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samedi, avril 11, 2015

Arthur Porter invite Stephen Harper en prison

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Publié par La Presse Canadienne le vendredi 10 avril 2015 à 18h18. Modifié par Danielle Arsenault à 22h59.
Arthur Porter invite Stephen Harper en prison
OTTAWA - Durant son périple au Panama pour le Sommet des Amériques, vendredi et samedi, le premier ministre Stephen Harper se rapprochera d'un homme qu'il aimerait bien oublier: Arthur Porter, qui est emprisonné dans ce pays depuis deux ans en lien avec des accusations de fraude.
En entrevue avec La Presse Canadienne, M. Porter a même invité le premier ministre à lui rendre visite dans sa cellule de la prison de La Joya.

Celui qui avait été nommé membre du Comité de surveillance des activités de renseignement de sécurité par M. Harper a indiqué que le premier ministre serait le bienvenu dans sa cellule pour qu'il soit témoin de ses conditions de détention.

M. Porter dit affronter chaque jour plusieurs épreuves, dont la difficulté de trouver de la nourriture et de l'eau, a-t-il affirmé pendant la conversation téléphonique, qui était entrecoupée par les cris des autres détenus.

L'ancien directeur du Centre universitaire de santé McGill est emprisonné depuis mai 2013 dans le pays d'Amérique centrale alors qu'il conteste un avis d'extradition au Canada, où il fait face à des accusations de fraude concernant la construction du Centre universitaire de santé McGill (CUSM).

Une chute abrupte pour celui qui avait gagné la confiance de nombreux politiciens, dont Stephen Harper.

Le premier ministre canadien a d'ailleurs été critiqué pour cette nomination, tout comme celles des sénateurs maintenant suspendus Mike Duffy, Patrick Brazeau et Pamela Wallin.

M. Harper avait nommé M. Porter au Comité de surveillance des activités de renseignement de sécurité (CSARS) en 2008, qui supervise les opérations du Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS).

En tant que membre du CSARS, M. Porter a aussi été assermenté au Conseil privé de la Reine, dont il fait toujours partie.

Deux ans plus tard, le médecin avait été promu au poste de président du CSARS. Il avait été forcé de quitter en décembre 2011 lorsque des médias avaient révélé que son entreprise avait des liens présumés avec un trafiquant d'armes.

Après avoir déménagé aux Bahamas, il avait finalement été arrêté avec sa femme Pamela lors d'une escale au Panama. Cette dernière a ensuite été extradée au Canada.

Depuis son arrestation, M. Porter martèle qu'il n'a eu aucun contact avec les autorités canadiennes et qu'il n'a pas comparu en cour au Panama.

M. Porter préfère toutefois rester dans ce pays au lieu de retourner au Canada, où il ne fait plus confiance aux autorités.

«Je ne suis pas dans une situation équitable au Canada et je ne suis pas intéressé à être puni (alors que) je ne suis pas coupable», a-t-il indiqué.

Une porte-parole des Affaires étrangères, Ashley McArthur, a soutenu que des visites consulaires et une aide médicale avaient été offertes à M. Porter, mais qu'il avait décliné ces offres.

«Le Canada réclame l'extradition de M. Porter pour qu'il soit traduit en vertu des accusations pesant contre lui. Les responsables canadiens ont prévu des visites consulaires avec M. Porter à plusieurs occasions. Néanmoins, il a décidé de ne pas y assister», a dit la porte-parole par courriel, ajoutant que les autorités continueraient d'offrir de l'aide à M. Porter, comme elles le feraient «pour n'importe quel Canadien» à l'étranger.

Avant son arrestation, M. Porter disait être atteint d'un cancer du poumon en phase terminale, lui laissant trois mois à vivre. Aujourd'hui, il affirme avoir réussi à entrer en rémission à l'aide de traitements. Mais son ami, le médecin Karol Sikora, l'aurait informé que la maladie serait revenue et qu'il lui resterait de six semaines à six mois à vivre.

«Je suis encore un grand optimiste (...) Évidemment, étant oncologiste, je connais mes chances», a-t-il ajouté.

Le docteur Sikora, qui avait fondé une clinique de traitement du cancer avec M. Porter aux Bahamas, dit avoir établi son diagnostic à partir de courriels du principal intéressé. Il ne l'a pas examiné en personne.

Le médecin d'origine britannique a d'ailleurs fait parvenir un message au premier ministre Harper pour l'inciter à communiquer avec les autorités panaméennes.

«C'est incroyable que ce genre de violation des droits de l'homme — pour tous les prisonniers, pas seulement Arthur — puisse survenir aujourd'hui dans un pays civilisé», a-t-il écrit dans un courriel, qu'il a aussi envoyé à La Presse Canadienne.

Le docteur Sikora a aussi transmis au premier ministre le dossier médical de M. Porter, qui aurait grand besoin de traitements, selon lui.

M. Porter croit que sa cause pourrait être aidée par un récent rapport du commissaire spécial des Nations unies sur la torture, qui conclut que les droits du médecin pourraient avoir été violés pour son emprisonnement dans des conditions «dégradantes».

«Je suis ici à la demande du Canada, pas celle du Panama», a lancé M. Porter.

vendredi, avril 10, 2015

Le Pakistan libère «le cerveau» des attentats de Bombay

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Publié le 10 avril 2015 à 07h33 | Mis à jour à 07h39
Zakiur Rehman Lakhvi, considéré par l'Inde comme le... (PHOTO AAMIR QURESHI, ARCHIVES AFP)
PHOTO AAMIR QURESHI, ARCHIVES AFP
Zakiur Rehman Lakhvi, considéré par l'Inde comme le cerveau du raid sanglant contre plusieurs sites de Bombay, a été libéré sous caution, ont précisé ces sources pénitentiaire et politique.
Agence France-Presse
ISLAMABAD
Le Pakistan a libéré le cerveau présumé des attentats de Bombay, qui avaient fait 166 morts en 2008, a-t-on appris vendredi de sources concordantes, une décision immédiatement dénoncée comme une «insulte aux victimes» par le voisin et rival indien.
Zakiur Rehman Lakhvi, environ 55 ans et considéré par l'Inde comme le cerveau du raid sanglant contre plusieurs sites de Bombay, dont un hôtel de luxe, a été libéré sous caution, ont précisé ces sources pénitentiaire et politique.
La libération du cerveau présumé des attentats de Bombay représente une «insulte» aux victimes, a rapidement déclaré un porte-parole du ministère indien de l'Intérieur.
La libération de Zakiur Rehman Lakhvi constitue «une annonce très décevante. Une insulte aux victimes de l'attaque de Bombay du 26 novembre. La communauté internationale doit sérieusement relever le double langage du Pakistan sur le terrorisme», a dit ce porte-parole.
Lakhvi, qui faisait partie des sept suspects inculpés et incarcérés au Pakistan en liaison avec ces attaques, a été libéré jeudi soir ou vendredi matin, ont précisé les sources pénitentiaire et politique.
«Nous avons reçu les documents permettant sa libération jeudi soir, et il a été libéré de la prison d'Adiala», proche de la capitale Islamabad, a déclaré à l'AFP un responsable de l'administration pénitentiaire sous couvert de l'anonymat.
Cette libération a été confirmée à l'AFP par un haut responsable de la Jamaat-ud-Dawa (JuD), une influente organisation islamiste pakistanaise soupçonnée par l'Inde d'être liée aux attentats de Bombay et qui défend Lakhvi.
«Il a été libéré et se trouve dans un lieu que nous ne pouvons pas révéler pour raisons de sécurité», a ajouté ce responsable, lui aussi sous couvert de l'anonymat.
La libération sous caution de Lakhvi avait été ordonnée à plusieurs reprises ces derniers mois par la justice pakistanaise, au fil d'une saga politico-judiciaire qui pèse sur les relations entre le Pakistan et l'Inde. La diplomatie indienne a toujours condamné ces décisions, même si celles-ci ne s'étaient jusqu'ici jamais concrétisées.
En décembre dernier, un tribunal pakistanais avait autorisé sa libération, mais les autorités locales avaient refusé de le relâcher. Après des pressions de l'Inde, la justice pakistanaise avait ensuite ordonné sa détention, puis sa libération, et à nouveau sa détention, dans une sorte de ping-pong judiciaire.
Jeudi, quelques heures avant la libération, la Haute Cour de Lahore (est) avait «suspendu l'ordre de détention» de Lakhvi et «autorisé sa libération après le versement de deux cautions d'un million de roupies chacune», soit environ 20 000 $ au total, avait déclaré à l'AFP son avocat, Rizwan Abbasi.
L'Inde accuse le Lashkar-e-Taïba, branche armée de la JuD, une organisation caritative réputée proche des services secrets pakistanais, d'avoir perpétré les attentats de Bombay.
Ces attaques continuent de peser sur les relations entre les deux pays, l'Inde accusant le Pakistan de faire traîner les procédures judiciaires, le Pakistan lui répondant qu'elle n'a pas fourni les preuves nécessaires pour juger les accusés.

Gisèle Lalonde lance un S.O.S.

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Publié le 10 avril 2015 à 05h00 | Mis à jour à 05h00
Gisèle Lalonde n'épouse plus autant de causes depuis... (ARCHIVES, LeDroit)
ARCHIVES, LEDROIT
Gisèle Lalonde n'épouse plus autant de causes depuis qu'elle a livré bataille pour Montfort. Mais le geste «incompréhensible» de l'OFSAA a changé la donne. «Nous n'avons pas travaillé pour rien!»
Gisèle Lalonde veut que les francophones et francophiles «fassent comme Montfort».
La grande dame de l'Ontario français lance un nouveau S.O.S., 18 ans après son appel légendaire pour sauver l'hôpital Montfort. Cette fois, elle implore la communauté franco-ontarienne et ses alliés de dénoncer un règlement jugé «discriminatoire» à l'endroit des élèves des programmes sports-études francophones.
«C'est effrayant ce qui se passe. Depuis le Règlement XVII, il y a toujours eu des événements terribles pour nous empêcher de nous éduquer en français, commente Mme Lalonde, outrée au bout du fil. Il y a eu plusieurs batailles au cours des années pour obtenir la gestion de nos écoles. Cette victoire représente tout un acquis. Nous n'avons pas besoin de personne pour nous dire quoi faire. Le règlement doit être aboli.»
Forcés de choisir entre sport et langue
L'Ontario Federation of School Athletic Associations (OFSAA), un organisme parapublic, a adopté en 2012 un règlement qui oblige les élèves ontariens inscrits dans un programme sport-études de résider dans un certain rayon de leur école, afin de participer à ses compétitions sportives provinciales.
Certains élèves sont ainsi forcés de s'inscrire dans une école anglophone, située dans leur secteur de fréquentation, afin d'obtenir leur billet d'entrée.
Le CEPEO croit qu'il s'agit d'un règlement «discriminatoire», particulièrement pour ses élèves de l'école secondaire Louis-Riel, qui se spécialise dans l'offre de programmes sports-études. De son côté, l'OFSAA prétend que son règlement est équitable pour tous.
«Je n'ai jamais entendu quelque chose d'aussi stupide. Dans toute ma carrière, je n'ai jamais vu ça», rétorque Mme Lalonde, qui a oeuvré pendant plus de 30 ans en éducation.
Le CEPEO a décidé de contester le règlement devant la cour puisqu'à son avis, il «perpétue et aggrave l'assimilation de la communauté de langue française». Le conseil scolaire a même lancé une pétition - qui compte aujourd'hui plus de 3100 noms - et a reçu plusieurs appuis d'organismes francophones, depuis qu'il a ébruité la situation sur la place publique.
«Le conseil public s'est levé. [...] J'espère maintenant que tous les francophones et les anglophones qui nous appuient s'investissent et écrivent une lettre à leur député, a lancé Mme Lalonde. Il faut leur pousser dans le dos. Il ne faut pas lâcher. Ça n'a pas de bon sens qu'on ne respecte pas le fait français.»
Mme Lalonde n'épouse plus autant de causes depuis qu'elle a livré sa bataille pour éviter la fermeture de l'hôpital Montfort. Mais le geste «incompréhensible» de l'OFSAA a changé la donne. «J'étais bien trop choquée. Nous n'avons pas travaillé pour rien!»
Gisèle Lalonde a rabroué les libéraux provinciaux, dont la première ministre Kathleen Wynne.
«Le pire, c'est que Mme Wynne a été appuyée par presque tous les francophones de la province. Et là, elle nous fait ce coup-là? Elle n'a pas rappelé l'OFSAA à l'ordre. Même (la ministre déléguée aux Affaires francophones) Madeleine Meilleur pourrait faire mieux.»
Les élus libéraux refusent de commenter le dossier puisqu'il se trouve actuellement devant les tribunaux.