Jean-François Lisée veut lancer une offensive contre Netflix et Apple

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Publié le 01 octobre 2016 à 05h00 | Mis à jour à 07h30
Jean-François Lisée a dévoilé sa plateforme en matière de... (Photo Patrice Laroche, archives Le Soleil)
PHOTO PATRICE LAROCHE, ARCHIVES LE SOLEIL
Jean-François Lisée a dévoilé sa plateforme en matière de culture en entrevue avec La Presse. Un programme qui vise à renforcer la visibilité des créateurs québécois sur les plateformes en ligne.

(QUÉBEC) Les distributeurs de contenu en ligne comme iTunes et Netflix « marginalisent » la culture québécoise, affirme Jean-François Lisée. S'il devient premier ministre, le candidat à la direction du Parti québécois lancera donc une offensive sur deux fronts pour corriger la situation.
Le député de Rosemont a dévoilé sa plateforme en matière de culture en entrevue avec La Presse. Un programme qui vise à renforcer la visibilité des créateurs québécois sur les plateformes en ligne.
« Si nos produits culturels perdent du terrain, ce n'est pas parce qu'ils sont de moins bonne qualité ou parce qu'ils sont produits en moins grande quantité, résume M. Lisée. C'est parce que l'affichage, qui est maintenant contrôlé par les géants de l'internet, les désavantage. »
Le candidat propose d'abord d'utiliser la loi 101 pour forcer des portails comme iTunes, Netflix et Spotify à présenter un seuil d'oeuvres québécoises sur leurs pages d'accueil. Il souhaite appliquer le même ratio qui est exigé par le CRTC aux stations de radio, soit 65 % de musique en français. Ce quota pourrait inclure des oeuvres québécoises en français et en anglais.
Le CRTC a renoncé à réglementer des entreprises comme Netflix il y a deux ans. La société, ainsi que Google, avait comparu devant l'organisme fédéral, mais avait refusé de lui transmettre certains documents.
Le gouvernement québécois peut réussir où le fédéral a échoué, dit M. Lisée. Il rappelle que l'ancien ministre de la Culture Gérald Godin avait présenté en 1985 un projet de loi pour retirer aux grands studios américains la distribution des films non américains au Québec. Et dans les années 90, Louise Beaudoin a légiféré pour augmenter la disponibilité des logiciels en langue française, après une controverse entourant le lancement par Microsoft de Windows 95.
Négociations avec Netflix
En plus d'agir sur le front réglementaire, le député propose d'amorcer des négociations avec Netflix, qui compte des dizaines de milliers d'abonnés au Québec et qui ne paie pas de taxes de vente dans la province. Il proposera au géant américain une « entente de réinvestissement dans la production de contenu local » afin de l'encourager à produire des séries au Québec.
Pour l'heure, le contenu québécois est rarissime sur le site. M. Lisée ne croit pas que l'entreprise agisse de mauvaise foi. Selon lui, elle gagnera à adapter son contenu à la spécificité du marché québécois.
« Ce ne sont pas des idiots à temps plein, résume-t-il. Ils savent qu'une partie de leur attractivité vient de leur contenu, ils sont sur plusieurs marchés, c'est une compagnie qui est en train de prendre de la maturité. La simple logique d'affaires de Netflix doit la conduire là. On va un peu accélérer leur mouvement. »