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samedi, avril 04, 2015

CLAUDE POIRIER LA DESCENTE AUX ENFERS

http://plus.lapresse.ca/
Édition du 4 avril 2015, LA PRESSE+

DE PROMESSE EN PROMESSE

TRISTAN PÉLOQUIN ET CAROLINE TOUZINLA PRESSE
Tout s’est passé très vite, fin février dernier, lorsque les huissiers ont débarqué chez Claude Poirier en matinée pour les évincer, sa conjointe et lui, de leur maison de Candiac.
Si vite que des dizaines de sacs-poubelle remplis ont été laissés dans l’entrée de garage de la résidence. Ce sont les voisins, stupéfaits par les événements, qui les ont mis aux ordures, petit à petit. Quelques boîtes de carton vides laissées sur le côté du garage témoignent encore de l’éviction.
Ce jour-là, sa femme s’est empressée d’ouvrir la porte puisqu’elle attendait de la visite. Elle a eu une très mauvaise surprise en voyant les huissiers. Son mari l’a toujours tenue à l’écart de leurs finances.
Le couple marié depuis 20 ans a ainsi atterri en catastrophe dans un modeste motel de la Rive-Sud.
« Tout va s’arranger », a indiqué M. Poirier à La Presse lorsque nous l’avons rencontré une première fois il y a un mois. L’homme de 76 ans était amaigri, vêtu d’un pantalon de travail usé à la corde. Le fumeur invétéré grillait une cigarette à l’extérieur du motel. Il a refusé d’en dire davantage.
Cinq semaines plus tard, rien n’est réglé, au contraire. Le chroniqueur judiciaire le plus célèbre du Québec vit toujours au motel. Sa maison de Candiac a été saisie et mise en vente.
« La maison, on va la reprendre. Tout va s’arranger. Ça peut arriver à n’importe qui d’avoir des problèmes », a-t-il répété à La Presse plus tôt cette semaine avant de mettre fin brusquement à notre entretien téléphonique.
Sa femme Andréa, elle, ne cache pas sa tristesse. « J’espère que Claude va s’en sortir. Je ne comprends pas ce qui se passe dans sa tête. Ç’a toujours été dur de savoir ce qu’il pensait », dit-elle en tentant de réprimer ses sanglots.
« C’est tellement difficile pour le moral. J’ai été heureuse avec lui. J’ai vécu beaucoup d’épreuves, mais celle-ci est vraiment dure. Regardez où je me retrouve. »
— Andréa, la femme de Claude Poirier, en balayant le motel des yeux
Leur coquette maison de brique rouge, achetée 485 000 $ en 2012, n’est qu’un des nombreux éléments d’actif de M. Poirier visés par une série de saisies ordonnées par les tribunaux ces derniers mois.
UNE PROMESSE COÛTEUSE 
C’est son intérêt pour une autre résidence qui aurait précipité sa descente aux enfers il y a cinq ans.
Début août 2010, le Négociateur, qui anime à cette époque son émission quotidienne à LCN et tient une chronique au 98,5 FM, fait une offre d’achat sur une maison du boulevard Montcalm, toujours à Candiac. Le domicile appartient à Denis Bélisle, qui travaille aussi dans le domaine des médias. L’offre de 430 000 $ est acceptée et le vendeur a 16 jours pour libérer sa maison, selon les termes de la promesse d’achat.
Incapable de trouver du financement, Claude Poirier demande alors un report de la vente. « De promesse en promesse, de délai en délai, finalement, M. Poirier a requis de reporter à 2011 le transfert de propriété “pour des raisons d’ordre fiscal”, selon ses dires », lit-on dans le dossier de cour consulté par La Presse.
Neuf mois après la promesse d’achat, las d’attendre et incapable de parler à Claude Poirier, Denis Bélisle remet finalement son domicile en vente. Par la suite, M. Bélisle intente une poursuite de 85 000 $ contre Claude Poirier et son entreprise Gestion de la filière inc., pour « troubles, ennuis et inconvénients », dommages et préjudices, perte de valeur de sa maison et différents frais engagés.
ABSENT DU TRIBUNAL
Or, le chroniqueur judiciaire ne se présente pas au tribunal pour se défendre. Il ne mandate même pas d’avocat pour le représenter. Le tribunal le condamne à payer intégralement les 85 000 $.
Ce n’est qu’une fois condamné qu’il invoque son implication dans l’enquête policière sur la mort de Diane Grégoire – mère de famille disparue à l’hiver 2008 dont le corps a été retrouvé près de quatre ans plus tard – pour expliquer son absence au tribunal. Le juge a cependant balayé ses arguments d’un revers de main (voir autre texte).
L’avocat de M. Poirier, Me Antony Leclerc, dit aujourd’hui que son client a négligé sa cause. Il a eu des nouvelles de Claude Poirier une semaine avant le procès.
« On a mangé une volée royale parce qu’il n’était pas prêt, il n’avait pas de témoin, je n’ai pas pu le préparer. C’est un peu comme s’il croyait qu’il était Dieu. Il voulait jouer la carte de la personnalité connue. »
— Me Antony Leclerc, avocat de Claude Poirier
L’ENGRENAGE DES SAISIES
Peu après avoir été débouté en cour, Claude Poirier disparaît des ondes pour des raisons de santé – il a eu cinq pontages en plus d’être opéré pour une grave hernie.
L’engrenage des saisies s’engage inexorablement. En février et mars 2014, des brefs sont émis, autorisant la saisie d’une partie de son salaire chez Cogeco diffusion, qui exploite le 98,5 FM, ainsi que chez Groupe TVA, propriétaire de LCN.
« Nous n’avons pas été hyper agressifs dans nos démarches pour faire honorer le jugement, affirme l’avocat de Denis Bélisle, Me Michel Jeanniot. Mon client sympathise avec la situation précaire de M. Poirier. »
À ce jour, Denis Bélisle n’a pas touché la moindre somme qui lui est due par Claude Poirier. « Il a réussi, avec beaucoup de succès, à épuiser tous les recours qui étaient possibles pour repousser la cause. Il a mandaté trois ou quatre procureurs, qui ont tous fait des demandes de délai pour faire échec à nos démarches », affirme Me Jeanniot. Avec les intérêts et les frais cumulés depuis 2011, les 85 000 $ dus à son client atteignent aujourd’hui plus de 135 000 $.
AVOCAT IMPAYÉ
Claude Poirier a aussi des problèmes avec l’avocat qui l’a défendu, MeAntony Leclerc. Ce dernier a intenté il y a un an une poursuite de près de 10 000 $ contre son ancien client, pour défaut de paiement de ses honoraires. Il a gagné sa cause et dit s’apprêter à mandater, au cours des prochains jours, un huissier pour une nouvelle vague de saisies contre le chroniqueur judiciaire.
Parallèlement, des problèmes avec le fisc, qui semblent remonter à 2010, accentuent la descente aux enfers de Claude Poirier. L’Agence du revenu du Canada lui réclame aujourd’hui plus de 27 000 $ pour impôts impayés, Revenu Québec près de 47 000 $. Selon des sources, M. Poirier aurait négligé, à l’âge de 71 ans, de transférer ses REER dans un Fonds enregistré de revenu de retraite (FERR), une opération obligatoire à cet âge. Son omission aurait exposé des sommes considérables à l’impôt du jour au lendemain.
Ses droits d’auteur sur les revenus futurs d’un livre à son sujet sont aussi saisis en novembre dernier chez Librex, une filiale de Québecor dont les bureaux sont au siège social du conglomérat. Deux commissions scolaires réclament des taxes non remboursées. Et son VUS de luxe est aussi saisi à l’été.
Claude Poirier est même contraint par la Régie du logement de payer 1280 $ à un entrepreneur de Belœil pour un logement de quatre pièces qu’il a loué 640 $ par mois en 2013, mais qu’il n’a pas été en mesure de payer.
DISPARITION
Jusqu’à ce jour, Claude Poirier n’a déposé aucune demande au Bureau du surintendant des faillites du Canada. Difficile d’expliquer comment celui qui a été considéré comme le « roi des ondes » du Québec en 2012 par la firme Influence Communication – avec en moyenne 7 heures et 40 minutes d’exposition médiatique par semaine – a pu se retrouver dans de telles difficultés financières. Son salaire, selon plusieurs sources, était de quelques centaines de milliers de dollars par année.
Peu avant Noël, alors que la vente sous contrôle judiciaire de sa maison venait d’être autorisée par les tribunaux, Claude Poirier a mystérieusement disparu pendant quelques jours. Devant l’absence de nouvelles, même à sa conjointe, un avis de disparition a failli être lancé par la police du Roussillon, indiquent des sources.
Claude Poirier est finalement réapparu peu avant que l’avis de recherche ne soit lancé.
Depuis peu, il a repris le micro occasionnellement à Radio 9, où il fait des chroniques judiciaires et parle de hockey. Il prépare également une série télé de 20 épisodes intitulée Claude Poirier : secrets judiciaires, dont la diffusion est prévue pour l’automne 2015 au nouveau canal Investigation.
— Avec la collaboration de Daniel Renaud, La Presse

Kenya : le cerveau présumé de l'attentat, un ex-enseignant "tranquille"

http://www.lepoint.fr/monde/

Le Point - Publié le 

Mohamed Mohamud, soupçonné d'avoir organisé le massacre de l'université de Garissa qui a fait 148 morts jeudi, se serait radicalisé dans son pays.

Mohamed Mohamud, soupçonné par la police kényane d'être le cerveau du massacre dans l'université de Garissa qui a fait 148 morts jeudi, est un ex-enseignant kényan présenté comme "tranquille", qui s'est radicalisé dans son pays. Egalement connu sous les pseudonymes de "Kuno", "Dulyadin" ("l'homme aux bras longs") et "Gamadhere" ("l'ambidextre"), Mohamed Mohamud, membre présumé du mouvement islamiste shebab qui a revendiqué le massacre, est aussi recherché pour une série d'autres raids perpétrés en 2014 dans le Nord-Est kényan frontalier de la Somalie. La police offre une récompense de 20 millions de shillings (200.000 euros) pour toute information susceptible de mener à son arrestation. 
Mohamed Mohamud, cinquantenaire, serait né en Ethiopie, dans une famille issue du très puissant clan somali Ogaden, réparti aux confins de l'Ethiopie, de la Somalie et du Kenya. Il serait arrivé enfant à Garissa, dans l'est kényan majoritairement peuplé d'habitants d'ethnie somali comme lui, et possède la nationalité kényane. Des photos qui circulent suggèrent un homme mince, à la barbe courte. Selon des sources policières kényanes, il a enseigné et même dirigé une école coranique de Garissa, avant de se radicaliser et de traverser la poreuse frontière somalienne pour rejoindre l'Union des tribunaux islamiques (ancêtres des shebab) au sein desquels il dirigeait une unité appelée "Jugta-Culus" ("Ceux qui frappent dur").
Un correspondant de l'AFP qui l'a rencontré plus tard dans la capitale somalienne Mogadiscio, alors qu'il avait rejoint les shebab, se souvient de lui comme d'une figure du mouvement, l'un des tenants de sa ligne dure.

"Tranquille et posé"

A la fin des Tribunaux islamiques, défaits début 2007 par les troupes éthiopiennes, Mohamed Mohamud, qui passe pour une personne éduquée, "tranquille et posée", rejoint d'abord la milice islamiste Ras Kamboni, active dans le sud somalien. Mais cette milice va se scinder en deux, un camp, dont il fait partie, rejoignant les shebab, et l'autre, mené par Ahmed Madobe, s'alliant à l'armée kényane entrée en Somalie fin 2011 pour combattre les shebab.
Au sein des shebab, Mohamed Mohamud devient vite un chef des opérations dans le sud somalien, recevant spécifiquement pour mission, en raison de sa connaissance du terrain, de combattre au Kenya. La police kényane le tient notamment aussi pour responsable de deux attaques meurtrières menées l'an dernier dans la ville kényane de Mandera, frontalière de la Somalie et située à 550 km au nord de Garissa. Ces attaques, qui pour beaucoup auraient dû servir d'avertissement aux autorités kényanes, avaient visé les passagers d'un bus et les ouvriers d'une carrière, faisant respectivement 28 et 36 morts, exécutés de sang froid.

Représailles contre les "persécutions systématiques"

Vendredi, les shebab ont menacé le Kenya de nouvelles attaques, affirmant que celle de Garissa avait été menée en représailles de "persécutions systématiques contre les musulmans du Kenya". Les shebab ont notamment évoqué le massacre de Wagalla (300 km au nord de Garissa) en 1984, au cours duquel l'armée kényane, qui tentaient d'étouffer un conflit local, a tué un nombre indéterminé de somali - officiellement moins de 100, mais certaines sources parlent de 5.000 morts - les laissant agoniser plusieurs jours sans eau ni nourriture au soleil, allongés sur une piste d'atterrissage brûlante.
De nombreuses récompenses ont été offertes en échange d'informations permettant de localiser des commandants shebab. Souvent bien supérieures à celle proposée pour Mohamed Mohamud, et offertes par Washington, elles ont plusieurs fois débouché sur des frappes de drones américaines destinées à les assassiner.

Le pape prie pour les chrétiens persécutés dans le monde

http://ici.radio-canada.ca/nouvelles/International/

Mise à jour le vendredi 3 avril 2015 à 20 h 00 HAE  Reuters
Le pape François préside la la traditionnelle procession du chemin de croix dans les ruines du
Photo :  Alessandro Bianchi / Reuters
Le pape François préside la la traditionnelle procession du chemin de croix dans les ruines du Colisée, à Rome. 
Le pape François a présidé aux cérémonies du Vendredi saint, priant pour les chrétiens persécutés dans le monde, au lendemain de l'attaque d'un campus universitaire au Kenya par des combattants islamistes somaliens.
L'opération menée par les djihadistes qui visaient des étudiants chrétiens à l'université de Garissa, dans l'est du Kenya, a fait au moins 147 morts.
« Nous voyons en vous [Jésus] nos frères persécutés, décapités et crucifiés en raison de leur foi, sous nos yeux, et avec notre silence complice », a dit le Saint-Père après la traditionnelle procession du chemin de croix dans les ruines du Colisée.
Le pape s'est exprimé d'une voix sombre, alors que des fidèles se relayaient pour porter la croix tout au long des 14 « stations » commémorant les dernières scènes de la vie du Christ.
Samedi soir, le pape François participera à la veillée pascale. Dimanche, il délivrera sa bénédiction urbi et orbi.
Plus tôt dans la journée, le père Raniero Cantalamessa, prédicateur de la Maison pontificale, a dénoncé l'indifférence de la communauté internationale face à la persécution des chrétiens dans le monde.
Dans son sermon à l'occasion de la messe traditionnelle du Vendredi saint, le père Cantalamessa a lui aussi évoqué l'attaque d'Al-Shabab à Garissa jeudi.
Bien sûr, les chrétiens ne sont pas les seules victimes de violences homicides dans le monde, mais nous ne pouvons pas ignorer que dans de nombreux pays, ils sont les victimes les plus fréquemment visées », a dit Raniero Cantalamessa lors de l'office célébrant la Passion du Christ.
Le père a également dénoncé « la troublante indifférence des institutions mondiales et de l'opinion publique face à ces massacres de chrétiens ».
Outre l'attaque des islamistes somaliens qui visait des étudiants chrétiens kényans, le prédicateur a rappelé le sort des 22 Coptes égyptiens qui avaient été décapités sur une plage libyenne par des djihadistes du groupe armé État islamique en février.