Québec révisera les plaintes rejetées d'agressions sexuelles

http://www.lapresse.ca/actualites/justice-et-affaires-criminelles/actualites-judiciaires/

Publié le 17 février 2017 à 00h02 | Mis à jour à 08h22
« Nous prenons ceci très au sérieux, nous voulons... (photo Patrick Sanfaçon, archives La PResse)
« Nous prenons ceci très au sérieux, nous voulons faire un examen en profondeur pour comprendre ce qui a mené à ces décisions », a indiqué le chef des communications de la SQ, le capitaine Guy Lapointe.
PHOTO PATRICK SANFAÇON, ARCHIVES LA PRESSE
Les plaintes pour agressions sexuelles rejetées par les corps policiers québécois au cours des dernières années seront réexaminées afin de vérifier pourquoi elles ont été jugées infondées, a annoncé hier le ministre de la Sécurité publique, Martin Coiteux, rapporte le Globe and Mail.
Cette décision aurait été prise à la suite d'une vaste enquête journalistique, publiée au cours des deux dernières semaines dans le quotidien torontois, sur le nombre élevé de plaintes pour agressions sexuelles qui sont écartées par les services de police partout au Canada.
Selon les données de cette enquête, la Sûreté du Québec (SQ) a rejeté 21 % des plaintes touchant les crimes sexuels, au cours d'une période de cinq ans se terminant en 2014, soit 2 points de plus que la moyenne nationale, et beaucoup plus que dans les régions ayant adopté les meilleures pratiques en la matière.
C'est la SQ elle-même qui se chargera de réviser les dossiers rejetés, pour vérifier les raisons invoquées par les enquêteurs pour conclure qu'aucun crime n'avait été commis et ne pas déposer d'accusations, a indiqué le ministre Coiteux au Globe and Mail.
Pour l'ensemble des corps policiers de la province, le taux de rejet des plaintes est de 17 %, un taux plus bas que la moyenne canadienne, mais deux fois plus élevé que pour les autres crimes violents.
Les procédures de traitement des plaintes pour agressions sexuelles seront aussi révisées pour la SQ et l'ensemble des services de police municipaux. « La Direction de la vérification interne, des enquêtes et de l'inspection du ministère préparera, au cours des prochains mois, son prochain mandat d'inspection thématique, lequel portera sur les pratiques d'enquête en matière d'agression sexuelle », a précisé par courriel, ce matin, l'attachée de presse du ministre Coiteux, Marie-Ève Pelletier.
« Nous prenons ceci très au sérieux, nous voulons faire un examen en profondeur pour comprendre ce qui a mené à ces décisions », a indiqué le chef des communications de la SQ, le capitaine Guy Lapointe, cité par le Globe. Le nombre de cas à réviser n'a pas encore été déterminé, et il n'est pas certain que les résultats de l'enquête seront rendus publics.
Une quarantaine de corps policiers au pays, dont la GRC et la police provinciale de l'Ontario, ont décidé de rouvrir plus de 10 000 dossiers depuis la publication de l'enquête du quotidien, indiquant que les plaintes pour agressions sexuelles étaient rejetées dans un cas sur cinq.

À DÉCOUVRIR SUR LAPRESSE.CA