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mercredi, novembre 11, 2015

L'Espagne réplique à la Catalogne

http://www.985fm.ca/international/nouvelles/

Publié par Associated Press le mercredi 11 novembre 2015 à 08h52. Modifié par Charles Payette à 09h08.
L'Espagne réplique à la Catalogne
Freedigitalphotos.net
MADRID - Le premier ministre Mariano Rajoy a accusé les séparatistes catalans, mercredi, de chercher à détruire des siècles d'unité espagnole, et il s'est engagé à les empêcher de réussir.
Prenant la parole après que son gouvernement ait contesté devant la justice une décision du Parlement catalan de lancer un processus devant mener à l'indépendance d'ici 2017, M. Rajoy a déclaré que la décision catalane constitue une attaque contre la souveraineté et la démocratie espagnoles.

Il a accusé les séparatistes de vouloir «liquider» l'unité d'une nation qui compte plus de cinq siècles d'histoire.

Le gouvernement de M. Rajoy a demandé à la Cour constitutionnelle de suspendre la résolution catalane à l'étude et de mettre les leaders catalans en garde contre toute nouvelle manoeuvre sécessionniste. La décision du tribunal est attendue très rapidement.

La résolution sécessionniste autorise le nouveau gouvernement de cette puissante région à entreprendre le développement d'une Constitution catalane et à développer des systèmes de sécurité sociale et de recouvrement de l'impôt. Elle dégage aussi ce gouvernement de devoir respecter les institutions espagnoles, y compris la Cour constitutionnelle.

Une politologue espagnole a toutefois expliqué que les dirigeants qui feraient fi d'un ordre de la cour s'exposent à des peines sévères.

La région de quelque 7,5 millions d'habitants génère environ 20 pour cent de la productivité économique du pays.

lundi, novembre 09, 2015

Catalogne : vers une rupture avec l’Espagne? Espagne : la Catalogne amorce sa marche vers l’indépendance

http://ici.radio-canada.ca/nouvelles/International/

 Mise à jour le lundi 9 novembre 2015 à 9 h 32 HNE  Associated Press
Le président de la Catalogne, Artur Mas
Le président de la Catalogne, Artur Mas (Archives)  Photo :  GI/David Ramos

Le parlement régional de la Catalogne a approuvé lundi un plan qui pourrait mener à l'indépendance du reste de l'Espagne d'ici 2017, ce qui représente un acte de défi face au gouvernement central.
La motion a été adoptée par 72 votes contre 63. Le parlement siège à Barcelone, dans le nord-est du pays.
La proposition avait été présentée par les parlementaires de la coalition sécessionniste « Ensemble pour le oui » et la formation d'extrême-gauche Candidature d'unité populaire. Ces deux groupes détiennent ensemble une majorité depuis le scrutin de septembre.
Le premier ministre espagnol Mariano Rajoy avait précédemment promis de s'adresser aux tribunaux si le Parlement adoptait la proposition sécessionniste. M. Rajoy devrait prendre la parole au cours des prochaines heures.
La motion adoptée par le Parlement lors de sa première session depuis le vote annonce le début d'un processus devant mener à la création d'une république catalane indépendante. Elle évoque aussi un « débranchement » qui ne sera pas assujetti aux décisions des institutions de l'État espagnol.
Les parlementaires séparatistes se sont levés pour applaudir cette décision qui les destine certainement à une collision avec le gouvernement espagnol central et avec la Cour constitutionnelle, qui est intervenue dans le passé pour bloquer d'autres tactiques sécessionnistes.
Le tribunal avait toutefois statué, jeudi, que le vote pouvait aller de l'avant. Il devrait maintenant rapidement annoncer que la nouvelle loi est illégale, mais celle-ci ordonne spécifiquement au gouvernement régional de ne pas tenir compte de l'avis du plus haut tribunal du pays.
La motion accorde au nouveau gouvernement 30 jours pour lancer les travaux sur une nouvelle Constitution catalane, ainsi que pour amorcer la mise sur pied d'un nouveau bureau d'impôt et d'une nouvelle administration de la sécurité sociale.
Les partis sécessionnistes ont remporté 72 sièges, mais seulement 48 % du vote populaire, en raison d'une particularité de la loi espagnole qui accorde une plus grande représentation aux régions rurales où ils comptent des appuis solides. Leurs adversaires prétendent que cela signifie qu'ils n'ont pas vraiment de mandat pour entamer le processus de séparation face à l'Espagne.
Une querelle interne pourrait aussi empêcher Artur Mas de remporter un troisième mandat à la tête du gouvernement régional.

mardi, septembre 29, 2015

Catalogne : vers une rupture avec l’Espagne? Madrid dit non au oui des indépendantistes de la Catalogne

http://ici.radio-canada.ca/nouvelles/International/

 Mise à jour le lundi 28 septembre 2015 à 10 h 16 HAE  Radio-Canada avec Agence France-Presse et Reuters
Le chef du gouvernement espagnol, Mariano Rajoy.
Le chef du gouvernement espagnol, Mariano Rajoy.  Photo :  Juan Medina / Reuters

Le chef du gouvernement espagnol se dit prêt à discuter avec le nouveau gouvernement catalan, mais uniquement « dans le cadre de la loi », ce qui exclut toute velléité d'indépendance.
« Il y a beaucoup de choses dont on peut discuter », a déclaré Mariano Rajoy, au lendemain d'une victoire des indépendantistes lors d'élections visant à élire les députés du Parlement régional de la Catalogne.
« Mais tant que je serai président du gouvernement, je ne discuterai jamais de l'unité de l'Espagne, de la souveraineté nationale ou de la liberté des Espagnols », a-t-il ajouté.« Je suis prêt à écouter mais je ne suis pas prêt à oublier la loi. »
Sans surprise, Mariano Rajoy a réitéré que le processus d'accession à l'indépendance que se sont engagés à enclencher les indépendantistes est à son avis illégal.
« Les prétentions de quelques-uns étaient et restent en dehors de la loi, mais en plus maintenant, il a été démontré qu'ils n'ont pas l'appui de la majorité des citoyens. »— Mariano Rajoy, chef du gouvernement espagnol

Les indépendantistes de la coalition « Ensemble pour le oui » (Junts pel Si), qui regroupe des partis de droite et de centre-gauche, et la liste de la CUP (extrême gauche), ont obtenu la majorité absolue au parlement catalan, avec 72 des 135 députés.
Les deux listes ont cependant échoué à rallier la majorité absolue des voix. Ils ont récolté 47,8 % des suffrages exprimés.
Raul Romeva, en tête de liste de la coalition « Ensemble pour le oui », a pour sa part déclaré lundi matin qu'il est prêt au « dialogue » avec Madrid, mais uniquement sur la base du mandat obtenu des électeurs, à savoir l'accession à l'indépendance.
« Le message est clair. Nous avons la majorité qui légitime totalement le fait d'initier le processus », a affirmé M. Romeva lors d'une conférence de presse tenue à Barcelone.
« Si l'on voulait compter les voix pour le oui et pour le non, la solution était très facile. Cela s'appelle un référendum. Si quelqu'un avait voulu un référendum, il aurait fallu le faire. »— Raul Romeva, tête de liste de la coalition « Ensemble pour le oui »

Le président sortant du gouvernement catalan, Artur Mas, a tenté d'organiser un référendum sur l'indépendance le 9 novembre 2014, mais a changé d'avis à quelques semaines du scrutin, en raison de l'absence de garanties légales.
Le référendum était jugé inconstitutionnel par Madrid, puisque la constitution de l'Espagne prévoit que les questions de souveraineté nationale relèvent de l'ensemble de la population.
M. Mas avait plutôt organisé un « processus de consultation participatif », qui s'est soldé par une victoire du oui à 80 %. Seuls 2 des 5,4 millions de Catalans avaient cependant daigné voter.
L'indépendance, « ce n'est pas une question dépassée »
« Je souhaite de tout mon cœur que la Catalogne réussisse » à faire son indépendance, a déclaré lundi matin le chef bloquiste Gilles Duceppe, invité à réagir aux résultats de l'élection de dimanche.
« On est toujours heureux de voir que des nations progressent dans leur quête du pays. Maintenant, à chacun de déterminer sa stratégie », a également dit M. Duceppe.
Le chef bloquiste soutient que les chefs des autres partis fédéraux devraient prendre bonne note des désirs d'indépendance qui animent une « partie importante » de la population de la Catalogne, mais aussi de l'Écosse.
« J'entendais les autres chefs dire que cette question [de l'indépendance] est dépassée. [...] C'est bien évident que ce n'est pas une question dépassée », a-t-il ajouté.
Il a d'ailleurs invité ses adversaires à appeler les chefs de gouvernement britannique et espagnol, David Cameron et Mariano Rajoy, pour en discuter.

dimanche, septembre 27, 2015

Catalogne : vers une rupture avec l’Espagne? La Catalogne, source d'inspiration des souverainistes québécois

http://ici.radio-canada.ca/sujet/catalogne

Mise à jour le dimanche 27 septembre 2015 à 5 h 25 HAE
Rassemblement pour l'indépendance de la Catalogne
Rassemblement pour l'indépendance de la Catalogne  Photo :  Reuters/Albert Gea

Les indépendantistes au pouvoir, des millions de personnes activement mobilisées autour de l'idée de pays et des drapeaux de la nation visibles partout sur le territoire : le renouveau indépendantiste catalan a de quoi faire rêver les souverainistes du Québec, 20 ans après le référendum de 1995.
Un texte d'Olivier Arbour-MasseTwitterCourriel
Les trois principaux partis indépendantistes québécois enverront des représentants sur le terrain, en Catalogne, afin d'observer le déroulement de l'élection régionale du 27 septembre, déguisée en référendum sur la question nationale par le gouvernement sortant.
Les deux principaux partis indépendantistes catalans unissent leurs forces pour cette élection, droite et gauche réunie.
La Convergence démocratique de Catalogne, du président sortant Artur Mas, se situe au centre droit de l'échiquier politique et prône la création d'un État catalan seulement depuis 2012. Esquerra Republicana de Catalunya, un parti de gauche, est le porteur traditionnel du projet indépendantiste. Ils proposent des candidats communs, de concert avec les acteurs de la société civile.
« Ce sera l'occasion de voir comment fonctionne cette coalition », explique Daniel Turp, ancien député du Parti québécois (PQ), mais aussi du Bloc québécois, à Ottawa. C'est d'ailleurs lui qui dirigera la mission du PQ.
« Ils ne sont pas tous sur la même longueur d'onde sur le spectre idéologique, mais ils se parlent et arrivent à trouver de grands compromis parce qu'ils sont d'avis que l'indépendance est nécessaire », poursuit le professeur à la Faculté de droit de l'Université de Montréal.
« C'est un enseignement pour nous. Quand on veut un pays, il faut être solidaires. »— Daniel Turp

Alexandre Leduc, qui représentera Québec solidaire en Catalane, voit aussi d'un bon oeil cette coalition.
« Ce qui se passe là-bas, ça prouve que la thèse du parti unique pour faire indépendance, c'est complètement dépassé, tranche le militant de QS. Ils sont trois partis à se partager cette option constitutionnelle. »
Rassemblement pour l'indépendance de la Catalogne
 Photo :  RAYMOND ROIG/AFP/Getty
Résilience et ouverture
La remontée spectaculaire de l'appui à l'indépendance, passé de 15 % en 2006 à près de 50 % ces derniers mois, inspire le chef d'Option nationale (ON), Sol Zanetti. « Malgré tout ce qu'ils ont vécu comme recul, ils sont aux portes de l'indépendance politique. Il ne faut jamais abandonner. »
M. Zanetti salue la résilience du mouvement catalan face à un gouvernement espagnol qui invoque la constitution pour refuser de considérer une éventuelle séparation.
« C'est normal que Madrid s'oppose à l'indépendance, comme c'est normal que les Catalans estiment cette opposition comme illégitime, croit le chef d'ON. Pour accéder à l'indépendance, il faut considérer les voies démocratiques comme étant plus légitimes que les lois. »
Pendant son séjour, Alexandre Leduc de Québec solidaire s'intéressera entre autres à Sumate, une organisation qui rassemble des Espagnols originaires d'autres régions du pays qui militent pour l'indépendance catalane.
« Ce sera intéressant de voir comment ils mobilisent les communautés culturelles et en quoi elles peuvent se sentir parties prenantes du mouvement », fait valoir le candidat solidaire dans la circonscription montréalaise d'Hochelaga-Maisonneuve aux élections de 2012 et de 2014.
« En Écosse, il n'y avait pas de discours identitaire, pas de nationalisme étroit, poursuit celui qui avait assisté au référendum écossais du 18 septembre 2014. Il y avait une place pour les communautés culturelles et ça m'avait marqué. »

Pour voir l'évolution de l'appui à l'indépendance catalane, cliquez ici.
L'organisation sociale
Une des particularités du mouvement indépendantiste catalan réside dans sa fondation, qui repose sur la société civile. Les organisations sociales non partisanes, l'Assemblée nationale catalane et l'association culturelle Omnium Cultural, jouent un rôle majeur dans la promotion de l'option.
Cette formule est-elle importable au Québec? C'est ce que souhaite Daniel Turp.
« On a l'équivalent de ces organisations civiles : le Mouvement national des Québécoises et des Québécois, la Société Saint-Jean-Baptiste, les OUI Québec... Nous avons plusieurs organismes qui pourraient avoir, dans notre propre débat, un rôle analogue à celui qu'ont eu l'Assemblée nationale catalane et Omnium Cultural », croit le représentant du Parti québécois.
Une nouvelle voie politique défrichée?
Le refus de Madrid d'accorder aux Catalans un référendum sur la souveraineté force le gouvernement régional à explorer de nouvelles avenues. L'élection de septembre portant explicitement sur la question nationale est semblable au cheminement mis de l'avant par Option nationale et par Québec solidaire.
La feuille de route proposée par la coalition catalane Junts pel Si (Ensemble pour le Oui) suggère que, 18 mois après avoir été élue à majorité, elle soumettrait la constitution fondatrice d'un éventuel pays au vote populaire.
« Ça ressemble énormément à l'article 1 d'Option nationale, explique M. Zanetti. Le référendum n'a pas du tout le même rôle qu'il avait en 1995. Vous nous donnez un mandat au moyen d'une élection, on commence à mettre en place les bases de l'indépendance et le référendum vient, à la fin, entériner le processus d'indépendance. »
Au-delà de la démarche et des particularités régionales, les indépendantistes québécois s'entendent sur une chose : le cas catalan démontre la pertinence de la question indépendantiste.
« C'est un projet éminemment moderne, clame Maxime Laporte, président de la Société Saint-Jean-Baptiste.
« L'ONU a accueilli, depuis sa fondation en 1945, 142 nouveaux États. Le Pays basque, la Wallonie, la Flandre, l'Écosse : il y a des mouvements d'autodétermination partout dans le monde. C'est signe qu'il s'agit d'une aspiration légitime, moderne et réalisable. »