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dimanche, décembre 11, 2016

La FTQ favorisera le Parti québécois pour battre les libéraux

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La centrale syndicale a l’intention d’appuyer les candidats qui ont le plus de chances de battre les libéraux, mais refuse de soutenir la CAQ
À moins de deux ans des prochaines élections provinciales, la Fédération des travailleurs du Québec (FTQ) remet sa machine politique en marche. Elle affirme qu’elle fera tout ce qui est en son pouvoir pour déloger les libéraux de Philippe Couillard sans soutenir un parti en particulier, mais tout indique qu’elle incitera ses militants à appuyer le Parti québécois (PQ).
Lors des dernières élections fédérales, la FTQ a ciblé onze circonscriptions où les conservateurs de Stephen Harper étaient susceptibles de l’emporter. Elle est parvenue à leur barrer la route six fois en appelant ses membres à voter stratégiquement pour des candidats néodémocrates ou libéraux.
En entrevue éditoriale au Devoir lundi, les dirigeants de la plus importante centrale syndicale québécoise ont confirmé qu’ils utiliseront la même stratégie en 2018, lorsque les libéraux tenteront de se faire réélire, en ajoutant toutefois une condition.
Pas la CAQ
Aucun parti politique ne sera privilégié, explique le président de la FTQ, Daniel Boyer, « mais en même temps, ça prend un parti progressiste qui défend les valeurs qu’on défend aussi. C’est pour ça qu’on voit mal comment on pourrait appuyer un candidat de la Coalition avenir Québec ».
« On n’ira pas jouer dans les 128 circonscriptions. L’élection va se jouer dans le 450 », ajoute le secrétaire général, Serge Cadieux. C’est pourtant dans les banlieues nord et sud de Montréal que la CAQ a enregistré ses gains les plus importants lors des élections de 2014.
Est-ce à dire que la FTQ appuiera le PQ ? « On n’appuie pas un parti politique. On appuie le candidat qui a le plus de chances de battre les libéraux, répète M. Cadieux. On a déjà appuyé le PQ publiquement. On avait travaillé dans toutes les circonscriptions où le PQ voulait qu’on travaille. Aujourd’hui, on garde notre indépendance. »
Rappeler le bilan libéral
MM. Boyer et Cadieux ont été réélus sans opposition à la tête de FTQ lors du dernier congrès de l’organisation qui s’est conclu vendredi dernier à Montréal. Au cours de leur prochain mandat de trois ans, ils ont l’intention de rappeler à la population le bilan des libéraux de Philippe Couillard, « qui ont désinvesti dans tous les programmes ».
« On sait qu’en santé, les budgets doivent augmenter d’environ 4 % ou 5 % si on veut maintenir le niveau de service et, en éducation, c’est environ 3 %, estime M. Boyer. Les budgets ont effectivement augmenté, mais pas à la hauteur de 4 % ou 5 % en santé et 3 % en éducation. On se retrouve trois budgets plus tard avec 2,4 milliards de moins que ce qu’on avait en 2013-2014 en santé et en éducation. »
Résultats trompeurs
Les dirigeants syndicaux ne sont pas plus impressionnés par la feuille de route économique du Parti libéral. Vendredi, le ministre des Finances, Carlos Leitão, a vu dans le taux de chômage de 6,2 % enregistré au mois de novembre — le plus bas en 40 ans — une preuve que la stratégie économique du gouvernement fonctionne.
Comme l’avait aussitôt fait remarquer le PQ, les dirigeants de la FTQ soulignent que ce résultat s’explique par une diminution de la population active. Pour ce qui est des emplois créés, ils sont souvent à temps partiel et moins bien payés, disent-ils.
« On peut bien avoir des taux de chômage en baisse, mais qu’est-ce qu’on a créé ? », se demande M. Boyer. « Le gouvernement n’a pas été un joueur actif pour la création d’emplois au Québec, renchérit M. Cadieux. Quelle politique a-t-il mise sur pied pour encourager la création d’emplois depuis qu’il a été élu ? J’aimerais ça voir ça. »
Poursuivre la lutte
À plus court terme, la FTQ continuera de militer pour l’augmentation du salaire minimum à 15 $ de l’heure. Son président et son secrétaire général rappellent qu’ils militent en faveur d’une hausse progressive jusqu’en 2021, plutôt qu’immédiate. Ils rejettent du même coup les arguments de ceux qui prédisent des effets dévastateurs sur l’économie et le marché de l’emploi.
La centrale syndicale souhaiterait voir Québec mettre sur pied un plan d’augmentation étalée dans le temps. Elle attend donc avec impatience la prochaine annonce du gouvernement, qui devrait dévoiler la prochaine hausse du salaire minimum d’ici quelques semaines. Serge Cadieux espère une augmentation d’« au moins 50 cents » pour l’année à venir.