mercredi, octobre 14, 2015

Premier face à face entre Hillary Clinton et Bernie Sanders

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Premier face à face entre Hillary Clinton et Bernie Sanders
 Hillary Clinton, Bernie Sanders,

Sara Puig et Jérôme Cartillier

Dernière mise à jour: 13-10-2015 | 22h57
LAS VEGAS, États-Unis - Hillary Clinton a retrouvé mardi dans un hôtel-casino de Las Vegas son principal rival, le sénateur Bernie Sanders, pour le premier débat démocrate qui a débuté sur une dénonciation quasi-unanime des inégalités qui minent la société américaine.
«Les riches payent trop peu et la classe moyenne paye trop», a lancé d'entrée l'ancienne secrétaire d'État qui espère devenir la première femme de l'histoire des États-Unis à accéder à la Maison Blanche.
Placée au centre, en raison de sa place dans les sondages, Mme Clinton a promis de se battre pour réduire les inégalités de toutes sortes et pour que les pères puissent «enfin» dire à leur fille: «Toi aussi, tu pourras être présidente quand tu seras grande».
Installé sur sa droite, le sénateur du Vermont Bernie Sanders, a énuméré sur un ton très offensif la «série de crises sans précédent» auxquelles son pays est confronté. «Notre système de financement électoral est corrompu et affaiblit la démocratie américaine», a-t-il lancé, appelant à ne pas laisser le pays aux mains d'une «poignée de milliardaires».
L'ombre du vice-président Joe Biden, 72 ans, qui hésite à se lancer dans la course pour la troisième fois, plane sur cette rencontre qui doit aider les électeurs démocrates à choisir leur candidat pour l'élection présidentielle de novembre 2016.
Martin O'Malley, ancien gouverneur du Maryland, l'ex-gouverneur et sénateur du Rhode Island Lincoln Chafee et l'ancien sénateur de Virginie Jim Webb, qui plafonnent à moins d'1% d'intentions de vote, avaient pris place aux côtés des deux favoris.
Judy Lerma, infirmière, est venue de San Antonio (Texas) pour soutenir «Bernie», persuadée que son candidat «va battre Hillary» car «il va parler des vrais problèmes: le climat, la santé, le salaire minimum».
Le débat, qui ne devrait pas exposer de véritables fractures idéologiques, s'annonce plus feutré que ceux du camp républicain, dopés par la présence de Donald Trump. 
Le milliardaire, qui a largement contribué à des records d'audience historiques (24 millions de téléspectateurs pour Fox News en août, 23 millions pour CNN en septembre), a déjà ironisé sur ce rendez-vous qui s'annonce «très ennuyeux». Il a cependant promis d'en faire un compte-rendu en direct, à sa façon, sur Twitter.
«Ravie que vous regardiez. Ca va être "énorme"», a répondu Hillary Clinton avant le débat, se moquant de ce tic de langage du magnat de l'immobilier dont l'un des hôtels est situé à moins de 800 mètres du Wynn Hotel où a lieu le débat.
Pour l'ancienne chef de la diplomatie américaine, 67 ans, l'objectif est de convaincre qu'elle reste la plus crédible pour offrir aux démocrates un troisième mandat de suite à la Maison Blanche, du jamais vu depuis la Seconde Guerre mondiale.

«INÉGALITÉS CRIANTES»

Pour Bernie Sanders, 74 ans, qui se décrit comme un démocrate socialiste, l'enjeu est de prouver qu'après avoir fait irruption sur la scène nationale où personne ne l'attendait, il n'est pas seulement un agitateur d'idées, pourfendeur des élites et de la finance, mais a aussi les épaules pour endosser les habits présidentiels.
Selon le dernier sondage CBS, Hillary Clinton recueille 46% des intentions de vote contre 27% pour l'élu du Vermont.
Si les deux candidats sont désormais sur la même ligne concernant plusieurs dossiers emblématiques, la position d'Hillary Clinton est moins confortable.
L'ancienne première dame vient ainsi d'annoncer son opposition à l'accord de libre-échange conclu il y a quelques jours entre les États-Unis et 11 pays riverains du Pacifique. Si ce choix a été salué par les syndicats, ce volte-face a surpris, tant elle avait défendu avec ardeur l'intérêt économique du projet lorsqu'elle était à la tête de diplomatie américaine.
L'ancien gouverneur du Maryland Martin O'Malley, qui est à 52 ans, de loin, le plus jeune candidat en lice, rappelle inlassablement que l'histoire est pleine d'élections dans lesquelles le «favori incontournable» a fini par s'incliner. Et espère bien profiter du rendez-vous de Las Vegas pour marquer des points. 
Mais, à 391 jours de l'élection présidentielle, les conservateurs savent que leur adversaire le plus redoutable reste Hillary Clinton, et la machine républicaine est quasi-entièrement tournée contre elle.
L'affaire de la messagerie privée de l'ex-secrétaire d'État, préférée au compte gouvernemental, est qualifiée d'affaire d'État par les républicains. «Hillary Clinton est dans les cordes», a persiflé Sean Spicer, stratège en chef du parti.
Barack Obama a prévu de regarder le débat démocrate... mais pas dans son intégralité. «Il y a un bon match de baseball ce soir, je ne serais pas surpris qu'il fasse un peu de zapping», a prévenu son porte-parole, Josh Earnest.
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