Annonce

jeudi, octobre 13, 2016

PQ et «partis populistes»: Couillard se défend d’avoir «peur» de Lisée

http://www.journaldemontreal.com/

MISE à JOUR 
Le premier ministre Philippe Couillard, qui se défend d’avoir «peur» de Jean-François Lisée, ne regrette «absolument pas» d’avoir associé le nouveau chef péquiste aux «partis populistes d’Europe» lors de sa mission en Islande.
À ceux qui ont pu voir, dans sa réaction, la crainte d’avoir à faire face à M. Lisée, «bien ils se trompent, il n’y a pas grand chose qui me fait peur», a rétorqué mercredi M. Couillard.
Confirmant qu’il a été bien cité après s’être attaqué au nouveau chef péquiste depuis Reykjavik, samedi dernier, «j’ai délibérément dit ce que j’ai dit et je le maintiens», a déclaré le premier ministre, en marge d’un point de presse à Québec.
Samedi dernier, son cabinet politique a pourtant multiplié les démarches dans l’espoir que soient assouplis les comptes rendus des médias qui l’accompagnaient dans la capitale islandaise, dont notre Bureau parlementaire.
Couillard ne regrette rien
Revenant pour la première fois sur le sujet depuis son retour au Québec, le premier ministre a fait valoir qu’il avait, en Islande, «fait très attention [...] de ne pas lier spécifiquement» M. Lisée à un «parti populiste d’Europe» en particulier.
Invité à préciser s’il parlait bel et bien de l’extrême droite européenne, M. Couillard avait répondu samedi que Jean-François Lisée se trouvait «dans une parenté familière».
Loin de regretter d’avoir établi pareille comparaison, comme plusieurs lui reprochent, M. Couillard n’a pas hésité à en rajouter.
«J’ai établi tout simplement l’évidence, a dit le premier ministre. [...] C’est incroyable le dérapage qu’il y a eu pendant cette campagne au leadership.»
M. Couillard a notamment repris une déclaration du député péquiste Maka Kotto, qui a accusé, il y a deux semaines, M. Lisée d'agiter «des vecteurs qui chatouillent la part sombre de nos âmes».
«Dire que Jean-François est d’extrême droite, c’est dire que Maka Kotto est blanc», a répliqué le député de Bourget, qui n'a pas apprécié d'être «instrumentalisé» de la sorte par M. Couillard.
Malaise au conseil des ministres
À l’entrée du conseil des ministres, mercredi, seule la ministre des Relations internationales et de la Francophonie, Christine St-Pierre, s’est portée à la défense du premier ministre.
«M. Lisée, pendant sa campagne au leadership, a joué dans ces eaux-là. [...] Il est allé chasser sur ces terres-là», a dit Mme St-Pierre, à propos des «partis populistes d’Europe».
Les autres, pour l'essentiel, se sont contentés de souhaiter bonne chance à M. Lisée. «Je ne suis pas gêné», a assuré Gaétan Barrette, préférant ne pas entrer «sur le terrain du premier ministre».

mercredi, octobre 12, 2016

La fin de la récréation

http://www.journaldemontreal.com/


MISE à JOUR 
Depuis son élection, Philippe Couillard a eu la partie relativement facile face à l’opposition. Le PQ a passé beaucoup de temps à se choisir un chef, puis un autre. La CAQ a connu sa part de défections qui affaiblissent sa position.
Les partis d’opposition ont malmené le gouvernement lors de la période des questions à quelques reprises, surtout dans la dernière année, mais l’impression demeure que tout cela égratigne peu la coque du gros navire libéral.
Les choses risquent de changer. Jean-François Lisée va être un chef de l’opposition stratégique, dur, imprévisible et vicieux à certains moments. Ceux qui avaient encore leur sourire en coin dans l’équipe libérale pourraient le perdre... et leur dentier avec.
Fin stratège
En remportant la course à la direction du PQ, monsieur Lisée a démontré l’ampleur de ses qualités de stratège. Même s’il s’agissait d’une bataille entre collègues du même parti, ses attaques contre le meneur de la course ont porté fort, au point de faire basculer la trajectoire. Nous n’avons rien vu: maintenant il s’attaquera à un véritable ennemi.
Le chef Lisée sera d’abord redoutable comme parlementaire lui-même. Il est cultivé, il a une longue mémoire et une vaste expérience politique. Il pense plusieurs coups d’avance. Il n’est nullement intimidé ni par Philippe Couillard ni par quiconque dans le Salon bleu de l’Assemblée nationale.
Il a les atouts d’un solide chef de l’opposition. Il doit se méfier de ses attitudes et de sa tendance à se montrer un peu trop sûr de lui.
Cependant, sa performance personnelle n’est qu’un élément parmi plusieurs qui me font affirmer que l’opposition péquiste sera plus virulente sous sa direction.
Libéraux sous pression
Je crois aussi qu’il saura mieux utiliser tous les éléments de l’équipe pour matraquer les maillons faibles de l’équipe d’en face. Il y a dans le caucus du PQ quelques bons talents, quelques vieux loups de mer qui ont l’expérience du combat, quelques jeunes affamés, tout ce qu’il faut pour composer une opposition féroce.
Il reste à monsieur Lisée à réussir ce qui semble toujours périlleux dans ce parti: faire ramer tout ce beau monde dans la même direction. A-t-il ce talent de rassembleur? Je n’en suis pas certain. Sauf qu’il a rallié des gens dans cette course pour une période assez brève en leur faisant rêver à la victoire. Ce rêve pourrait porter toute l’équipe d’ici 2018.
Mon pif me dit que le calculateur Lisée mettra d’autres moteurs en marche pour agir en opposition efficace. Les chefs péquistes ont souvent su s’allier à toutes sortes de forces de la société qui jouissent de gros haut-parleurs pour crier à quel point le gouvernement libéral est mauvais.
Les fameux partenaires sociaux (syndicats, groupes communautaires, etc.) pourraient, par exemple, entonner le même refrain que l’opposition péquiste.
Lorsque les libéraux ont été dans l’embarras dans la dernière année, c’est généralement qu’ils trébuchaient par eux-mêmes. Tomber égratigne les genoux. Mais si un méchant te piétine une fois au sol, ça fait plus de dommages. Attention!

Trump serait un président «dangereux», estime l'ONU

http://www.lapresse.ca/international/dossiers/maison-blanche

Publié le 12 octobre 2016 à 08h27 | Mis à jour à 08h27
Le sulfureux candidat républicain à la présidentielle américaine... (photo Mike Segar, REUTERS)
Le sulfureux candidat républicain à la présidentielle américaine participe à un rassemblement de campagne à Panama City, en Floride, le 11 octobre.
PHOTO MIKE SEGAR, REUTERS
Agence France-Presse
GENÈVE
Le Haut-Commissaire de l'ONU aux droits de l'homme, Zeid Ra'ad Al Hussein, a estimé mercredi que Donald Trump serait « dangereux » sur la scène internationale s'il était élu comme président des États-Unis.
Le Haut-Commissaire de l'ONU aux droits de l'homme,... (photo Denis Balibouse, REUTERS) - image 1.0
Le Haut-Commissaire de l'ONU aux droits de l'homme, Zeid Ra'ad Al Hussein, à Genève, le 12 octobre.
PHOTO DENIS BALIBOUSE, REUTERS
Lors d'une conférence de presse à Genève, M. Zeid a expliqué qu'il n'avait pas pour habitude d'interférer dans les campagnes politiques.
Mais au vu des commentaires « inquiétants » faits par Donald Trump, le Haut-Commissaire estime avoir le droit de prendre la parole et de tirer la sonnette d'alarme.
« Si Donald Trump est élu, vu ce qu'il a déjà dit, et à moins que cela ne change, je pense sans aucun doute qu'il serait dangereux du point de vue international », a déclaré M. Zeid.
Il a souligné que le candidat républicain a notamment évoqué le retour de la torture comme technique d'interrogatoire, et a tenu des propos sur les « communautés vulnérables », tels que les musulmans, les immigrés ou les minorités, qui « suggèrent qu'elles pourraient bien se voir priver de leurs droits fondamentaux ».
Début septembre, le Haut-Commissaire avait déjà vivement critiqué les responsables politiques considérés comme populistes, citant notamment Donald Trump et le dirigeant néerlandais d'extrême droite Geert Wilders, appelant à barrer la route à de tels « démagogues ».
Le chef onusien des droits de l'homme avait assuré que M. Wilders avait beaucoup de choses en commun avec le candidat républicain Donald Trump, le premier ministre hongrois Victor Orban, la dirigeante du parti d'extrême droite Marine Le Pen (Front national), et l'ex-dirigeant du parti britannique europhobe Nigel Farage.
Ces propos ne sont pas restés sans suite.
L'ambassadeur russe auprès des Nations unies a indiqué lundi s'être plaint auprès du secrétaire général Ban Ki-moon de critiques onusiennes contre les populistes.
Interrogé sur la démarche de l'ambassadeur russe, le Haut-Commissaire a rétorqué mercredi qu'il soutenait la « liberté d'expression » et qu'il ne « voyait aucune raison de modérer ses propos ».