERNET

Sur cette photo publiée le 25 avril dernier sur un site internet militant, de jeunes combattants du groupe armé État islamique, surnommé les « lionceaux du califat », brandissent des armes dans un camp d'entrainement à Tall Afar, dans le nord de l'Irak.

Le Canada a craint des représailles du groupe armé État islamique (EI) lorsqu'il s'est joint l'an dernier à la coalition multinationale qui le bombarde en Irak et en Syrie. Des documents obtenus par La Presse en vertu de la Loi sur l'accès à l'information révèlent que le gouvernement a mis en garde ses représentations diplomatiques à l'étranger contre « la menace posée par le groupe terroriste ».
« Je tiens à profiter de l'occasion pour vous rappeler de ne pas relâcher votre vigilance et vous prodiguer de nouvelles recommandations », écrivait dans un courriel le directeur général de la gestion des urgences au ministère des Affaires étrangères du Canada, Robin Dubeau.
La missive, marquée du sceau « secret » et datée du 22 octobre 2014, était notamment destinée aux bureaux responsables de la sécurité des missions diplomatiques. Une partie des destinataires a été caviardée dans les documents obtenus par La Presse.
Le courriel dit faire suite à un précédent message daté du 3 octobre, qui n'a pas été remis à La Presse, ainsi qu'à une analyse du risque posé par le groupe armé État islamique réalisée par l'unité d'évaluation de la menace du Ministère, identifiée par l'acronyme IDSA.
Il recommande « à toutes les missions au Moyen-Orient et en Afrique du Nord et aux missions expressément désignées dans l'évaluation globale d'IDSA de passer en revue leur situation sur le plan de la sécurité ».
«[...] vérifier que les plans d'urgence sont à jour et compris par le personnel ; s'assurer que le matériel et les procédures de sécurité et de communications fonctionnent efficacement [et] solliciter l'aide des pays d'accueil afin de prévenir tout problème.»Extrait des recommandations envoyées par le ministère des Affaires étrangères aux missions diplomatiques

L'une des recommandations a été censurée.
Le premier ministre Stephen Harper avait annoncé le 3 octobre 2014, à la Chambre des communes, que le Canada allait mener des frappes aériennes contre l'EI. La mission, qui devait initialement durer six mois, a été prolongée d'un an en mars dernier, si bien qu'elle devrait prendre fin le 30 mars 2016.

Écoles visées
Les autorités canadiennes ont aussi prévenu leurs représentations diplomatiques d'un risque d'attaques commises contre des écoles occidentales à l'étranger, dans un courriel classé « secret » daté du 31 octobre 2014.
« Le 25 octobre, un important site internet djihadiste pro-EI a lancé un message appelant des "loups solitaires" à mener des attaques contre des enseignants occidentaux et des écoles internationales », écrivaient Jeffrey McLaren et Philip Lupul, deux directeurs au ministère des Affaires étrangères.
Ils précisaient que le message djihadiste suggérait d'attaquer les enseignants « quand ils sont le plus vulnérables », lorsqu'ils se rendent seuls au travail ou dans des commerces, par exemple.
La suite du message est lourdement caviardée.
Plus d'une centaine d'écoles dispensent dans une vingtaine de pays du monde les programmes d'enseignement de certaines provinces canadiennes.
Elles embauchent toutes un certain nombre d'enseignants canadiens.
« Pas la méthodologie de l'EI »
Le risque d'une attaque contre des intérêts canadiens est toutefois faible, estime Michel Juneau-Katsuya, ancien agent du Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS).
«Les attaques que l'on a vues de l'État islamique, que ce soit en Tunisie, en Australie, en Angleterre ou ici au Canada, ce sont des cibles d'opportunité.»Michel Juneau-Katsuya,
ancien agent du SCRS

Ce dernier analyse que les victimes étaient donc « au mauvais endroit, au mauvais moment ».
Contrairement à Al-Qaïda, le groupe armé État islamique n'attaque pas des cibles précises en dehors des territoires qu'il contrôle, affirme l'expert en renseignement.
Par contre, l'EI appelle parfois ses sympathisants à commettre des attentats directement dans les pays occidentaux, ce que Michel Juneau-Katsuya considère comme faisant « partie de leur propagande ».
- Avec William Leclerc