PUBLIÉ LE JEUDI 30 JUIN 2016 À 16 H 00 | Mis à jour aujourd'hui à 5 h 51
George Achi a quitté Montréal pour s'établir à Toronto. PHOTO : DANNY BRAÜN
Beaucoup d'immigrants francophones quittent la Belle Province faute de trouver un travail, une situation et une culture qui les intègrent. Et souvent, c'est l'Ontario qui leur ouvre les bras.
Ils sont nombreux, ceux et celles qui ont rêvé de s'établir au Québec afin de se refaire une vie en français. Les publicités gouvernementales laissent miroiter des possibilités d'avenir assuré dans leur langue maternelle, avec un processus de sélection qui les avantage.
Rendus ici, ils sont dans bien des cas confrontés à une tout autre réalité. « Au Québec, j'ai été immédiatement mis dans une boîte : celle de l'immigrant francophone, chose que je n'ai pas vécue ici, à Toronto avec les anglophones, même si j'ai un accent en anglais », se souvient George Achi, un Libanais d'origine, naturalisé Français.
Même s'il occupait un bon emploi, il a quitté le Montréal qu'il aimait, mais qui lui rappelait un peu trop les questions identitaires de son passé franco-libanais.
À Toronto, je suis anonyme et je n'ai pas à me poser toutes ces questions que je fuyais et qui finissent par être difficiles à vivre.George Achi
Le couple Sibileau-Brossas, originaire de France, a immigré il y a quelques mois à Mississauga, la banlieue de Toronto. L'entreprise de Thomas Brossas a déménagé ses activités aéroportuaires vers l'aéroport international Pearson de Toronto, le plus important au pays.
Et son épouse, Marine, l'a accompagné.
Au Québec, les gens sont toujours en mode défensif pour la protection de la langue. C'est bien, mais il y a une carapace dure à percer. On laisse moins entrer d'autres cultures.Marine Sibileau
« Toronto est la ville de plein de communautés alors que le Québec est aux Québécois de souche », déplore-t-elle.
Des emplois difficiles à trouver
Une récente étude de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) abonde dans le même sens. Même s'il y a deux fois moins d'immigrants à Montréal qu'à Toronto, où ils représentent plus de 46 % de la population, ils ne trouvent pas d'emploi à leur mesure ou, pire, pas d'emploi du tout, constatent ses auteurs.
Cette « métropole de talent », notent-ils, est pourtant une ville francophone, jeune, universitaire, innovatrice et culturellement vivante. Un paradoxe, conclut l'étude de l'OCDE.
Selon l'OCDE, le taux de chômage des immigrants arrivés à Montréal il y a moins de cinq ans dépasse 18 %, alors qu'il se situe à un peu plus de 14 % chez ceux qui se sont établis dans la Ville Reine. Après 10 ans, les immigrants torontois ont cependant un taux de chômage comparable à l'ensemble de la population montréalaise.
Statistique Canada fait par ailleurs état de disparités linguistiques : 16 % des immigrants unilingues anglophones récemment arrivés au Québec sont chômeurs, un chiffre qui grimpe à 23 % chez ceux qui ne parlent que le français.
Écoutez le reportage de Danny Braun à Désautels le dimanche dès 10 h sur ICI Radio-Canada Première.
Un « francoboom » tout près de Toronto
C'est à Mississauga que Patrick Bertolin a pu trouver un emploi dans son domaine. PHOTO : DANNY BRAÜN
À Mississauga, l'école primaire catholique Saint-Jean-Baptiste vit un véritable « francoboom ». Sur ses terrains, de grands espaces ont été bétonnés pour accueillir six classes mobiles qui répondront aux nouvelles inscriptions.
Les élèves proviennent autant des familles anglophones-francophones mixtes que de celles des nouveaux immigrants désireux de voir leurs enfants apprendre le français, un net avantage en Ontario.
C'est là que Patrick Bertolin, un Camerounais d'origine sélectionné par le gouvernement du Québec, a trouvé un emploi à la hauteur de ses compétences. Une expérience qu'il n'a pas vécue au Québec.
« Si j'avais eu un emploi à ma mesure ou qu'on m'avait appelé ne serait-ce que pour une ou deux entrevues, je serais resté en me disant qu'un jour je vais avoir ma chance », regrette l'enseignant.
Tout ce que j'ai trouvé [au Québec], c'est un emploi la nuit dans les usines ou chez Dollarama à 10 $ l'heure.Patrick Bertolin
« C'est triste, conclut-il. Le gouvernement québécois devrait réaliser qu'il y a un problème. »
Au total, près du quart des immigrants québécois partent vers d'autres provinces canadiennes, principalement l'Ontario
Publié par La Presse Canadienne le samedi 02 juillet 2016 à 09h02. Modifié par Jacques Thériault à 00h00.
Facebook
QUÉBEC - L'animatrice et productrice Julie Snyder a porté plainte à la police de Québec cette semaine, estimant avoir été prise en filature par un ou des enquêteurs privés lorsqu'elle se rendait à sa résidence des Iles-de-la-Madeleine.
Selon La Presse, Mme Snyder était à l'aéroport de Québec lundi dernier, lorsqu'une employée d'un transporteur l'a informée qu'un homme s'étant décrit comme un détective lui avait posé des questions au sujet de ses déplacements.
L'employée a avisé son superviseur. Julie Snyder a alors tenté de parler avec le présumé détective qui a refusé de lui adresser la parole.
L'homme a été photographié et la photo a été transmise à la police. La police a par la suite indiqué que l'enquête n'a pas révélé d'éléments de nature criminelle.
L'homme travaillerait pour une firme d'investigation privée, selon La Presse. Le président de la firme nie formellement avoir participé à la filature de Mme Snyder. (La Presse)
Martine Ouellet, lors du lancement de sa campagne à la direction du Parti québécois à Montréal. (Archives) PHOTO : GRAHAM HUGHES
Les turbulences liées au Brexit ne nuisent pas au projet de référendum dans un premier mandat, a déclaré jeudi la candidate à la direction du Parti québécois Martine Ouellet.
LA PRESSE CANADIENNE
Mme Ouellet a affirmé que l'impact de la décision des Britanniques de quitter l'Union européenne (UE), source d'instabilité politique et économique, est temporaire.
Selon la candidate, la courte victoire de la campagne du « Leave », avec 52 % des votes, ne provoque pas de turbulences supplémentaires.
Mme Ouellet a estimé que la population du Royaume-Uni a su s'affranchir du discours corporatiste des milieux financiers qui prônait le statu quo.
La candidate a fait valoir que la banque centrale britannique avait prévu des réserves de liquidités pour absorber les turbulences des marchés financiers.
Mme Ouellet a rencontré la presse, jeudi, pour présenter son plan d'action préélectoral qui servirait à préparer le terrain pour un référendum sur la souveraineté dans le premier mandat d'un gouvernement péquiste.
Aucun des autres candidats ne s'est engagé, jusqu'ici, à consulter la population sur l'indépendance du Québec après la prochaine élection.
Mme Ouellet a souligné jeudi la force économique du Royaume-Uni pour passer à travers le processus de sortie de l'UE.
« Je pense que tout ça va se placer, je pense que les différents acteurs qui ont des intérêts à protéger se manifestent actuellement, comme ils se sont manifestés », a dit Mme Ouellet dans un point de presse dans les jardins de l'Assemblée nationale.
À la Bourse de Londres, l'indice FTSE 100 était en hausse, jeudi, après avoir rebondi mercredi et réalisé sa plus forte performance en près de cinq ans.