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mardi, avril 21, 2015

Jour de dépôt de budget à Ottawa

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Joe Oliver
PHOTO REUTERS
AGENCE QMI
MISE à JOUR 
OTTAWA |  Le gouvernement Harper déposera ce mardi son budget pour la prochaine année, dont peu de détails sont connus.
Lundi, le ministre fédéral des Finances Joe Oliver s’est acheté une paire de soulier, une tradition avant le dépôt d’un budget, il a penché pour des espadrilles New Balance, clin d’œil au fait qu’il présentera un budget équilibré («balanced budget», en anglais).
Peu de détails ont filtré sur le budget. «Ce sera un bon budget pour le Canada et pour tous les Canadiens d’un océan à l’autre et pour toutes les sphères de la société», a affirmé M. Oliver lors de l’achat de ses souliers.
Selon ce qu’a appris l’Agence QMI, les trois principales agences fédérales qui s’occupent de la sécurité nationale se partageront plus de 100 millions $ de plus pour mener la lutte antiterroriste en 2015-2016.
La Gendarmerie royale du Canada, le Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS) et l’Agence des services frontaliers du Canada recevront chacun de nouvelles ressources financières «significatives» pour «maintenir et accélérer des enquêtes en contre-terrorisme». Ces investigations ont été lancées dans la foulée des attentats d’octobre 2014.
De son côté, le fiscaliste Luc Lacombe, interrogé par Argent, croit que le gouvernement sera clément envers les contribuables. Selon lui, les conservateurs profiteront du budget pour distribuer une série de cadeaux en prévision des élections, en octobre.
«M. Harper est un fin stratège. Je m’attends à beaucoup de nouvelles positives pour les particuliers et pour les entreprises», a commenté l’associé de la firme RCGT. Il souligne toutefois que certaines annonces pourraient entrer en vigueur dans quelques années.

Un sommet extraordinaire pour endiguer l’hécatombe

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21 avril 2015 | Karl Rettino-Parazelli - avec l'Agence France-Presse | Europe
Selon le Haut Commissariat aux réfugiés, 35 000 migrants sont arrivés par bateau dans le sud de l’Europe depuis le début de l’année, et 1600 sont portés disparus.
Photo: Argiris Mantikos/Eurokinissi Agence France-Presse
Selon le Haut Commissariat aux réfugiés, 35 000 migrants sont arrivés par bateau dans le sud de l’Europe depuis le début de l’année, et 1600 sont portés disparus.
Le sort tragique des centaines de migrants qui ont péri dimanche a secoué l’ensemble de la planète, forçant une réponse rapide et concertée : l’Union européenne (UE) a annoncé lundi la tenue d’un sommet extraordinaire pour réagir au drame, tandis que la justice italienne a procédé à l’arrestation de 24 membres d’un réseau de passeurs ayant sévi en Libye.
 
Le premier ministre italien, Matteo Renzi, a annoncé que les membres d’un réseau ayant organisé au moins 15 voyages depuis mai 2014 ont été arrêtés lundi matin. Ces trafiquants embarquaient les migrants près de Zuwarah, en Libye, et leur faisaient miroiter une traversée de la Méditerranée à destination de la Sicile en échange de plusieurs centaines de dollars. Les passagers provenaient principalement d’Érythrée, du Soudan et de la Somalie.
 
Selon le rapport d’enquête du parquet de Palerme cité par des médias italiens, les passeurs abandonnaient les migrants en mer après avoir lancé des appels de détresse et comptaient ainsi sur les équipes de sauvetage italiennes pour secourir les hommes, les femmes et les enfants laissés à eux-mêmes.
 
L’UE a par ailleurs répondu lundi à la demande de M. Renzi en indiquant qu’un sommet aurait lieu jeudi pour que les pays membres se penchent sur le tragique accident survenu dimanche. Le naufrage au large des côtes libyennes a fait 800 morts, ont annoncé mardi des représentants du Haut Commissariat des Nations unies aux réfugiés (HCR) et de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) après avoir parlé aux survivants, qui sont au nombre de 28. Vingt-quatre corps ont été repêchés.
 
La police italienne a annoncé dans la nuit lundi à mardi que deux des survivants, un Tunisien et un Syrien soupçonnés d’avoir été le capitaine et un membre d’équipage du chalutier, avaient été arrêtés à bord du bateau des garde-côtes.
 
« Nous ne pouvons pas continuer comme cela, nous ne pouvons pas accepter que des centaines de personnes meurent en essayant de traverser la mer pour venir en Europe », a affirmé le président du Conseil européen, Donald Tusk.
 
Celui-ci a toutefois indiqué qu’il ne faut « pas attendre des solutions rapides aux causes profondes des migrations, parce qu’il n’y en a pas. S’il y en avait, nous les aurions mises en oeuvre depuis longtemps », a-t-il prétendu.
 
Plan d’action
 
Les chefs d’État se réuniront en ayant une base de travail : un plan d’action en dix points qui comprend notamment le renforcement et l’élargissement des opérations de contrôle et de sauvetage en mer, l’amélioration de la gestion des demandes d’asile, le blocage des routes empruntées par les migrants ou encore la destruction des embarcations utilisées pour les transporter. « Nous n’avons plus d’alibi », a lancé la chef de la diplomatie européenne, Federica Mogherini. « Les tragédies de ces derniers jours, de ces derniers mois, de ces dernières années, c’en est trop. » Selon le Haut Commissariat aux réfugiés, 35 000 migrants sont arrivés par bateau dans le sud de l’Europe depuis le début de l’année et 1600 sont portés disparus.
 
L’annonce du sommet de jeudi est apparue comme une réponse appropriée pour certains, tardive pour d’autres. L’organisation humanitaire Save the Children aurait préféré que l’UE s’entende sur un plan d’action immédiat dès lundi. « Le sommet d’urgence de jeudi est maintenant une affaire de vie ou de mort », a déclaré par voie de communiqué le président de l’organisation, Valerio Neri.
 
Encore plus virulent, le président de la Fédération internationale de la Croix-Rouge, Elhadj As Sy, a réclamé qu’on mette fin sans tarder à « l’indifférence qui transforme la Méditerranée en un vaste cimetière ». Il a par exemple critiqué le manque d’encadrement légal pour les migrants et les demandeurs d’asile.
 
« Ces morts et les centaines d’autres qui les ont précédées ces derniers mois étaient prévisibles », a-t-il ajouté.
 
Parmi les réactions politiques provenant des quatre coins de la planète, la chancelière allemande, Angela Merkel, s’est dite « bouleversée » et le ministre espagnol de l’Intérieur, Jorge Fernandez Diaz, a évoqué le besoin de « résoudre le problème à la racine », dans les pays où sont embarqués les migrants.
 
Joignant sa voix à la succession d’appels à l’action, le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, a affirmé que le naufrage de la veille est « un scandale pour la conscience humaine ».
 
Pour ajouter à l’indignation internationale, la série noire s’est poursuivie lundi : la police portuaire grecque a annoncé que trois migrants, dont un enfant, ont péri dans un naufrage près de l’île de Rhodes. Heureusement, 93 personnes ont pu être sauvées.
 
Un bateau pneumatique transportant entre 100 et 150 personnes et un bateau plus vaste, avec quelque 300 personnes à bord, ont pour leur part lancé un appel de détresse alors qu’ils se trouvaient en difficulté au large de la Libye, ont indiqué les autorités italiennes. Au moment d’écrire ces lignes, on ne savait dans quelle condition se trouvaient ces passagers.
 
Le sommet des chefs d’État de jeudi devrait mettre en évidence la complexité de la problématique des migrants en Méditerranée. Les pays européens s’entendent généralement sur l’importance de mieux gérer les demandes d’asile, mais reconnaissent aussi qu’une part importante de la réponse est entre les mains de la Libye. Ce pays en proie au chaos politique, où le groupe État islamique s’est implanté, devra vraisemblablement trouver le moyen de former un gouvernement d’union s’il espère mettre fin, ou du moins limiter le départ de migrants africains.
 
Avec l’Agence France-Presse

Le Cirque du Soleil vise la Chine

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21 avril 2015 | Caroline Montpetit - Avec Isabelle Paré et Éric Desrosiers | Actualités culturelles
Guy Laliberté a voulu «dédramatiser» l’arrivée d’intérêts étrangers au Cirque du Soleil en rappelant que les Américains possédaient des parts importantes dans des fleurons québécois comme Alimentation Couche-Tard, Bombardier et la brasserie Molson.
Photo: Jacques Nadeau
Le Devoir
Guy Laliberté a voulu «dédramatiser» l’arrivée d’intérêts étrangers au Cirque du Soleil en rappelant que les Américains possédaient des parts importantes dans des fleurons québécois comme Alimentation Couche-Tard, Bombardier et la brasserie Molson.
Le Cirque du Soleil souhaite doubler de taille, principalement en développant ses activités en Chine. C’est l’objectif de la vente de la majorité des actions du Cirque à l’entreprise américaine TPG et à l’entreprise chinoise Fosun.
 
Le cofondateur du Cirque du Soleil Guy Laliberté a en effet finalement annoncé lundi que 60 % des actions du Cirque du Soleil, qu’il a créé il y a plus de 30 ans, seront vendues à TPG et 20 % à Fosun. Fosun international est le plus grand conglomérat privé de Chine continentale. Son siège social est à Shanghaï. Les bureaux de TPG sont pour leur part à San Francisco. Guy Laliberté conservera 10 % des actions. Il avait notamment posé comme condition à la vente que le siège social du Cirque demeure à Montréal, ce qui semble avoir fait consensus parmi les investisseurs. Une autre tranche de 10 % des actions du Cirque sera désormais la propriété de la Caisse de dépôt. La valeur de la transaction oscillerait aux alentours de 1,5 milliard de dollars, ce que n’a pas voulu confirmer M. Laliberté.
 
Entrepreneuriat et famille
 
Lors d’une longue conférence de presse, Guy Laliberté a expliqué les raisons personnelles qui l’ont poussé à vendre « son » cirque, dont il détenait jusqu’à présent 90 % des actions. « Je ne crois pas à l’entrepreneuriat de seconde génération », a-t-il dit. Il a pourtant sondé ses cinq enfants, de 7 à 18 ans pour connaître leurs rêves d’avenir. Seule la plus jeune, de 7 ans, a émis le souhait de devenir clown un jour. Laliberté, qui souhaite développer des activités au moyen de sa fiducie familiale, Lune Rouge, continuera cependant à s’impliquer dans le volet création du cirque, aux côtés du nouveau directeur artistique, Jean-François Bouchard. Mitch Garber sera président du conseil d’administration du Cirque, dont Daniel Lamarre demeure président et directeur.
 
Réagissant aux critiques selon lesquelles le Cirque est vendu à des intérêts étrangers, Guy Laliberté a riposté qu’une entreprise comme Couche-Tard était détenue à 50 % par des intérêts américains, que Molson était détenue à 80 % par des Américains, et que Bombardier était détenue à 84 % par des Américains.
 
Répondant aux questions des médias sur l’impact de la vente sur le marché du travail au Québec, M. Lamarre a ajouté que les spectacles du Cirque du Soleil présentés à Las Vegas étaient montés au Québec, comme cela pourrait être le cas pour les spectacles qui seront présentés en Chine.
 
Pour Mitch Garber, il est clair que l’ADN du Cirque du Soleil est montréalais et va le demeurer.
 
Il y a déjà douze ans que le Cirque du Soleil tente de percer le marché chinois, sans succès. Il s’agit d’un marché complexe, reconnaît Daniel Lamarre, mais prometteur. En effet, les analystes prévoient, au cours des prochaines années, un boom de l’industrie du spectacle semblable à celui qui traverse présentement l’industrie chinoise du cinéma. On dit que 1000 cinémas et environ 5400 salles ont ouvert l’an dernier seulement en Chine, soit environ 15 nouvelles salles par jour.
 
Par ailleurs, récemment, le Cirque du Soleil annonçait son intention d’investir dans la production de séries télévisées, qui ne contiennent pas de cirque. Daniel Lamarre a confirmé lundi que TPG avait une expertise en télévision, notamment par la CAA, pour Creative Artists Agency. « Mais le Cirque va continuer de produire majoritairement des spectacles vivants », a-t-il dit.
 
À l’occasion d’une conférence qu’il donnait à l’assemblée générale du Conseil du Patronat du Québec, le premier ministre Philippe Couillard a applaudi à la transaction.
 
« J’ai parlé aux personnes clés, a-t-il dit. Et je l’ai fait au moment approprié. Mais ce que je veux d’abord dire sur la transaction, c’est féliciter M. Guy Laliberté. Quelle belle histoire! Quelle belle histoire d’artiste et d’entrepreneur. Saluez également le fait qu’il ait entendu le message du Québec et des Québécois et qu’il s’est impliqué lui-même dans les négociations pour faire en sorte que le siège social, les activités créatrices également demeurent à Montréal. Saluez la Caisse de dépôt qui a défendu très bien les intérêts du Québec dans cette transaction-là pour une organisation qui a le vent dans les voiles et, on a l’entendu ce matin, qui veut aller vers de nouveaux produits, de nouveaux marchés qui veut être en croissance. C’est une bonne nouvelle pour le Québec, notamment, que M. Laliberté et la direction demeurent fortement associés à l’organisation. »
 
Le ministre de l’Économie, Jacques Daoust, a considéré que la transaction est « une bonne nouvelle », parce que « l’activité du siège social, et l’activité créatrice restent ici ». M. Daoust s’est réjoui du fait que les nouveaux propriétaires du Cirque du Soleil nr soient pas des concurrents, car ils ont donc intérêt à préserver l’intégrité de l’entreprise initiale. Dans cet ordre d’idées, Guy Laliberté a mentionné qu’il avait rejeté notamment une offre du cirque Barnum and Bailey.

17 offres d’achat
 
En tout, 94 groupes ont été pressentis par le Cirque dans cette transaction : 46 se sont dits intéressés, 17 ont fait des offres, et un seul a été choisi, vendredi matin dernier, après dix jours et demi de négociations. « Nous avons envoyé cette invitation à tous les groupes québécois et canadiens », a expliqué Guy Laliberté. En cours de démarche, ils ont rencontré le gouvernement du Québec et la Caisse de dépôt, qui a signé l’entente dimanche.
 
De son côté, Guy Laliberté continuera à s’intéresser au développement du Cirque, mais caresse d’autres projets pour l’avenir. Selon certaines informations, il compte développer des concepts de rites funéraires, via une entreprise nommée Pangéa, qui relève de la fiducie familiale Lune Rouge. Il n’a pas voulu confirmer ces informations.
 
Parmi les employés du cirque, à l’interne, après des semaines d’inquiétude quant à l’issue des transactions, le mot d’ordre était plutôt au silence.
 
Maintenant aux mains d’entreprises étrangères, le cirque saura-t-il garder vraiment son esprit ? Des entités comme la TOHU et l’École nationale du Cirque sont intimement liées au Cirque du Soleil. « Seul le temps dira si l’âme du Cirque du Soleil demeurera, puisque le Québec n’aura plus de position majoritaire au sein de l’entreprise. Ce qui est clair, c’est que des investisseurs financiers vont exiger des résultats financiers. Mais il semble que les programmes sociaux et culturels seront maintenus, et cela est majeur », a commenté une ex-figure majeure du CDS, qui a demandé l’anonymat.