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jeudi, septembre 10, 2015

Jacques Parizeau : trois mois déjà...

http://www.journaldemontreal.com/

MISE à JOUR 
Vous nous manquez... beaucoup...   Il y a trois mois et des poussières, Jacques Parizeau quittait ce monde entouré des siens. Trois mois ont passé, déjà...
La mort de ce grand homme politique, immense de par son œuvre exceptionnelle de bâtisseur acharné, son intellect rayonnant et son humanisme profond, laissera longtemps derrière lui un Québec en deuil.
On aura beau dire avec une pointe d’ironie que les cimetières sont remplis de gens «irremplaçables», il existe néanmoins de ces hommes, de ces femmes qui, pour les leurs et leur société, le sont réellement.
Ne pas l’oublier ne tient pas d’une nostalgie mélancolique, mais d’un sentiment parfaitement lucide de reconnaissance et d’admiration plus que mérité.
Ce rappel nous vient également aujourd’hui de la plume de son épouse, Lisette Lapointe.
Dans une lettre ouverte émouvante parue ce mercredi dans les pages duDevoir, Mme Lapointe remercie à son tour tous ceux et celles qui, au moment du grand départ de son mari ou encore par après, ont témoigné à la famille de l’ex-premier ministre toute leur gratitude, leur respect et disons-le clairement, leur amour.
En souvenir de Monsieur Parizeau, en voici quelques extraits. La version complète est ici.
***
«Au nom de Jacques Parizeau, merci!», Lisette Lapointe, Le Devoir, 9 septembre 2015
«Déjà plus de trois mois qu’il nous a quittés et je suis encore profondément remuée par tous les témoignages de reconnaissance, d’admiration et même d’affection qui ont entouré le départ de mon compagnon de vie. Rarement aura-t-on vu pareil concert d’éloges, sans la moindre fausse note, à l’endroit d’une personnalité politique. Comme si tout à coup, on avait mis de côté les différends passés pour ne voir que le legs de l’homme d’État qu’était Jacques Parizeau.
En ce sens, le recueil publié par Le Devoir, intitulé Jacques Parizeau, l’homme de l’État québécois, nous a fait chaud au coeur. (...)
Au nom de nos familles, en particulier son frère Robert, ses enfants Bernard et Isabelle, ses petits-fils, Alexandre et Hadrien, et mes enfants, Natalie et Hugo et leurs conjoints, un grand merci au Devoir pour ce document riche d’enseignement qui saura rappeler à nos petits-enfants et aux leurs qui était Jacques Parizeau !
Par ailleurs, je n’ai pas eu l’occasion, depuis, d’offrir mes remerciements aux milliers de personnes qui m’ont fait parvenir cartes, lettres ou courriels, ni à toutes celles qui se sont déplacées pour lui rendre hommage lors des chapelles ardentes tenues à Montréal, dans l’immeuble de la Caisse de dépôt ainsi qu’à Québec, au Salon rouge de l’Assemblée nationale et qui ont eu la gentillesse de laisser un mot dans le registre de condoléances. Je me permets d’utiliser cette tribune pour vous remercier de tout coeur. Je lis tous vos messages ; ils sont touchants et souvent bouleversants. Que dire de tant d’appréciation, d’amour et de délicatesse... sinon qu’il aurait été tellement ému et fier en vous lisant.
 
J’aimerais aussi souligner le très beau geste du premier ministre du Québec qui, dès le lendemain de son décès, a annoncé que l’immeuble abritant la Caisse de dépôt à Montréal porterait désormais le nom de Jacques Parizeau. (...) Cette décision du gouvernement, appuyée par tous les membres de l’Assemblée nationale, nous a profondément touchés et je suis persuadée qu’il en fut de même pour de nombreux Québécois. (...)
Les semaines ont passé, la douleur reste vive et l’absence très lourde, mais ces souvenirs tout comme les témoignages qui continuent d’affluer apportent courage et réconfort. Et à tous ceux et celles qui ont fait un détour pour me saluer ou venir me consoler, arrivant parfois avec victuailles et petites gâteries, sachez que vous m’avez offert des moments précieux de répit, de bonheur même...
 
Je n’ai qu’un voeu, c’est que son oeuvre se poursuive. C’est le plus bel hommage qu’on pourrait lui rendre.»

dimanche, juin 07, 2015

Les visiteurs défilent à l'Assemblée nationale pour rendre hommage à «Monsieur»

http://www.985fm.ca/national/nouvelles/

Publié par La Presse Canadienne le dimanche 07 juin 2015 à 17h09. Modifié par Jacques Thériault à 18h00.
Les visiteurs défilent à l'Assemblée nationale pour rendre hommage à «Monsieur»
QUÉBEC ? L'Assemblée nationale a ouvert ses portes dimanche pour permettre aux citoyens de rendre un dernier hommage à l'ex-premier ministre Jacques Parizeau, l'un de ses plus illustres représentants.
L'ex-premier ministre Lucien Bouchard
 
 
 
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Le cortège funèbre, avec à sa tête la veuve de M. Parizeau, Lisette Lapointe, est arrivé peu avant 10 h devant l'Assemblée nationale où le cercueil recouvert du fleurdelysé a été transporté jusqu'au Salon rouge, transformé en chapelle ardente.

Peu après 15 heures, plus de 1200 personnes, dignitaires et citoyens ordinaires avaient défilé devant le cercueil et offert leurs condoléances à Mme Lapointe et aux membres de la famille Parizeau, notamment sa fille Isabelle de même que son frère, Robert.

Certains ont attendu près de deux heures pour entrer dans l'auguste enceinte du Salon rouge, alors que la file de visiteurs s'allongeait jusqu'à la fontaine de Tourny sur l'avenue Honoré-Mercier.

«C'est un monsieur tellement inspirant, a dit Gérald Gobeil, de Québec, arrivé avec un groupe d'amis dès 8 h.

«Il a porté le projet de l'indépendance mais il ne faut pas oublier ce qu'il a fait, avec d'autres, pour la Révolution tranquille. Il faut pas oublier ce que nous étions avant l'arrivée de Parizeau et compagnie», a-t-il ajouté.

«Je tenais à rendre hommage à ce grand personnage, ce grand bâtisseur, a renchéri Khadija Said, une jeune femme dans la trentaine.

«Je ne l'ai pas connu mais il a fait entrer le Québec dans la modernité et je crois que c'était très important de venir le saluer.»

Dans la file de citoyens, le policier à la retraite et ex-garde du corps de M. Parizeau, Victor Landry, attendait patiemment son tour pour entrer dans l'édifice.

«Il a été un modèle pour moi, un complice, a laissé tomber M. Landry, qui a veillé à la sécurité de M. Parizeau de 1988 à 1998. Il nous disait toujours, 'moi, je fais de la politique, vous, vous faites votre travail, j'ai entièrement confiance en vous'. Jamais il ne faisait de commentaires (désobligeants) sur notre façon de travailler.»

Directeur de cabinet de René Levesque entre 1977 et 1984, Jean-Roch Boivin, s'est pour sa part décrit comme un ami «presque intime» du défunt. Au début des années 1980, M. Parizeau traversait une période difficile et s'était confié, a raconté M. Boivin.

«Peu de gens le savent, mais c'était un homme assez seul, a relaté l'homme de 84 ans. Il m'a fait des confidences. Une fois, il m'a dit, 'M. Boivin, ça fait du bien d'avoir un ami, je suis seul'. J'ai été pas mal surpris.»

Parmi les dignitaires, l'ex-premier ministre Lucien Bouchard a avoué être «frappé» par la reconnaissance exprimée par le public à l'endroit de M. Parizeau, surtout en cette période de grand cynisme envers la politique.

«C'est un retour des choses très significatif, M. Parizeau lui-même aurait été extrêmement touché par des témoignages comme ceux-là. La vie politique est dure et il l'a eu aussi dure que n'importe qui sinon plus, a dit la figure de proue du camp du Oui en 1995. C'est un geste de reconnaissance et il y a quelque chose d'apaisant là-dedans.»

De son côté, le chef du Parti québécois Pierre Karl Péladeau affichait un air grave, teinté d'émotion, après s'être recueilli sur la tombe de «Monsieur».

En posant les jalons du Québec moderne avec des outils comme la Caisse de dépôt et la Société général de financement, M. Parizeau a transmis un message «d'espoir» au peuple Québécois, a soutenu le chef du PQ.

«Il a eu le courage de se tenir debout, a-t-il soulevé. Il a transmis un fort et très étendu message à l'effet que nous sommes capables de réussir.»

Le chef de la Coalition avenir Québec (CAQ), François Legault, a pour sa part estimé que la mise sur pied de la Caisse de dépôt et placement était le plus grand legs de M. Parizeau.

Parce qu'il leur a donné confiance en leurs moyens, les Québécois sont «tous des héritiers» de M. Parizeau, peu importe leurs convictions politiques, a-t-il fait valoir.

«Il nous a redonné la fierté, maintenant c'est à nous à inventer l'avenir et aujourd'hui, on doit lui dire un énorme merci pour ce qu'il a fait pour le Québec», a opiné le chef de la CAQ.

Peu de gens peuvent prétendre avoir réellement changé le Québec et Jacques Parizeau est de ce nombre restreint, a quant à lui affirmé le maire de Québec, Régis Labeaume.

«Dans notre société, il y a peu de politiciens, au terme de leur carrière ou de leur vie, dont on peut dire qu'ils ont fait la différence. Jacques Parizeau a fait une très grosse différence, a souligné le maire Labeaume. Il a amélioré collectivement notre niveau de vie, il nous a fait gagner des décennies, grâce à sa créativité et son intelligence.»

Le premier ministre Philippe Couillard s'est lui aussi rendu au Salon rouge pendant la journée mais n'a pas jugé bon s'adresser aux journalistes, préférant retourner faire campagne en prévision des deux élections partielles de lundi.

Les funérailles d'État de Jacques Parizeau, décédé lundi dernier, auront lieu mardi à l'église Saint-Germain d'Outremont, à Montréal.