Pierre Karl Péladeau est cependant revenu à la charge en soulignant à M. Couillard que son gouvernement organisait pourtant, le 18 juin prochain, un forum économique pour le Saguenay-Lac-Saint-Jean. Or, si la formule est bonne pour cette région-là, pourquoi ne pas l'instaurer pour l'ensemble du Québec? a dit en substance le nouveau chef du PQ.
D'autant plus que la protection des entreprises du Québec « est plus que jamais pertinente », a poursuivi M. Péladeau en soulignant les événements survenus récemment chez Alcan, Bombardier, SNC-Lavalin et au Cirque du Soleil.
« Et ce matin, Tembec qui annonce la fermeture de trois usines à Senneterre, Béarn et La Sarre : 350 emplois perdus. Est-ce que le premier ministre reconnaît l'urgence d'agir [...]? » a questionné Pierre Karl Péladeau. De fait, la direction de Tembec en Abitibi-Témiscamingue a annoncé la suspension des activités pour deux semaines dans ces trois usines en raison d'un problème d'approvisionnement en bois.
Pour Philippe Couillard, non seulement son gouvernement est-il préoccupé de la situation de Tembec, mais il agit aussi, assure-t-il. Et, plutôt que de se réunir autour d'une table, comme le propose Pierre Karl Péladeau, ne vaut-il pas mieux aller directement en région parler à l'entreprise? de demander Philippe Couillard.
« Si on demandait aux familles, en Abitibi, touchées par cette annonce, elles préféreraient d'emblée que leur gouvernement soit à l'oeuvre concrètement », a conclu le premier ministre.
La souveraineté : « une solution imaginaire à un problème imaginaire », dit Couillard
En matinée, le premier ministre Couillard avait critiqué Pierre Karl Péladeau en affirmant que ce dernier évoluait « dans un scénario qui vise à créer une solution imaginaire à un problème imaginaire ».
Pour le premier ministre du Québec, les Québécois n'ont pas besoin de la souveraineté puisqu'ils sont « heureux comme membres, bien sûr, à plein droit de la fédération canadienne, mais Québécois fiers et forts avant tout ».
Pierre Karl Péladeau a répliqué à cette attaque en mettant en valeur l'expérience dont il jouit en matière d'économie, une expérience plus vaste que celle dont peut s'enorgueillir le premier ministre lui-même, d'affirmer le nouveau chef du Parti québécois.
« Je ne crois pas que ce soit irréel que de considérer que nous allons travailler pour le développement économique, a-t-il dit. Je me suis engagé aussi et surtout en politique pour que les Québécois s'enrichissent. Malheureusement, si on considère que cette perspective est irréelle, j'ai de sérieuses questions à me poser sur l'appréciation que peut en avoir le premier ministre. »
Le chef CAQ, François Legault, a lui aussi axé ses critiques sur le message de M. Péladeau sur la souveraineté. François Legault estime que tant Pierre Karl Péladeau que le PQ font fausse route.
« Ce que j'entends sur le terrain c'est que les Québécois sont "tannés" de voir leurs taxes et tarifs augmenter. Ils veulent un projet économique d'abord avant un projet constitutionnel. Donc, je pense que M. Péladeau tout comme le Parti québécois est déconnecté des priorités des Québécois. »