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vendredi, mars 18, 2016

Nooooooon ?!!

http://www.journaldemontreal.com/

MISE à JOUR 
  L’UPAC a frappé, et frappé fort, en arrêtant Nathalie Normandeau. Le message, pour peu qu’on le comprenne bien, est clair: la corruption n’était pas marginale au sein du gouvernement Charest. La classe politique semble ébranlée. D’ailleurs, Philippe Couillard a pris ses distances du précédent gouvernement libéral, en laissant entendre que son parti s’était transformé en profondeur depuis quelques années. C'est possible. On veut bien le croire. Mais chose certaine, une fois la stupeur passée, qui trouve absolument inconcevable les arrestations d’hier? Est-ce qu’ils sont si nombreux ceux qui, jeudi matin, sont tombés en bas de leur chaise en faisant preuve d’un étonnement absolument sincère?
En fait, voyons les choses autrement et allons au-delà des personnes concernées, qui feront affaire avec la justice et qu’il ne nous appartient pas de condamner à sa place. Il s’agit moins, ici, d’une corruption strictement individuelle que d’un système qui semble se révéler. Et on aurait tort de croire, contrairement à ce que laissent croire certains commentateurs, que tous les partis sont également touchés par cette peste. On ne parle pas ici que d’un système de financement des partis politiques mais d’un système plus général de corruption des élites québécoises. Et pour le comprendre, il faut se tourner vers l’histoire.
Évidemment, il y a des individus malhonnêtes dans chaque formation politique. Partout où il  a de l’homme, il y a de l’hommerie. Mais cela dit, les valises d’argent et les enveloppes brunes ne se distribuent pas équitablement. Plus souvent qu’autrement, cela semble toucher le Parti libéral. Non pas parce que les gens qui s’y retrouvent sont individuellement plus mauvais que les autres, même si ce parti attire probablement plus spontanément ceux qui sont travaillés par l’appât du gain et du pouvoir pour lui-même. Mais parce que le PLQ est au cœur d’un système de domination où la corruption joue un rôle structurel.
Il y près de vingt ans, le sociologue Stéphane Kelly écrivait un livre majeur, La petite loterie, où il expliquait comment aux lendemains des insurrections de 1837-1838, les autorités coloniales avaient acheté la loyauté des élites canadiennes-françaises en leur assurant des avantages politiques, sociaux et financiers. C’est le pacte honteux proposé aux élites canadiennes-françaises: elles auront une position privilégiée dans le système fédéral canadien, et jouiront du pouvoir dans la province de Québec, mais en échange, elles devront faire accepter à leur peuple un régime fédéral qui le condamne à une forme de subordination douce et tranquille. En 1867, le système s'est confirmé et institutionnalisé.
Est-ce que les choses ont absolument changé depuis? Depuis, ce système de corruption est entré dans les mœurs et plus souvent qu’autrement, nous ne le voyons plus. De temps en temps, aussi, il se révèle brutalement : c’était le cas lors du scandale des commandites quand on a vu, après le dernier référendum, le gouvernement canadien faire du zèle pour acheter les élites québécoises. Mais même lorsqu’il ne se manifeste pas de manière aussi grossière, il continue de travailler en profondeur notre système politique et de façonner structurellement la formation de nos élites. C’est ce qu’on pourrait nommer l’héritage néocolonial invisible de notre vie politique.  

Budget Leitao : les syndicats déçus, le patronat satisfait

http://ici.radio-canada.ca/nouvelles/Economie/

PUBLIÉ LE JEUDI 17 MARS 2016 À 17 H 35
Bac obligatoire pour les infirmières : la FIQ est inquiète

Les syndicats sont déçus du budget Leitao, estimant que les réinvestissements promis dans les services publics sont trop timides et que même le coup de fouet requis à l'économie n'est pas au rendez-vous.
LA PRESSE CANADIENNE
À leur avis, les réinvestissements en éducation sont trop faibles, puisque la hausse de 3 % du financement n'égale à peu près que l'augmentation normale des coûts du système.
Et dans la santé, il faudra même s'attendre à d'autres compressions, selon les dirigeants syndicaux interviewés, parce que l'augmentation prévue du budget de 2,4 % équivaut à environ la moitié de la hausse normale des dépenses de programmes.
« 2,4 %, ce n'est pas un investissement dans la santé. Ces dernières années, ce sont des coupures qu'il y a eu dans le réseau de la santé », s'est exclamée Régine Laurent, présidente de la Fédération interprofessionnelle de la santé (FIQ).


Le réseau public de santé est sous le respirateur. Il nous reste une inconnue : c'est quelle année que le gouvernement va débrancher le respirateur? Régine Laurent, présidente de la FIQ
Désillusion
Jacques Létourneau, président de la CSN
Jacques Létourneau, président de la CSN (archives)
À la CSN aussi, c'est la désillusion. « On a derrière nous des compressions budgétaires importantes qui se font encore sentir. Est-ce qu'on va remettre à flot le niveau de services? Je ne le crois pas », a conclu le président, Jacques Létourneau.
Il se dit d'autant plus déçu que, selon lui, le gouvernement disposait d'une certaine marge de manoeuvre.


C'est un gouvernement qui avait les moyens de donner un électrochoc à l'activité économique et qui ne l'a pas suffisamment fait.Jacques Létourneau, président de la CSN

Le président de la FTQ, Daniel Boyer, trouve aussi ce budget trop timoré sur le plan de la relance économique.
« On le dit depuis un certain temps : il faut que le Québec se dote d'une véritable politique industrielle digne du 21e siècle. Oui, il faut aider nos entreprises, mais il faut qu'il y ait des obligations qui viennent avec, des obligations en innovation, en amélioration de productivité et surtout en création d'emplois », a lancé M. Boyer.


On aurait souhaité quelque chose avec plus d'envergure pour relancer l'emploi, l'économie. Le président de la FTQ, Daniel Boyer
À la Centrale des syndicats du Québec (CSQ), une centrale qui représente les deux tiers des enseignants du primaire et du secondaire, la présidente, Louise Chabot, se dit grandement déçue, d'autant plus que le premier ministre Philippe Couillard avait annoncé « un signal très fort » en faveur de l'éducation dans ce budget.
Il n'annonce aucun vrai réinvestissement. Alors, comment nous dire que c'est un signal fort?
Louise Chabot, présidente de la CSQ
Selon elle, les sommes annoncées ne feront que maintenir les acquis, non pas réparer les compressions passées et encore moins développer le réseau.
Quant à Pierre Blain, du Regroupement provincial des comités d'usagers, il s'est insurgé contre le fait que la plus grande part des sommes annoncées en santé sera consacrée au personnel dans la santé et non aux services, comme les soins à domicile.
Tout savoir sur le budget du Québec
Un patronat plutôt rassuré
Pour leur part, les représentants des entreprises se montrent satisfaits du budget Leitao, compte tenu de la marge de manoeuvre limitée dont disposait le gouvernement du Québec, selon eux.


Malgré des moyens encore limités du gouvernement, on voit que c'est un budget "manufacturier". Éric Tétrault, président des Manufacturiers et exportateurs du Québec
« Il y a entre autres pour l'innovation près de 400 millions pour nous là-dedans pour des projets d'automatisation, de robotisation, de numérisation. Ça, ça urge », a indiqué le président des Manufacturiers et exportateurs du Québec, Éric Tétrault.
Il rappelle qu'avec les différents accords touchant la libéralisation des échanges, les entreprises ont intérêt à être plus productives et qu'elles avaient besoin d'un coup de pouce à ce chapitre.
La présidente de la Fédération des chambres de commerce du Québec, Françoise Bertrand
La présidente de la Fédération des chambres de commerce du Québec, Françoise Bertrand (archives)
« Le gouvernement nous a entendus, mais les moyens sont encore limités », a laissé tomber en entrevue Françoise Bertrand, de la Fédération des chambres de commerce du Québec.
Elle souligne particulièrement le rabais du tarif d'électricité dont pourront bénéficier les grandes entreprises consommatrices à certaines conditions.
Yves-Thomas Dorval, président-directeur général du Conseil du patronat du Québec, se réjouit aussi du fait que les entreprises seront en mesure de voir à plus long terme.


C'est assez exceptionnel, on n'a jamais vu ça au Québec : une prévision de budget pour les cinq prochaines années.Yves-Thomas Dorval, PDG du Conseil du patronat du Québec
Bien que le gouvernement ne disposait pas d'une marge de manoeuvre extraordinaire pour investir dans les nouvelles initiatives, « il le fait cependant, et il le fait dans l'éducation, l'innovation, l'exportation; il le fait dans plusieurs domaines, mais ces mesures sont réparties dans le temps, parce que la marge de manœuvre est faible », a justifié M. Dorval.
Il apprécie tout de même cette modération et cette prudence.
Du côté de la Fédération canadienne de l'entreprise indépendante, qui représente des petites et moyennes entreprises, la vice-présidente principale, Martine Hébert, s'est réjouie du fait que Québec n'ait pas privilégié seulement certaines entreprises avec ses mesures.


On a toujours préféré des mesures d'intérêt général à des mesures ciblées. Les crédits d'impôt, les subventions, par exemple, ce sont toujours des mesures qui s'adressent à certaines entreprises avec certaines caractéristiques pour faire certaines choses, alors que les allègements fiscaux bénéficient à l'ensemble des entreprises, qui peuvent, après, décider elles-mêmes où elles vont investir.Martine Hébert, vice-présidente principale de la Fédération canadienne de l'entreprise indépendante
Elle cite en exemple l'accélération de la réduction de la contribution au Fonds des services de santé pour les petites entreprises ayant une masse salariale de moins de 1 million de dollars. « On peut très bien présumer qu'il y a plusieurs, plusieurs PME au Québec, dans plusieurs secteurs d'activités, qui vont bénéficier de cette mesure-là », a opiné Mme Hébert.

Des enfants forcés de lutter sans avocat contre leur expulsion

http://www.lapresse.ca/international/etats-unis/

Publié le 18 mars 2016 à 06h00 | Mis à jour à 07h19
Selon le Washington Post, plus de 40 % des... (Photo Jose Luis Gonzalez, Reuters)
PHOTO JOSE LUIS GONZALEZ, REUTERS
Selon le Washington Post, plus de 40 % des mineurs non accompagnés soumis à des procédures d'expulsion entre juillet et décembre 2014 n'avaient pas d'avocat.

MARC THIBODEAU
La Presse
Des milliers de migrants mineurs venus d'Amérique latine, parfois âgés seulement de 3 ou 4 ans, doivent se « défendre » sans avocat devant les tribunaux d'immigration américains chargés de statuer sur leur demande d'asile et leur éventuelle expulsion.
Cette situation « absurde » est contestée par des organisations de défense des droits humains, qui tentent de forcer le gouvernement à leur assurer une défense juridique digne de ce nom.
« Pour ces enfants, la décision du tribunal est une question de vie ou de mort qui est prise sans que l'ensemble des éléments de leur dossier puisse être considéré », souligne Clara Long, qui enquête sur le système d'immigration américain pour Human Rights Watch.
L'organisation vient de déposer un mémoire d'appel en appui à l'American Civil Liberties Union (ACLU), qui a lancé en 2014 une demande en recours collectif visant à corriger la situation.
Les États-Unis sont confrontés depuis quelques années avec un afflux sans précédent de migrants mineurs qui arrivent non accompagnés à la frontière sud du pays après une périlleuse traversée, souvent effectuée avec des passeurs.
Ils viennent du Mexique ou encore du Salvador, du Honduras et du Guatemala, où des gangs criminels font régner la peur.
La plupart des enfants sont placés, à leur arrivée sur le sol américain, chez des proches déjà installés au pays en attendant qu'une décision sur le fond puisse être prise quant à leur statut.
Les familles n'ont souvent pas les moyens de payer un avocat et doivent compter sur l'aide de l'État, qui ne répond pas à la demande, ou sur les initiatives privées de juristes agissant bénévolement. Des milliers de mineurs, au bout du compte, n'ont pas d'avocat et doivent se présenter seuls devant un juge, même lorsqu'ils sont très jeunes. Leur connaissance de l'anglais est souvent déficiente.
« Ces enfants n'ont évidemment pas les capacités requises pour comprendre les procédures complexes qui sont engagées. Même des adultes s'y perdraient », déplore Clara Long, de Human Rights Watch.
Elle évoque un cas récent survenu dans la région de San Francisco, où un jeune migrant terrorisé de 5 ans a dû subir une audience, « Sa réaction à la cour a été de se cacher sous la table », note la représentante de Human Rights Watch.
Le gouvernement américain fait valoir qu'il n'existe aucune obligation constitutionnelle pour lui de fournir un avocat à chaque migrant mineur qui arrive au pays.
Le ministère de la Justice fait valoir, par ailleurs, qu'une telle obligation entraînerait des coûts exorbitants pour les contribuables.
Dans une déclaration sous serment déposée en cour, un haut fonctionnaire du inistère a fait valoir récemment qu'il était possible, même pour de jeunes enfants, de comprendre suffisamment les lois d'immigration pour se défendre efficacement.
« J'ai littéralement enseigné le droit d'immigration à des enfants de 3 ou 4 ans. Ça prend beaucoup de temps. Ça prend beaucoup de patience. Ils comprennent. Ce n'est pas la manière la plus efficace de procéder, mais ça peut être fait », a plaidé Jack H. Weil, un ex-juge d'immigration qui forme aujourd'hui d'autres magistrats.
Sa position a été tournée en ridicule par des experts en psychologie infantile, qui relèvent que les enfants de 3 ou 4 ans sont capables normalement de formuler des phrases simples et de construire des tours de blocs, pas de naviguer dans les arcanes d'un complexe système judiciaire.
« Criante injustice »
Tant Human Rights Watch que l'ACLU font valoir que le droit international et la jurisprudence de plusieurs États étrangers établissent sans ambiguïté qu'il est nécessaire de fournir une aide juridique à des mineurs pour leur assurer un processus « équitable ».
Risa Kaufman, du Columbia Law school, note que de nombreux traités, signés ou ratifiés par les États-Unis, reconnaissent qu'ils risquent, dans le cas contraire, d'être victimes d'une « criante injustice ».
L'obligation des États-Unis, notent les activistes, est renforcée par le fait que les mineurs fuyant vers les États-Unis tentent souvent d'échapper à la violence des gangs et risquent de se retrouver en danger s'ils sont retournés dans leur pays d'origine.
Mme Long estime que l'administration américaine « veut croire » que le processus judiciaire subi par les migrants mineurs est « équitable », de manière à ne pas avoir à confronter les retombées politiques d'une approche plus conciliante.
Selon le Washington Post, plus de 40 % des mineurs non accompagnés soumis à des procédures d'expulsion entre juillet et décembre 2014 n'avaient pas d'avocat.
« L'approche du gouvernement est certainement politique. Mais elle est aussi illégale et dangereuse », note la représentante de Human Rights Watch.