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mardi, novembre 22, 2016

Procès Applebaum: un entrepreneur dit avoir versé 60 000 $ en pots de vin

http://www.lapresse.ca/actualites/justice-et-affaires-criminelles/proces/

Publié le 21 novembre 2016 à 14h06 | Mis à jour le 21 novembre 2016 à 14h06
L'ancien maire par intérim de Montréal entre novembre 2012... (PHOTO PATRICK SANFAÇON, ARCHIVES LA PRESSE)
L'ancien maire par intérim de Montréal entre novembre 2012 et juin 2013, Michael Applebaum,
est accusé de fraude contre le gouvernement, corruption,
abus de confiance et complot.
PHOTO PATRICK SANFAÇON, ARCHIVES LA PRESSE
L'entrepreneur Robert Stein affirme avoir payé 60 000 $ en pots de vin en 2007 pour faire avancer le projet immobilier Troie, qui n'a finalement jamais vu le jour.
« Toute l'expérience a été un désastre », a raconté M. Stein, lundi, alors qu'il témoignait au procès pour corruption de Michael Applebaum. L'homme, qui avait 25 ans au moment des faits, dit avoir été dégoûté par la corruption. Il soutient en avoir même fait une dépression.
Selon son récit, Troie était le premier projet qu'il menait depuis la mort de son père, un entrepreneur immobilier. Il voulait démolir un immeuble délabré, mais encore habité de Côte-des-Neiges, pour construire autre chose et faire de l'argent. Un projet de condos était mal vu dans le secteur, alors un projet de résidences étudiantes s'est imposé pour M. Stein et son associé, Anthony Keeler. Le projet s'élevait à 16 ou 17 millions de dollars. Comme ils manquaient de liquidités, ils se sont associés avec des gens de New York.
Les étapes
Il y avait différentes étapes à franchir pour obtenir l'approbation de la Ville. Lors d'une audience publique, M. Stein s'est rendu compte qu'il y avait de l'opposition. Suite à cela, les deux hommes d'affaires ont été invités à une rencontre avec le maire de l'arrondissement, Michael Applebaum, au bureau de ce dernier. M. Stein en était tout excité, c'était le plus « beau jour de sa vie », a-t-il dit.
La rencontre s'est tenue en présence de M. Applebaum, son attaché politique, Hugo Tremblay, M. Stein et M. Keeler. « M. Applebaum a raconté que c'était difficile politiquement d'appuyer ce projet, car il y avait de l'opposition de la part de groupes communautaires. M. Applebaum a prononcé une phrase qui voulait tout dire, selon M. Stein.
"Il a dit : ''les élections coûtent cher.'' Je comprenais où il allait. Il a parlé d'un cocktail de financement. C'était clair que ça prendrait une compensation financière pour le projet", de dire M. Stein. Ce dernier a précisé qu'il avait assez écouté Les Soprano (The Sopranos), pour savoir de quoi il retournait. D'ailleurs, il avait déjà payé 15 000 $ en "cash" à un fonctionnaire de la Ville, pour le projet de démolition.
M. Stein a dit à M. Applebaum qu'il prendrait 10 billets pour le cocktail de financement à 100 $ pièce. On lui a précisé qu'il fallait donner l'argent comptant, plutôt qu'en chèque. M. Stein pensait que ça allait s'arrêter là, mais non. Dans les semaines suivantes, Hugo Tremblay, l'attaché politique de M. Applebaum, a fait savoir que ça prendrait une "contribution politique" pour que le projet aille de l'avant. La somme était de 35 000 $.
M. Stein et M. Keeler ont avisé leurs associés de New York, qui ont répondu de ne pas donner l'argent et même d'aller voir la police, si on leur faisait une telle demande.
Selon M. Stein, la décision a quand même été prise de payer. Pendant six mois, il a retiré des sommes en argent comptant des divers comptes de banque de l'entreprise pour payer le pot de vin. M. Stein remettait les paquets d'argent à M. Keeler, qui allait les donner à M. Tremblay "en dedans de deux heures." La remise des sommes se faisait discrètement.
Finalement, le projet ne s'est jamais concrétisé. L'immeuble a été revendu pour environ trois millions.
M. Stein sera soumis au contre-interrogatoire de la défense lundi après-midi.
Rappelons que M. Applebaum, qui a aussi été maire par intérim de Montréal entre novembre 2012 et juin 2013, est accusé de fraude contre le gouvernement, corruption, abus de confiance et complot. Le ministère public lui reproche d'avoir exigé et empoché des sommes pour favoriser deux projets immobiliers, soit le projet Troie, dans Côte-des-Neiges, et la gestion du nouveau centre sportif, à Notre-Dame-de-Grâce. Les faits se seraient produits entre 2006 et 2011, alors qu'il était maire d'arrondissement.

La soeur de Sylvie Roy accuse Legault de récupération partisane

http://www.lapresse.ca/actualites/politique/politique-quebecoise/

EXCLUSIF
Publié le 22 novembre 2016 à 05h00 | Mis à jour à 05h00
Nathalie Roy explique que François Legault «utilise publiquement»,... (PHOTO HUGO-SÉBASTIEN AUBERT, ARCHIVES LA PRESSE)
Nathalie Roy explique que François Legault «utilise publiquement», de façon «lamentable», sa défunte soeur, ce qui l'«oblige à réagir publiquement».
PHOTO HUGO-SÉBASTIEN AUBERT, ARCHIVES LA PRESSE
TOMMY CHOUINARD
La Presse
(Québec) François Legault utilise la mémoire de Sylvie Roy à des fins partisanes, accuse la soeur de la députée morte l'été dernier. Habitée par «un sentiment de révolte», Nathalie Roy demande au chef caquiste de cesser ses «agissements indécents».
Elle s'adresse directement à lui dans un texte publié aujourd'hui par La Presse qui s'intitule Laissez ma soeur Sylvie Roy reposer en paix! Elle reproche au chef caquiste son «opportunisme» au cours de l'élection partielle dans Arthabaska, qui vise à trouver un successeur à la députée décédée.
Nathalie Roy ne se cache pas d'avoir donné son soutien au candidat libéral Luc Dastous. Le PLQ avait d'ailleurs publicisé cet «appui de taille» dans un communiqué de presse, le 30 octobre, à l'occasion de l'ouverture officielle du local électoral de Victoriaville.
«En démocratie, en tant que citoyenne, j'ai le droit de donner mon appui à qui je veux», plaide Nathalie Roy dans sa lettre. Elle apporte une précision pour éviter qu'on l'accuse d'être une marionnette : «Vous pourriez dire que c'est un service de communication qui a écrit cette lettre, je vous fournirai mon brouillon écrit de ma main si vous le voulez».
Une utilisation «lamentable» de sa soeur
Nathalie Roy explique que le chef caquiste «utilise publiquement», de façon «lamentable», sa défunte soeur, ce qui l'«oblige à réagir publiquement».

«Le sang se glace dans [ses] veines» en constatant que la Coalition avenir Québec (CAQ) a rendu hommage à Sylvie Roy lors de son congrès de la mi-novembre. Ou encore que son candidat Éric Lefebvre «se qualifie lui-même comme étant son ami».
Il l'a fait entre autres vendredi dernier, au moment où la CAQ demandait formellement au gouvernement Couillard de créer un registre public des délinquants sexuels. Sylvie Roy réclamait cette mesure lorsqu'elle était à l'Action démocratique du Québec. Or, la CAQ n'avait jamais pris position sur le sujet avant le 18 novembre. Son communiqué de presse s'intitulait ce jour-là «Élection partielle dans Arthabaska : Registre des délinquants sexuels, Éric Lefebvre veut poursuivre le travail de Sylvie Roy».
«Vous n'avez jamais autant parlé d'elle lorsqu'elle était vivante et surtout pas avec éloges, mais maintenant qu'elle n'est plus... vous l'aimez, vous l'encensez. Bien sûr, il y a une campagne électorale, mais quel opportunisme!», lance Nathalie Roy à l'endroit de M. Legault.
Elle rappelle que sa soeur était devenue une députée indépendante après avoir « claqué la porte » de la CAQ, en 2015. Et François Legault n'a «pas été tendre à son endroit». «Vous êtes tellement conscient des dommages que vous avez faits, que lors de ses funérailles, vous avez vérifié à deux reprises quelle sorte d'accueil vous auriez», révèle-t-elle.
Le chef caquiste devrait agir avec «plus de dignité, de décence et d'humanisme». «Cessez d'utiliser» Sylvie Roy. «Laissez sa mémoire intacte de tout abus», réclame-t-elle.

L'ombre de Trump plane sur le sommet de l'OTAN

http://www.lapresse.ca/actualites/politique/politique-canadienne/

Publié le 22 novembre 2016 à 05h00 | Mis à jour à 05h00
Justin Trudeau au sommet de l'OTAN en juillet dernier.... (ARCHIVES PC)
Justin Trudeau au sommet de l'OTAN en juillet dernier. Le Canada
arrive au 20e rang des pays contributeurs de l'OTAN sur 28,
 ses dépenses militaires équivalant à environ 1% de son PIB.
ARCHIVES PC
(Ottawa) Les critiques de Donald Trump durant la campagne présidentielle au sujet de la contribution insuffisante de la majorité des membres de l'OTAN pourraient convaincre certains pays européens de revoir à la hausse leurs dépenses militaires. Et le Canada pourrait difficilement faire bande à part face aux critiques du président désigné, estime le député conservateur Pierre Paul-Hus.
De passage à Istanbul, en Turquie, afin de participer à l'Assemblée parlementaire de l'OTAN qui a pris fin hier, M. Paul-Hus a soutenu que plusieurs de ses collègues des autres pays craignaient que les critiques de Donald Trump ne portent ombrage à la session automnale de l'organisation qui regroupe des élus des 28 pays membres de l'OTAN et de 14 pays associés.
Or, les pays européens ont plutôt convenu qu'ils ne peuvent plus se fier uniquement à leurs alliés américains pour mener à bien les grandes opérations militaires aux quatre coins du monde et qu'ils doivent donc mettre davantage l'épaule à la roue en haussant leurs dépenses militaires.
«Il semble que les critiques de Donald Trump aient sonné le réveil de certains pays européens», a indiqué hier M. Paul-Hus en entrevue téléphonique, soulignant les propos que des parlementaires européens lui ont tenus durant les quatre jours de la rencontre.
«Les Européens ont décidé de se regarder dans le miroir. Ils ont convenu que Donald Trump avait raison. Certains pays n'en font pas assez.», ajoute M. Hus. 
«Les investissements des Américains en Europe, sous Barack Obama, sont passés de 1 milliard de dollars à 4 milliards de dollars par année, pour consolider la défense sur le territoire face à la menace de la Russie. Un député britannique s'est levé durant l'Assemblée pour dire que les Européens doivent faire un examen de conscience», a ajouté M. Paul-Hus.
Le Canada montré du doigt?
Le secrétaire général de l'OTAN, Jens Stoltenberg, s'est d'ailleurs servi des critiques de Donald Trump en fin de semaine pour inviter les pays membres de l'alliance militaire à intensifier leurs dépenses militaires. M. Stoltenberg a aussi nommé le Canada à trois reprises parmi les pays qui doivent en faire plus, selon M. Paul-Hus.
Hier, M. Stoltenberg a indiqué aux parlementaires avoir discuté de l'avenir de l'OTAN avec le président désigné Donald Trump vendredi. Durant la campagne électorale, M. Trump a évoqué la possibilité que les États-Unis ne viennent pas en aide aux pays de l'OTAN qui ne respectent pas le critère concernant les dépenses militaires, qui doivent atteindre 2% de leur produit intérieur brut (PIB) respectif. «Il est clair qu'il montrait le Canada du doigt», a dit M. Paul-Hus.
Au 20e rang des contributeurs
À l'heure actuelle, seulement 5 des 28 pays de l'OTAN respectent ce critère : les États-Unis, la Grèce, la Pologne, la Grande-Bretagne et l'Estonie. Le Canada arrive au 20e rang des pays contributeurs, ses dépenses militaires équivalant à environ 1% de son PIB. Pour respecter l'objectif de dépenses militaires fixé par l'organisation, le Canada devrait donc les doubler. Il est peut-être illusoire de penser que le Canada pourrait doubler du jour au lendemain ses dépenses militaires, a convenu le député conservateur, qui est aussi membre du comité permanent de la défense de la Chambre des communes. Mais il est évident que le gouvernement Trudeau a choisi une autre voie en reportant dans le dernier budget des dépenses de 3,7 milliards de dollars.
Pour M. Paul-Hus, qui a été élu vice-président de la commission de défense et de sécurité de l'Assemblée parlementaire de l'OTAN, en fin de semaine, il est évident que l'alliance militaire demeure une organisation importante en raison des velléités expansionnistes de la Russie. «Après la fin de la guerre froide, la pertinence de l'OTAN a peut-être diminué. Mais la montée en puissance des organisations terroristes et les gestes faits par la Russie en Crimée et en Syrie» en montrent la pertinence, a dit M. Paul-Hus.