Accueil des réfugiés: pourquoi 1,800$ par jour?

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JOSÉE LEGAULT
MISE à JOUR 
Le maire de Montréal, Denis Coderre.  En pleine crise humanitaire, l’accueil essentiel et urgent de réfugiés syriens sera une tâche exigeante à travers le Canada. Tout le monde en convient.
Exigeante, oui, mais elle ne devrait pas non plus servir de prétexte à exagérer côté fonds publics pour ce qui est de son administration.
Exemple de premier ordre : selon La Presse, l’administration Coderre paierait son «responsable de la coordination de l'arrivée des réfugiés syriens à Montréal» à la hauteur vertigineuse de 1 800$ par jour.
Pour trois mois, Michel Dorais, toucherait donc la rondelette somme de 110,000$.
À raison de cinq jours de travail par semaine pour des journées présumées de 8 heures chacune au boulot, M. Dorais serait ainsi payé près 230$ de l’heure. Et ce, non pas dans un bureau privé d’avocats ou une luxueuse clinique médicale privée-privée, mais à même les fonds publics pour veiller à la coordination des réfugiés syriens à Montréal.
Si son contrat était pour un an, sa rémunération totale serait de 440 000$...
M. Dorais fut également sous-ministre à l'Immigration au fédéral sous Denis Coderre, alors lui-même ministre.
La compétence de Michel Dorais ne fait certes aucun doute. Sa rémunération, par contre, est une autre histoire.
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Selon La Presse, sa rémunération serait puisée dans le budget des «dépenses imprévues» et fut entérinée «lors du comité exécutif durant la portion à huis clos».
Pour justifier sa rémunération élevée, la Ville avance la raison suivante : elle «inclut le salaire de base ainsi que des congés chômés et payés, une compensation pour non-participation au régime de retraite et les garanties de l'assurance collective».
Pardon?
Depuis quand un gouvernement ou une administration municipale calcule-t-il ou elle le tarif d’un consultant contractuel en y ajoutant le coût d'une brochette d'avantages sociaux pour un employé régulier à temps plein pour un poste aux responsabilités équivalentes? Et ce, dans ce cas-ci, pour une aussi brève période que trois mois.
Des voix se demandent pourquoi le maire Coderre ne s’est pas plutôt tourné vers un de ses propres employés déjà payé par les fonds publics et possédant les compétences appropriées pour livrer ce même mandat? 
Et même s’il s’avérait que Michel Dorais n’aurait pas son «équivalent» à la Ville dans ce domaine d’expertise pointu et que, par conséquent, son embauche sur une base contractuelle serait justifiée, il aurait pu et aurait dû l’être en échange d’une rémunération plus raisonnable et raisonnée. On parle ici après tout de fonds publics.
Qui plus est, à tort ou à raison, lorsqu’on ajoute le lien professionnel passé entre messieurs Dorais et Coderre, la hauteur de sa rémunération, qu’on le veuille ou non, créée tout au moins une apparence de conflit d’intérêts ou de copinage. Et ce, même si, encore une fois, il n'y en avait pas la moindre trace.
Bref, au sortir de la commission Charbonneau, la Ville de Montréal aurait dû se garder une petite gêne...
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Addendum:
Dans ce billet, je ne remets aucunement en question la compétence reconnue par ailleurs de Michel Dorais.
Ma perspective est qu'en ces temps d'austérité et au sortir de la commission Charbonneau, question d'éviter toute apparence d'un possible conflit d'intérêts sans qu'il y en ait pour autant la «moindre trace», la hauteur de sa rémunération est l'élément que je questionne.