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mardi, décembre 01, 2015

Accueil des réfugiés: pourquoi 1,800$ par jour?

http://www.journaldemontreal.com/

JOSÉE LEGAULT
MISE à JOUR 
Le maire de Montréal, Denis Coderre.  En pleine crise humanitaire, l’accueil essentiel et urgent de réfugiés syriens sera une tâche exigeante à travers le Canada. Tout le monde en convient.
Exigeante, oui, mais elle ne devrait pas non plus servir de prétexte à exagérer côté fonds publics pour ce qui est de son administration.
Exemple de premier ordre : selon La Presse, l’administration Coderre paierait son «responsable de la coordination de l'arrivée des réfugiés syriens à Montréal» à la hauteur vertigineuse de 1 800$ par jour.
Pour trois mois, Michel Dorais, toucherait donc la rondelette somme de 110,000$.
À raison de cinq jours de travail par semaine pour des journées présumées de 8 heures chacune au boulot, M. Dorais serait ainsi payé près 230$ de l’heure. Et ce, non pas dans un bureau privé d’avocats ou une luxueuse clinique médicale privée-privée, mais à même les fonds publics pour veiller à la coordination des réfugiés syriens à Montréal.
Si son contrat était pour un an, sa rémunération totale serait de 440 000$...
M. Dorais fut également sous-ministre à l'Immigration au fédéral sous Denis Coderre, alors lui-même ministre.
La compétence de Michel Dorais ne fait certes aucun doute. Sa rémunération, par contre, est une autre histoire.
***
Selon La Presse, sa rémunération serait puisée dans le budget des «dépenses imprévues» et fut entérinée «lors du comité exécutif durant la portion à huis clos».
Pour justifier sa rémunération élevée, la Ville avance la raison suivante : elle «inclut le salaire de base ainsi que des congés chômés et payés, une compensation pour non-participation au régime de retraite et les garanties de l'assurance collective».
Pardon?
Depuis quand un gouvernement ou une administration municipale calcule-t-il ou elle le tarif d’un consultant contractuel en y ajoutant le coût d'une brochette d'avantages sociaux pour un employé régulier à temps plein pour un poste aux responsabilités équivalentes? Et ce, dans ce cas-ci, pour une aussi brève période que trois mois.
Des voix se demandent pourquoi le maire Coderre ne s’est pas plutôt tourné vers un de ses propres employés déjà payé par les fonds publics et possédant les compétences appropriées pour livrer ce même mandat? 
Et même s’il s’avérait que Michel Dorais n’aurait pas son «équivalent» à la Ville dans ce domaine d’expertise pointu et que, par conséquent, son embauche sur une base contractuelle serait justifiée, il aurait pu et aurait dû l’être en échange d’une rémunération plus raisonnable et raisonnée. On parle ici après tout de fonds publics.
Qui plus est, à tort ou à raison, lorsqu’on ajoute le lien professionnel passé entre messieurs Dorais et Coderre, la hauteur de sa rémunération, qu’on le veuille ou non, créée tout au moins une apparence de conflit d’intérêts ou de copinage. Et ce, même si, encore une fois, il n'y en avait pas la moindre trace.
Bref, au sortir de la commission Charbonneau, la Ville de Montréal aurait dû se garder une petite gêne...
***
Addendum:
Dans ce billet, je ne remets aucunement en question la compétence reconnue par ailleurs de Michel Dorais.
Ma perspective est qu'en ces temps d'austérité et au sortir de la commission Charbonneau, question d'éviter toute apparence d'un possible conflit d'intérêts sans qu'il y en ait pour autant la «moindre trace», la hauteur de sa rémunération est l'élément que je questionne.

jeudi, novembre 19, 2015

Accueil des réfugiés: les villes veulent être mieux informées

http://www.lapresse.ca/international/crise-migratoire/

Publié le 19 novembre 2015 à 05h00 | Mis à jour à 06h31
La mairesse de Longueuil, Caroline St-Hilaire... (PHOTO EDOUARD PLANTE-FRÉCHETTE, LA PRESSE)
La mairesse de Longueuil, Caroline St-HilairePHOTO EDOUARD PLANTE-FRÉCHETTE, LA PRESSE

Les maires des 13 villes québécoises qui accueilleront les réfugiés syriens attendus d'ici la fin de 2015 demandent à être mieux informés des plans d'Ottawa et de Québec, les élus ignorant encore combien d'entre eux chaque ville recevra.
Une conférence téléphonique d'une quarantaine de minutes a réuni hier midi ces maires afin de faire le point sur le dossier. «Ce qui me frappe, c'est la volonté des villes à accueillir les réfugiés. Chacune a déjà pris des initiatives pour réunir les groupes sur son territoire. Mais il manque deux morceaux du casse-tête: Québec et Ottawa. Les villes sont déjà à pied d'oeuvre, mais elles n'ont pas toute l'information», a indiqué la mairesse de Longueuil, Caroline St-Hilaire.
L'Union des municipalités du Québec a mis en place un comité auquel on espère voir Ottawa et Québec se joindre pour coordonner l'arrivée des réfugiés. «Il faut qu'on s'assoie, s'il le faut quotidiennement, pour éviter que chaque maire appelle à gauche et à droite pour avoir de l'information. On veut éviter qu'il y ait des ratés. On a connu de beaux succès d'accueil de réfugiés et il ne faudrait pas manquer le bateau», a ajouté Mme St-Hilaire.
Les élus municipaux veulent notamment savoir s'ils recevront l'appui financier d'Ottawa et de Québec, puisque l'intégration de milliers de réfugiés risque d'être passablement onéreuse pour les villes dont les budgets sont déjà extrêmement serrés.
Discussions sur le nombre de réfugiés
Des discussions ont été entreprises entre le ministère de l'Immigration du Québec et les villes sur le nombre de réfugiés que chacune est prête à accueillir. Longueuil estime pouvoir en accueillir 200, tandis que la ville de Québec compte en accepter jusqu'à un maximum de 800.
«On va respecter la capacité d'accueil des gens. Si une ville nous dit 200, on n'en enverra pas 400», a indiqué à La Presse Marie-Hélène Paradis, du cabinet de la ministre de l'Immigration, Kathleen Weil.
Le ministère de l'Immigration a préféré pour le moment ne pas préciser le nombre de réfugiés qui iront dans chacune des villes, les discussions étant toujours en cours. Impossible de savoir combien d'entre eux iront à Montréal, puisque plusieurs s'attendent à ce que la métropole reçoive l'ensemble des réfugiés qui n'auront pas eu de place dans les 12 autres villes.
La capacité d'intégration de Montréal est perçue comme plus importante en raison de la forte présence de la communauté syrienne, qui pourra parrainer de nombreux réfugiés. La métropole peut également compter sur d'importantes ressources communautaires pour faciliter leur intégration.
La Ville de Montréal vient d'ailleurs d'embaucher un ancien sous-ministre fédéral à l'Immigration, Michel Dorais, pour coordonner les efforts dans l'accueil des réfugiés sur son territoire. Ce fonctionnaire fédéral à la retraite depuis 2007 a une longue feuille de route en matière d'immigration; il a notamment été négociateur en chef pour l'Ontario lors de négociations en 2011 avec Ottawa pour l'encadrement des nouveaux arrivants.
Michel Dorais aura pour rôle de coordonner le comité Solidarité Syrie, qui rassemble services municipaux, arrondissements et groupes communautaires de la métropole. La première réunion de ce groupe est prévue aujourd'hui même.
«Montréal sera prêt pour recevoir les réfugiés syriens, on veut s'assurer que tout sera bien fait», a déclaré Denis Coderre. 
Le maire de Montréal a aussi invité à la prudence à la suite des attentats de Paris, surtout par rapport aux craintes suscitées par le fait que l'un des kamikazes s'est mêlé au flot de migrants pour se rendre en France. «Il ne faut pas faire de lien entre les réfugiés et le terrorisme. Ce sont aussi des victimes. Il ne faut pas créer des amalgames, il faut démontrer notre ouverture», a-t-il dit.
Denis Coderre dit comprendre ces craintes, mais affirme que celles-ci ne doivent pas inciter le Canada à fermer ses portes. «Sécurité, oui, mais il ne faut pas que ce soit une excuse pour ne recevoir personne.»
Dès le 1er décembre?
La station de radio de Québec FM93 a affirmé hier que le premier contingent de réfugiés syriens arriverait au Canada le 1er décembre. Cinq cents d'entre eux seraient logés à la base militaire de Valcartier et mille autres à celle de Trenton, en Ontario. 
Divers contrats auraient déjà été accordés à des entreprises pour offrir des «services de première nécessité» à partir de cette date. Des militaires célibataires résidant à la base de Valcartier auraient reçu un courriel les invitant à libérer leur logement militaire pour faire place aux réfugiés.
Les Forces canadiennes ont refusé hier de confirmer ou d'infirmer cette information, indiquant qu'«une décision n'a pas encore été prise». On rappelle que le ministre fédéral de l'Immigration, John McCallum, doit présenter le plan du gouvernement d'ici quelques jours.