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mercredi, mars 08, 2017

Le PLC choisira ce soir sa candidate dans Saint-Laurent

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PUBLIÉ AUJOURD'HUI À 7 H 43 | Mis à jour à 8 h 03
Yolande James, Marwah Rizqy et Emmanuella Lambropoulos
Yolande James, Marwah Rizqy et Emmanuella Lambropoulos
Photo : La Presse canadienne/Jacques Boissinot/Radio-Canada/Courtoisie

Les membres du Parti libéral du Canada (PLC) de la circonscription de Saint-Laurent, dans l'ouest de Montréal, célébreront, à leur façon, la Journée internationale des femmes en élisant une femme pour les représenter en vue de l'élection partielle du 3 avril prochain.
Car peu importe l’issue du scrutin de ce soir - qui se déroulera à compter de 16 h à l’Hôtel Le Crystal - c’est une femme que sera appelée à y porter les couleurs libérales puisque ce sont trois femmes qui se présentent à l’investiture dans ce bastion du PLC.
L’ancienne ministre libérale provinciale Yolande James est la favorite pour enlever l’investiture.
Avocate de formation, Mme James a été ministre de l'Immigration et des Communautés culturelles dans le cabinet de Jean Charest, d'avril 2007 à août 2010, puis ministre de la Famille de mai 2010 à septembre 2012.
L’une de ses rivales est la fiscaliste Marwah Rizqy, professeure à l’Université de Sherbrooke. Réputée pour ses travaux sur les paradis fiscaux, Mme Rizqy a représenté le PLC dans la circonscription d’Hochelaga en 2015. Elle s’était inclinée par quelque 500 voix devant la néo-démocrate Marjolaine Boutin-Sweet.
La troisième candidate est une enseignante du nom d’Emmanuella Lambropoulos.
La circonscription de Saint-Laurent est vacante depuis le départ du député fédéral Stéphane Dion, nommé ambassadeur du Canada en Allemagne. M. Dion a accepté cette fonction à la suite de la perte de son poste de ministre des Affaires étrangères.
Des élections complémentaires se tiendront dans cinq circonscriptions du pays le 3 avril.
Allégations de favoritisme
L’investiture libérale dans la circonscription de Saint-Laurent a été secouée par des allégations de favoritisme faites à l'endroit des instances du parti. Le « comité du feu vert », chargé d’approuver les candidatures, a écarté le maire de l’arrondissement de Saint-Laurent, Alan DeSousa, qui avait soumis sa candidature.
Élu une première fois au conseil municipal de Saint-Laurent, alors une municipalité indépendante, en 1990, il y a été réélu deux fois avant d'en devenir le maire en 2001 au moment où Saint-Laurent était sur le point de devenir un arrondissement de la nouvelle ville fusionnée de Montréal. D'origine pakistanaise, M. DeSousa vit à Saint-Laurent depuis 44 ans.
Le PLC n’a fourni aucune explication à M. DeSousa pour justifier le rejet de sa candidature.
Le journaliste parlementaire au Globe and Mail Daniel Leblanc, en entrevue à l’émission 24/60, a indiqué que le PLC semblait favoriser la candidature de Mme James tout en présentant l’investiture comme un processus ouvert et transparent.
M. Trudeau aurait eu le droit de nommer quelqu’un ou d’au moins d’exprimer le fait qu’il voulait Yolande James dans Saint-Laurent, mais là, ça donne l’impression que c’est par des manœuvres en coulisses qu’on obtient le résultat qu’on voulait en bout de ligne. Danel Leblanc
« Il y a une opacité autour de tout ce processus-là, de nomination, d’investiture, a déclaré M. Leblanc. Ça va à l’encontre du message de base de Justin Trudeau qui dit que le Parti libéral est un mouvement, devenir membre est rendu gratuit, on veut que les gens s’impliquent, on veut donner une voix aux gens ».
M. Leblanc rappelle qu’une controverse similaire a éclaté dans la circonscription de Markham-Thornhill en Ontario, un autre bastion libéral, où la directrice des nominations au cabinet du premier ministre Mary Ng a été élue.
La candidate Juanita Nathan s'est retirée de la course en soutenant que le parti favorisait Mme Ng. Elle a avancé que plus de 2000 personnes qu'elle avait recrutées comme membres du parti n'auraient pas pu voter à l’investiture parce que le parti a fixé rétroactivement la date limite d'inscription au 14 février, soit la veille du jour où elle a commencé à inscrire des noms dans le système.
La ministre Mélanie Joly avait également profité du prolongement de l’investiture dans la circonscription d’Ahuntsic-Cartierville.
On semble ajuster les règles en fonction du résultat désiré. Daniel Leblanc
Le journaliste soutient que le PLC n’a pas l’apanage de ces apparences de favoritisme et que les autres partis ont procédé de la sorte. Il estime toutefois que ce genre de pratiques nuit à l’image des politiciens auprès d’une certaine frange de l’électorat.