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lundi, mai 04, 2015

UN PROF TENTE D’IMMOLER SON ÉLÈVE

http://www.parismatch.com/Actu/Faits-divers/

Un prof tente d’immoler son élève
© REUTERSChristian-Hartmann

Le 04 mai 2015 | Mise à jour le 04 mai 2015


Un homme a été mis en examen et écroué dimanche pour tentative d’assassinat et séquestration de mineur. Professeur particulier, il est soupçonné d’avoir tenter d’immoler son jeune élève de 13 ans, dont il avait fréquenté la mère. C’est par dépit amoureux qu’il aurait agi.
Le «dépit amoureux» l’a poussé à commettre l’irréparable. Dimanche, un homme de 54 ans a été mis en examen et écroué pour tentative d'assassinat et séquestration de mineur. Le suspect, professeur particulier, est soupçonné d’avoir voulu immoler par le feu son élève, à Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine). Le jeune garçon de 13 ans était le fils d’une femme que le professeur particulier avait fréquenté. «Il a ou avait été le petit-ami de la mère. Il a apparemment agi par dépit amoureux», a expliqué une source policière à l’AFP.
Le suspect, qui souffre de brûlures importantes, s'est vu notifier sa détention provisoire sur son lit d'hôpital, depuis lequel il avait été placé en garde à vue et entendu dans la matinée par les enquêteurs de la police judiciaire des Hauts-de-Seine.
IL A ASPERGÉ L'ENFANT D'ESSENCE
Mercredi, en fin d'après-midi, cet homme de 54 ans était venu chercher le garçon de 13 ans à son domicile pour le ramener ensuite chez lui: «A peine arrivés, il n'a rien trouvé de mieux que de le bâillonner avec du chatterton et de l'asperger d'essence», avait relaté une autre source policière.
Alertés par la mère de l'adolescent, la police et les secours étaient arrivés sur place vers 19H30, constatant immédiatement des émanations gazeuses et une forte odeur d'essence. Les coups frappés à la porte restés sans réponse, le gaz avait été coupé et les forces de l'ordre étaient entrées de force dans le logement vers 20H15. En voyant les policiers, l'homme a tenté de s'immoler par le feu tandis que l'adolescent en a profité pour rejoindre les officiers de police venus à son secours.

L'adolescent, légèrement brûlé et «particulièrement choqué», et sa mère, elle aussi en état de choc, avaient été conduits à l'hôpital Ambroise-Paré, situé dans la ville.

DES EX-OTAGES DE BOKO HARAM RACONTENT LEUR CALVAIRE

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Des ex-otages de Boko Haram racontent leur calvaire
© Afolabi Sotunde / Reuters

Le 04 mai 2015 | Mise à jour le 04 mai 2015


L’armée nigériane a annoncé dimanche avoir libéré près de 700 femmes et enfants en moins d’une semaine dans la forêt de Sambisa, repaire de Boko Haram dans le nord-est du pays. Certains ex-otages racontent aujourd’hui leur calvaire.
Ils ont été prisonniers du groupe islamiste Boko Haram pendant de longs mois dans le nord-est du Nigeria. Aujourd'hui, les femmes racontent leur calvaire, la faim, les privations et les menaces. Tous ont été sauvés la semaine dernière des insurgés qui les retenaient dans un de ses fiefs : la forêt de Sambisa. Traumatisés et souffrant de sous-nutrition, les 700 ex-otages ont été confiés à l'Agence nationale de gestion des urgences (NEMA) pour un soutien post-traumatique et une réinsertion sociale. Dimanche soir, les autorités ont annoncé avoir transféré dans un camp de déplacés 275 femmes et enfants dans la capitale de l’État d'Adamawa, Yola.
Ce lundi, l’heure est à la confession. Certaines femmes souhaitent raconter leur calvaire. L’une d’entre-elles se nomme Binta Abdullahi. Âgée seulement de 18 ans, elle avait été enlevée dans son village près de Madagali, dans le nord de l’État d'Adamawa, il y a plus d'un an. Elle a retrouvé la liberté mais d'autres ont eu moins de chance lorsque l’armée est arrivée. «Quand les militaires ont donné l'assaut au camp où nous étions détenus, nos ravisseurs nous ont dit de nous réfugier sous les arbres et buissons pour échapper aux bombardements de l'armée», a déclaré la jeune femme à des journalistes à son arrivée à Yola. «Des femmes qui s'étaient cachées sous les arbres ont été écrasées par des chars qui avançaient sans savoir qu'elles étaient là. Les combattants de Boko Haram ont été maitrisés et nous avons été sauvés. Les soldats ont alors fait monter dans des véhicules ceux qui étaient trop faibles ou malades et ont demandé aux autres de marcher derrière eux pour éviter les mines posées par Boko Haram un peu partout. Trois femmes au moins et des soldats ont été tués dans l'explosion d'une mine sur laquelle une femme avait marché», a confié, émue aux larmes, la jeune femme.
DES MARIAGES FORCÉS ET DES SÉVICES SEXUELS
Binta Abdullahi a été détenue en deux endroits différents avant d'être emmenée dans la forêt de Sambisa le mois dernier. Elle est notamment passée par le «quartier général» de Boko Haram à Gwoza, une ville du nord-est du Nigeria où le groupe a fait allégeance à l'organisation État islamique. Ses deux sœurs, également kidnappées, ont réussi à s'enfuir mais elle a choisi de rester. Binta avait recueilli trois enfants âgés de trois à quatre ans dont les mères ne figuraient pas parmi les captives. Elle ne «pouvait pas les abandonner». Son témoignage raconte ensuite les «mariages forcés», les «sévices sexuels» et les «pressions psychologiques» quotidiennes. Certaines ont même été obligées d'aller combattre sur le front. «Ils nous ont demandé d'épouser des membres de Boko Haram mais nous leur avons dit qu'il n'en était pas question parce que nous étions déjà mariées», a confié Binta à l’AFP. «Ils nous ont répondu alors qu'ils nous vendraient comme esclaves le moment venu».
Une autre femme, Lami Musa, 19 ans, originaire de Chibok, était enceinte de quatre mois lorsqu’elle a été enlevée. C'est dans ce village que le groupe islamiste a enlevé plus de 200 lycéennes l'an dernier, un rapt qui a bouleversé le Nigeria et ému bien au-delà de ses frontières. Cet enlèvement est devenu le symbole des rapts auxquels se sont livrés les insurgés qui, selon Amnesty International, ont enlevé environ 2.000 femmes depuis début 2014. Lami Musa aurait du être mariée de force après son accouchement mais par chance, comme elle le raconte, elle a été sauvée «le lendemain de son accouchement».
Ces 700 otages sont à présent en sécurité. Ils sont fatigués, traumatisés… Il faudra du temps pour effacer les plaies. De la nourriture, des matelas, des couvertures, des moustiquaires, et du savon ont été distribués aux femmes et aux enfants. Une première étape pour commencer une nouvelle vie.

dimanche, mai 03, 2015

La collusion persisterait dans la banlieue nord

http://www.journaldequebec.com/

L’ex-entrepreneur Lino Zambito dit que rien n’est réglé dans des villes comme Blainville, Saint-Jérôme et Mirabel

Lino Zambito a été le premier témoin vedette de la commission Charbonneau. .photo mélanie colleu
PHOTO JOURNAL DE MONTRÉAL, MÉLANIE COLLEU
Lino Zambito a été le premier témoin vedette de la commission Charbonneau. 

Mélanie Colleu
La collusion et la corruption persistent dans certaines municipalités qui sont passées entre les mailles du filet de la commission Charbonneau, affir­me l’ancien témoin vedette Lino Zambito.
«Dans plusieurs villes de la banlieue nord, qui n’ont pas été éclaboussées devant la commission d’enquête, c’est toujours pareil. Pas forcément à 100 %, mais, dans certains endroits, ça fonctionne encore comme ça», a laissé tomber l’ancien entrepreneur en entrevue avec Le Journal.
Selon les dires de M. Zambito, les secteurs de Blainville, Saint-Jérôme ou encore Mirabel seraient touchés.
Plusieurs entreprises de construction et de génie civil de petite ou moyenne taille, qui n’ont pas été «écorchées» lors des audiences publiques de la commission Charbonneau, «continuent leur petite routine» comme si de rien n’était en s’arrangeant pour décrocher des contrats publics municipaux ou provinciaux, a-t-il expliqué.
«Dans le déneigement, pas plus tard que cet hiver, je peux vous dire que ça s’est poursuivi», a-t-il déclaré.
«Manque de crédibilité»
Par ailleurs, des entreprises «collusionnaires» bénéficieraient encore de gonflements d’extras non justifiés après leurs travaux. Et certaines municipalités favoriseraient toujours des compagnies qui sont dans leurs bonnes grâces, a-t-il ajouté.
Le maire de Mirabel, Jean Bouchard, en poste depuis 18 mois, s’est dit complètement estomaqué par les déclarations de M. Zambito, martelant haut et fort que la collusion n’existe pas sur son territoire. «Tous nos contrats sont octroyés en bonne et due forme selon la loi. S’il y a un maire qui n’en veut pas, de corruption, c’est bien moi! M. Zambito devrait s’expliquer avant d’entacher la réputation d’une ville, c’est un personnage qui manque de crédibilité»,
a-t-il lancé. Saint-Jérôme et Blainville n’ont pas rappelé Le Journal.
Plus de deux ans après ses révélations fracassantes, le tout premier témoin-clé de la commission Charbonneau s’impatiente. «Veut-on enrayer la corruption ou simplement faire un show de boucane?», demande-t-il.
En septembre 2012, Lino Zambito a vidé son sac. Il a reconnu avoir pris part à un «cartel des égouts» pour obtenir des contrats de la Ville de Montréal.
En échange, il versait une ristourne à la mafia, ainsi qu’au parti de l’ex-maire, Gérald Tremblay. Il a également expliqué que le même genre de système sévissait à Laval, où l’ancien maire Gilles Vaillancourt percevait 2,5 % de la valeur des contrats octroyés.
Une lutte quotidienne
«La commission Charbonneau a fait un bon bout de chemin, mais c’est à l’Unité permanente anticorruption de continuer et au gouvernement de mettre en place des barrières. La collusion, c’est comme l’alcoolisme, c’est une bataille de tous les jours», affirme l’ancien propriétaire d’Infrabec.
Éclaboussées de toutes parts au cours des dernières années, Montréal et Laval ont aujourd’hui établi des mesures de contrôle et les grandes entreprises se tiennent désormais à carreau, admet-il.
«Mais ce n’est qu’une question de temps pour que le business redevienne comme il était», assure M. Zambito.

Trois questions à Lino Zambito

Qu’avez-vous pensé des travaux de la commission Charbonneau ?
La CEIC avait sa raison d’être et elle peut tirer un bilan positif. Elle a réussi à démasquer les systèmes de collusion/corruption dans l’octroi des contrats municipaux, les prête-noms, le financement politique. Mais les enquêteurs et les procureurs avaient des preuves — notamment électroniques — pour attaquer davantage le provincial, que ce soit le Parti libéral du Québec ou le Parti québécois. Ils ont décidé de mettre ça sur tablette.
Vous avez été arrêté par l’UPAC en 2011 aux côtés, notamment, de l’ex-maire de Boisbriand, Robert Poirier et de l’ex-v.-p. de Roche, France Michaud. Tous deux subissent leur procès pour fraude et complot présentement alors que le vôtre commencera en mai. Êtes-vous prêt ?
Oui, et confiant. Depuis deux ans, je travaille à temps plein pour préparer mon procès. On a été arrêtés en 2011 parce qu’une commande politique a été passée par le PLQ pour que Marteau fasse des arrestations afin de calmer les pressions en faveur de la tenue de la commission Charbonneau. La frappe était prématurée. Ils n’avaient même pas recueilli toute la preuve et ils l’ont patchée au dossier par après. J’ai mes torts, mais cette affaire a été bâclée. On n’a même pas eu droit à une enquête préliminaire.
Comment envisagez-vous l’avenir ?
J’aimerais agir comme consultant en construction dans le domaine privé et, pourquoi pas, donner des conférences dans les universités du Québec. Je pourrais expliquer mon expérience, comment tu peux embarquer dans un système malgré tes bonnes intentions de départ. J’aimerais aussi écrire un livre.