Comment peut-on continuer à adhérer au projet fédéral canadien après le rapatriement de la Constitution de 1981-1982 sans la signature du Québec, interroge Louis Cornellier.Essai Être fédéraliste au Québec. Comprendre les raisons de l’attachement des Québécois au Canada Jean-François Caron Presses de l’Université Laval Québec, 2016, 100 pages
En tant que souverainiste, j’ai peine à comprendre les motivations de mes compatriotes fédéralistes. Comment, en effet, peut-on continuer à adhérer au projet fédéral canadien après le rapatriement de la Constitution de 1981-1982 sans la signature du Québec, les atteintes à la Charte de la langue française imposées par des décisions de la Cour suprême, les échecs des accords du lac Meech et de Charlottetown, le plan B de Jean Chrétien, le scandale des commandites et les manoeuvres référendaires fédérales de 1995 ? Je dois malgré tout constater, comme le note le politologue Jean-François Caron, «qu’une majorité de Québécois ont encore aujourd’hui un sentiment d’appartenance envers la société politique canadienne». Ils doivent bien avoir leurs raisons.
Dans Être fédéraliste au Québec, Caron, qui enseigne maintenant au Kazakhstan, essaie justement de les expliquer. Bien que je ne partage pas ses conclusions, je dois préciser que je considère ce politologue fédéraliste comme un essayiste modèle. Soucieux de clarté argumentative et stylistique, Caron cultive la limpidité, va à l’essentiel et fait de fréquents rappels de sa thèse principale dans le but d’unifier son propos. Le lire est une expérience intellectuelle enrichissante, que l’on soit ou non d’accord avec lui.
Dualisme identitaire
D’entrée de jeu, le politologue reconnaît qu’«il y a un certain malaise à se dire fédéraliste au Québec» parce que «cette option politique s’est souvent révélée décevante pour le Québec». Il marque, de plus, son désaccord avec plusieurs des arguments avancés par les partisans de cette option. On ne devrait pas être fédéraliste, écrit-il, pour garder les Rocheuses ou par crainte de l’avenir économique du Québec. Pourquoi, alors, tant de Québécois le sont-ils ? Serait-ce, comme le soutient une thèse souverainiste, parce qu’ils sont pusillanimes et colonisés ?
Caron rejette cette lecture de la situation et propose plutôt la thèse suivante : si les Québécois demeurent attachés au Canada, c’est «parce que la société politique canadienne leur permet de s’autodéterminer librement, mais aussi parce qu’elle est également en mesure de s’adapter et de répondre de manière satisfaisante à leurs revendications politiques». Il parle d’un «sentiment d’appartenance à une association politique libre», qu’on retrouve aussi en Suisse, en Belgique et en Espagne.
Dans les pays multinationaux, explique-t-il, le dualisme identitaire est la norme. Les minorités nationales (québécoise, flamande, catalane) y cultivent un patriotisme nationaliste, fondé sur des références historiques et culturelles partagées, et un patriotisme républicain, que Caron définit comme «un amour rationnel des lois d’une association politique».
Ce second patriotisme a surtout une valeur instrumentale et ne peut entraîner l’adhésion qu’aux deux conditions déjà mentionnées : il doit permettre «l’autonomie communautaire»des groupes nationaux et permettre à ces groupes d’influer sur les normes fédérales. Si ces conditions ne sont pas remplies, la tendance sécessionniste des minorités nationales devient dominante et légitime.
En Suisse, montre Caron, ce sain fédéralisme est respecté, d’où l’absence de mouvements sécessionnistes d’envergure. En Belgique et en Espagne, ce n’est pas le cas, ce qui explique le grandissant désir d’indépendance de la Flandre et de la Catalogne.
Le Québec est-il libre ?
Qu’en est-il du Québec, selon cet intéressant cadre théorique ? Peut-on affirmer, comme le fait Caron, que «les deux conditions essentielles au développement d’un sentiment d’appartenance à une association politique libre sont réunies dans le cas canadien»?
Pour toutes les raisons énumérées en ouverture de cette chronique, les souverainistes répondront un non retentissant. Comment Caron peut-il donc soutenir que «le fédéralisme canadien a su se montrer accommodant dans l’élaboration du projet de construction nationale du peuple québécois»?
Quand le Québec a entrepris de se moderniser, au moment de la Révolution tranquille, en se dotant «d’institutions propres à son affirmation nationale», le gouvernement fédéral, note Caron, ne lui a pas fait obstacle. Certaines décisions de la Cour suprême ont invalidé des dispositions de la Charte de la langue française, mais cela, selon le politologue qui tourne ici les coins ronds, n’a pas empêché la francisation du Québec et des immigrants. Le Québec, ajoute-t-il à raison, aurait d’ailleurs pu faire plus souvent appel à la disposition de dérogation pour préserver son autonomie, comme la Constitution le lui permet.
Pour le reste, plusieurs ententes administratives (sur l’immigration, notamment) ont répondu aux demandes québécoises. Le Canada, bref, n’est pas le goulag et, même si «l’ordre politique canadien pose problème sur le plan symbolique» par son refus de constitutionnaliser l’existence de la nation québécoise, il offre au Québec «une autonomie politique réelle», raison pour laquelle bien des Québécois lui demeurent attachés.
La thèse de Caron est éclairante, mais tendancieuse. Comme l’histoire et l’actualité en témoignent, l’autonomie du Québec est fragile et toujours à défendre. Elle ne relève pas de la normalité, mais du combat. En s’opposant à la pleine reconnaissance constitutionnelle de la nation québécoise, le Canada manifeste sa volonté de la tenir en laisse et son droit de donner et de reprendre à sa guise. Ne pas vivre dans un goulag n’est pas l’équivalent d’être libre. Le Québec mérite mieux qu’une liberté conditionnelle.
« Je chercherai à montrer que, malgré ses défauts, le fédéralisme canadien a su se montrer accommodant dans l’élaboration du projet de construction nationale du peuple québécois. Cette analyse fera en sorte de mieux comprendre les raisons profondes qui expliquent – au grand dam de nombreux souverainistes — pourquoi tant de Québécois manifestent un attachement envers le reste du pays. »
Le premier ministre Philippe Couillard lors de son discours de clôture du conseil général du PLQ
Le chef libéral Philippe Couillard déplore que le réseau d’éducation francophone soit à la traîne en matière de réussite scolaire et lui enjoint d’imiter le réseau anglophone qui fait beaucoup mieux.
«Nous devons dire à nos amis québécois de langue anglaise que la façon dont ils font les choses, la façon dont ils dirigent leurs commissions scolaires et leurs écoles est la direction à suivre pour tous les Québécois», a déclaré Philippe Couillard dans son discours de clôture du conseil général du Parti libéral du Québec qui réunissait quelque 500 militants.
Le chef libéral a souligné que les commissions scolaires de langue anglaise affichaient un taux de diplomation au secondaire de 85 % alors que les commissions scolaires, sauf exceptions, atteignent des résultats moindres.
Pourquoi les commissions scolaires anglophones et quelques rares commissions scolaires francophones, comme la Commission scolaire Marguerite-Bourgeoys dans l’ouest de l’île de Montréal, font-elles mieux en matière de réussite scolaire ? s’est demandé Philippe Couillard, qui a aussi souligné que l’Ontario obtenait des taux de diplomation supérieurs à ceux obtenus au Québec. «C’est inacceptable», a-t-il dit. L’écart important entre la réussite scolaire des garçons et celle des filles est également «inacceptable», a ses yeux. «Qu’est-ce qui est fait dans ces milieux qui n’est pas fait ailleurs? Est-ce si difficile? Est-ce si compliqué? Non, c’est une question de volonté politique, de courage et de leadership, et on va faire en sorte que ça s’applique pour tous les Québécois et à tous les enfants du Québec», a affirmé le chef libéral devant ses militants.
Ce n’est pas une question de ressources puisque toutes les commissions scolaires disposent de budgets semblables, a précisé Philippe Couillard lors de la conférence de presse qui a suivi. L’engagement de la communauté anglophone dans ses écoles explique en partie leurs bons résultats, a-t-il avancé.
Mieux vaut tard que jamais
Dans son discours, Philippe Couillard a avoué que son gouvernement avait eu tort de s’«égarer dans des chicanes stériles sur les élections scolaires et les structures» pendant deux ans, notamment avec le projet de loi 86 sur la gouvernance des commissions scolaires. Il a parlé de «la réflexion nécessaire qui montre une grande maturité pour une formation politique de reconnaître qu’il faut se concentrer d’abord et avant tout sur la réussite éducative de nos élèves et nos enfants et nous éloigner des débats qui nous écartent des véritables priorités».
En conférence de presse, Philippe Couillard a enterré pour de bon le projet de loi 86. Refusant d’y voir une erreur, il a présenté un mea culpa moins franc que dans son discours. Il a indiqué que certains éléments qu’il contenait — les allocations budgétaires et la responsabilisation des écoles — seront repris dans un autre projet de loi que le ministre de l’Éducation, Sébastien Proulx, présentera pour adoption à l’automne.
En matinée dimanche, les militants libéraux ont assisté à la conférence du spécialiste en éducation Égide Royer pour ensuite se pencher sur une résolution-cadre sur l’éducation.
Parmi les propositions étudiées figurent l’implantation graduelle de la maternelle à quatre ans ainsi que l’école obligatoire jusqu’à 18 ans, un prolongement de deux ans que le chef libéral avait dénoncé quand la Coalition avenir Québec l’avait soumis et dont il avait évalué le coût à 250 millions. «La grave erreur, c’est de présenter ça comme l’école obligatoire jusqu’à 18ans. […] C’est [plutôt] l’apprentissage jusqu’à 18ans», a-t-il dit, précisant que cet apprentissage ne ferait pas nécessairement sur les bancs de l’école. Les sommes pour assurer cet apprentissage prolongé ne seront pas soumises au «cran d’arrêt», un concept abandonné à tout le moins dans le cas de l’éducation, et elles seront dégagées graduellement.
La résolution-cadre critique aussi les projets de chambardements de structures. «Alors que les dernières années ont été monopolisées par les questions de structures, de gouvernance et de ressources, trop peu d’efforts ont été déployés autour de ce qui importe le plus, c’est-à-dire l’apprenant, son milieu et les facteurs reconnus pour favoriser sa réussite scolaire», peut-on lire dans le document.
Samedi, les libéraux se sont divisés sur la proposition visant l’économie de partage et Uber, mais aussi sur la création du registre des armes à feu dont une proposition réclamait l’abandon. Elle fut battue de justesse après un débat animé. «Notre parti est le reflet de la société du Québec», s’est félicité le chef libéral.
Écart important
Au cours des cinq dernières années, le taux de diplomation des élèves dont la langue d’enseignement est le français est constamment demeuré inférieur à celui des élèves recevant un enseignement en anglais. Le taux de diplomation représente la proportion d’élèves ayant obtenu un diplôme sept ans après leur entrée au secondaire. Il peut s’agir d’un diplôme d’études secondaires, mais aussi d’autres diplômes ou qualifications professionnelles.
Taux de diplomation selon la langue d’enseignement
Publié par La Presse Canadienne le dimanche 15 mai 2016 à 21h56. Modifié par Charles Payette le lundi 16 mai 2016
Capture d écran -Radio-Canada
MONTRÉAL - Le fait d'avoir décidé de ne pas assister, dimanche, au 18e Gala Les Olivier en raison du retrait de son numéro avec Guy Nantel n'a pas empêché Mike Ward de gagner deux prix, dont celui de l'Olivier de l'année, la récompense la plus prestigieuse de la cérémonie, qui est décerné par le public.
EXTRAIT DES REMERCIEMENTS DE LOUIS MORISSETTE
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Un peu plus tôt dans la soirée, l'humoriste avait remporté le trophée de la capsule, chronique ou sketch humoristique web pour «Mike Ward sur écoute». En raison de son absence, une cinquantaine de ses collègues portant un masque de protection orné d'une croix rouge étaient montés sur scène à sa place afin d'exprimer leur soutien à son égard.
Cette manifestation silencieuse, qui s'était amorcée sur le tapis rouge, avait provoqué une ovation dans la salle.
L'animateur François Morency n'avait pas hésité à prendre le taureau par les cornes en abordant d'entrée de jeu la controverse suscitée par l'annulation de la prestation de Mike Ward et Guy Nantel à la demande de l'assureur du gala produit par l'Association des professionnels de l'industrie de l'humour (APIH).
Après une capsule vidéo le montrant faire mille et une courbettes devant divers groupes d'intérêt pour faire approuver ses blagues en vue de la remise de prix, M. Morency avait profité de son numéro d'ouverture pour exprimer son indignation par rapport au retrait du sketch de messieurs Ward et Nantel.
Les premiers gagnants du gala ont fait écho à ses propos dans leurs remerciements
Louis Morissette, qui a reçu le prix du spectacle d'humour/meilleur vendeur en compagnie de Véronique Cloutier pour «Les Morissette» a plaidé en faveur de la liberté d'expression alors que Martin Matte, qui a accepté l'Olivier de la comédie à la télévision pour «Les beaux malaises», a affirmé que la société devrait laisser les artistes de tout acabit s'exprimer et laisser le public décider.
Certains des autres lauréats ont aussi profité de leur passage sur scène pour commenter l'affaire. Jean-Thomas Jobin, qui a mis la main sur le trophée de l'auteur de l'année pour «Apprendre à s'aimer», a pris la défense de Mike Ward à sa façon, menaçant de poursuivre Guy Nantel pour avoir insulté le physique de son ami dans le numéro supprimé, qui a fait l'objet d'une vidéo diffusée sur YouTube juste avant les Olivier.
Pierre-Michel Tremblay, le metteur en scène d'«Apprendre à s'aimer», a également été récompensé. Son couronnement a été suivi d'un hommage au réalisateur Jean Bisonnette, l'un des pionniers de la télévision québécoise décédé cette année, présenté par Dominique Michel, Claude Meunier et Michel Barrette.
En tête des nominations avec quatre mentions, Stéphane Rousseau n'aura finalement gagné qu'un seul trophée, soit celui du spectacle de l'humour de l'année pour «Un peu princesse». Il l'a reçu des mains de François Pérusse, qui a eu recours à son fameux personnage du «gars qui magasine par téléphone» pour remettre le prix.
Du côté du spécial humoristique à la télévision, c'est «Infoman 2015» qui a été couronné. Il s'agit d'un troisième prix consécutif dans cette catégorie pour la revue de l'année concoctée par Jean-René Dufort et son équipe. Puisant dans l'histoire des «grands remerciements», M. Dufort a accepté son trophée en reprenant mot pour mot les propos tenus par l'animateur de TVA Sports et ex-hockeyeur Dave Morissette au dernier Gala Artis.
Place à la relève
Les jeunes humoristes ont également brillé lors du 18e Gala Les Olivier.
Après être reparti bredouille en 2014, Phil Roy a été sacré découverte de l'année. Le jeune homme doit présenter son premier spectacle solo en janvier 2017.
L'Olivier du numéro de l'humour de l'année a été remis à Mariana Mazza pour «Sable dans le vagin». L'ancienne finaliste de l'émission «En route vers mon premier gala» a accepté son prix en rappelant à sa mère qu'elle lui devait cinq dollars pour avoir parié que sa fille «ne gagnerait jamais un trophée avec son vagin».
Dans la catégorie de la série humoristique à la télévision, l'Olivier est allé à la comédie à sketch «Like-moi!» diffusée à Télé-Québec. L'émission portée par une nouvelle génération de comédiens, dont Katherine Levac et Adib Alkhalidey, a détrôné «Infoman», qui avait gagné le prix les deux années précédentes.
En lice pour la troisième fois dans la catégorie de la capsule ou sketch humoristique à la radio, «La soirée est encore jeune» a finalement remporté le trophée, dimanche. Jean-Philippe Wautier et ses complices Fred Savard, Jean-Sébastien Girard et Olivier Niquet ont notamment vaincu François Morency, l'animateur de la soirée, qui avait gagné le prix l'an dernier avec «La zone Morency».