samedi, septembre 12, 2015

Vente d'électricité: Québec et Toronto visent un contrat de 16 ans

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Publié le 12 septembre 2015 à 05h00 | Mis à jour à 05h00
Kathleen Wynne, première ministre de l'Ontario, et Philippe... (Photo Jacques Boissinot, PC)
PHOTO JACQUES BOISSINOT, PC
Kathleen Wynne, première ministre de l'Ontario, et Philippe Couillard, premier ministre du Québec, en conférence de presse hier à Québec.

Denis Lessard
DENIS LESSARD
La Presse
C'est un contrat à long terme, jusqu'en 2032, que veulent conclure le Québec et l'Ontario pour l'utilisation des surplus d'électricité d'Hydro-Québec. Une telle entente serait une première pour l'Ontario qui, jusqu'ici, n'a jamais acheté son énergie à l'extérieur.
Philippe Couillard et son homologue ontarienne Kathleen Wynne ont signé hier une lettre d'entente, préparant le terrain à une négociation rapide pour ces surplus d'énergie québécoise. On parle d'environ 1000 mégawatts d'énergie, a appris La Presse, un volume qui ne nécessiterait pas de nouvelles installations de transport. Au-delà, les interconnexions existantes qui servent en période de pointe ne suffiraient pas. La construction de lignes supplémentaires aurait une incidence sur le prix de vente. Même à 1000 mégawatts - les surplus du Québec sont de 2400 mégawatts -, le contrat signifierait plusieurs centaines de millions en recettes annuelles. La négociation sur les tarifs n'est pas commencée.
L'Ontario doit trouver de l'énergie à l'extérieur parce qu'elle doit rénover ses centrales nucléaires, des réacteurs CANDU datant des années 70. Elle pourrait combler le déficit en augmentant la production de ses centrales thermiques, mais elle s'est engagée à réduire ses émissions de gaz à effet de serre. Elle devrait en outre débourser davantage parce qu'elle s'est jointe, le printemps dernier, au Québec et à la Californie à la Bourse du carbone.
Les consommateurs ontariens ont été frappés par des hausses importantes de tarifs, et le gouvernement Wynne cherche des sources d'énergie à prix stable avant tout.
Une série d'accords 
L'entente sur l'énergie fait partie d'une série d'accords conclus hier entre les deux gouvernements dans le cadre d'une réunion commune des conseils des ministres. Jean Charest avait amorcé ces rendez-vous en 2008; le gouvernement Couillard s'est rendu à Queen's Park en novembre dernier.
Pour Philippe Couillard, cette collaboration est une réponse à «l'isolationnisme» préconisé par le chef péquiste Pierre Karl Péladeau. Au passage, il a souligné que le «mandat sans droit de regard» mis de l'avant par son adversaire pour la gestion de ses actions de Québecor était une réponse «inadéquate, clairement en deçà de ce qui est nécessaire» pour satisfaire aux exigences de son poste de chef de l'opposition.
D'autres ententes ont été conclues hier. Les deux provinces s'entendent pour libéraliser leurs échanges commerciaux et l'accès réciproque à leurs marchés publics. Il ne sera plus possible de soustraire des enfants à la compétence des organismes de protection des deux provinces, une mesure qui aurait empêché que la secte Lev Tahor n'envoie ses élèves en Ontario pour éviter l'application de la loi québécoise sur la protection de la jeunesse.
Hausse de TVQ?
Finalement, le premier ministre Couillard a apporté un bémol important aux visées de son ministre des Finances, Carlos Leitao, qui envisageait qu'une baisse des impôts soit compensée exclusivement par une hausse de la taxe de vente, conformément à la proposition du rapport de Luc Godbout le printemps dernier.
«On va réduire le fardeau fiscal des Québécois, essentiellement par la baisse des impôts sur le revenu qui nuisent à la croissance économique. M. Godbout propose de le remplacer presque entièrement par la TVQ. On entend d'autres suggestions à la commission parlementaire, on est en réflexion là-dessus», a soutenu M. Couillard.
En point de presse, le ministre Leitao a poursuivi la retraite qu'il avait amorcée la veille en commission parlementaire. Le gouvernement s'est engagé à réduire les impôts en 2017 en abolissant la taxe santé. Il pourrait réduire les impôts plus tôt, dès 2016. Le milliard de manque à gagner serait comblé par des hausses de revenus diverses, des taxes à la consommation, mais pas nécessairement la TVQ, a-t-il expliqué. Le rapport Godbout identifiait 4 milliards de dollars de sources potentielles de revenu, dont 1 milliard venu d'une hausse de 1 point de la TVQ.