samedi, avril 18, 2015

Québec solidaire veut mettre fin à «l’injustice fiscale» qui profite au 1 %

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Québec solidaire veut mettre fin à «l’injustice fiscale» qui profite au 1 %
PHOTO AGENCE QMI, SIMON CLARK
MISE à JOUR 
QUÉBEC |  Près de 450 contribuables gagnant plus de 250 000 $ par année ne payent aucun impôt, dénonce Québec solidaire, qui invite le gouvernement à mettre fin à cette «injustice fiscale».
La formation de gauche a interpellé vendredi le ministre des Finances, Carlos Leitao, sur la question des avantages fiscaux qui, selon elle, profitent principalement au 1 % des Québécois les plus fortunés.
S’appuyant sur le rapport «Statistiques fiscales des particuliers» publié par Revenu Québec, QS soutient que sur les 40 000 contribuables qui ont déclaré des revenus supérieurs à 250 000 $ en 2011, plus de 450 n’ont payé aucun impôt.
Cela s’explique notamment par le fait que les revenus de dividendes et les gains en capital ne sont imposés qu’à 50 %, contrairement aux revenus de travail, qui sont imposés à 100 %.
Grâce aux différents crédits et déductions auxquels elles ont droit, 432 personnes gagnant plus de 250 000 $ ont même réussi à obtenir le crédit d’impôt pour solidarité en 2011.
Le député Amir Khadir y voit une incohérence ainsi qu'une profonde injustice.
«C'est au nom des contribuables moyens, du vendeur de pizzas, de la chef de famille monoparentale [...] c'est au nom de tous ces gens-là qu'on a coupés, à qui on a dit : “serrez-vous la ceinture”, puis la première chose qu'on apprend, c'est que la ceinture est excessivement déliée pour les banques et pour le 1 % des plus riches», a-t-il dénoncé.
Rien qu’en taxant les revenus en dividendes et les gains en capital des contribuables les plus aisés, le gouvernement pourrait aller chercher jusqu’à un milliard de dollars, selon le député de Mercier. Il ajoute que Québec pourrait récupérer un autre milliard en rétablissant la taxe sur le capital des banques et des institutions financières.
Pas le Panama, dit Leitao
Carlos Leitao a toutefois offert une fin de non-recevoir aux propositions de Québec solidaire, arguant que les contribuables les plus riches étaient suffisamment imposés.
«On n’est pas au Panama, on est au Québec, donc le 1 %, les gens à haut salaire payent déjà leur [part]. Nous n’avons pas l’intention de le faire», a-t-il dit.
Le ministre des Finances partage néanmoins les vues d'Amir Khadir sur l’importance de combattre l’évasion fiscale.
«On s’entend là-dessus, mais pour ce qui est d’imposer des mesures fiscales discriminatoires sur des personnes à haut revenu, nous n’avons pas l’intention de le faire», a prévenu M. Leitao.