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samedi, janvier 07, 2017

Présidentielle en France: l’élection de toutes les incertitudes

http://www.ledevoir.com/international/europe/

L’électron libre Macron commence à inquiéter ses adversaires

7 janvier 2017 | Christian Rioux - Correspondant à Paris | Europe
Justin Trudeau salue des gens lors de sa... (PHOTO CHRIS YOUNG, ARCHIVES PC)
Photo: Georges Gobet Agence France-Presse
Considéré depuis plusieurs mois comme une créature médiatique, l’ancien banquier devenu conseiller de François Hollande, Emmanuel Macron, commence à inquiéter aussi bien à gauche qu’à droite.
Bien heureux celui qui saurait prédire le résultat de l’élection àcinq mois de la présidentielle française. Cette élection que l’on disait jouée d’avance il y a huit mois à peine (puisqu’elle devait opposer François Hollande à Nicolas Sarkozy, tous deux aujourd’hui hors jeu) est devenue celle de toutes les incertitudes. Et cela ne semble pas devoir s’arrêter là.
 
« À l’exception de 1969, jamais la gauche n’a abordé un scrutin présidentiel en position aussi faible », écrivait cette semaine le chroniqueur Gérard Courtois dans Le Monde. La divulgation des programmes des candidats socialistes à la primaire de la gauche n’a fait qu’accroître le désarroi. Sans grandes surprises, ces programmes souvent improvisés s’inspirent avec plus ou moins de talent des propositions qui circulent dans le Parti socialiste depuis dix ou quinze ans. En l’absence du candidat d’extrême gauche Jean-Luc Mélenchon et de celui du centre Emmanuel Macron, qui ne participent pas à la primaire, cette primaire ressemble désespérément à un gros congrès socialiste. Elle vise en fait à désigner non pas tant un candidat à la présidentielle que celui qui mettra la main sur le parti afin d’amorcer sa reconstruction. Mais, pour cela, encore faut-il que le candidat socialiste sauve au moins la face à la présidentielle.
 
Rien n’est moins sûr pour l’instant. Même si l’ancien premier ministre Manuel Valls est en tête chez les sympathisants socialistes (il devance Arnaud Montebourg de 18 points), le plus récent sondage réalisé par Elabe pour le quotidien économique Les Échos ne lui accorde pas plus de 13 % des voix au premier tour de la présidentielle, derrière Jean-Luc Mélenchon, Emmanuel Macron, Marine Le Pen et François Fillon. Pour le politologue Jean Petaux, interviewé sur le site Atlantico, Manuel Valls est en effet « le seul espoir pour le PS de résister à l’offensive Macron… mais à quel prix pour les socialistes »!
 
Macron en embuscade
 
Pour l’instant, l’ancien premier ministre, connu pour ses positions économiques libérales et son volontarisme politique, a dû renier une bonne demi-douzaine de ses déclarations antérieures afin de convaincre ces gauches qu’il jugeait « inconciliables » récemment encore. Cela va de la suppression du 49-3 (une procédure expéditive d’adoption des lois qu’il a utilisée à deux reprises) au retour de la défiscalisation des heures supplémentaires pourtant annulée dès l’élection de François Hollande. On a même entendu cet ancien pourfendeur de l’islamisme et du port du voile affirmer que l’islam était « une part de notre identité » (française).
 
Malgré cette entrée en campagne catastrophique, le Parti socialiste pourrait tout de même être obligé de se rallier à l’ancien premier ministre, sous peine de se marginaliser complètement. Valls apparaît en effet comme le seul candidat d’expérience véritablement présidentiable. Voilà qui fait cependant dire à plusieurs analystes que la victoire de Manuel Valls à la primaire pourrait être une victoire à la Pyrrhus.
 
À gauche et au centre, l’homme à abattre aujourd’hui se nomme Emmanuel Macron. Considéré depuis plusieurs mois comme une créature médiatique, l’ancien banquier devenu conseiller de François Hollande commence à inquiéter aussi bien à gauche qu’à droite. Pour la première fois, le sondage des Échos évoquait la possibilité qu’il se classe au second tour derrière François Fillon et devant Marine Le Pen.
 
Simple feu de paille ou vague de fond ? Il est trop tôt pour le dire. Cette remontée est d’abord due à l’espace politique que lui a ouvert au centre la défaite politique d’Alain Juppé au profit d’un candidat plus marqué à droite, François Fillon. Si la primaire de la gauche ne devait pas susciter d’engouement, nul doute que les ralliements à Emmanuel Macron seraient massifs. Déjà, plusieurs proches de François Hollande ont gagné son organisation. On sait aussi que la ministre de l’Environnement, Ségolène Royal, éprouve de fortes sympathies à son égard. Plusieurs, comme le porte-parole de François Hollande Stéphane Le Foll et le premier ministre Bernard Cazeneuve, réservent leur choix.
 
Fillon inquiet
 
Cette semaine, pour la première fois, la progression d’Emmanuel Macron a même inquiété des proches de François Fillon. Celle-ci « est un défi nouveau pour François Fillon », écrit l’éditorialiste du Figaro Guillaume Tabard. Au point où le candidat de la droite s’est lancé derrière lui au salon de l’électronique grand public de Las Vegas. Le vainqueur de la primaire de la droite, qui vient de perdre sept points dans les sondages, souhaite secrètement que les socialistes se ressaisissent et que Manuel Valls emporte véritablement l’adhésion de son camp. Plus les trois candidats de gauche seront à égalité, plus les chances de François Fillon d’affronter Marine Le Pen au second tour seront grandes. Et plus la victoire sera assurée.
 
Fort des 10 000 personnes qu’il a rassemblées le 12 décembre dernier à la porte de Versailles, Emmanuel Macron est aujourd’hui la personnalité politique préférée des Français. Mais à cinq mois de l’échéance, ce genre de sondage de popularité ne veut pas dire grand-chose. Il en dit pourtant assez pour que la droite ne reste plus insensible et envoie l’ancien ministre du Budget Éric Woerth expliquer à la presse qu’en 2007 Emmanuel Macron était candidat pour entrer… dans son ministère.
 
Plus le temps passe, plus celui qu’Éric Zemmour surnommait « le Justin Trudeau français » pourrait apparaître comme le seul candidat du statu quo européen. De Le Pen à Fillon, en passant par Valls et Mélenchon, la liste des récriminations contre l’Union européenne va du retrait pur et simple à la refondation. Macron ne s’en cache pas. Il a été le seul en France à féliciter la chancelière Angela Merkel pour avoir ouvert la porte à un million de réfugiés l’an dernier. Il vante aussi les vertus des accords de Schengen alors que même en Allemagne on dénonce la passoire à terroristes que sont devenues les frontières nationales.
 
Prendre tout le monde à contre-pied, tel semble être l’une des recettes du candidat Macron, dont le programme pourtant demeure toujours aussi vague. Du « ni gauche ni droite » d’Emmanuel Macron aux contorsions institutionnelles de Manuel Valls, en passant par l’irruption-surprise du candidat Fillon dans la primaire de la droite, voilà qui annonce une présidentielle qui n’en a pas fini de sortir des sentiers battus.

mardi, novembre 15, 2016

Nicolas Sarkozy de nouveau accusé d'avoir reçu des financements libyens en 2007

http://www.lapresse.ca/international/europe/

Publié le 15 novembre 2016 à 07h35 | Mis à jour à 07h35
Nicolas Sarkozy... (PHOTO GEORGES GOBET, ARCHIVE AGENCE FRANCE-PRESSE)
Nicolas Sarkozy
PHOTO GEORGES GOBET, ARCHIVE AGENCE FRANCE-PRESSE
Agence France-Presse
Paris
Un homme d'affaires franco-libanais affirme avoir remis cinq millions d'euros en espèce provenant de Libye à l'ancien président français Nicolas Sarkozy lors de sa campagne présidentielle de 2007, sur laquelle pèsent des soupçons de financement occulte.
Dans un entretien vidéo diffusé par le site français d'information en ligne Mediapart, Ziad Takieddine assure avoir «transporté (...) un total de 5 millions d'euros» dans des valises lors de trois voyages entre novembre 2006 et début 2007.
Ces valises, qui d'après lui contenaient chacune entre 1,5 million et deux millions d'euros en liasses de billets de 200 et de 500 euros, ont été pour les deux premières déposées directement dans le bureau de Claude Guéant, l'ancien bras droit de Nicolas Sarkozy, alors ministre de l'Intérieur, selon ses dires.
Pour le troisième voyage, il affirme avoir effectué de nouveau la remise au ministère, cette fois-ci dans un appartement où se trouvait Nicolas Sarkozy.
Les valises d'argent lui auraient été remises à Tripoli par le chef des services secrets libyens sous le régime de Mouammar Kadhafi.
Ce n'est pas la première fois que Ziad Takieddine lance des accusations sur un éventuel financement libyen de la campagne de Nicolas Sarkozy, mais il n'avait jamais indiqué, lors de ces auditions devant les enquêteurs, avoir lui-même transporté de l'argent.
Mediapart avait par ailleurs publié, entre les deux tours de la présidentielle de 2012 finalement perdue par Nicolas Sarkozy, un document évoquant un accord de la Libye de Mouammar Kadhafi pour financer sa campagne de 2007 à hauteur de 50 millions d'euros.
L'ex-chef de l'État français (2007-2012), candidat à un nouveau mandat présidentiel en 2017, a toujours fermement démenti ces accusations.
Après trois ans d'investigations, des juges français disposent de plusieurs témoignages d'ex-hauts responsables du régime libyen qui accréditent la thèse d'un financement occulte, mais aucune preuve ne vient confirmer ces accusations.

lundi, mars 30, 2015

La France bascule à droite

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30 mars 2015 | Christian Rioux - Correspondant à Paris | Europe
«L’alternance est en marche, rien ne l’arrêtera», a déclaré le président de l’UMP Nicolas Sarkozy.
Photo: Éric Feferberg
 Agence France-Presse
«L’alternance est en marche, rien ne l’arrêtera», a déclaré le président de l’UMP Nicolas Sarkozy.
Comme on s’y attendait, c’est la droite qui a largement remporté le second tour des élections départementales françaises. Alors que la gauche perd la moitié des départements qu’elle avait elle-même pris à la droite cinq ans plus tôt, la coalition réunissant la droite (UMP) et les centristes (UDI) remporte au moins 25 départements supplémentaires. La gauche enregistre son plus mauvais résultat à une départementale depuis son record historique en 1992. Symbole de cette dégelée, même le département du président François Hollande, la Corrèze, passe à droite. Même chose pour les Deux-Sèvres, ancienne circonscription de l’ex-candidate socialiste à la présidence Ségolène Royal.
 
Ce second tour de l’élection départementale vient confirmer la fin du bipartisme et la consolidation en France d’un régime à trois partis. Le premier ministre, Manuel Valls, qui a orienté toute sa campagne contre le Front national, y voit même « un bouleversement durable de notre paysage politique, dont tout le monde devra tirer des leçons ». Selon le premier ministre, « les scores trop élevés de l’extrême droite restent un défi pour tous les républicains ».

Pas de triomphalisme
 
À droite, malgré la joie évidente, il n’y avait pas de triomphalisme. « L’alternance est en marche, rien ne l’arrêtera », a déclaré le président de l’UMP, Nicolas Sarkozy. « À travers leur vote, les Français ont massivement rejeté la politique de François Hollande et de son gouvernement, dit-il. Le désaveu est sans appel. Jamais une majorité n’avait perdu autant de départements. Jamais un pouvoir en place n’avait suscité une telle défiance. »
 
Nicolas Sarkozy sait cependant que, sans les centristes, c’est le Front national qui sortirait de cette élection avec le titre de premier parti de France. L’UDI pourrait doubler le nombre de ses conseillers généraux. S’il doit sa victoire à cette alliance, Nicolas Sarkozy la doit aussi au report vers l’UMP (au second tour) d’un grand nombre d’électeurs du FN, comme dans les Côtes-d’Armor. Pour le président de l’UMP, cette victoire vient valider son retour en politique et sa stratégie qui devrait mener, le 30 mai prochain, à une refondation de l’UMP qui sera dotée d’un nouveau nom et de nouveaux statuts.
 
Le FN s’implante partout
 
Le parti qui progresse demeure néanmoins le Front national. Cette élection confirme que son implantation s’étend dorénavant sur l’ensemble du territoire. Le FN passe d’un seul conseiller départemental à une centaine, dans une élection qui lui est traditionnellement très défavorable. Dimanche, les représentants du parti cachaient pourtant mal leur déception de n’avoir pu conquérir la direction d’un seul département, faute d’allié électoral. Dans l’Aisne, que le FN espérait conquérir, le parti est arrivé troisième. Dans le Vaucluse, les majorités se sont jouées dans un mouchoir de poche, mais le FN ne pourra pas diriger le département.
 
Cela n’a pas empêché Marine Le Pen de claironner que « libre et indépendant, le FN s’oppose à l’“UMPS”, dont chacun a pu constater qu’elle est d’une réalité indiscutable ». Selon la présidente, « les dirigeants nationaux avaient un objectif commun : battre le FN, quitte à se soutenir l’un l’autre avant le second tour ». Soucieuse de s’implanter localement, Marine Le Pen fixe comme objectifs prioritaires à ses élus de « stabiliser et réduire les impôts » et d’« interdire le voile [islamique] à la crèche ». Détail significatif, la présidente du FN fut la seule à conclure son intervention comme le faisaient traditionnellement tous les chefs de partis en lançant « vive la République et vive la France ».
 
Même si la gauche résiste dans une trentaine de départements, le premier ministre, Manuel Valls, cachait mal sa déception. Selon lui, c’est la division à gauche qui a ouvert la voie à cette victoire. « La gauche, trop dispersée, trop divisée au premier tour, connaît un net recul malgré un bon bilan des exécutifs départementaux », dit-il. Depuis des semaines, le premier ministre avait orienté toute sa campagne contre le Front national.
 
À Bordeaux, l’ancien premier ministre Alain Juppé, qui ne cache pas ses ambitions présidentielles, dit voir dans la victoire de la droite celle « de la stratégie d’alliance » avec le centre qu’il promeut depuis des mois, à l’encontre de Nicolas Sarkozy.
 
Égalité des sexes
 
Cette élection départementale, où moins de la moitié des électeurs se sont déplacés, est la première où, pour cause d’égalité des sexes, les électeurs devaient voter pour un binôme constitué d’un homme et d’une femme. Ce nouveau mode de scrutin pourrait cependant compliquer les résultats finaux. Rien n’assure en effet que, lorsque viendra le moment d’élire le président du département, chaque élément du binôme votera de la même façon.
 
À droite comme au FN, on a déjà commencé à préparer les élections régionales qui se tiendront en décembre prochain. Une élection qui pourrait favoriser le FN puisqu’il s’agit cette fois d’un scrutin proportionnel.