jeudi, mai 19, 2016

EXCLUSIF: Le MTQ a saboté le travail de la vérificatrice de Robert Poëti

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Publié par Charles Payette pour 98,5 fm le jeudi 19 mai 2016 à 07h50. Modifié à 08h21.
EXCLUSIF: Le MTQ a saboté le travail de la vérificatrice de Robert Poëti
Robert Poëti/PC
(98,5 FM) - L'analyste embauchée par Robert Poëti pour vérifier les pratiques du ministère des Transports soutient qu'on lui a mis des bâtons dans les roues pour l'empêcher de faire son travail, après que l'ex-ministre ait été congédié par Philippe Couillard en janvier dernier. Elle avance même qu'on a saboté son travail.
ON EN PARLE EN ONDES :
Dans sa lettre de démission, envoyée au chef de cabinet de Jacques Daoust, le 4 avril 2016, Annie Trudel soutient que le ministère lui a refusé « soit ma collaboration, soit le partage d'informations. »
«Tâche impossible»
Après le congédiement de M. Poëti, Mme Trudel explique que le bureau de la sous-ministre lui a rendu la tâche impossible au point où elle ne pouvait plus travailler. « Le BSM ne souhaite pas m'héberger dans ses espaces de travail préférant me garder le plus loin possible de leurs activités, écrit-elle à Pierre Ouellet. Donc, au moment d'écrire ces lignes, des recherches sont effectuées afin de me trouver un petit coin dans l'édifice, en s'assurant que je sois loin de mes sujets d'intérêts. »
Annie Trudel était dans une position plutôt précaire, puisqu'elle avait été embauchée à titre de consultante indépendante détenant un contrat avec le ministère des Transports, au service du ministre et de la sous-ministre Dominique Savoie « en autorité bicéphale », écrit-elle.
Après le départ de Robert Poëti, il semble que ses services n'aient pas été requis par son successeur, Jacques Daoust. « Il était difficile de l'avoir avec nous au cabinet, reconnaît le ministre. M. Poëti avait créé une situation inconfortable pour elle, puisqu'elle relevait à la fois du politique et de la fonction publique. »
«Pas les mêmes priorités»
L'analyste sentait que le ministre Daoust n'avait pas le même appétit pour son travail que son prédécesseur. « À la lumière des développements des dernières semaines, force est de constater que le nouveau cabinet ne semble pas retenir les mêmes priorités ni préoccupations que le cabinet précédent », indique Mme Trudel.
L'ex-vérificatrice soutient dans sa lettre que son arrivée au MTQ, en juillet 2014, ne s'est pas fait sans heurt. « J'ai dû affronter de multiples résistances tout au long des 18 mois de mon mandat, particulièrement en ce qui a trait au partage d'informations ». On lui aurait refusé l'accès à certaines bases de données, documents et employés.
Malgré cette réticence, des fonctionnaires auraient tout de même voulu la prévenir contre « ceux qui tentaient soit de me ralentir, soit de saboter mon travail, raconte Annie Trudel. C'est un secret de polichinelle que plusieurs membres du MTQ souhaitent ardemment mon départ. »
Profond malaise...
Dans les circonstances, Mme Trudel a fait savoir au chef de cabinet de Jacques Daoust qu'elle quittait ses fonctions. « Comme je ne vois plus mon utilité au MTQ et que je ressens un profond malaise à dilapider des fonds publics (…) je vous informe que je mets un terme à mon contrat avec vous ».
Avant de quitter son poste, Annie Trudel avait trouvé le temps de préparer un rapport sous forme de power point qu'elle avait présenté à la sous-ministre, Dominique Savoie. Elle y recommande notamment de « centraliser l'octroi des contrats publics, uniformiser les règles contractuelles, simplifier, standardiser et améliorer la qualité des documents pour tous les donneurs d'ouvrages publics. »
Elle souligne aussi l'importance de limiter le recours aux ex-employés contractuels. « Depuis 2010, note-t-elle, plus de 35 employés du ministère des Transports se sont répartis au moins 70 contrats de consultants, octroyés en majorité de gré à gré ».
Limites légales...
Pourtant, en commission parlementaire, la sous-ministre Dominique Savoie affirmait mercredi qu'elle ignorait cette pratique. « Je n'ai signé aucun contrat de gré à gré. Je n'avais aucune connaissance de ces contrats à d'autres employés », a-t-elle soutenu devant les députés.
Annie Trudel, une ancienne analyste de l'UPAC, disait également qui serait important de « déterminer les limites légales à respecter dans l'échange de renseignements entre le ministère des Transports et l'unité permanente anticorruption ».