Annonce

samedi, avril 04, 2015

«Nous avons un devoir de franchise»

http://www.journaldequebec.com/

Michel Hébert
PHOTO LE JOURNAL
 DE MONTRÉAL,
BEN PELOSSE
Pierre Céré, c’est l’inconnu de la course au leadership du PQ. Il l’admet lui-même, on le connaît peu. Le grand public se demande encore: «C’est qui ce gars-là?»...
«Depuis le début, mon défi est d’être pris au sérieux. À chaque débat, on dit que je n’ai rien à perdre. C’est faux, on a tous sa gueule à perdre, et je tiens à la mienne», dit-il.
De son bureau montréalais, au pied du Mont-Royal, le président du Comité national des chômeurs se prête au jeu des questions avec Le Journal. L’emplacement fait saliver les promoteurs immobiliers. En vain.
Au mur, des photos de Daniel Cohn-Bendit, de Rimbaud et de Gérard Philippe. Un politicien hors norme, un poète maudit, un acteur mythique. Des exemples, des maîtres à penser.
Le teint hâlé, trahissant un récent séjour à Cuba, Pierre Céré réfute les propos de ceux qui disent (ou pensent) qu’il n’a pas d’affaire dans la course au leadership péquiste. Qu’il ne serait qu’un objecteur de conscience circonstanciel.
Au contraire, réplique-t-il, c’est dans la suite des choses...
Ami de Richard Desjardins
Depuis vingt ans, M. Céré milite en faveur des victimes de l’économie et dirige le Comité national des chômeurs, un groupe de pression subventionné par le ministère de Sam Hamad... Il milite pour ainsi dire depuis toujours, depuis le cégep, bien avant d’être lui-même chômeur au pays de Richard Desjardins, un ami de longue date. Son militantisme l’a naturellement mené à la politique, au PQ plutôt qu’à Québec solidaire, trop «anti-capitaliste», à son goût.
Candidat dans Laurier-Dorion, Pierre Céré a fini troisième derrière le libéral Sklavounos et le solidaire Fontecilla. «À cause de la charte, c’est clair. Les libéraux ont joué la charte et la peur du référendum. Notre vote s’est effondré », se souvient-il.
Cette défaite, la plus dramatique de son histoire, devrait forcer le PQ à faire un examen de conscience; il l’y a invité, sans gêne aucune, au débat de Sherbrooke, dimanche dernier. «Nous avons un devoir de franchise», soutient M. Céré.
PHOTO LE JOURNAL
DE MONTRÉAL,
 BEN PELOSSE
« Trop d’échappatoires »
Lui aussi, évidemment, croit que l’indépendance du Québec est nécessaire. Mais, à son avis, le PQ retombe toujours dans les pièges qu’il installe lui-même.
Avec un peu beaucoup d’impertinence, il parle du fond du cœur: « Il y a trop d’échappatoires. Des signatures, un Institut des mathématiques sémantiques de la souveraineté. On veut encore actualiser des études que personne ne lira. On sait que c’est faisable, l’indépendance. Même Jean Charest l’a dit. Alors quoi! »
«Nous n’avons qu’une seule et unique question à se poser: est-ce qu’on la veut, comme peuple, l’indépendance, oui ou non? Au Canada, nous sommes sous curatelle. Avec toutes nos ressources, nous pourrions faire nos choix politiques.»
«Pour y parvenir, il faut toucher le cœur des gens au lieu de consulter les oracles. Présentement, le PQ parle au PQ. S’il continue de parler à huis clos, il court à l’échec. Nous avons sérieusement besoin d’un renouvellement. Pas d’un nouveau vernis», explique le bouillant militant.
Un mois de vacances pour tous !
En attendant, il ne perd pas ses repères et travaille toujours à l’élaboration d’un programme d’assurance emploi made in Québec. Pauline Marois avait mandaté Gilles Duceppe pour y regarder de plus près, mais l’exercice n’était pas porté par les meilleures intentions.
«Le PQ a voulu faire de la politique politicienne avec cette affaire-là, il voulait une chicane (avec Ottawa)», se rappelle-t-il.
Mais il n’y a pas eu de chicane puisque Pauline Marois a laissé tomber. «Mais moi, j’y crois toujours», dit Pierre Céré.
Son programme «électoral» comporte une mesure qui pourrait plaire aux Québécois: un mois de vacances pour tous. Faisable, ça aussi, dit-il. «Après tout, nous sommes dans un pays nordique, un mois de vacances serait la moindre des choses», insiste-t-il.
PHOTO LE JOURNAL
DE MONTRÉAL,
BEN PELOSSE
«Un parti de vieux ringards»

Le PQ fait de la « vieille politique », déplore Céré

Pierre Céré est sévère envers le parti qu’il voudrait diriger. Trop encroûté dans ses habitudes. Trop sûr d’avoir trouvé un «sauveur», le PQ continue malheureusement de faire de la «vieille politique».
«On a mangé la volée de notre vie l’année dernière, mais c’est comme si tout le monde voulait oublier ça, passer à autre chose parce que le sauveur s’en vient. Wow! Si on fait ça, on va finir en soins de longue durée», mitraille le militant Céré.
Plus déplorable selon lui, le PQ n’est plus «en phase» avec le Québec moderne et ne peut plus porter efficacement un projet d’indépendance ralliant une majorité des Québécois.
«Le PQ est un parti qui a beaucoup vieilli. Il doit se secouer un peu. C’est un parti d’apparatchiks qui n’est plus en phase avec le Québec d’aujourd’hui».
Même les militants déchantent: «Les gens nous disent: Vous nous appelez juste quand vous avez besoin d’argent.»
Pétrole
Aux yeux des jeunes surtout, le PQ est devenu un «parti de vieux ringards», déplore-t-il. Il en tient pour preuve sa position sur le pétrole: il est pour lorsqu’il est au pouvoir, mais contre quand il retourne dans l’opposition.
M. Céré croit que la cuisante défaite de 2014 aurait dû forcer une réflexion approfondie sur l’avenir du parti. L’establishment a préféré opter pour le déni. Le départ de Pauline Marois a vidangé les remords et les remises en question n’ont pas été faites. Sur le triste épisode de 2014, M. Céré est du même avis que Bernard Drainville et Alexandre Cloutier.
«On n’aurait tout simplement pas dû aller en élection, mais continuer à gouverner en faisant des alliances avec les autres partis. Qu’on le veuille ou non, le bipartisme est terminé. Il faut apprendre à créer des majorités parlementaires», soutient-il.
Identité et laïcité
Comme d’autres, Pierre Céré juge que le PQ fait fausse route depuis des années en amalgamant laïcité et identité.
Ce virage identitaire ne lui plaît pas: «Les gens nous regardent, les jeunes surtout, comme de vieux ringards, encore avec la ceinture
fléchée.»
Tout ça, à son avis, plombe les chances de faire l’indépendance.
S’il était chef du PQ, il prendrait tout son temps avant de faire son entrée à l’Assemblée nationale.
Entre autres choses, il appellerait Jean-Martin Aussant, le fondateur d’Option nationale.
« Il faut rallier tout le monde, sans ça, on n’y arrivera pas », conclut-il.
PHOTO LE JOURNAL
 DE MONTRÉAL,
 BEN PELOSSE
Il se prononce sur le favori

Pas d’atomes crochus avec PKP
 

Qu’en pense le militant-candidat?
«PKP est dans une classe à part. Mais il est trop sûr de gagner. On dirait qu’il n’a pas fait ses devoirs. Ce n’est peut-être qu’une fausse impression.»
Croyez-vous vraiment avoir des chances de l’emporter, sérieusement?
«Je ferais un maudit bon chef... mais je suis réaliste (Rires).»
Le militant sait très bien que Pierre Karl Péladeau est toujours le chouchou des militants; le critiquer provoque parfois des huées. C’est injuste?
«En tout cas, moi, si j’avais fait le quart (des bourdes) de Pierre Karl Péladeau, je serais déjà mort.»
Vous ne l’avez pas en haute estime?
«PKP a de grosses, grosses chances de gagner, on s’entend. Pourtant, il ne démontre pas les qualités du leader, du rassembleur dont le PQ a besoin.»
Il ne vous impressionne pas?
«Ses idées et ses interventions sont souvent décousues, c’est assez spécial. Je suis parfois inquiet. Si je faisais des discours comme lui, je serais mort, je serais mort, mort...», insiste-t-il.
Il y des gens qui croient que vous vous cherchez un emploi, que la course permet de vous mettre en valeur?
«J’ai 55 ans, je n’ai pas de plan de carrière et je ne me cherche pas une job. Je suis heureux et j’aime ce que je fais. Je ne suis pas riche, mais je me débrouille bien. Mes enfants sont grands et ça me donne plus de marge.»
D’autres pensent que vous cherchez à attirer l’attention?
«Non, c’est pas moi, ça. Je n’aime pas passer à la radio, ou à la télé. Je trouve ça stressant.»
Votre organisation est importante?
«Nous sommes plus un commando qu’une armée, mais nous ne sommes plus à 0 %. C’est fini ça, M. 0 %. Les autres visent tous la 2e place. Moi, je veux un débat d’idées.»

Brazeau, Wallin et Duffy auront à nouveau droit à leur salaire lors du déclenchement des prochaines élections fédérales

http://www.journaldequebec.com/

La dissolution du Parlement annulera la motion sur leur suspension sans solde

Brazeau, Wallin et Duffy auront à nouveau droit à leur salaire lors du déclenchement des prochaines élections fédérales
CHARLES-ANTOINE GAGNON/AGENCE QMI
Dominique La Haye
Les trois sénateurs suspendus du Sénat sur qui pèsent des accusations et des allégations criminelles recommenceront à toucher leur salaire une fois les élections fédérales déclenchées l’automne prochain.
Les sénateurs Patrick Brazeau, Mike Duffy et Pamela Wallin, au centre du scandale des dépenses à la Chambre haute, pourront ainsi à nouveau percevoir une partie de leur salaire annuel de base s’élevant à 142 000 $.
Le bureau du Sénat explique que la dissolution du Parlement, lors du déclenchement des élections à la demande du premier ministre, aura pour effet de mettre fin aux travaux du Sénat.
«Tous les règlements du Sénat meurent lors d’une prorogation ou d’une dissolution», a confirmé vendredi une porte-parole du Sénat, Nancy Durning.
La dissolution aura ainsi pour effet d’annuler la motion adoptée en novembre 2013 à la Chambre haute pour suspendre sans salaire le trio de sénateurs conservateurs en raison de «négligence grossière dans la gestion de [leurs] ressources parlementaires».
La GRC a depuis déposé une trentaine de chefs d’accusation de fraude, d’abus de confiance et de corruption d’un fonctionnaire contre le sénateur Duffy, dont le procès débutera mardi prochain à Ottawa.
Le sénateur Brazeau subit présentement son procès au palais de justice de Gatineau pour des accusations d’agressions sexuelles. La GRC a aussi déposé un chef d'abus de confiance par un fonctionnaire public et un chef de fraude contre lui.
La sénatrice Wallin ne fait pour l’instant face à aucune accusation, mais la GRC allègue qu’elle a soumis de nombreuses indemnités de dépenses frauduleuses au Sénat.
Sans déplorer la situation, le ministre et lieutenant politique de Stephen Harper au Québec, Denis Lebel, s’est contenté de dire que la balle est dans le camp du Sénat.
«Nous n’avons rien à voir dans ces décisions-là. Les règles sont claires, ce sont aux gens responsables du Sénat de se prononcer là-dessus et bien sûr que je vais leur laisser faire leur travail», a-t-il déclaré en marge d’une annonce à Alma, vendredi.
Le bureau du leader du gouvernement au Sénat, Claude Carignan, estime qu’il est encore trop tôt pour se prononcer sur la situation.
«Plusieurs facteurs restent à déterminer. N'oublions pas que deux de ces individus font actuellement face à la justice et l'autre fait toujours l'objet d'une enquête de la GRC. Également, le fait d'être reconnu coupable ou non ainsi que le type de sentences changent les conséquences sur le salaire et la suspension‎», a fait valoir le porte-parole du sénateur, Sébastien Gariépy.
Le député du NPD, Hoang Mai, dont le parti prône l'abolition du Sénat, estime que le gouvernement a un rôle à jouer pour corriger la situation.
«C’est choquant, c’est totalement inacceptable», a-t-il lancé. «Le fait que des sénateurs suspendus reçoivent leur salaire, ça dépasse tout entendement. Je pense que le gouvernement a sa responsabilité à jouer et doit prendre les mesures nécessaires pour s’assurer que ces sénateurs n’ont pas accès à leur salaire», a ajouté le néo-démocrate.
Le chef du Bloc québécois, Mario Beaulieu, estime aussi qu'il s'agit d'une preuve de plus que l'institution est «archaïque» et qu'elle doit être abolie.
Plus tôt cette semaine, des sénateurs ont confirmé que leurs dépenses étaient passées au peigne fin par le bureau du vérificateur général du Canada qui doit déposer un rapport ce printemps.
La sénatrice Nancy Ruth a fait les manchettes après avoir admis demander des remboursements pour des déjeuners, même lorsque son repas matinal lui était fourni dans l’avion.
«Ces déjeuners sont très horribles, à moins que nous ne vouliez du camembert gelé et des craquelins émiettés», avait-elle pesté.

Comment devenir conférencier

http://www.journaldequebec.com/

Richard Martineau
Ça y est! Je sais ce que je ferai lorsque je n’aurai plus de contrat comme chroniqueur et animateur.
Je vais devenir conférencier!
Je vais me promener d’un congrès à l’autre et je vais donner des conseils bidon aux gens.
«Comment devenir un grand leader» ou «Comment motiver votre équipe».
Je connais plusieurs vedettes has been qui font ça et elles font un max de fric.
Pourquoi pas moi?
LE MERVEILLEUX MONDE DES CONGRÈS
Ce qui est extraordinaire, avec les conférences et les séances de «formation professionnelle», c’est que tu ne manques jamais de job.
Prenez votre bottin téléphonique et ouvrez-le à la section Associations, vous verrez: il y en a des centaines.
L’Association de la gestion parasitaire, l’Association québécoise des personnes de petite taille, l’Association canadienne des métiers de la truelle, l’Association québécoise des marionnettistes, l’Association des embouteilleurs de boisson gazeuse citron-lime, etc.
Chaque année, ces associations organisent des congrès. Et cha­que année, elles ont besoin de vedet­tes has been qui vont leur raconter n’importe quelle niaiserie pendant que leurs membres mangent du poulet en caoutchouc arrosé de piquette.
Et si t’es chanceux, une fois par année, tu participes à un collo­que de fonctionnaires.
Ça, c’est le jackpot. Bonne bouffe, grands vins, hôtels quatre étoiles – y a rien de trop beau pour les serviteurs de l’État.
Dans ces congrès-là, the sky is the limit.
De toute façon, c’est le contribuable qui paie, alors...
C’EST TOI LE CHAMPION !
Vous me direz que c’est difficile de prononcer des conférences devant des gens que vous ne connais­sez pas et dont vous vous foutez comme de l’an 40.
Au contraire: il n’y a rien de plus facile!
Ou ils sont pompettes. Ou ils cuvent leur brosse de la veille. Ou ils sont tellement contents de sortir de leur bureau qu’ils écouteraient n’importe quoi.
C’est d’ailleurs ce que les conférenciers leur racontent: n’importe quoi. Une série de clichés reliés les uns aux autres par des «souvenirs personnels» inventés.
«C’est toi le champion!», «Vise les étoiles!», «Vas-y, t’es capa­ble!», «C’est pas tout d’avoir une idée, encore faut-il passer à l’action!»
Le genre de phrases creuses qu’on trouve dans les biscuits chinois et qui sonnent comme des perles de grande sagesse après trois verres...
Dans 90% des cas, ces gens-là s’emmerdent dans leur job. Et ils ne peuvent plus se voir en peinture.
Ils veulent juste qu’on leur donne une petite tape dans le dos pendant 50 minutes.
Tu leur dis combien leur expertise est importante, à quel point leur organisme fonctionnerait mieux si leur patron leur demandait plus souvent leur avis, tu les encourages à se relever les manches, à briser la routine et à «affronter l’inconnu», et bingo! tu viens de te faire cinq mille piastres.
L’ODEUR DE LA CAMOMILLE
Ce qui est important, c’est le titre de ta conférence.
Il faut que ce soit réconfortant, chaud, accueillant. Que ça évoque la couleur mauve, l’odeur de la camomille.
«Calmitude», «zénité», «bonheur», «croissance»...
Ajoutez «motivation» et «persévérance», et vous avez une ovation debout!