Annonce

lundi, mars 30, 2015

Rapport Godbout? Mise à mort de l’État social!

http://www.ledevoir.com/politique/

30 mars 2015 | Louis Roy - Ex-président de la Confédération des syndicats nationaux (CSN) | Québec
La véritable proposition qui est faite dans le rapport Godbout est celle de passer d’un État social à un État absent ou chétif.
Photo: Jacques Boissinot
La Presse canadienne
La véritable proposition qui est faite dans le rapport Godbout est celle de passer d’un État social à un État absent ou chétif.

Au-delà des chiffres, des propositions et des objectifs avoués de la réforme proposée par le professeur Luc Godbout et son groupe de travail, il ne s’agit pas seulement ici de modifier telle mesure et d’en créer une nouvelle dans un autre domaine. D’ailleurs, le rapport nous propose un projet «global» qu’il ne faudrait pas appliquer à la pièce et encore moins dans lequel on pourrait choisir les quelques réformes qui font l’affaire de groupes de pression choisis.
 
Non, le rapport Godbout propose ni plus ni moins la fin du welfare state, ce qu’ici on appelle l’État providence. Cet État social, basé sur la juste contribution de ses membres, individus et entreprises, qui mettent en commun, selon leurs capacités, des services offerts à tous, sur tout le territoire et au meilleur prix. Ces services publics peuvent être gratuits ou à contribution unique pour tous; mais ils sont financés par un système d’impôt où, idéalement, la contribution varie selon la capacité de payer des contribuables (le mot dit bien en quoi consiste la fonction).
 
Les tenants du libre marché et d’une place privilégiée aux financiers et investisseurs, cherchent depuis longtemps à revenir au capitalisme primaire du début du XXe siècle. Ils combattent depuis lors toutes les mesures sociales auxquelles ils sont tenus de contribuer. Leur idée de base consiste à dire que la croissance économique, faite librement par des capitalistes égoïstes, créerait une telle richesse qu’elle retomberait d’elle-même sur toutes les couches de la population. Leur plus grand ennemi? Les impôts! Pourquoi? Parce que ce système les «taxe» d’autant plus qu’ils s’enrichissent. Or, les riches ne sont jamais assez riches et toute mesure qui vient réduire l’écart entre leur richesse et les revenus moyens du reste de la population les horripile. L’idéologie capitaliste n’a jamais créé une répartition juste de la richesse envers ceux et celles qui la produisent, les travailleurs et travailleuses, les créateurs, les artistes, etc.
 
Proposer de ramener les impôts à une proportion minimale des revenus de l’État, signifie que celui-ci ne sera plus un répartiteur de la richesse. Il n’aura plus la capacité d’imposer les choix collectifs pour l’existence de tel ou tel service. Il ne pourra plus utiliser sa capacité de «saisir» une juste part de la richesse produite auprès de ceux et celles qui s’enrichissent au détriment de la majorité. La seule option qui lui restera pour augmenter ses revenus, sera de taxer les utilisateurs de services ou les consommateurs de biens. Or, les riches sont les moins touchés par les taxes sur les biens et services, puisque la consommation de biens et services essentiels représente une part moins grande de leurs dépenses comparativement à une personne à revenu faible ou moyen.
 
On peut bien discuter longuement de la valeur des mesures proposées dans le rapport Godbout. Mais, fondamentalement, la véritable proposition qui est faite est celle de passer d’un État social à un État absent ou chétif; passer de citoyens à consommateurs; passer de la démocratie à une féodalité capitaliste.
 
Je ne veux pas de cet avenir pour mes enfants. Nous avons quitté la France royaliste il y a 400 ans et nous avons tenté d’établir ici une société plus juste, moins hiérarchique. Nous sommes sortis de la misère et de la grande noirceur depuis à peine 60 ans. Depuis, nous nous sommes donné un État social inachevé, mais fonctionnel. Oui, il faut le rendre plus conforme à nos attentes. Oui, il faut le financer adéquatement pour éviter l’endettement systématique. Mais il faut surtout partager entre toutes les composantes de la société, individus comme entreprises, le coût de cet investissement collectif qu’est l’État social. Faire sa juste part? Il n’y a que l’impôt qui peut permettre d’y arriver.

La chaîne Future Shop ferme boutique

http://www.ledevoir.com/economie/

30 mars 2015 |La Presse canadienne | Actualités économiques
Avec l’implantation de ces changements, environ 500 postes à temps plein et 1000 à temps partiel seront éliminés.
Photo: Jacques Nadeau
 Le Devoir
Avec l’implantation de ces changements, environ 500 postes à temps plein et 1000 à temps partiel seront éliminés.

La chaîne Future Shop est en voie d’être démantelée.
 
L’entreprise Best Buy Canada a annoncé samedi matin qu’elle la retirerait promptement du respirateur artificiel.
 
Il y aura donc un regroupement des deux enseignes qui s’opérera à la vitesse grand V.
 
Cette fusion s’est d’ailleurs déjà traduite par la fermeture immédiate de 66 commerces Future Shop.
 
De plus, 65 autres succursales de la chaîne seront inaccessibles à la clientèle pendant une période d’une semaine afin de permettre leur transition vers la chaîne Best Buy.
 
Pas étonnant
 
Louis Hébert, professeur de stratégie à HEC Montréal, ne s’étonne guère de la tournure des événements.
 
« Il y avait trop de magasins pour la population. En plus, il y avait une division des forces avec deux marques et des produits quasiment similaires. Il était très, très difficile de justifier, tant sur le plan concurrentiel que du point de vue de l’efficience, de maintenir deux chaînes distinctes », a-t-il dit
 
Le responsable du secteur du commerce de détail chez PwC, Alain Michaud, abonde dans ce sens. « Le maintien de Future Shop et de Best Buy était quelque chose qui était discutable. La différenciation de l’expérience de magasinage entre les deux chaînes n’était pas évidente », a-t-il observé.
 
M. Michaud a ajouté que la restructuration nouvellement annoncée s’inscrit dans une démarche de longue haleine. « Best Buy a fait un bon nombre de réorganisations et d’annonces qui faisaient état d’activités de rationalisation, de coupures de postes, de refontes de structures et de l’ouverture de succursales avec de plus petites surfaces [… ]donc, ce qui se passe, aujourd’hui [samedi], c’est la suite logique des choses », a-t-il expliqué.
 
M. Hébert est persuadé qu’à terme, ce grand ménage printanier sera bénéfique pour l’entreprise qui l’a orchestré.
 
« Ça va sans doute permettre d’alléger les coûts de l’organisation et d’aller dégager des surplus pour investir notamment dans les plates-formes électroniques », a-t-il précisé.
 
Avec l’implantation de ces changements, environ 500 postes à temps plein et 1000 à temps partiel seront éliminés.
 
De nombreux employés ont pris connaissance de ces compressions de personnel en même temps que le public.
 
Cette situation est certes déplorable, mais elle est aussi relativement facile à comprendre, selon Alain Michaud.
 
« Avec les médias sociaux, la rapidité avec laquelle l’information se propage fait en sorte que ça exige des compagnies d’être vigilantes pour protéger leur image et gérer leur message. Malheureusement, pour les employés, ça veut souvent dire d’arriver au travail le matin et d’apprendre comme tout le monde les mauvaises nouvelles », a-t-il soutenu.
 
Le président du Conseil provincial du syndicat des Travailleurs et Travailleuses unis de l’alimentation et du commerce, Antonio Filato, s’insurge face à cette situation, et ce, même s’il n’assurait pas la représentation de la main-d’oeuvre touchée par tout ce branle-bas. « Il n’y a eu aucun respect pour les employés. Ils sont arrivés aujourd’hui [samedi]. Ils s’en allaient travailler et on les a avisés que les magasins étaient fermés. Ça aurait pu être fait de manière un peu plus civilisée », a-t-il déclaré, d’un ton amer.

Fermeture complète de Target en avril

http://www.ledevoir.com/economie/

30 mars 2015 |La Presse canadienne | Actualités économiques
Toronto — Le détaillant Target fermera tous ses magasins canadiens plus rapidement que prévu. Un contrôleur désigné par le tribunal pour superviser la liquidation de Target au Canada a déclaré que les 133 magasins seraient fermés au public « dès la mi-avril », soit près d’un mois plus rapidement que prévu. À la mi-mars, 17 succursales ont fermé leurs portes et 6 autres le feront ce lundi. Selon les prévisions, 23 magasins cesseront leurs activités le 1er avril et 32 autres le lendemain. Le rapport fait par le contrôleur au tribunal précise que le rythme des fermetures « devrait s’accélérer » au cours des deux prochaines semaines. En janvier, Target a annoncé qu’il quittait le Canada et fermait ses 133 magasins, pour la plupart ouverts en 2013. L’entreprise avait affirmé qu’il lui aurait fallu des années pour atteindre la rentabilité, parce que leur ouverture bâclée avait nui à leur réputation auprès des consommateurs canadiens. Une grande vente de liquidation est en cours depuis le mois dernier, tandis que des avocats tentent de régler les derniers détails du retrait de Target avec plusieurs créanciers. Lundi, un tribunal envisagera la possibilité d’approuver la revente par Target Canada de plusieurs produits associés au nom de l’entreprise à son pendant américain pour la somme de 2,2 millions de dollars US.