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jeudi, janvier 26, 2017

Naufrage définitif du projet d'hydrolienne

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EXCLUSIF
Publié le 26 janvier 2017 à 05h00 | Mis à jour à 05h00
Une hydrolienne est testée dans les installations de... (PHOTO FOURNIE PAR BOEING, ARCHIVES LA PRESSE)
Une hydrolienne est testée dans les installations de RER Hydro, en 2012. Le partenariat prévu entre RER, Hydro-Québec et Boeing était à l'origine un projet de 130 millions.
PHOTO FOURNIE PAR BOEING, ARCHIVES LA PRESSE
Denis Lessard
DENIS LESSARD
La Presse
(QUÉBEC) C'est la fin, irrévocable, du projet d'hydrolienne que le gouvernement Marois avait approuvé une semaine avant les élections générales. Québec exige que les propriétaires sortent carrément du fleuve la turbine de 120 tonnes immergée sous le pont de la Concorde, qui « tourne de façon incontrôlée » et « représente un danger pour la faune aquatique ».
Des employés de RER Hydro procèdent à l'inspection... (PHOTO FOURNIE PAR BOEING, ARCHIVES LA PRESSE) - image 1.0
Des employés de RER Hydro procèdent à l'inspection d'une turbine, en 2012.
PHOTO FOURNIE PAR BOEING, ARCHIVES LA PRESSE
Une hydrolienne de l'entreprise RER, en 2010... (Photo André Pichette, Archives La Presse) - image 1.1
Une hydrolienne de l'entreprise RER, en 2010
PHOTO ANDRÉ PICHETTE, ARCHIVES LA PRESSE
En novembre dernier, une lettre conjointe des ministères de l'Environnement, de l'Énergie et de la Faune, que La Presse a obtenue, exigeait le retrait de cet équipement en décembre 2016. Or, la missive de Québec à Télésystème Énergie ltée est restée lettre morte. La firme de Charles Sirois, cofondateur de la Coalition avenir Québec, qui était responsable en 2003 de la sélection des candidats du Parti libéral du Québec, n'a pas davantage répondu à la demande de Québec, qui exige des redevances pour l'utilisation de l'eau, prévues par la loi.
Québec souligne avoir fait preuve de « tolérance tant que les loyers et redevances étaient acquittés. [...] Ces conditions n'ayant pas été respectées, la présence de l'hydrolienne ne peut être tolérée davantage ». L'équipement doit être retiré et les lieux, restaurés dans leur état d'origine. Une telle turbine peut produire 250 kW d'énergie - elle peut faire fonctionner par exemple 50 sécheuses domestiques en même temps.
L'aventure de RER aura coûté 9,3 millions de fonds publics, indique une source au ministère de l'Énergie. En mars 2014, juste avant les élections générales, Québec avait accordé, par l'entremise d'Investissement Québec, un prêt de 8,5 millions à RER, dont 3,4 millions ont été déboursés. Le ministère d'Élaine Zakaïb avait déjà injecté 4,9 millions dans l'aventure. Politiquement, le projet était porteur - les turbines devaient être fabriquées à Bécancour, une région clé pour la réélection du gouvernement péquiste. Une campagne de publicité locale avait été lancée sur ce projet avant l'appel aux urnes du printemps 2014.
Le partenariat prévu entre RER, Hydro-Québec et Boeing était à l'origine un projet de 130 millions - Québec se disait prêt à accorder 85 millions pour ces turbines destinées à produire de l'électricité au moyen du courant hydraulique. Avec la mise de fonds des partenaires, c'est près de 50 millions qui ont sombré dans le fleuve.
LE PROJET ABANDONNÉ APRÈS L'ÉLECTION DES LIBÉRAUX
Le projet visait la mise en place, en deux vagues, de huit turbines - une seule avait été installée, et elle devait être retirée avant le début d'une seconde phase, en octobre 2014. À son arrivée au pouvoir, le gouvernement Couillard avait indiqué qu'il ne souhaitait pas aller de l'avant. Jacques Daoust, ancien président d'Investissement Québec devenu ministre de l'Économie, avait révélé qu'il avait toujours été opposé au projet.
Dans les semaines qui ont suivi, Imad Hamad - sans lien avec l'ex-ministre Sam Hamad - avait multiplié les démarches auprès des ministères et des organismes, cherchant des clients pour l'énergie qui serait éventuellement produite par ses turbines. RER se met sous la protection de la loi sur la faillite en juillet 2014.
Un an plus tard, Télésystème achète les actifs de RER pour 1,5 million - les équipements sont évalués à plus de 2 millions, sans tenir compte de la propriété intellectuelle de RER. Au lancement de ce qui devait être un chef de file mondial dans ce créneau, on parlait de 1000 emplois, une cible ramenée par la suite à 600. En réalité, seulement 35 emplois, temporaires, ont été créés.
La faillite de juillet 2014 a forcé la radiation de 49 millions de créances auprès de 170 entreprises et fournisseurs.

Offre aux juristres de l'État: des hausses de 8,5 % en échange de concessions

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EXCLUSIF
Publié le 26 janvier 2017 à 05h00 | Mis à jour à 06h46
En grève depuis trois mois, les avocats et... (PHOTO PATRICK SANFAçON, archives  LA PRESSE)
En grève depuis trois mois, les avocats et notaires du gouvernement ont rejeté sur-le-champ cette nouvelle proposition déposée mardi soir par le président du Conseil du trésor, Pierre Moreau.
PHOTO PATRICK SANFAÇON, ARCHIVES  LA PRESSE
(QUÉBEC) Québec offre à ses juristes des hausses salariales de 8,5 % en cinq ans et le versement de sommes forfaitaires, a appris La Presse. En contrepartie, il réclame l'abolition d'une prime et une révision des avantages sociaux.
En grève depuis trois mois, les avocats et notaires du gouvernement ont rejeté sur-le-champ cette nouvelle proposition déposée mardi soir par le président du Conseil du trésor, Pierre Moreau.
L'offre, que La Presse a obtenue, se décline ainsi : 
  • 2015-2016 : Un montant forfaitaire - qui ne touche donc pas les échelles salariales - correspondant à 0,30 $ pour chaque heure rémunérée.
  • 2016-2017 : Une hausse salariale de 1,5 %.
  • 2017-2018 : Une hausse salariale de 3 %, financée en partie par l'abolition d'une « prime de fonction juridique de 2 % ».
  • 2018-2019 : Une hausse salariale de 2 %.
  • 2019-2020 : Une hausse salariale de 2 % et un montant forfaitaire correspondant à 0,16 $ pour chaque heure rémunérée cette année-là.
Joint par La Presse, le président de l'association Les avocats et notaires de l'État québécois (LANEQ), Jean Denis, a déclaré que cette offre était insuffisante. « Une hausse qu'on finance soi-même n'est pas une hausse », a-t-il affirmé, ajoutant que le gouvernement leur demande aussi une réduction des avantages sociaux. Il calcule ainsi que la proposition de Pierre Moreau équivaut à des augmentations réelles de « moins de 6 % en cinq ans ».
De leur côté, les procureurs de la Couronne ont obtenu 10 % en quatre ans, à la suite des travaux d'un comité indépendant visant à fixer leurs conditions de travail.
LANEQ réclame la création d'un comité semblable pour ses 1100 membres. Le gouvernement refuse, plaidant que procureurs et avocats n'ont pas les mêmes fonctions et les mêmes responsabilités. Tout au plus l'offre de Pierre Moreau prévoit-elle la mise sur pied d'un groupe de travail visant à « statuer s'il existe un caractère distinctif des avocats et notaires de l'État à l'égard des autres employés de la fonction publique et des procureurs, justifiant d'apporter des modifications au régime actuel de négociation ». Ce groupe serait formé d'un membre choisi par le gouvernement, d'un autre par LANEQ et d'un président désigné par les deux parties « d'un commun accord ».
Pierre Moreau n'a pas voulu commenter son offre en entrevue hier. « On ne négocie pas sur la place publique », a déclaré son attachée de presse, Catherine Poulin.
Lors d'une mêlée de presse plus tôt dans la journée, Pierre Moreau affirmait que les juristes auraient « dans leurs poches », au terme de la convention, « la même masse monétaire que les procureurs ». Bref, si l'on tient compte du salaire mais aussi des cotisations de retraite, les gains nets d'un procureur et d'un avocat seraient semblables au cours des prochaines années, selon le gouvernement.
Pour Jean Denis, le ministre a « carrément menti » en laissant entendre que son offre permettrait de combler l'écart salarial avec les procureurs.
Malgré le désaccord persistant, Québec exclut l'adoption d'une loi spéciale pour mettre fin au conflit de travail, qui dure depuis le 24 octobre dernier. « Je n'ai pas dans mes cartons l'ombre d'une pensée de demander la rédaction d'une loi spéciale parce que ce n'est pas la nature des relations qu'on veut établir entre les juristes et le gouvernement », a affirmé Pierre Moreau.

Google a retiré 1,7 milliard de publicités frauduleuses l'an dernier

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Publié le 26 janvier 2017 à 07h51 | Mis à jour à 07h51
En un seul coup de balai en décembre,... (photo kim jin-a, archives associated press)
En un seul coup de balai en décembre, Google a fermé 22 comptes frauduleux associés à des publicités qui avaient été vues plus de 20 millions de fois en une semaine
PHOTO KIM JIN-A, ARCHIVES ASSOCIATED PRESS
KARIM BENESSAIEH
La Presse
Produits illégaux, promesses irréalistes, prêts usuraires, fausses manchettes menant à des sites vendant des régimes amaigrissants : le web n'a jamais été autant pollué par la publicité frauduleuse. Résultat : Google a retiré en 2016 1,7 milliard de ces « mauvaises publicités », plus du double de l'année précédente, comme elle l'a annoncé sur son blogue officiel hier.
26 MILLIARDS
Revenus publicitaires engrangés par Alphabet, la société mère de Google, pour le troisième trimestre de 2016. La publicité compte pour près de 90 % des revenus totaux du géant des moteurs de recherche, qui devraient dépasser les 120 milliards de dollars canadiens en 2016.
UNE MENACE POUR LE WEB... ET POUR GOOGLE
« Les mauvaises publicités peuvent ruiner l'expérience en ligne de quiconque, écrit Scott Spencer, directeur de produit et publicité durable chez Google. Ultimement, elles peuvent poser une menace aux usagers, aux partenaires de Google et même à l'existence d'un web ouvert. » Pour contrer ce cancer, plus de 1000 employés sur les quelque 62 000 de l'entreprise se consacrent à la traque des publicités enfreignant ses politiques.
LES « MAUVAISES PUBLICITÉS » LES PLUS SOUVENT RETIRÉES
  • 112 millions de « clics piégés » (« trick to click »)
  • 80 millions de pubs « trompeuses ou choquantes »
  • 68 millions vendant illégalement des médicaments 
  • 17 millions proposant des paris illégaux
  • 5 millions offrant des prêts sur salaire
POPULAIRES ET MALFAISANTS
Vous pensiez lire un article sur la nouvelle flamme de Brad Pitt et vous vous retrouvez sur un site vous promettant de perdre 20 livres en deux semaines ? Il s'agit d'un attrape-nigaud plus répandu que jamais en 2016 et qui a mené à la fermeture de 1300 comptes publicitaires associés à Google. « Malheureusement, la popularité de ce type de mauvaise publicité croît parce que les gens cliquent dessus », note M. Spencer. En un seul coup de balai en décembre, Google a fermé 22 comptes frauduleux associés à des publicités qui avaient été vues plus de 20 millions de fois en une semaine.
ET LES FAUSSES NOUVELLES ?
Montrée du doigt pour l'avalanche de fausses nouvelles qui ont influé sur la campagne électorale américaine, Google a réagi timidement en novembre dernier avec une nouvelle politique contre la « fausse représentation » (« misrepresentative content policy »). Dans son billet de blogue d'hier, l'entreprise en a dressé un premier bilan : 550 sites ont fait l'objet d'une enquête et 200 éditeurs ont été « éjectés » du réseau de façon permanente. On ne précise pas cependant s'il s'agissait de sites produisant de fausses nouvelles ou de fraudeurs imitant les sites officiels de médias.