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vendredi, juin 12, 2015

À lire au moins une fois et à partager à l'infini

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--- À lire au moins une fois et à partager à l'infini ---
Salut, Jérémie,
On se voit pas très souvent. Je suis toujours à courir à gauche et à droite. J’essaie de faire ma petite part pour l’indépendance. J’écris des articles, je prépare un film, je fais des discours un peu partout. Hull, Trois-Rivières, Sherbrooke, Québec. Je mets l’épaule à la roue, comme on dit. Un simple militant parmi tant d’autres dans la lutte commune.
J’arrive à la maison, le soir, mort de fatigue. Des fois déprimé à mort, d’autres fois chargé à bloc. Quand je te change de couche, tes sourires et tes guili-guili me remontent le moral. Je t’écoute rire et ma fatigue disparaît. Je te regarde me regarder, l’air heureux, et je suis heureux à mon tour. Je renais à la vie. Tu me redonnes le goût de continuer à me battre. Un bon départ pour un ti-cul de trois mois!
Dans quinze ou vingt ans, tu liras peut-être cette lettre. À ce moment-là, ton père sera devenu un vieil homme. Vainqueur ou vaincu, peu importe. Au moins, tu sauras qu’il n’a pas reculé, qu’il n’a pas courbé la tête, qu’il ne s’est pas écrasé bêtement par paresse ou par lâcheté. Tu sauras qu’il s’est battu pour la cause de la liberté comme tu devras te battre à ton tour. C’est la loi des hommes, la loi de la vie.
Cette lutte pour la libération de notre pays dure depuis deux cent trente-cinq ans. Avec des hauts et des bas. Des défaites graves, parfois des victoires. Des moments d’enthousiasme. De longues périodes de repli et d’écrasement. Bien des combats, mais aussi des reculs déshonorants. Et pourtant!
Nous résistons toujours. Depuis 1760, nous continuons à résister.
Nos ennemis sont puissants. Ils ont le pouvoir, l’argent, la force. Nous n’avons que nos rêves, notre volonté, notre détermination. Ils ont la télévision, la radio, les journaux. Nous n’avons que nos bras, nos jambes et nos cerveaux. Ils ont la loi, le nombre, le poids de ce qui a été et de ce qui est. Nous n’avons que l’imagination, le courage, l’espoir. Nous avons la force de ce qui demande à être, la force de ce qui sera. Comme la fleur qui pousse dans une craque d’un mur de béton. Le mur finira par s’écrouler.
Nous pouvons vaincre. Nous devons vaincre. Pas le choix. Le temps nous est compté. Nous sommes au pied du mur. L’indépendance n’est pas une lutte constitutionnelle, comme aime à le répéter le bouffon à la gueule croche, mais une lutte pour la vie ou la mort. Et la mort des peuples, c’est aussi la mort de quelqu’un.
Nous pouvons vaincre. Si nous le voulons. Seulement si nous le voulons. Notre pire ennemi, c’est nous-mêmes. Notre paresse. Notre stupidité. Notre manque de constance. Notre sens congénital de la culpabilité. Notre manque de confiance.
Y a des jours, Jérémie, j’ai l’impression qu’on n’y arrivera jamais. Je regarde aller nos élites, comme certains se nomment eux-mêmes, et ça me donne envie de vomir. La petitesse de ceux qui nous trahissent et nous vendent, depuis plus de deux cents ans, pour quelques médailles et une poignée de dollars me lève le cœur. La mollesse de ceux qui tentent de résister et de défendre le peu qu’il reste à défendre me désole. C’est vrai que souvent notre seul accès au réel passe par les journalistes à gages ou les autres, cyniques et désabusés, qui à force de vouloir avoir l’air objectifs penchent toujours du côté du plus fort. Entre le fort et le faible, entre l’exploiteur et l’exploité, entre le colonisateur et le colonisé, il n’y a pas de place pour ce qu’ils appellent doctement l’objectivité. Cette pseudo-objectivité est en soi un choix politique. C’est une trahison. On est d’un bord. Ou de l’autre.
Mais il y a plus grave encore que la mollesse des chefs. Il y a la mollesse du peuple. La mollesse de ceux qu’on appelle les mous, qu’on traîne comme un boulet et qui nous entraînent vers le fond comme des bottines de ciment. Notre propre mollesse. À chacun d’entre nous. Nos querelles intestines. Nos divisions incessantes. Ce ton pleurnichard et enfantin dans la défense corporatiste des petits intérêts de chacun, jeune ou vieux. Moi. Moi. Moi. Toujours moi. Toujours des consommateurs. Jamais des citoyens responsables. Responsables d’eux-mêmes, des autres, de la société, du pays. Mes privilèges, mes droits. Toujours. Jamais mes devoirs.
Où sont-ils les intellectuels, les artistes, les savants ? Où sont-ils les artisans, les ouvriers, les syndicalistes ? Où sont-ils les cultivateurs, les étudiants, les jeunes travailleurs ? Et les autres ? « Où êtes-vous donc, bande de câlices ? » comme disait le cinéaste Gilles Groulx.
Au baseball ? Au centre commercial ? À Paris ? À New York ? Chez Citadelle, en train d’acheter une piscine hors-terre ? Dans le garage en train de faire reluire un tas de tôle ? Dans la cour en train d’éliminer les pissenlits à grands coups d’insecticide ?
Chacun est responsable. Personnellement. Responsable de tous. Responsable de tout. Quelles que soient sa langue, son origine ethnique et la couleur de sa peau. Il y a un prix pour la victoire. Il y a un prix pour la défaite. Le moment venu, chacun devra rendre des comptes.
Dans quinze ou vingt ans, Jérémie, je ne sais pas trop où tu en seras. Mais je sais une chose : aujourd’hui, moi, je vais me battre. Avec passion. Avec rage. Avec méchanceté. Comme un chien. Avec les dents et les griffes. Je vais me battre avec d’autres, plein d’autres qui eux aussi veulent se battre, écœurés de perdre.
J’en ai assez. Cette fois-ci, il n’est pas question de reculer. Nous pouvons vaincre. Il s’agit de le vouloir.
Salut, Jérémie ! Je te laisse sur ces deux citations :
« Cela ne pourra pas toujours ne pas arriver. » (Gaston Miron)
« By any means necessary » (Malcolm X)
Ton père
Pierre Falardeau
« Salut, Jérémie », « La liberté n’est pas une marque de yogourt », Montréal, Les Éditions internationales Alain Stanké, Essais 10/10, numéro 119, 2000, pp. 224-226

Jean Charest de retour sur la scène fédérale ?

http://www.985fm.ca/national/nouvelles/

Publié par Charles Payette pour 98,5 fm le vendredi 12 juin 2015 à 07h15. Modifié à 09h29.
Jean Charest de retour sur la scène fédérale ?
Cogeco Nouvelles
(98,5fm) - Dans une semaine marquée par le retour de Gilles Duceppe, des rumeurs circulent quant à la possibilité de revoir l'ancien premier ministre du Québec, Jean Charest, se lancer dans l'aventure fédérale sous la bannière conservatrice.

C'est ce qu'avançait le chroniqueur Jean Lapierre, ce matin. Ce dernier avait été le premier à annoncer le retour de Duceppe à la barre du Bloc québécois.
On en parle en ondes :
Écouter
Mis en ligne le vendredi 12 juin 2015 dans Puisqu'il faut se lever avec Jean Lapierre
«Y a du monde autour de Jean Charest qui commence à s’activer», a lancé Lapierre à la grande surprise de l'animateur Paul Arcand qui lui demandait si la rumeur était fondée.
«Au parti conservateur, oui. En tout cas, plusieurs le voient là et il ne dit pas non. La rumeur est sérieuse, mais il faut attendre de voir ce qu’il y aura dans le rapport de la Commission Charbonneau. Ça pourrait être un empêchement», précisait le chroniqueur politique lors de sa dernière intervention de la saison à l'émission matinale du 98,5fm.
Au pouvoir comme chef du parti libéral de 2003 à 2012, le gouvernement de Jean Charest a été aux prises avec plusieurs scandales de corruption relativement au financement des partis politiques du Québec.
Au préalable, il avait été Vice-premier ministre du Canada en 1993, puis chef du Parti Progressiste-conservateur jusqu'en 1998.

Québec émettra un certificat de sélection pour Raif Badawi

http://ici.radio-canada.ca/nouvelles/politique/

Mise à jour le jeudi 11 juin 2015 à 21 h 07 HAE
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Raif Badawi  Photo :  Amnistíe internationale

Exclusif - Le ministère québécois de l'Immigration émettra vendredi un certificat de sélection pour le blogueur saoudien Raif Badawi, détenu en Arabie saoudite. Ce certificat permettra d'accélérer les procédures d'immigration s'il est libéré.
Le gouvernement du Québec a avisé son vis-à-vis fédéral de ses démarches.
En février dernier, l'Assemblée nationale avait adopté à l'unanimité une motion revendiquant la libération du blogueur saoudien, emprisonné depuis 2012.
Le texte stipulait que l'Assemblée demandait aux gouvernements du Québec et du Canada de faire tout leur possible pour obtenir la libération de Raif Badawi et lui permettre de rejoindre sa famille qui vit à Sherbrooke.
M. Badawi n'étant ni Québécois ni Canadien, l'intervention politique et diplomatique demeure fort limitée dans un cas comme celui-là.
« Il est clair qu'on ne peut pas aller là-bas et le ramener. Il faut être conscient de cette réalité, mais plus le monde démocratique va manifester son indignation, son soutien pour cette famille, plus on a de chances d'y arriver », avait alors commenté le premier ministre Philippe Couillard en rappelant « qu'il y a beaucoup de gens en Arabie saoudite qui partagent nos opinons sur cette question ».
Dimanche dernier, malgré les pressions internationales, la Cour suprême d'Arabie saoudite a maintenu la peine imposée au blogueur.
Pour avoir critiqué le régime saoudien et l'islam, le tribunal a confirmé que M. Badawi devra purger sa peine de 10 ans de prison et qu'il recevra les 1000 coups de fouet auxquels il a été condamné dans sa peine initiale.
Au lendemain de cette décision, le gouvernement du Québec et Amnistie internationale ont pressé Ottawa d'en faire davantage pour obtenir la libération de M. Badawi.
La ministre québécoise des Relations internationales, Christine St-Pierre, a déclaré pour sa part que le Canada devrait « prendre le leadership » de la cause Badawi qui, rappelait-elle, suscite un mouvement d'appui partout dans le monde.
Le certificat de sélection :

Bien qu'on leur délivre un certificat de sélection du Québec, les candidats ne font pas l'objet d'une sélection. Ils obtiennent la résidence permanente grâce à l'engagement auquel un de leurs proches parents, domicilié au Québec, souscrit en leur faveur.

Ce parent s'engage, par un contrat de parrainage, à pourvoir aux besoins essentiels de la personne parrainée.
Avec les informations de Martine Biron