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vendredi, décembre 18, 2015

375 ans d’imbécillité

http://www.journaldequebec.com/

GILLES PROULX
MISE à JOUR 
Chers colonisés. Oh! Je sais que vous ne savez même pas ce que signifie le mot colonisé. Ce n’est pas grave. Le 375e de Montréal en 2017 ne vous apprendra rien. Ce sera l’occasion de donner des contrats aux amis pour organiser des spectacles à n’en plus finir. L’insignifiance du 400e de Québec gagne la métropole.
À lire: l’ouvrage du professeur Jean-Maurice Arbour intitulé Cessons d’être des colonisés. Il raconte comment les colonisés de 2008 ont détourné le 400e de Québec à leurs fins de propagande tout en oubliant Samuel de Champlain, notre illustre héros que les Américains célèbrent davantage que nous!
Jamais Cincinnati, Londres, New York, Mexico ou Toronto, par exemple, ne fêteraient leur anniversaire sans se référer à leur fondation ou à leurs fondateurs!
Pour vouloir à ce point occulter ses origines, il faut être... un petit colonisé.
Kodak Coderre
Dans la métropole, avec le satrape vendeur de «chars usagés» Denis Kodak Coderre et son suzerain Gilbert «Ce n’est pas comique» Rozon, on s’apprête à nous servir en 2017 la même sauce à poutine qu’à Québec en 2008.
On va oublier le sieur de Maisonneuve et Jeanne Mance. Je me souviens... de quoi? De rien!
Vive les néons! Vive les vedettes! Vive la musique américaine! Et prospérité aux petits amis qui vont ramasser les contrats à nos frais tout en oubliant nos origines pour ne pas déplaire à cette génération d’imbéciles diplômés!
La présentation de l’organisation du 375e, dévoilée cette semaine, ne dit pas un traître mot de la fondation ou des fondateurs.
Ça ne fait que redire en se répétant que Montréal est «vivante», «vive» et «en vie». Que tout, à Montréal, est «vif» et «vivant». Insignifiances! On ne fêtera pas 375 ans d’histoire, mais 375 ans d’imbécillité.
Le syndrome de Garneau
Enfin, je veux parler de Louis Garneau, cet inventeur de casques pour têtes fêlées. Au cours du documentaire Crise d’identité, réalisé par Bernard Derome et présenté à Télé-Québec la semaine dernière, M. Garneau crachait sur le Québec «petit» et «fermé».
Lui est au-dessus de ses compatriotes maintenant qu’il vend plus d’équipement de vélo au Japon que dans son Québec attardé. Il oublie qu’un artiste comme André Gagnon, qui vend davantage de disques au Japon qu’au Québec, n’a jamais ressenti ce besoin de renier son peuple. André Gagnon n’est pas atteint du «syndrome de Garneau».
En bon colonisé, notre richissime pauvre type Louis Garneau s’est déjà permis de se coller sur la reine Elizabeth II comme si elle était un joueur de hockey pendant une photo, en 2009, ce qui faisait très «habitant» comme sans-gêne contraire au protocole.
Malheureusement, j’ai bien peur que le 375e de Montréal ne fasse plaisir à Louis Garneau. La métropole que l’on vantera en répétant «vive», «vivante» et «en vie» sera une attaque contre le Montréal de nos amours, celui qui a des héros et une histoire, pas toujours belle, mais vraie.
Mon Dieu! Si j’avais été dans le comité organisateur, j’aurais proposé des activités historico-pédagogiques afin de rappeler la naissance de la ville avec les Amérindiens et les Français, tout en rappelant la présence américano-britannique.

vendredi, septembre 11, 2015

Les vautours de la compassion

http://www.journaldemontreal.com/

GILLES PROUX
MISE à JOUR 
Honte à ces politiciens qui se ruent sur les exilés syriens par opportunisme. Avant la photo du bambin noyé sur la plage en Turquie, ils se moquaient autant du sort des Syriens que de celui des Maliens, qui s’avèrent nettement moins populaires sur Facebook...
Quand j’entends les Trudeau, Coderre, Mulcair et cie nous parler de la porte de grange qu’est le Canada et réclamer l’accueil d’un nombre incalculable de Syriens, je me dis qu’ils cherchent à se bâtir un bénéfice politique.
Les entend-on réclamer l’asile pour les Yézidis, cette minorité religieuse dont les hommes sont massacrés et les femmes réduites en esclavage, ou encore les chrétiens, dont les enfants se font parfois crucifier aux portes des maisons par l’État islamique? Non.
Pourtant, voilà des minorités qui méritent d’être non seulement secourues, mais aussi défendues, militairement.
En ce moment même, pleurent-ils le sort des Maliens qui souffrent de la folie de Boko Haram? Non.
Pourtant, les Maliens, comme les Haïtiens, les Camerounais ou les Sénégalais, par exemple, seraient intégrables et susceptibles d’être heureux au Québec.
Est-ce qu’ils proposent l’accueil massif d’enfants indiens ou sri-lankais des bidonvilles? Non.
Pourtant, des millions d’enfants vivent dans une indigence infecte là-bas.
Certains enfants inspirent plus de compassion que d’autres.
L’exemple vietnamien
Quand j’entends nos vautours de la compassion citer l’exemple des Vietnamiens que nous avons reçus au Québec à la fin des années 1970, je les trouve culottés.
Les Vietnamiens ont une culture du travail tellement supérieure à la nôtre qu’ils nous montrent l’exemple.
Les Vietnamiens fuyaient une dictature communiste (à une époque où les bien-pensants du Québec aimaient cette idéologie funeste).
Pourtant, les Maliens, comme les Haïtiens, les Camerounais ou les Sénégalais, par exemple, seraient intégrables et susceptibles d’être heureux au Québec
Les Vietnamiens n’ont pas de djihadistes pour s’infiltrer dans nos murs.
Les Vietnamiens étaient ouverts à la francisation.
Mieux: les Vietnamiens n’ont pas de porte-parole professionnels qui gagnent leur vie à accuser les Québécois de «racisme» et à attiser les tensions communautaires.
C’est loin d’être vrai pour ces Syriens dont la deuxième langue, à Damas, est l’anglais. Sont-ils intégrables? Ceux de bonne volonté le seraient. Mais les poires pourries dans le panier sauront se servir de la charte d’abus pour s’occuper, à nos frais bien sûr, avec nos gens de toge, pour faire de l’empiétement.
Mais ça, si vous êtes Philippe Couillard, c’est une bonne nouvelle: quiconque ne s’identifie pas au Québec vote libéral.
Naïveté proverbiale
Nos politiciens me font penser à ces jeunes du secondaire qui vont faire du pseudo travail humanitaire en Amérique latine alors qu’il y a à côté de chez eux – devant leur nez! – des réserves amérindiennes misérables, des quartiers délabrés pleins de pauvre monde et des clochards par milliers.
Mais nos écoliers sont bonasses par ignorance... tandis que nos politiciens sont calculateurs et cyniques!
Enfin, je dis haut et fort bravo à Stephen Harper qui a toutes les raisons du monde d’y aller à petites doses dans ce dossier complexe. J’approuve sa candidate dans Drummond, Pascale Déry, qui nous rappelle que l’aide humanitaire devrait aussi se situer dans l’éradication des fous de Dieu de l’État islamique pour que les foules de misérables puissent rebâtir leur pays au lieu de s’exiler.
Mais à qui est-ce que je m’adresse ici? Si les Québécois sont assez naïfs pour voter pour des «poteaux» aux élections fédérales, les politiciens ont absolument raison de les prendre pour des valises.

vendredi, juillet 03, 2015

Le Québec canadien

http://www.journaldemontreal.com/

Gilles Proulx
Notre bon docteur Couillard doit perdre ses complexes de provincial et se comporter comme le chef d’État qu’il est.
Vingt-cinq ans après l’échec de Meech, vingt ans après le référendum à 49,4 % de oui, il est temps de faire une place décente pour le Québec au sein du Canada. Exactement comme Robert Bourassa, fédéraliste, pouvait inspirer confiance au reste du Canada, Philippe Couillard est en position d’aller chercher de vraies avancées pour le Québec.
Le 22 juin dernier, on en a peu parlé, mais c’était le 25e anniversaire de l’échec de l’accord du lac Meech. C’est alors qu’un Robert Bourassa a tenu son discours demeuré le plus célèbre: «Le Canada anglais doit comprendre de façon très claire que, quoi qu’on dise et quoi qu’on fasse, le Québec est, aujourd’hui et pour toujours, une société distincte, libre et capable d’assumer son destin et son développement.»
Voilà exactement la mentalité qu’il faut à Philippe Couillard. Lui qui aime à se réclamer de Jean Lesage, il doit reprendre le flambeau. Comme nous l’a rappelé Robert Dutrisac (un analyste politique que j’estime beaucoup) dans
Le Devoir, le bon docteur Couillard est tenté de se servir du 1er juillet 2017, soit le 150e anniversaire de la Confédération, pour que le Québec obtienne, dans l’honneur et la dignité, la place qui lui revient dans le giron constitutionnel.
Le fruit est mûr
Ancien porte-parole charismatique du Non (et brandisseur de passeport canadien pour repousser la menace séparatiste), Jean Charest aimait à dire, au sujet de la question constitutionnelle, que «le fruit n’est pas mûr». C’était vrai. Mais ce ne l’est plus. Après le bref gouvernement Marois, le retour des libéraux provinciaux au pouvoir, forts de leur taux de presque 100 % d’appuis chez certaines populations, a rassuré le Canada anglais.
La souveraineté du Québec? Le Canada anglais n’y voit plus une éventualité menaçante. Le poids démographique décroissant de «la Belle Province» a même permis à Stephen Harper de former un gouvernement sans le Québec (qui, dans un élan du cœur irrationnel, a voté en masse pour les incompétents du NPD).
« L’amour » du Canada
À la veille du référendum de 1995, des avions nolisés (payés illégalement) nous ont envoyés plein de Canadians pour nous dire «Je t’aime». Mais tout comme l’échec référendaire de 1980 nous apporta le coup de poing sur la gueule de 1982, celui de 1995 nous a apporté l’affirmation de domination de Stéphane Dion avec sa «loi sur la clarté»... qui a aussi eu pour effet de rassurer le Canada.
Pour couper l’herbe sous les pieds de PKP, Couillard doit prendre le «beau risque» de rappeler au reste du Canada, qui n’a jamais été aussi indifférent à l’endroit du Québec, qu’il manque une signature à sa constitution...
En attendant, puisque le Québec est pris dans le carcan constitutionnel de 1982, rien n’empêche Couillard d’augmenter les budgets consacrés à l’intégration des immigrants. Il peut aussi augmenter les pouvoirs de la loi 101 pour s’attaquer à l’outrancière anglicisation des raisons sociales, notamment celles des «food trucks». Mais surtout, rien ne l’empêche de se débarrasser de l’étiquette coloniale de «province» puisque le Québec est un État.
Vous pouvez bouger, M. Couillard. C’est le moment de s’inspirer de Jean Lesage.

vendredi, mai 22, 2015

Pierre Karl dans la maison des fous

http://www.journaldemontreal.com/

Le Canadien étant éliminé, conseiller PKP est en train de devenir notre sport national


Gilles Proulx
PKP a gagné sa bataille pour la chefferie. Le voilà donc pris – le pauvre! – avec 70 000 petits chefs. Car le Parti québécois comporte autant de programmes que de membres.
Tout ce beau monde inonde PKP de précieux conseils! Même les ennemis jurés du Québec, ces fédéralistes qui veulent notre provincialisation/assimilation, y vont de leurs judicieuses recommandations à PKP.
Tu es vraiment choyé, Pierre Karl, d’avoir autant de conseillers! Plus que jamais, le Québec est un étrange asile peuplé d’experts en «va falloir».
La fin de semaine dernière, j’ai passé plusieurs heures à lire des articles, dansLe Journal et ailleurs, qui te donnaient des conseils ou qui parlaient des «défis» que tu devras relever.
J’allumais la radio: ça parlait de toi – encore pour te dire quoi faire. J’écoutais la conversation à la table d’à côté au restaurant: même chose!
Le Canadien étant éliminé, conseiller PKP est en train de devenir notre sport national.
Même les faux indépendantistes de Québec solidaire, issus de cette gauche toujours prête à tromper la souveraineté pour coucher avec le NPD, y vont de leurs conseils. (Heureusement que ces protofédéralistes disposent de leur propre parti; ces songe-creux débiliteraient le PQ s’ils en faisaient partie.)
Quant à Option nationale, ce sympathique petit club de convaincus, les rallier te rapporterait quoi? Cinquante membres?
Pas un messie
«Pierre Karl, va falloir faire ci ou ça. Ne fais pas ça. Va là. Par ici!»
On ne peut certainement pas reprocher aux Québécois de voir en toi un «messie». Ils n’attendent pas de toi la vérité. Ils ne pensent qu’à te dire quoi faire!
Pour ma part, je trouve que l’on te demande l’impossible. Je suis sceptique. Feras-tu mieux que René Lévesque ou Lucien Bouchard? J’ai des doutes...
Lévesque était rassurant et son rôle de journaliste pédagogue à la télévision en faisait un personnage familier. Bouchard était éloquent avec un brio digne de Papineau.
À ce chapitre, Pierre Karl, sauf mon respect pour toi, tu as encore des croûtes à manger!
Et le bloc de la population du Québec qui vote à 100 % contre la souveraineté est passé de 20 % à 30 %; ça fait un avantage de départ presque insurmontable pour le plus avachi des premiers ministres du Québec.
Les millions inutiles
Plusieurs journalistes ont eu le réflexe de parler des «douze épreuves» que tu devras accomplir. Comme si tu étais un Hercule ou un Asterix. Ce n’est pas une comparaison sans fondement...
Comme l’irréductible petit Gaulois, tu représentes un petit pays qui «résiste encore et toujours» (quoique de moins en moins) à l’envahisseur.
Et comme lui, contre la pire des épreuves qui t’attend, la potion magique (ou tes millions) ne te sera d’aucune
utilité...
Bienvenu dans la maison des fous, Pierre Karl!
Avec une jeunesse qui se moque de la Nation et une immigration farouchement «pro-unity», je ne pense pas que tu auras le choix.
L’indépendance n’étant pas une possibilité, le nationalisme économique à la François Legault, ai-je l’impression, sera le seul levier puissant dont tu disposeras pour lutter contre le Goliath «canadian».