Labeaume refuse d'accueillir une élue gatinoise qui l'avait critiqué lors de sa récente visite en Outaouais

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Jean-Luc Lavallée

Critiqué le mois dernier pour sa visite «partisane» à Gatineau, le maire Régis Labeaume n’a pas l’intention de passer l’éponge sur les propos de la conseillère gatinoise Sylvie Goneau, qui a tenté un rapprochement. Il refuse de l’accueillir à l’hôtel de ville.
  Mme Goneau, qui affrontera le maire Maxime Pedneaud-Jobin aux prochaines élections, avait décrié la visite du maire de Québec, lui reprochant de s’ingérer dans les affaires de Gatineau en plus de participer à un cocktail de financement du parti du maire en soirée. Elle s'était alors publiquement interrogée sur son éthique.
Cette dernière a tenté de rétablir les ponts dans une lettre qu’elle a fait parvenir à M. Labeaume au début du mois de décembre. «Malgré nos divergences d’opinions sur le style de leadership nécessaire à ma ville natale, je crois avoir trouvé un premier élément sur lequel nous pouvons nous entendre», a-t-elle rédigé.
Mme Goneau poursuit en disant vouloir s’inspirer de la gestion rigoureuse des finances de la Ville de Québec, vantant le «résultat remarquable» obtenu sous la gouverne de M. Labeaume, avec qui elle sollicite une rencontre dans la Vieille Capitale.
«Vous ne manquez pas de culot!»
«Le moins qu’on puisse dire, c’est que vous ne manquez pas de culot!» lui a répondu le maire de Québec, qui a refusé sa main tendue.
«Après avoir orchestré un tapage médiatique laissant entendre que je vous avais insultée lors de cette visite, vous cherchez maintenant à m’entraîner dans un autre cirque médiatique avec votre demande de rencontre à Québec.»
Mme Goneau s’était adressée directement au maire Labeaume lors d’un dîner privé avec des élus. Elle avait ensuite dénoncé la rudesse du maire à son égard.
«Votre intervention n’avait pas sa place et, avec mon franc-parler, je vous ai demandé d’en venir à votre question, rétorque le maire de Québec. Mais puisque cet événement était privé, vous aviez beau jeu pour travestir les choses. Mon franc-parler à Gatineau n’est pas différent de mon franc-parler à Québec. Je suis comme je suis», peut-on lire.
«Pourquoi devrais-je croire aujourd’hui que vous vous intéressez soudainement et sérieusement à ces sujets? Auriez-vous connu un chemin de Damas?» largue le maire dans sa missive de deux pages.
«Vous avez tellement décrié les coûts qu’a engendrés ma visite à Gatineau que je m’en voudrais de vous voir dépenser un peu plus de l’argent de vos contribuables pour vous déplacer à Québec», ajoute le maire.
Se disant «bon prince», il propose néanmoins de lui faire parvenir de la documentation sur la restructuration et la diminution de la masse salariale de Québec.
«Toutefois, cette documentation sera transmise à la Direction générale de votre Ville, car je n’ai plus aucune confiance dans l’utilisation que vous pourriez en faire. La Direction générale de Gatineau pourra en faire une copie aux élus qui le désirent.»