vendredi, juillet 03, 2015

Uber suspend son application UberPOP en France

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Reuters
L'application de covoiturage UberPop en France
L'application de covoiturage UberPop en France  Photo :  Kai Pfaffenbach / Reuters

Le directeur général d'Uber France a annoncé vendredi la « suspension » d'UberPOP, ce système de mise en relation de clients avec des chauffeurs non enregistrés dont les chauffeurs de taxis français réclament l'interdiction. La suspension prend effet vendredi soir.
Thibaud Simphal, directeur général d'Uber France, et Pierre-Dimitri Gore-Coty, directeur de la compagnie pour l'Europe du Nord, seront devant le tribunal le 30 septembre prochain, dans le cadre d'une enquête préliminaire sur cette application qui contrevient à la loi dite « Thévenoud » de 2014.
Placés en garde à vue lundi dernier, ils seront jugés pour « pratique commerciale trompeuse », « complicité d'exercice illégal de l'activité d'exploitant taxi » et « organisation illégale d'un système de mise en relation de clients avec des personnes se livrant à l'activité de taxi ».
« La décision qui vient d'être annoncée est la démonstration que la fermeté du gouvernement dans ce domaine comme dans bien d'autres a payé », a déclaré le premier ministre Manuel Valls en marge d'un déplacement à Besançon (Doubs).
« Les taxis doivent aussi se réformer, participer de l'attractivité de notre pays », a-t-il ajouté, une semaine après un mouvement massif de protestation des chauffeurs de taxis qui ont pris parfois violemment à partie des chauffeurs Uber mais qui ne veulent pas non plus des VTC, pourtant autorisés.
Le directeur général d'Uber France explique dans Le Monde vouloir en premier lieu « préserver la sécurité des chauffeurs Uber ».
« La seconde raison est que nous souhaitons nous situer dans un esprit d'apaisement, de dialogue avec les pouvoirs publics et montrer que l'on prend nos responsabilités », ajoute-t-il.
Malgré cette décision sans précédent, Uber France déclare toujours s'en remettre à la décision du Conseil constitutionnel sur le fond.
Uber promet de l'aide à ses chauffeurs
La compagnie américaine Uber juge contraire à la liberté d'entreprendre la disposition de loi Thévenoud qui organise la concurrence des taxis et a saisi les « Sages » à ce sujet. Une réponse est attendue dans les trois mois.
La loi punit de deux ans de prison et 300 000 euros d'amende ces prestations de taxi non déclarées.
La cour d'appel de Paris avait suspendu fin mars sa décision sur une demande d'interdiction de l'application UberPOP dans l'attente de la décision du Conseil constitutionnel.
Selon Thibaud Simphal, près de 10 000 conducteurs occasionnels sont inscrits en France sur la plateforme UberPOP, pour quelque 400 000 passagers.
Interrogé sur leur avenir, le responsable assure qu'Uber va les « aider ».
« UberPOP leur offrait une opportunité réelle d'arrondir leurs fins de mois, alors que le pays en manque cruellement », regrette-t-il.
« Notre priorité est maintenant de trouver un moyen de remettre ces milliers de conducteurs sur la route. [...] On va les aider dans la course d'obstacles pour devenir VTC [véhicule de transport avec chauffeur] », assure Thibaud Simphal.
Uber, précise-t-il, va formuler des propositions au gouvernement pour favoriser le développement du secteur économique des VTC, autorisés mais très réglementés.
Le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve recevra de nouveau vendredi en fin de journée les représentants syndicaux des taxis, qui ne projettent pas pour l'heure de nouvelles manifestations.
« Nous sommes en phase de négociation avec le gouvernement. L'heure est à la discussion, pas à l'affrontement », a déclaré sur BFM TV Didier Hogrel, président de la Fédération nationale des taxis.
Mais, a-t-il prévenu, « tant que ces applications hors la loi ne seront pas interdites, nous continuerons à ne pas être contents ».