vendredi, septembre 18, 2015

La Croatie ferme à son tour la porte aux migrants

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 Mise à jour le vendredi 18 septembre 2015 à 4 h 59 HAE  Radio-Canada avec Reuters et Associated Press
À la gare de Beli Manastir, en Croatie, des migrants tentent par tous les moyens d'embarquer à bord d'un train qui leur permettra de poursuivre leur périple.
À la gare de Beli Manastir, en Croatie, des migrants tentent par tous les moyens
d'embarquer à bord d'un train qui leur permettra de poursuivre leur périple.
  Photo :  Laszlo Balogh / Reuters

Après avoir accepté plus de 11 000 migrants en deux jours, la Croatie a fermé tous ses postes-frontières avec la Serbie, sauf un, et annoncé que les migrants qu'elle accueillera désormais seront redirigés vers la Hongrie ou la Slovénie. Une décision dénoncée aussitôt à Budapest et à Belgrade.
Les migrants se ruent vers la Croatie depuis que la Hongrie a décidé de sceller sa propre frontière avec la Serbie. Leur objectif n'est pas d'y demeurer, mais d'entrer sur le territoire de l'Union européenne à partir de la Slovénie, le plus souvent pour se rendre vers des pays prospères, comme l'Allemagne.
Le premier ministre croate Zoran Milanovic a cependant déclaré vendredi que son pays ne peut plus contrôler l'arrivée de migrants et qu'il refuse d'en assumer la responsabilité. Il va donc cesser d'enregistrer et d'héberger les nouveaux arrivants.
« Ils auront de la nourriture, de l'eau, de l'aide médicale, et ensuite ils pourront poursuivre leur chemin. L'Union européenne doit savoir que la Croatie ne peut pas devenir une zone sensible pour les migrants. Nous avons du cœur, mais nous avons aussi une tête. »— Zoran Milanovic, premier ministre de la Croatie

La nouvelle a été mal accueillie à Budapest. Un porte-parole du gouvernement, Zoltan Kovacs, a déclaré que la décision de rediriger les migrants vers son pays est « totalement inacceptable ». Bien que la Croatie savait ce qui l'attendait, elle était mal préparée et « son système d'approvisionnement s'est effondré en une seule journée », a-t-il dit, en prédisant que l'affaire allait nuire aux chances de la Croatie de se joindre à l'espace de Schengen.
La Hongrie avait commencé à installer dans la nuit de jeudi à vendredi une clôture à sa frontière de 41 kilomètres avec la Croatie pour bloquer le passage de migrants. Des centaines de soldats et de policiers seront aussi déployés à la frontière, a annoncé le premier ministre Viktor Orban dans une entrevue accordée sur les ondes de la radio publique. La Hongrie et la Croatie sont essentiellement par la Drave, un affluent du Danube.
« Nous devons appliquer les mêmes mesures qu'à la frontière serbo-hongroise », a dit Viktor Orban, précisant que 600 soldats travaillaient à l'installation de la clôture, que 500 autres seraient déployés vendredi, et 700 de plus ce week-end.
Belgrade s'insurge aussi contre la nouvelle approche croate, qui pourrait contraindre les migrants à rester sur son sol. Le ministère des Affaires sociales Aleksandar Vulin menace de traîner la Croatie devant les tribunaux internationaux si les postes frontaliers demeurent fermés. La Serbie fait aussi valoir que Zagreb aurait dû prévoir un tel afflux de réfugiés.


Pendant ce temps, en Turquie, les migrants continuent de se préparer pour une traversée qui doit les mener à l'île grecque de Lesbos, en mer Égée. Notre corespondant Jean-François Bélanger raconte ce qu'ils vivent.