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mercredi, mars 02, 2016

Ottawa « retient » des documents sur la réforme de l'accès à l'information

Mise à jour le mardi 1 mars 2016 à 21 h 24 HNE  La Presse Canadienne
Dossiers et archivesDossiers et archives  Photo :  IS/Nikada
Ottawa refuse de rendre publiques les recommandations de ses hauts fonctionnaires sur les moyens, justement, de rendre le gouvernement fédéral plus transparent.
Le Secrétariat du Conseil du Trésor a décidé de garder secrètes les notes préparées par ses hauts fonctionnaires pour le ministre Scott Brison, responsable de la Loi sur l'accès à l'information, mise en place en 1983 et rarement amendée depuis.
Le gouvernement libéral de Justin Trudeau a promis de réformer la loi plus que trentenaire en rendant les documents gouvernementaux a priori accessibles, à moins d'avis contraires, selon le principe de l'« ouverture par défaut ».
La Presse Canadienne avait demandé l'accès à ces notes préparées pour le ministre Brison, mais des pages entières ont été retirées des documents, pour ne pas révéler des avis, consultations et délibérations du gouvernement.
Pour le professeur adjoint de journalisme Sean Holman, de l'Université Mount Royal de Calgary, il est « vraiment troublant » de constater que les Canadiens ne peuvent en savoir davantage sur tout le processus de réforme de la loi.
Certains passages des 17 pages de documents ont été qualifiés de « confidentiels » et ont donc été extraites. Pourtant, estime le professeur Holman, le gouvernement aurait pu rendre publics les avis et les délibérations, puisque cette exemption ne s'applique pas automatiquement, en vertu de la loi. Selon lui, ce scrupule en dit long sur la culture du secret qui règne toujours au sein de l'administration fédérale.
« Quel mal y aurait-il à laisser les Canadiens consulter les scénarios de réforme qui sont actuellement envisagés? Ça alimenterait pourtant le débat. Le gouvernement saurait alors davantage ce qu'en pensent les Canadiens. »
Le cabinet du ministre Brison n'a pas voulu commenter, mardi.
Selon les pages rendues disponibles, le Conseil du Trésor admet la nécessité d'accroître le droit d'accès à l'information. La loi, rappelle-t-on, n'est plus au diapason de l'environnement numérique et des attentes de la population.
Pendant la campagne électorale, les libéraux avaient fait plusieurs promesses en matière d'accès à l'information, notamment d'étendre l'application de la loi aux cabinets de ministres et aux institutions qui soutiennent les activités du Parlement et des tribunaux.
Un comité des Communes planche déjà sur une réforme de la Loi sur l'accès à l'information. La commissaire à l'information du Canada, Suzanne Legault, a exhorté récemment les parlementaires à « prendre des mesures audacieuses afin de transformer la loi ».
En attendant, toutefois, rien n'empêcherait le gouvernement libéral d'adopter la ligne souple, estime le professeur Holman. En fait, c'est exactement la décision qu'avait prise le gouvernement progressiste-conservateur de Joe Clark en 1979, lorsque son projet de loi pour créer la loi originale avait été déféré pour étude à un comité des Communes.
Le premier ministre Clark avait alors écrit aux sous-ministres du gouvernement pour les inviter au moins à « respecter l'esprit » du projet de loi en attendant qu'il soit adopté.
Le gouvernement Clark avait été renversé aux Communes avant l'adoption de la loi, et ce sont finalement les libéraux de Pierre Trudeau qui ont mis en place en 1983 l'actuelle Loi sur l'accès à l'information, qui n'a pas beaucoup changé en 33 ans.

jeudi, février 04, 2016

La réforme électorale pourrait nécessiter la réouverture de la Constitution

http://ici.radio-canada.ca/nouvelles/Politique/

Mise à jour le jeudi 4 février 2016 à 0 h 53 HNE  La Presse Canadienne
Une boîte de scrutin d'Élections Canada
Une boîte de scrutin d'Élections Canada  Photo :  PC/Chris Young

Le gouvernement libéral de Justin Trudeau pourrait, contre son gré, plonger le pays dans les dédales constitutionnels avec son plan pour réformer le système électoral au Canada.
Le sénateur indépendant Serge Joyal, un expert en matière constitutionnelle, a prévenu que l'implantation d'une certaine forme de représentation proportionnelle, un système dans lequel le pourcentage de votes correspond sensiblement au pourcentage de sièges au Parlement, rendrait moins probable la formation de gouvernements majoritaires.
Deux ou trois partis politiques seraient donc forcés à s'unir pour constituer un gouvernement minoritaire plus stable ou former un gouvernement de coalition.
Ces scénarios pourraient nécessiter une clarification des prérogatives du gouverneur général pour déterminer quel chef de parti serait nommé premier ministre et, lorsqu'une coalition s'effondre, quand procéder à la dissolution du Parlement.
M. Joyal a cependant souligné que tout changement aux fonctions du représentant de la reine au Canada demanderait un amendement constitutionnel qui devrait ensuite être approuvé par chacune des 10 provinces.
Selon le sénateur, ces enjeux devraient être considérés dans l'examen de la réforme électorale pour ne pas se retrouver dans un « cauchemar » irrémédiable.
M. Joyal a formulé ces commentaires à un caucus ouvert des sénateurs indépendants, anciennement libéraux, organisé pour entendre des experts sur la réforme électorale.
M. Joyal a rappelé l'épisode de la tentative avortée du Parti libéral du Canada, du Nouveau Parti démocratique et du Bloc québécois à former un gouvernement de coalition, en 2008, qui avait causé une « crise » au pays. Le premier ministre conservateur à l'époque, Stephen Harper, avait finalement convaincu la gouverneure générale Michaëlle Jean de proroger le Parlement pour éviter une défaite de son gouvernement minoritaire à un vote de défiance.
Le professeur en science politique de l'Université York Dennis Pilon, qui a fait plusieurs études sur les modes de scrutin dans le monde, a toutefois affirmé qu'il n'était pas juste d'associer automatiquement la représentation proportionnelle à de l'instabilité gouvernementale.
Le mode de scrutin uninominal à un tour est en vigueur actuellement au Canada. Dans ce système, les Canadiens votent pour un député par circonscription et ceux-ci remportent leurs élections avec une majorité simple. Le gagnant peut être proclamé élu même s'il n'a qu'un seul vote de plus que ses adversaires.
Cela crée de la distorsion sur le plan national, puisque la proportion de votes ne correspond pas tout à fait à la proportion de sièges. Généralement, au Canada, les gouvernements majoritaires sont élus avec environ 38 % du vote national.
Mais selon M. Pilon, le système uninominal à un tour cause beaucoup plus d'instabilité que les systèmes proportionnels. On a vu « beaucoup plus de gouvernements minoritaires » au Canada que dans plusieurs autres parlements inspirés de la tradition Westminster, puisque ce mode de scrutin incite les partis à adopter un style plus partisan et antagoniste, a-t-il expliqué. En revanche, la proportionnelle nécessite plus de collaboration entre les formations politiques.
Justin Trudeau a promis que les élections du mois d'octobre 2015 seraient les dernières avec un mode de scrutin uninominal à un tour. Son gouvernement s'apprête à instaurer un comité multipartite qui examinera toutes les autres options, dont la proportionnelle et le mode de scrutin préférentiel, c'est-à-dire lorsque les électeurs sont invités à classer les députés dans leur ordre de préférence.
La ministre des Institutions démocratiques, Maryam Monsef, a dit mercredi que le gouvernement n'avait pas l'intention de rouvrir la Constitution et que toute réforme serait effectuée « dans le cadre constitutionnel ».
Le comité sénatorial a également entendu le témoignage de l'ancien Directeur général des élections du Canada, Jean-Pierre Kingsley, qui a fait valoir qu'une réforme était nécessaire depuis longtemps.

mardi, décembre 08, 2015

Première étape vers une enquête sur les femmes autochtones

http://www.985fm.ca/national/nouvelles/

Publié par La Presse Canadienne le mardi 08 décembre 2015 à 13h22. Modifié par 98,5 fm à 14h42.
Première étape vers une enquête sur les femmes autochtones
Adrian Wyld / La Presse Canadienne
OTTAWA - Tel que promis, le gouvernement libéral de Justin Trudeau a lancé ce qu'il a qualifié de première phase à une enquête sur le tragique phénomène des femmes autochtones disparues ou assassinées au pays.

La ministre de la Justice Jody Wilson-Raybould a annoncé mardi que le gouvernement consulterait les familles des victimes dans les deux prochains mois pour recueillir leurs commentaires sur la forme que devrait prendre l'enquête et sur ses objectifs.
Mme Wilson-Raybould a fait son annonce en compagnie de la ministre des Affaires autochtones, Carolyn Bennett, et de la ministre de la Condition féminine, Patty Hajdu.

Bien que cette enquête ne pourra pas changer le passé, elle aidera à trouver des solutions pour l'avenir, selon la ministre Wilson-Raybould, ajoutant que le Canada «pouvait et devait faire mieux» sur ce front.

Mme Bennett a précisé que des consultations seraient menées également sur internet, où les Canadiens pourront écrire leurs suggestions, ce qui aidera à élaborer le mandat de l'enquête.