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mardi, octobre 06, 2015

Turcotte s'est renseigné sur le suicide peu avant les meurtres

http://www.lapresse.ca/actualites/justice-et-affaires-criminelles/proces/

Publié le 05 octobre 2015 à 18h17 | Mis à jour le 06 octobre 2015 à 09h01
Le procès de Guy Turcotte (photo) a repris... (PHOTO IVANOH DEMERS, LA PRESSE)
PHOTO IVANOH DEMERS, LA PRESSE

Le procès de Guy Turcotte (photo) a repris lundi au palais de justice de Saint-Jérôme, après une suspension de deux jours.

(Saint-Jérôme) Cinq jours avant de tuer ses enfants, soit le 15 février 2009, vers 21h40, Guy Turcotte a consulté un forum de discussion sur le suicide.
C'est ce que le jury a appris du témoin Michel Dufour, en fin de journée, hier, au procès de Guy Turcotte.
M. Dufour est l'enquêteur de la Sûreté du Québec qui a récupéré les données dans l'ordinateur de M. Turcotte le 21 février 2009. 
L'appareil a été retrouvé ouvert, au rez-de-chaussée de la maison de Piedmont où s'est produit le drame. On sait que les corps des enfants, de même que M. Turcotte, ont été retrouvés à l'étage des chambres, vers 11h15 le matin du 21 février 2009. 
Les données démontrent que l'ordinateur de M. Turcotte a été utilisé entre 18h27 et 20h09 la veille. Il y a eu consultation de courriels échangés entre «Martin Giroux et Isabelle Gaston», puis M. Turcotte a navigué sur des pages ayant trait au suicide, ainsi qu'au méthanol et à l'éthylène glycol. Parmi les pages consultées, il y a celles-ci, à 19h24: «suicide sans souffrance, comment se suicider, se donner la mort sans douleur, rapidement, moyens pour se suicider». L'expert poursuivra son témoignage aujourd'hui.
Olivier a tenté de se défendre
Un peu plus tôt, hier, le jury a entendu le pathologiste André Bourgault, qui a pratiqué l'autopsie sur Olivier et Anne-Sophie. Ceux-ci ont reçu respectivement 27 et 19 coups de couteau, alors qu'ils étaient chacun dans leur lit.
Olivier a tenté de se défendre, puisqu'il affichait des plaies aux mains. La fillette n'en avait pas. La plupart des plaies ont été faites de face, au thorax et à l'abdomen, mais ils affichaient aussi quelques plaies au dos. Cela signifie qu'ils ont changé de position pendant l'attaque, a expliqué l'expert.
Selon le pathologiste, tous les coups ont été donnés alors que leur coeur battait encore, mais il ne peut préciser l'ordre dans lequel ils ont été portés. Il ne peut non plus préciser l'heure de la mort des enfants. Pour être plus précis, il aurait fallu qu'il se rende sur place, pour prendre différentes données, ce qu'il n'a pas fait. Il sait par contre qu'ils sont morts avant d'avoir complètement digéré leur dernier repas. Ils avaient une bouillie alimentaire dans l'estomac, mais l'expert ne peut préciser ce qu'ils avaient mangé. Un adulte digère un repas en deux à trois heures. Un enfant pourrait le faire en un peu moins de temps, mais il n'avait pas de donnée précise à transmettre au jury.
D'une voix monocorde, de façon didactique, le pathologiste a décrit en détail chacune des 46 plaies infligées aux enfants. L'entrée du couteau, la longueur de la plaie, sa position sur le corps de l'enfant, la trajectoire de l'arme, les organes touchés... Mésentère, diaphragme, cartilage de la 5e côte du côté gauche, hémothorax droit et gauche, perforations au péricarde, 8e espace intercostal gauche... Tous ces termes techniques, M. Turcotte ne les comprenait que trop bien, lui qui était cardiologue quand il a tué ses enfants. Hier, pendant le témoignage explicite du Dr Bourgault, il a abondamment pleuré en silence, la tête baissée, dans le box des accusés.
Semaine écourtée
Le procès se poursuit aujourd'hui, mais il sera raccourci encore de quelques jours cette semaine, pour des raisons personnelles touchant des membres du jury.
Un des jurés a perdu sa mère pendant la fin de semaine, et il devra s'absenter pour les funérailles demain après-midi et jeudi. Le lendemain, vendredi, il n'y aura pas d'audience non plus parce que le juré qui a été opéré à une main la semaine dernière doit retourner voir le médecin.
La semaine dernière, le procès n'a eu lieu que pendant trois jours, dont deux qui n'étaient pas des journées complètes, en raison de problèmes de santé de deux jurés. Une femme a d'ailleurs été remerciée, si bien que le procès se poursuit avec 11 jurés.

mercredi, septembre 23, 2015

Le jury de 7 hommes et 5 femmes choisi au procès de Guy Turcotte

http://www.985fm.ca/national/nouvelles/

Publié par La Presse Canadienne le mardi 22 septembre 2015 à 17h39. Modifié par Charles Payette le mercredi 23 septembre 2015
Le jury de 7 hommes et 5 femmes choisi au procès de Guy Turcotte
Maria Albanese et René Verret, procurerurs de la Couronne/Cogeco Nouvelles
SAINT-JÉRÔME, Qc - Le jury a été sélectionné au complet mardi pour le second procès de Guy Turcotte: sept hommes et cinq femmes vont décider s'il est coupable ou non du meurtre prémédité de ses deux enfants, Olivier, 5 ans, et Anne-Sophie, 3 ans.
Le reportage de Philippe Bonneville
 
 
 
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Après avoir vu défiler des candidats une bonne partie de la journée, questionnés pour vérifier leur impartialité, la défense et la poursuite se sont entendues sur 12 jurés.
Ils ont été choisis pour écouter toute la preuve et les plaidoiries lors de ce procès criminel qui devrait durer trois mois.
Ces jurés ont déclaré ne pas avoir d'idée préconçue sur la culpabilité ou non-culpabilité de l'ex-cardiologue, ou ont affirmé être capables d'écarter toutes ces opinions déjà formées et de ne se baser que sur la preuve qui sera présentée pour rendre leur verdict «sans partialité, ni préjugé, ni parti pris».

Plusieurs candidats jurés ont été écartés par la défense ou par la poursuite, qui n'ont pas fourni de motifs pour le faire. Ils avaient le droit de refuser chacun 20 candidats, sans avoir à dire pourquoi.

D'autres avaient été rejetés d'emblée après avoir dit être d'avis que Guy Turcotte est coupable, et qu'ils n'allaient pas changer d'idée même après avoir entendu toute la preuve.

Parmi le groupe des 12 retenus, les cinq femmes ont un emploi: il y a une serveuse, une conseillère en mode dans un magasin, une esthéticienne, une bouchère et une secrétaire. Deux semblent être âgées d'une vingtaine d'années, une dans la trentaine et deux sont âgées d'une cinquantaine d'années.

Quant aux hommes, trois sont retraités et âgés d'une soixantaine d'années: ils travaillaient auparavant l'un comme enseignant, l'autre comme superviseur dans une imprimerie et le dernier était un homme d'affaires dans le secteur de l'ébénisterie. Il y a aussi un courtier immobilier, un ingénieur, un employé d'un magasin à grande surface et un commerçant en recherche d'emploi. Deux semblent âgés d'une vingtaine d'années et les deux autres d'une cinquantaine d'années.

Le procès pourra donc débuter dès mercredi matin, avec l'adresse du juge au jury. Les premiers témoins seront ensuite entendus.

Mardi, dès le début de la séance, le juge Vincent avait lu à Guy Turcotte les accusations qui pèsent contre lui. D'une voix faible, alors qu'il était debout dans le box des accusés, l'homme a plaidé «non coupable» à deux reprises.

Une quinzaine de personnes ont manifesté en matinée et vers l'heure du midi devant le palais de justice de Saint-Jérôme. Elles réclamaient que justice soit rendue pour Olivier et Anne-Sophie, les deux petites victimes de ce drame.

La formation du jury avait débuté mardi matin. Le juge André Vincent de la Cour supérieure a passé la dernière semaine à entendre les demandes d'exemption des candidats jurés, notamment pour des raisons médicales ou familiales. Ils sont nombreux à l'avoir obtenue.

Un nombre très élevé de candidats, soit 1650, avaient été convoqués pour ce procès. Après les exemptions, il en restait environ 355.

La Couronne en avait appelé du verdict rendu en 2011 car elle souhaitait que l'homme soit déclaré coupable de double meurtre et emprisonné. En 2013, la Cour d'appel du Québec a annulé le verdict et ordonné la tenue d'un second procès. Selon la Cour d'appel, le juge du procès avait erré dans ses directives aux jurés.