dimanche, octobre 18, 2015

Lettre adressée à Philippe Couillard Le ras-le-bol d'une directrice d'école

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Première publication 18 octobre 2015 à 05h45
Le ras-le-bol d'une directrice d'école

Par Daphnée Dion-Viens | Agence QMI
«Je suis directrice d'école. Je ne ferai pas de préambule: noussouffrons, les enfants souffrent, le personnel des écoles souffre
Dans une poignante lettre adressée au premier ministre, dont Le Journal a obtenu copie, une directrice décrit le quotidien de son école primaire, située dans les Cantons-de-l'Est.
Une école «normale» avec des enfants «réguliers».
L'auteure de la missive a demandé à ne pas être identifiée, pour préserver ses élèves. Nous l'appellerons Catherine.

Une journée difficile «typique»

Ce cri du cœur a été rédigé d'un trait, un vendredi soir, après unejournée difficile, mais tout de même «typique», précise-t-elle.
Ce jour-là, deux éducatrices spécialisées se sont fait mordre et cracher au visage par un petit garçon de sept ans.
Pendant ce temps, dans une classe voisine, un autre élève était en crise. Ces deux enfants n'ont pas de diagnostic, pas de code, pas de classe spéciale.
«Que puis-je leur offrir?», écrit Catherine. Elle n'a qu'une éducatrice spécialisée, qui s'occupe déjà à temps plein de deux autres enfants autistes intégrés en maternelle, qu'elle «emprunte» pour gérer les crises.
Son «maigre petit budget» lui permet de payer une deuxième éducatrice spécialisée, mais seulement quatre heures par semaine.
Des «miettes», lance-t-elle. Sans compter tous les autres élèves qui ont aussi des besoins particuliers.

Profs à bout de souffle

L'impact des compressions se fait sentir au quotidien sur les élèves, mais aussi dans les rangs des enseignants, déjà à bout de souffle, ajoute Catherine.
«Sortez vos dollars, monsieur le premier ministre, car l'argent que vous n'avez pas mis dans les mesures d'aide aux écoles, vous allez le payer en congés de maladie. Je n'ai jamais vu autant de gens épuisés en début d'année», écrit-elle.

«Trahie»

Ayant voté pour le Parti libéral aux dernières élections, après avoir lu les plates-formes électorales de chacun des partis, cette directrice d'école se sent aujourd'hui «trahie».
«Jamais on ne m'a présenté pendant la campagne électorale un plan d'austérité et des coupes partout comme ça», lance-t-elle en entrevue au Journal.
«L'école québécoise, dans sa réalité, dans son quotidien, sur le plancher, c'est l'enfant battue du système québécois», conclut-elle dans sa missive.