mardi, novembre 03, 2015

UPAC: Lafrenière veut un nouveau mandat et une indépendance totale

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Publié par La Presse Canadienne le lundi 02 novembre 2015 à 17h21.
UPAC: Lafrenière veut un  nouveau mandat et une indépendance totale
QUÉBEC — Robert Lafrenière souhaite que son mandat à la tête de l'Unité permanente anticorruption (UPAC) soit renouvelé en 2016 et que l'organisme qu'il dirige devienne un service policier totalement autonome.
«Une de mes ambitions, c'est de devenir un corps policier, en soi: l'UPAC. Alors, je pense qu'il n'y a rien de mieux pour être le plus indépendant possible», à la fois du gouvernement, de la Sûreté du Québec (SQ) et du Service de police de la ville de Montréal (SPVM), a énuméré lundi le chef de la lutte contre la corruption, en commission parlementaire.

Contrairement à l'opposition péquiste, M. Lafrenière n'est pas d'avis, par ailleurs, que son poste devrait à l'avenir être attribué par l'Assemblée nationale, comme c'est le cas par exemple pour le Vérificateur général et le Directeur général des élections, nommés obligatoirement grâce à l'appui d'au moins les deux tiers des députés.

Nommé par le gouvernement Charest en 2011, pour un mandat de cinq ans qui vient à échéance en mars, M. Lafrenière est d'avis au contraire que le gouvernement est le mieux placé pour choisir la personne la plus apte à diriger l'UPAC.

Une nomination faite par l'Assemblée nationale, «je ne suis pas favorable à ça», a-t-il tranché, en point de presse, en marge de son témoignage devant les élus.

Car sa nomination par le gouvernement ne pose pas de problème de proximité, selon lui. «Le Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP) est nommé par le gouvernement. S'il y a un rôle qui doit être complètement indépendant, c'est bien celui-là. Le directeur général de la Sûreté du Québec est nommé par le gouvernement. La nouvelle directrice du Bureau d'enquêtes indépendantes (BEI) est nommée par le gouvernement», a-t-il énuméré pour justifier sa propre situation.

Le commissaire de l'UPAC a souligné qu'il voulait un deuxième mandat pour poursuivre son travail entrepris en 2011.

Dans ce but, il voudrait que l'UPAC ait les coudées franches et puisse constituer un corps policier totalement autonome et indépendant de tout autre service policier. Cette UPAC renforcée aurait, selon ses voeux, la responsabilité exclusive des enquêtes qu'elle mène. Elle pourrait ainsi avoir un accès direct aux banques de renseignements, tandis que les échanges avec les corps policiers nationaux et internationaux s'en trouveraient facilités, a-t-il fait valoir aux députés.

Il y a déjà un an que M. Lafrenière plaide sa cause auprès du gouvernement pour étendre l'autonomie administrative et opérationnelle de son unité. Des changements législatifs seraient nécessaires pour atteindre ce but. La ministre de la Sécurité publique, Lise Thériault, présentement en congé de maladie, n'a pas encore donné suite à cette requête.

La présence du commissaire en commission parlementaire visait à examiner dans quelle mesure l'UPAC s'était bien acquittée de son mandat et à demander des comptes au commissaire quant aux résultats enregistrés par l'unité depuis 2011, surtout en termes d'arrestations.

L'UPAC dirige et coordonne toute activité de lutte à la corruption, la collusion, la fraude et l'évasion fiscale.

Le député péquiste Pascal Bérubé s'est interrogé quant à l'indépendance de M. Lafrenière relativement au gouvernement et s'est inquiété de la baisse du nombre d'arrestations effectuées par l'UPAC au fil des ans.

M. Lafrenière, qui dirige une centaine d'enquêteurs, a répliqué qu'il ne fallait pas juger de la pertinence de l'UPAC en fonction du nombre de personnes arrêtées. «Cette année, on a 23 arrestations en 2015. Je calcule que c'est un bilan qui est respectable», a-t-il dit.

Il a renouvelé sa pleine confiance au DPCP pour décider à quel moment des accusations devaient être portées à la suite des enquêtes menées par l'UPAC. Les procureurs du DPCP «sont des gens compétents», a-t-il ajouté, se disant persuadé que les dossiers en cours devant faire l'objet d'accusations «vont aboutir» en temps et lieu.