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mardi, avril 07, 2015

La FTQ-Construction veut éclaircir la situation avec Hélène David

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7 avril 2015 16h37 |Lia Lévesque - La Presse canadienne | Québec
Au mois de mars dernier, des ouvriers de la FTQ avaient dénoncé l'utilisation de l'anglais sur le chantier du nouveau CHUM.
Photo: Jacques Nadeau
Le Devoir
Au mois de mars dernier, des ouvriers de la FTQ avaient dénoncé l'utilisation de l'anglais sur le chantier du nouveau CHUM.
Le dossier des communications en anglais au chantier de construction du CHUM n’a guère avancé depuis que la FTQ-Construction s’en est plainte. Exaspérée par la situation, la FTQ-Construction veut rencontrer la ministre Hélène David, responsable de la Loi 101, pour clarifier la situation linguistique pour le CHUM ainsi que pour les autres mégas-chantiers qui s’annoncent.

Au cabinet de la ministre David, on a indiqué qu’on était prêt à rencontrer la FTQ et la FTQ-Construction et qu’il ne restait qu’à fixer une date à l’agenda.

Au cours d’une entrevue mardi, le directeur général de la FTQ-Construction, Yves Ouellet, a expliqué que les chantiers de construction vivent une situation différente des autres entreprises qui doivent obtenir un certificat de francisation, parce qu’un chantier n’a qu’une durée de quelques mois ou quelques années. Comme le processus de francisation peut s’étirer sur plusieurs mois, voire quelques années, le chantier peut même être terminé lorsqu’une entreprise de construction reçoit finalement son certificat de francisation, déplore-t-il.

À l’Office québécois de la langue française, le porte-parole Jean-Pierre Leblanc confirme que le processus de francisation d’une entreprise peut être long. «Il y a des délais qui sont prévus dans la charte [de la langue française] et qui peuvent effectivement s’étirer sur plusieurs mois et même quelques années», a-t-il concédé.

Le directeur général de la FTQ-Construction insiste pour que le gouvernement, lorsqu’il signe un contrat avec une entreprise étrangère, s’assure que les communications se fassent en français dès le premier jour. «Nous, on pense qu’il y a un trou dans la loi», estime M. Ouellet.

Dans le cas du chantier de construction du Centre hospitalier de l’Université de Montréal (CHUM), les communications n’ont pas été faites complètement en français, selon lui. La FTQ-Construction avait commencé à s’en plaindre au départ, avant de déposer une plainte formelle à l’Office de la langue française en 2014. Comme rien n’avait bougé, le 20 mars dernier, Journée internationale de la francophonie, l’organisation syndicale a fait une sortie publique pour dénoncer la situation au CHUM.

Interrogé à ce sujet le 23 mars, le ministre du Travail, Sam Hamad, avait rappelé qu’au Québec, la langue de travail doit être le français. Il avait invité la FTQ-Construction à se plaindre aux autorités compétentes — ce qu’elle avait déjà fait l’année précédente — et il avait évoqué le risque de pénalité en cas de contravention à la loi.

Un dossier qui traîne
 
La FTQ-Construction a récemment rencontré l’Office de la langue française pour exposer la situation. Mais M. Ouellet trouve que le dossier n’avance pas assez vite.

«Ça fait trois ans que ça dure. Ce n’est pas la langue de travail sur le chantier [qui pose problème], parce que ça, majoritairement, c’est en français. Ce sont les communications entre la haute direction de Construction santé Montréal, qui va envoyer des directives ou des listes ou des annotations de plans ou de la facturation encore en anglais. Là, ça ne marche pas», tonne M. Ouellet.

«Si tu étais un entrepreneur du Québec qui allait travailler en Alberta et que tes travailleurs et tes sous-traitants étaient des gens de la place, ce n’est pas vrai que tu leur donnerais des plans en français. C’est pas vrai. Ils te diraient “donne-moi les en anglais, sinon tu la feras tout seul ta job”», s’exclame le dirigeant syndical.

Depuis sa plainte, les choses n’ont «pas vraiment» changé, avoue-t-il. Il rapporte même des commentaires sarcastiques pour se moquer des revendications de la FTQ-Construction d’avoir des documents en français au chantier.

Il croit donc que la solution réside en une rencontre avec la ministre David, en compagnie de la FTQ et de la FTQ-Construction. Et il estime que le débat doit être élargi aux autres chantiers de construction qui s’annoncent et aux entreprises étrangères.

«Est-ce qu’on peut s’assurer qu’avec les mégaprojets, on ne prenne pas de chance? Et qu’après ça, on ne vienne pas leur dire “bien, justement, on voulait te dire qu’il va falloir que tu parles français ici là”. Pourquoi on ne prend pas de l’avance et qu’on ne le fait pas tout de suite? On veut que quand le gouvernement signe un contrat, la clause numéro un soit celle-là. Il me semble que c’est simple et que c’est tout à fait normal», plaide M. Ouellet.

Joint par téléphone, le consortium Construction santé Montréal a confirmé qu’il peaufinait son programme de francisation. «Nous offrons notre pleine collaboration à l’OQLF», a affirmé le directeur des communications et des affaires publiques, Stéphane Mailhot.

Il précise que la langue de travail au chantier est le français — ce que confirme la FTQ-Construction pour ce qui est des échanges entre les ouvriers. Il ajoute que la signalisation et l’affichage au chantier du CHUM «se font aussi en français» et que «la documentation est en français ou bilingue». Il concède que certains documents qui viennent de l’étranger peuvent être dans une autre langue, mais assure qu’ils sont alors traduits.

M. Mailhot souligne que les employés provenant du Royaume-Uni et de l’Espagne «suivent des cours de francisation» et qu’il y a deux professeurs de français à temps plein. «On fait vraiment un effort pour que le travailleur ne soit pas pénalisé», commente-t-il.

Quant à la ministre David, elle n’a pas voulu formuler de commentaires avant d’avoir entendu les différentes explications des parties.

Spotify préfère Beyoncé

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Le site refait à sa manière la liste des 500 meilleures chansons de tous les temps de Rolling Stone

Beyonce
PHOTO D'ARCHIVES
Cédric Bélanger
Les critiques du magazine Rolling Stone et les utilisateurs de Spotify divergent d’opinion sur les meilleures chansons de tous les temps. Les premiers préfèrent Like a Rolling Stone de Bob Dylan, alors que les autres optent pour Crazy In Love de Beyoncé.
Un membre de Spotify s’est livré à un exercice fort intéressant ces derniers jours. Il a pris la liste des 500 meilleures chansons de tous les temps de Rolling Stone publiée en 2004 (et révisée en 2010) et il a refait le classement en se basant sur le nombre d’écoutes des chansons sur le site. Les deux nouveaux tops 10 se révèlent très différents l’un de l’autre.
Sans surprise, Rolling Stone mise davantage sur les grands noms des années 1960 et 1970. Tout de même, Nirvana fait presque l’unanimité avec son hymne grunge Smells Like Teen Spirit, le titre le plus récent (1991) du palmarès du magazine. Clairement, on note que Ray Charles ne suscite guère d’émotion chez les utilisateurs de Spotify.
À l’inverse, les chansons favorites de Spotify sont presque toutes issues d’un passé plus récent. Quatre d’entre elles se retrouvent même dans le bas du classement de Rolling Stone, ce qui prouve qu’il y aura toujours un fossé entre les préférences des critiques et du public.
Beyonce
Spotify

Réchauffement diplomatique ou pas, les terrains à Cuba ne sont pas à vendre

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Mise à jour le lundi 6 avril 2015 à 20 h 06 HAE  La Presse Canadienne
La Havane
La Havane  Photo :  ? Desmond Boylan /
Reuters
Le réchauffement des relations diplomatiques entre La Havane et Washington ne signifie pas que le marché immobilier de Cuba sera soudainement ouvert aux investisseurs étrangers, prévient l'ambassadeur de ce pays.
Les présidents Raul Castro et Barack Obama ont causé la surprise, en décembre, lorsqu'ils ont annoncé une normalisation des relations entre les deux pays après 53 ans d'embargo américain.
Certains promoteurs internationaux y ont immédiatement vu des occasions en or pour le développement de la côte antillaise de l'île, à peu près vierge, sans compter la capitale, qui recèle des trésors immobiliers.
Mais l'ambassadeur de Cuba au Canada Julio Garmendia Pena a rappelé récemment que les terrains appartiennent au peuple cubain, même si l'île est ouverte à des investissements dans d'autres secteurs.
Un vieux contentieux à régler
Plusieurs obstacles se dressent encore sur la voie du rapprochement complet entre les États-Unis et Cuba, notamment l'établissement de liens diplomatiques et la levée de l'embargo économique, que La Havane appelle « le blocus ».
Mais par-dessus tout, Cuba veut régler le contentieux historique sur la propriété foncière - un litige qui vaut des milliards de dollars.
Lors de la révolution communiste de Fidel Castro en 1959, le nouveau gouvernement a saisi et nationalisé les énormes actifs américains dans le pays - le téléphone, plusieurs services publics, des plantations de canne à sucre et autres propriétés privées, dont plusieurs hôtels Hilton.
La valeur de ces actifs atteindrait 7 milliards $ US, une somme réclamée à grands cris par la diaspora cubaine de Miami, très remontée contre le régime communiste, et très influente aux États-Unis.
L'ancien ambassadeur canadien à Cuba Mark Entwistle, qui a été en poste à La Havane de 1993 à 1997, estimait lundi que les deux pays devront d'abord s'entendre sur des compensations dans ce dossier avant que tout le reste n'aille de l'avant.
« On entend beaucoup ces temps-ci - surtout aux États-Unis - qu'une ruée vers l'or (immobilière) s'en vient à Cuba », explique M. Entwistle. « Cette perception est attribuable à un énorme manque d'informations sur Cuba, un manque de connaissance sur ce pays, sur ce que les Cubains ont traversé, sur ce qu'ils vivent présentement, et à quoi ils aspirent ».
Tirer les leçons du passé
Et malgré les liens plutôt amicaux qu'Ottawa a conservés avec La Havane, les investisseurs canadiens n'auront pas plus de chances que les autres de percer le marché immobilier cubain, estime l'ex-diplomate.
L'ambassadeur Pena a lui aussi rappelé que Cuba a retenu une ou deux leçons de l'époque où les Américains en menaient large sur l'île. « Lorsque (à la révolution) nous avons dressé la liste des propriétés, nous avons été secoués. Alors cette fois-ci, nous avons décidé d'être plus prudents ».
L'ex-ambassadeur canadien abonde: « On ne verra plus jamais un seul pays contrôler les deux tiers de l'économie nationale, et tous les services publics, le téléphone, l'électricité, et plus de 80 % des plantations de canne à sucre et des terres agricoles », a-t-il estimé.