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samedi, novembre 21, 2015

En français s’il vous plaît

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À Montréal, les pénalités ne sont annoncées qu’en anglais, même si l’arbitre est... francophone!

MARC DE FOY
MISE à JOUR 
À Montréal, les pénalités ne sont annoncées qu’en anglais, même si l’arbitre est... francophone!  La scène se déroule régulièrement durant la saison de hockey au Centre Bell. Marc Joannette, Justin Saint-Pierre ou Frédérick l’Écuyer, pour ne nommer que ceux-là, s’arrêtent devant le banc des pénalités, allument leur micro et signalent en anglais à la foule majoritairement francophone une punition infligée à un joueur ou la raison d’un but refusé.
Lors du match de jeudi contre les Coyotes de l’Arizona, un journaliste américain est venu me glisser à l’oreille sa pensée sur cette situation.
«Ça fait bizarre de voir Éric Furlatt, un arbitre québécois francophone pure laine, né à Trois-Rivières, s’exprimer uniquement en anglais devant des milliers de ses compatriotes, m’a-t-il dit.
«Il pourrait le faire aussi en français par respect et par courtoisie pour les spectateurs.»
J’ajoute par respect pour lui-même.
Question de relations publiques
Personne ne conteste que l’anglais est la langue de travail dans la Ligue nationale de hockey.
L’arbitrage est la responsabilité de la ligue, mais quand les arbitres s’adressent aux spectateurs, cela relève du domaine des relations publiques.
À l’époque des Nordiques, il y avait bien des journalistes anglo-saxons qui se plaignaient que les messages livrés par l’annonceur maison n’étaient dits qu’en français. Mais les buts et les pénalités étaient annoncés dans les deux langues sur la galerie de presse.
Je ne sais pas si la LNH a fait des pressions auprès de Marcel Aubut, mais les Nordiques n’ont jamais modifié leur politique.
Pas de changement en vue
Pourquoi les neuf arbitres francophones de la Ligue nationale de hockey, qui ne sont pas tous Québécois soit dit en passant, ne pourraient-ils pas s’adresser à la clientèle du Centre Bell dans les deux langues officielles du Canada?
J’ai posé la question hier à Colin Campbell, vice-président des opérations hockey de la ligue.
Aussi bien vous le dire tout de suite, sa réponse m’a donné la nette impression que la ligue n’entend rien changer.
Campbell insiste pour dire que ce n’est pas un désaveu envers la langue française et qu’il s’agit exclusivement d’une question d’uniformité et de logistique.
«Nous voulons être uniformes dans ce que nous faisons, a-t-il expliqué.
«Que ferait-on avec les officiels qui ne parlent pas français?» a-t-il demandé.
Qu’ils procèdent en anglais seulement, c’est tout, lui ai-je répondu.
Campbell a parlé aussi d’une question de temps, prétextant que cela aurait un effet sur la durée des matchs.
Voyons donc!
À l’heure de la mondialisation
La LNH est un circuit international.
Les Québécois, bien que moins nombreux aujourd’hui, y sont depuis longtemps.
La ligue l’a finalement compris en créant un site web francophone, un geste digne de mention.
Le site est aussi disponible en langues russe, finlandaise, tchèque, slovaque et allemande, signe de ce que la LNH est devenue ces 35 dernières années.
La planète s’est transformée en grande banlieue.
Des Asiatiques jouent dans les Ligues majeures de baseball et dans la NBA où on retrouve aussi des ­Européens et des Africains.
Des joueurs de soccer européens et sud-américains jouent aux quatre coins du globe.
À Los Angeles, les matchs des Dodgers sont radiodiffusés en espagnol avec l’ancien grand lanceur gaucher Fernando Valenzuela au micro.
Les spectateurs d’origine mexicaine se comptent par milliers au Dodger Stadium.
Comme les Francophones dans les estrades du Centre Bell.
Où allons-nous si un arbitre francophone n’a pas le droit de communiquer publiquement avec nous dans notre propre langue?

LE CANADIEN POURRAIT FAIRE QUELQUE CHOSE

Bien que l’arbitrage relève de la LNH, le Canadien pourrait faire quelque chose en ce qui a trait au sujet dont je vous entretiens aujourd’hui.
C’est du respect de sa clientèle qu’il s’agit après tout.
Geoff Molson respecte les francophones et leur parle dans leur langue. 
Son chef de l’exploitation, Kevin Gilmore qui est natif d’Arvida, parle français comme vous et moi.
P.K. comprend
Les joueurs du Canadien ont accès à des cours de français.
P.K. Subban se défend bien. Comme Bob Gainey, Larry Robinson et Bobby Smith l’avaient fait dans le temps, Subban s’est adapté à la société québécoise.
Il fait son possible pour parler français et va lui-même au-devant des gens. Il est conscient du fait français. 
Michel Therrien et son personnel d’adjoints sont bilingues.
Therrien parle aux arbitres francophones en français durant les matchs.
Certains soirs, on peut très bien lire sur ses lèvres des patois bien de chez nous, si vous comprenez ce que je veux dire.
Ne pas laisser tomber
Ce serait bien si David Desharnais n’était pas le seul franco dans le vestiaire.
Or, depuis que l’équipe s’est remise à gagner, on ne fait plus trop de cas de la représentativité québécoise dans l’équipe.
Comme si ça n’avait plus aucune importance.
Le Canadien gagne, c’est tout ce qui compte.
Les temps ont changé, certes, le monde est en perpétuelle évolution.
Non seulement les joueurs québécois sont peu nombreux dans la LNH, mais la situation risque de ne pas s’améliorer de sitôt. 
Le confrère Mario Morissette nous apprenait cette semaine que plus de 40 pour cent des joueurs de la Ligue de hockey junior majeur du Québec sont nés hors de la province.
Au bout du compte, tous les faits évoqués ci-haut ne veulent pas dire qu’on ne doit pas préserver notre identité là où on le peut.
On a le droit d’être fiers.

Pétrole, taxes, rançons… comment se finance le groupe armé État islamique?

Mise à jour le samedi 21 novembre 2015 à 8 h 47 HNE

Mise à jour le samedi 21 novembre 2015 à 8 h 47 HNE
Un combattant brandit le drapeau du groupe armé État islamique.
Un combattant brandit le drapeau du groupe armé État islamique.  Photo :  Presse canadienne

Le groupe armé État islamique (EI) aurait des revenus de 500 millions de dollars à 2 milliards de dollars par année. Comment s'y prend-il pour recueillir de telles sommes? Et pourquoi la coalition internationale n'arrive-t-elle pas à réduire son enrichissement?
Une entrevue de Marie-Ève MaheuTwitterCourriel
Entrevue avec Thomas Juneau, professeur à l'École supérieure d'affaires publiques et internationales de l'Université d'Ottawa, qui a longtemps travaillé au ministère canadien de la Défense nationale comme analyste stratégique sur le Moyen-Orient.
D'où l'État islamique tire-t-il son argent?
Un bon morceau vient du pétrole. Dans le territoire que l'EI contrôle, il y a des puits, surtout du côté syrien, mais aussi du côté irakien. Il a réussi à s'allier un nombre suffisant de techniciens pour pouvoir les faire fonctionner. C'est là qu'on voit que ce n'est pas juste un groupe terroriste, mais aussi une organisation avec un appareil administratif élaboré. Ça représente des dizaines de millions de dollars américains de revenus par mois.
Comment les djihadistes s'y prennent-ils pour écouler leur stock?
Ce qui est paradoxal - pour ne pas dire tragique -, c'est qu'un des clients principaux de l'État islamique est le régime Assad en Syrie. Souvent, ce n'est pas le gouvernement central à Damas, mais des commandants sur le terrain, qui opèrent de façon presque autonome et qui ont besoin de pétrole. Il y a aussi beaucoup de contrebande vers la Turquie, à travers des intermédiaires clandestins plus ou moins criminels.
Des documents budgétaires de l'État islamique, qui ont été publiés par certains médias, semblent indiquer que le groupe tire plutôt 70 % de ses revenus de la confiscation de biens et de la taxation de la population. C'est contradictoire.
C'est un chiffre qui circule, mais selon moi, le pétrole représente à peu près la moitié des revenus de l'État islamique. Dans l'autre moitié, il y a les taxes locales, l'extorsion et les demandes de rançons pour des ressortissants étrangers, notamment. Plusieurs pays européens embarquent, ce qui a permis à l'EI de récolter des dizaines de millions de dollars américains depuis que le groupe existe. L'État islamique a aussi une organisation qui collecte des taxes localement. C'est également une organisation criminelle, donc il y a des rackets de protection. C'est du chantage. Ils disent : « On va vous protéger et, en échange, donnez-nous de l'argent. Sinon, on ne vous protège pas et on va nous-mêmes vous menacer ».
Comment fonctionne la perception des taxes?
L'EI a pris le contrôle des administrations municipales, surtout dans quelques grandes villes irakiennes, en gardant en poste les fonctionnaires. Au sein de ces administrations, il y a les organisations de perceptions de taxes, et l'EI les a encouragés à ce que ça continue. En échange, ils fournissent des services, comme la collecte de déchets. C'est dans le modèle d'affaires de l'EI.
On entend que les fonctionnaires doivent donner jusqu'à 50 % de leur salaire. Est-ce vrai?
Dans certaines portions de l'Irak, les fonctionnaires continuent d'être payés par Bagdad. C'était une façon de maintenir la fiction que le gouvernement irakien était encore présent. L'État islamique collecte effectivement un pourcentage de ce salaire, mais c'est très difficile de dire combien. Un cas anecdotique faisait état de 10 %.
L'agriculture est également taxée?
Oui, et j'ai déjà lu que l'EI confisquait certaines portions de la production agricole pour la revendre. Mais on ne sait pas si c'est systématique.
On a beaucoup parlé de pillages dans les régions où l'EI a pris le contrôle.
Le pillage a été et demeure important, mais il sera de moins en moins vu que l'EI prend très peu de nouveau territoire. Quand il a pris Mossoul [en Irak] l'an dernier, on a dit un peu partout qu'ils avaient dérobé 400 millions de dollars américains dans la banque centrale. Ce chiffre n'a jamais été confirmé, mais ils auraient volé un certain montant.
L'EI a aussi pillé les propriétés du gouvernement, y compris les bases militaires. Dans le nord-ouest de l'Irak, des bases ont été abandonnées. Il y avait là des véhicules blindés, des munitions, énormément d'arsenaux de l'armée irakienne, qui avaient souvent été fournis par les États-Unis dans les années précédentes et qui ont été saisis par le groupe. Il a aussi pillé des propriétés d'officiels des régimes irakiens et syriens. Ce sont des individus assez corrompus qui avaient de l'argent.
Et les œuvres d'art?
Le site archéologique de Palmyre en Syrie a été pris d'assaut par le groupe armé EI en mai dernier, faisant craindre le pire pour celui-ci.
Le site archéologique de Palmyre en Syrie a été pris d'assaut par le groupe armé EI en mai dernier.  Photo :  iStock
On parle plus d'artéfacts historiques. L'EI a pris le contrôle de plusieurs musées, de sites archéologiques et il contrôle des réseaux de contrebandes. Les artéfacts se retrouvent sur le marché noir autour du monde. Les chiffres sont extrêmement contradictoires. On parle de quelques dizaines de millions à plusieurs dizaines de millions de dollars américains ces trois dernières années. De plus en plus, il y a des efforts internationaux pour bloquer ces initiatives.
On peut donc conclure que le groupe armé État islamique est très riche?
Pas vraiment. Leurs revenus annuels se situent entre 500 millions et 2 milliards. C'est beaucoup d'argent, mais l'armée de l'EI compte près de 100 000 combattants - avec la logistique, le soutien, les cuisiniers, etc. - qui sont tous payés, et bien payés. La raison pour laquelle l'EI a un peu de succès, c'est qu'il paye mieux que le gouvernement irakien.
Le groupe essaie aussi d'agir comme un État, donc il maintient un minimum de service dans la région qu'il contrôle, où il y a très vaguement 10 millions de personnes. Fournir des services, la collecte de vidange, l'entretien de l'équipement, tout ça coute cher. Cinq cents millions à 2 milliards de dollars américains de revenus pour maintenir ce niveau d'opération, ce n'est pas de trop.
Est-ce que l'ÉI est le groupe terroriste le plus riche de l'histoire? Oui, dans un sens étroit. Et non, dans le sens qu'ils ont de grands besoins opérationnels. Des besoins largement supérieurs à ce qu'aucun autre groupe terroriste n'a jamais eu dans l'histoire. Donc ils ne sont pas riches.
Alors, pourquoi la coalition internationale ne tente-t-elle pas de leur couper les vivres rapidement, en bombardant les puits de pétrole par exemple?
La stratégie américaine est de faire très attention pour éviter les victimes civiles et ne pas endommager les infrastructures économiques nécessaires à la reconstruction post-État islamique. Leur calcul est que si l'on tue des civils, on précipite encore plus les populations sunnites dans les bras de l'EI.
Aussi, ils se disent que si l'EI s'effondre ou est vaincu et qu'après, il y a un vide institutionnel, économique et social, on n'est pas plus avancé. Je suis complètement d'accord, vaut mieux être patient.
Mais, il y a quelques jours, les États-Unis ont bombardé un convoi de camions de pétrole qui allait être vendu. Bombarder des convois de camion, ça veut dire des dizaines et de dizaines de chauffeurs morts, qui ne sont pas des membres de l'EI. Ce qui semble être arrivé, c'est que les États-Unis auraient inondé le convoi de dépliants disant « sortez tout de suite », afin d'éviter de faire des victimes civiles. On verra si la stratégie change.
Est-ce dire qu'il n'y a rien à faire?
On ne peut rien faire qui représente un coup d'éclat visible. Mais pour tout ce qui est la contrebande d'artéfacts historiques, du pétrole et plusieurs autres sources de financement par des transferts bancaires illicites, il y a des choses qu'on peut faire. C'est un combat extrêmement complexe et lent de fouiller dans des transactions bancaires, qui ne mène pas à un succès éclatant comme éradiquer un convoi de camions. Mais ce combat se poursuit et progresse, même si ça progresse très lentement.

PKP s'en prend à l'austérité du gouvernement Couillard

http://ici.radio-canada.ca/nouvelles/politique/

Radio-Canada avec La Presse Canadienne
Le chef du PQ, Pierre Karl Péladeau, au conseil national du parti à Sherbrooke, le 21 novembre
Le chef du PQ, Pierre Karl Péladeau, au conseil national du parti à Sherbrooke,
 le 21 novembre

Le Parti québécois entend faire de la lutte contre l'austérité son principal cheval de bataille.
C'est ce qu'a martelé Pierre Karl Péladeau à son arrivée au Conseil national du parti qui se déroule à Sherbrooke en fin de semaine et qui doit porter sur le nouveau plan d'action vers l'indépendance.
Selon lui, les Québécois sont de plus en plus insatisfaits des actions du gouvernement Couillard.
« Le Parti québécois est celui qui a toujours défendu le service public et nous allons continuer de le faire. Nous ne trouvons pas normal que l'on coupe les services de santé et que l'on augmente la rémunération des médecins. Nous ne trouvons pas normal que l'on négocie inadéquatement, que l'on dévalorise le service public et que l'on démolisse le modèle québécois », a-t-il dit en marge du conseil.  
Ces propos vont dans le sens des résultats d'un sondage Léger-Le Devoir-Le Journal de Montréal, paru samedi.
Ainsi, 64 % des Québécois estiment que le gouvernement gère mal les négociations avec les employés du secteur public.
Les mesures d'austérité sont également mal reçues par la population : 55 % des répondants y sont défavorables.
Le taux de satisfaction envers le gouvernement s'établit à 33 %, mais le PLQ demeure en tête dans les intentions de vote avec 35 % d'appuis, trois points devant le Parti québécois. La Coalition avenir Québec suit avec 20 % d'appuis.
Ces dernières semaines, la Coalition avenir Québec et le Parti libéral du Québec ont aussi tenu leur conseil national.