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vendredi, mars 31, 2017

Bombardier: le gouvernement critique la flambée des salaires des patrons

http://affaires.lapresse.ca/economie/quebec

Publié le 31 mars 2017 à 15h05 | Mis à jour à 18h51
Le ministre des Finances Carlos Leitao a prononcé son... (Photo David Boily, La Presse)
Le ministre des Finances Carlos Leitao a prononcé son allocution d'après-présentation du budget devant la Chambre de commerce du Montréal métropolitain, vendredi.
PHOTO DAVID BOILY, LA PRESSE
LIA LÉVESQUE
La Presse Canadienne
Le ministre québécois des Finances, Carlos Leitão, demande carrément au conseil d'administration de Bombardier de revoir sa politique de rémunération de ses hauts dirigeants. Le premier ministre a lui aussi appelé les patrons de Bombardier à réévaluer leur décision.
De passage à Montréal vendredi, alors qu'il prononçait sa traditionnelle allocution d'après-présentation du budget devant la Chambre de commerce du Montréal métropolitain, le ministre Leitão n'avait pas l'air d'apprécier la situation, alors qu'il devait commenter une hausse de la rémunération globale des hauts dirigeants de Bombardier qui passe mal dans la population.
«Moi, ce que j'ai dit, c'est que j'invite le conseil d'administration à revoir sa politique de rémunération», a-t-il affirmé.
Cette augmentation a suscité un vent de critiques, particulièrement dans le contexte où le constructeur d'avions a reçu de l'aide des gouvernements fédéral et provincial et a également procédé à des milliers de mises à pied.
Le premier ministre Philippe Couillard, après avoir évité toute critique la veille, a cette fois appelé les patrons de Bombardier à réévaluer leur décision.
«Les dirigeants de Bombardier sont des Québécois comme nous et ils entendent ce que disent les Québécois. Alors je pense qu'ils vont certainement être capables d'avoir au moins une réflexion sur la question», a dit M. Couillard.La ministre de l'Économie, de la Science et de l'Innovation, Dominique Anglade a pour sa part dit: «Force est de constater que la décision qui est prise choque la population. Et avec raison», s'est-elle exclamée.
Elle a ensuite invité l'entreprise à faire un examen de conscience. «J'invite l'entreprise à réfléchir à quel geste elle souhaite poser pour réellement répondre à la réaction qu'elle a créée dans la population, et pas juste au niveau de la population, au niveau de l'ensemble des élus», a-t-elle lancé.
«J'invite l'entreprise à poser un geste qui reflète la situation actuelle, qui témoigne de la compréhension de l'enjeu qui a été créé», a-t-elle ajouté.
Interrogée à savoir quel devrait être ce geste que l'entreprise aéronautique devrait poser, la ministre Anglade n'a pas voulu s'avancer. «J'invite l'entreprise à y réfléchir et à nous dire, elle, ce qu'elle voit, parce qu'elle a une réponse à donner là-dessus», a-t-elle dit.
La ministre de l'Économie a assuré que malgré la grogne généralisée, elle ne doutait toujours pas de la pertinence d'avoir accordé 1,3 milliard CAN à l'entreprise.
«On ne remet pas du tout en cause le 1,3 milliard, qui était nécessaire pour le secteur de l'aérospatiale, pour les 40 000 emplois directs que nous avons ici», a-t-elle soutenu.
- Avec l'Agence France-Presse

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mercredi, février 17, 2016

Mises à pied chez Rio Tinto: «pas une catastrophe», selon Leitão

http://affaires.lapresse.ca/economie/quebec/

Publié le 17 février 2016 à 18h29 | Mis à jour à 18h31
Le ministre des Finances, Carlos Leitão... (Photothèque Le Soleil)
Le ministre des Finances, Carlos LeitãoPHOTOTHÈQUE LE SOLEIL

PATRICE BERGERON
La Presse Canadienne
Québec
Le licenciement de 200 cadres chez Rio Tinto au Québec n'est «pas une catastrophe», selon le gouvernement.
Appelé à commenter mercredi les mises à pied à venir chez le géant de l'aluminium, le ministre des Finances, Carlos Leitao, a minimisé leur impact, ce qui a fait bondir l'opposition officielle.
Le Parti québécois réclame le respect de l'entente conclue en 2006 entre le Québec et la britanno-australienne Rio Tinto, à la suite de l'achat d'Alcan, prévoyant le maintien des activités du siège social de Montréal.
Pour sa part, Rio Tinto n'a pas démenti les chiffres, mais a refusé de confirmer l'étendue précise des pertes d'emplois.
Selon le député péquiste de Rousseau, Nicolas Marceau, «la saignée se poursuit». Le siège social s'est vidé autant à Montréal qu'au Saguenay - où l'entreprise concentre la majorité de ses activités industrielles - et les «garanties béton» obtenues par le Parti libéral au pouvoir en 2006 n'ont pas suffi, a-t-il déploré.
«Je ne pense pas que ce soit la catastrophe qui est dépeinte par le député de Rousseau, a répondu M. Leitao pendant la période de questions, mercredi matin. N'oublions pas que le prix de l'aluminium a beaucoup baissé.»
Il a soutenu que Rio Tinto a continué à investir au Québec, tandis que le premier ministre Philippe Couillard, lui-même député de Roberval, au Saguenay-Lac-Saint-Jean, s'est aussi levé en chambre pour défendre l'entreprise.
«Les investissements se poursuivent. Le contexte est difficile, mais on accompagne l'entreprise pour la région», a-t-il dit.
Le député de Rousseau s'est scandalisé de la réponse du gouvernement. Il estime que la moitié des postes au siège social, 400 sur 800, sont disparus au cours des 10 dernières années.
«On a un ministre des Finances qui est en train de nous dire que ce n'est pas une catastrophe, que ce serait une bonne chose que de perdre 400 postes de cadres au Québec, ce serait une bonne chose que le Saguenay-Lac-Saint-Jean se vide de son pouvoir de décision, a dit à la période de questions celui qui est aussi porte-parole aux finances. Ressaisissez-vous!»
En conférence de presse avec deux autres de ses collègues péquistes du Saguenay-Lac-Saint-Jean, Nicolas Marceau a exigé le respect de l'entente de 2006 et une réponse musclée du gouvernement dans le cas contraire.
Le député de Lac-Saint-Jean, Alexandre Cloutier, a rappelé que l'entente prévoyait le maintien à Montréal des activités de planification stratégique, de finances, de comptabilité, des affaires juridiques, de la mise en marché et des ventes, de la prospection de clientèles, des relations publiques et des relations humaines. L'aluminerie d'Alma se trouve d'ailleurs dans la circonscription du député.
«Il faut arrêter de prendre les Québécois pour des gens acquis, a-t-il déclaré. On doit avoir des emplois de qualité, particulièrement au siège social. Et malheureusement, on a un gouvernement qui plie l'échine.»
Un autre député péquiste, Sylvain Gaudreault, regrette que des employés saguenéens et jeannois ne puissent plus cheminer dans l'entreprise en accédant à des emplois supérieurs.
«(M. Leitao) banalise cette réalité de perte de centaines d'emplois décisionnels dans une région comme la nôtre depuis une dizaine d'années», a déploré Sylvain Gaudreault, qui représente Jonquière, où se situe notamment une usine importante de Rio Tinto.
Selon le Parti québécois, le gouvernement Couillard doit exercer des pressions et éventuellement des recours. Puisque l'entreprise sollicite régulièrement le gouvernement, soit pour du financement, des droits hydroélectriques, des certificats environnementaux ou des contrats d'achats d'électricité à Hydro-Québec, «il y a des occasions d'exprimer son insatisfaction», a suggéré M. Marceau.
En vertu de l'entente, Rio Tinto aurait aussi dû prévenir le gouvernement sur sa restructuration, mais en point de presse à la sortie de la séance du conseil des ministres, mercredi, Carlos Leitao a dit ne pas avoir été informé par l'entreprise de sa décision.
La multinationale n'a quant à elle pas voulu confirmer de chiffre sur ses licenciements, puisqu'il s'agit de «données internes». En entrevue avec La Presse Canadienne, la porte-parole de l'entreprise, Claudine Gagnon, a indiqué que le marché de l'aluminium traverse des «moments difficiles», sans amélioration possible à court terme.
«On a certains efforts qui sont mis en place pour réduire nos coûts et maintenir notre position dans l'industrie, passer à travers la crise, et demeurer solide à moyen et long terme», a-t-elle affirmé dans une entrevue téléphonique.
Quant aux mises à pied, Mme Gagnon a déclaré qu'«il y a des changements qui vont être apportés à l'organisation pour s'adapter aux nouvelles réalités». Elle a précisé que le siège social de Montréal compte encore 700 employés et regroupe encore les activités décrites dans l'entente de 2006.
La porte-parole a affirmé que Rio Tinto était en discussion constante avec le gouvernement, «qui connaît bien tous nos enjeux».