Des passagers libérés descendant de l’avion avec leurs bagages.
Larnaca — Le détournement d’un avion égyptien sur l’aéroport de Larnaca à Chypre a pris fin mardi après-midi avec l’arrestation du pirate de l’air, a annoncé le porte-parole de la présidence chypriote.
«Le pirate de l’air vient juste d’être arrêté», a indiqué Nikos Christodoulides dans un message sur Twitter après que tous les derniers passagers retenus dans l’avion d’EgyptAir soient sortis sains et saufs.
L’homme s’est rendu en sortant sur la passerelle de l’avion avec les mains en l’air, a constaté un correspondant de l’AFP. Il s’est ensuite dirigé vers deux policiers sur le tarmac qui l’ont étendu au sol et l’ont fouillé avant de l’emmener dans un bâtiment de l’aéroport.
Le ministre égyptien de l’Aviation civile Chérif Fathy a affirmé à la télévision d’État que «les passagers et les membres d’équipage sont sains et saufs».
Le pirate de l’air, de nationalité égyptienne selon une source gouvernementale chypriote, avait détourné en début de matinée l’Airbus A-320, qui transportait au total 55 passagers et effectuait la liaison entre la ville côtière égyptienne d’Alexandrie (nord) et Le Caire. L’appareil s’était ensuite dirigé vers l’île de Chypre, où il s’est posé à l’aéroport de Larnaca.
Les motivations de l’homme, qui a affirmé porter une ceinture d’explosifs, sont apparues confuses et le président chypriote a affirmé que son acte n’était pas lié au «terrorisme».
Le preneur d'otages a libéré progressivement les passagers, n'en retenant finalement plus que sept, qui ont réussi à quitter l’appareil avant sa reddition.
OTTAWA – Maintenant qu’il a déposé son tout premier budget, le nouveau ministre fédéral des Finances, Bill Morneau, peut s’attaquer à l’un de ses prochains défis: renforcer le Régime de pensions du Canada.
Voilà un dossier que M. Morneau connaît bien, lui qui a conseillé sur le sujet la première ministre de l’Ontario, Kathleen Wynne, et qui dirigeait tout récemment à Toronto, avant son entrée en politique, une importante firme de ressources humaines spécialisée en gestion des régimes de retraite privés, justement.
Pour le ministre, rencontré dans ses bureaux quelques jours après le budget, une bonne retraite, c’est souvent une question de chance. Or, le gouvernement, selon lui, a un rôle à jouer pour contrer la malchance de ceux qui, par exemple, disposeraient d’un régime privé à cotisations déterminées, qui n’auraient pas épargné suffisamment pour leur retraite et qui se verraient obligés de décaisser quand les marchés sont au plus bas.
Dans leur budget déposé mardi dernier, les libéraux ont martelé qu’ils voulaient renforcer le Régime de pensions du Canada (RPC), afin notamment de contrer les effets, sur l’épargne des retraités, du vieillissement de la population et de la faiblesse de régimes privés.
Le premier ministre Justin Trudeau avait d’ailleurs annoncé la semaine précédente que son gouvernement ramène à 65 ans l’âge à laquelle les Canadiens pourront recevoir la Sécurité de la vieillesse — le précédent gouvernement conservateur l’avait portée jusqu’à 67 ans pour les plus jeunes Canadiens.
M. Morneau comprend très bien que le RPC doit être suffisamment doté afin de pouvoir aider certains retraités à éviter ce que les spécialistes appellent le «transfert de patrimoine entre générations». Le ministre espère maintenant réunir un consensus minimal sur cette promesse électorale — la réforme du RPC devra obtenir l’appui de sept des 10 provinces représentant les deux tiers de la population canadienne.
Les provinces et territoires doivent se réunir à nouveau là-dessus en juin, après une première rencontre en décembre dernier, deux mois après l’élection du gouvernement Trudeau. Ottawa espère conclure une entente d’ici la fin de l’année mais on ignore à quel point un tel consensus sera possible, même si les provinces ont accepté en décembre de poursuivre les discussions.
La première ministre Wynne, par exemple, est d’accord pour mieux doter le RPC — et prévoit d’ailleurs mettre en place en 2018 la première phase des cotisations obligatoires dans le cadre du tout nouveau Régime de retraite de la province de l’Ontario. Ce régime s’adresse aux travailleurs qui n’ont pas de régime offert par leur employeur, afin de compléter le RPC, qui pourrait bien être insuffisant si l’épargne n’est pas au rendez-vous.
D’autres importantes provinces, comme le Québec et la Colombie-Britannique, ne sont pas convaincues par la réforme. Le Québec a quitté le RPC en 1966 pour créer son propre régime de pensions, le Régime de rentes, et le gouvernement libéral de la Colombie-Britannique soutient que l’économie est encore bien fragile pour procéder à une réforme qui prévoirait une hausse des cotisations de l’employeur.
La Saskatchewan, toujours ébranlée par les effets néfastes de la chute des prix du pétrole sur son économie, s’oppose au renforcement du RPC.
Le ministre Morneau, lui, conserve un «optimisme prudent» quant à la prochaine ronde de négociations, en juin. «On s’entend en général pour reconnaître le problème, et accepter que le RPC aura été depuis 50 ans un outil extrêmement efficace, a-t-il estimé. On doit maintenant bâtir sur ces consensus.»
Publié par Associated Press le lundi 28 mars 2016 à 13h30. Modifié par Léandre Drolet à 14h03.
Fidel Castro
LA HAVANE - Réagissant à la visite historique du président des États-Unis Barack Obama la semaine dernière, l'ancien président cubain Fidel Castro a publié lundi une longue lettre dans laquelle il rappelle l'agression américaine à l'endroit de l'île communiste et déclare que son pays n'a pas besoin des ?cadeaux de l'empire?.
La missive de 1500 mots et intitulée ?Frère Obama? représente la première réaction de M. Castro à la visite du président américain, qui a déclaré être venu enterrer l'hostilité de la guerre froide entre les deux pays.
M. Obama n'a pas rencontré l'ancien président de 89 ans, mais il a discuté avec le président actuel, son frère Raul.
Dans sa lettre, Fidel Castro suggère ?poliment? au président américain de ne pas tenter d'échafauder de théories au sujet de la politique cubaine.
Il passe ensuite au peigne fin, une ligne à la fois, certains des principaux passages du discours du président, répliquant avec indignation à ce qu'il perçoit comme étant des insultes. Il s'insurge notamment que le président Obama n'ait pas rendu hommage aux autochtones ou qu'il n'ait pas souligné que M. Castro a interdit la ségrégation raciale quand il a pris le pouvoir.
L'ancien président cubain lance ensuite qu'on risque une ?crise cardiaque? en entendant M. Obama déclarer que le moment est venu de laisser le passé ?derrière nous?.
M. Castro rappelle les faits saillants de 50 ans d'agression américaine envers Cuba, comme l'embargo commercial toujours en vigueur, l'invasion de la baie des Cochons de 1961 et l'attentat perpétré en 1976 contre un avion de ligne cubain par des exilés qui se sont ensuite réfugiés aux États-Unis.
M. Castro s'en prend finalement au désir du président Obama d'intensifier les liens d'affaires entre les deux pays en déclarant que les Cubains sont capables, seuls, avec leur labeur et leur intelligence, de produire ce dont ils ont besoin.