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mercredi, juillet 08, 2015

Maroc : le procès de deux femmes qui ont porté une jupe trop courte suscite des tensions

http://ici.radio-canada.ca/nouvelles/International/

Mise à jour le mardi 7 juillet 2015 à 21 h 42 HAE

De nombreuses manifestations ont eu lieu au Maroc il y a quelques jours pour protester contre l'arrestation de deux jeunes Marocaines de 23 et 29 ans, dont le procès s'ouvrait lundi pour attentat à la pudeur. Les deux jeunes femmes risquent une peine d'emprisonnement pouvant aller jusqu'à deux ans.
Les deux femmes ont été agressées par une foule qui jugeait leur tenue indécente, le 16 juin, pendant qu'elles magasinaient au souk. Elles se sont réfugiées dans une boutique, en attendant l'arrivée de la police, pour ensuite être arrêtées pour attentat à la pudeur.
Bien que le Maroc est un pays reconnu pour être tolérant et qu'il reconnaît le droit à la vie privée, le code pénal restreint beaucoup la liberté d'expression et de conscience, explique la spécialiste en relations interculturelles, Rachida Azdouz. Cette psychologue ajoute que ces événements se sont produits lors du mois du ramadan, un mois qui exacerbe les sensibilités religieuses.
L'arrestation de ces femmes a par ailleurs été effectuée au nom d'un article de loi très flou qui laisse place à l'interprétation, selon Mme Azdouz. La longueur tolérée d'une jupe, par exemple, peut varier. « Est-ce que le fait que cela se soit passé lors du mois du ramadan est un facteur aggravant? », s'interroge-t-elle.
« Ce qui se joue actuellement, ce n'est pas une guerre à finir entre les conservateurs et les progressistes, [...] mais plutôt la capacité du Maroc à apprendre à vivre ensemble et à intégrer les minorités au-delà de la tolérance. »— Rachida Azdouz, psychologue et spécialiste en relations interculturelles à l'Université de Montréal

Le Maroc en transformation?
Mme Azdouz affirme qu'il est dans les moeurs du Maroc que la police agisse aussi comme police des moeurs. Toutefois, il est inhabituel que la foule se fasse justice par elle-même en réprimant ceux qui ne respectent pas la religion du pays.
Un autre phénomène nouveau dans ce pays africain est la revendication des minorités d'être reconnues et d'obtenir des droits, et de ne plus être simplement tolérées et protégées. Les minorités marocaines, en regardant celles du reste du monde, souhaiteraient désormais pouvoir afficher leurs différences sur la place publique, plutôt que de les montrer dans le privé.
Toutefois, il existe des sacralités inviolables au Maroc, dont la religion. « Le Maroc est un peu mal pris, car comment concilier ça [sa tolérance] avec une religion d'État? », soutient Mme Azdouz.

CHUM: pas d'indemnité de départ pour le Dr Jacques Turgeon

http://www.lapresse.ca/actualites/sante/

Publié le 07 juillet 2015 à 11h47 | Mis à jour le 08 juillet 2015 à 06h15
Selon un communiqué diffusé par le CHUM, le... (PHOTO ANDRÉ PICHETTE, ARCHIVES LA PRESSE)
PHOTO ANDRÉ PICHETTE, ARCHIVES LA PRESSE

Selon un communiqué diffusé par le CHUM, le Dr Jacques Turgeon a accepté l'offre d'une entreprise américaine du secteur de la santé afin d'y poursuivre son travail en recherche et développement

Denis Lessard
DENIS LESSARD
La Presse
(Québec) Comme il a choisi de quitter son poste de directeur du CHUM, le Dr Jacques Turgeon n'a droit à aucune indemnité de départ, a précisé mardi la direction du super hôpital après le nouveau coup de théâtre de l'annonce du départ du PDG.
«Il avait le même contrat que tous les PDG du réseau, il n'y a pas d'indemnité quand on démissionne», d'expliquer Irène Marcheterre, la responsable des communications du CHUM. Par contre, un cadre de la santé qui perd son poste a droit à un an de salaire.
La décision de M. Turgeon, transmise lundi soir au ministère de la Santé, a été officialisée par une réunion du conseil de direction de l'établissement mardi matin. Le pharmacien a accepté un poste aux États-Unis, des fonctions qu'il occupera à compter de septembre prochain. Son point de chute n'a pas été communiqué, mais il semble qu'il travaillera pour une organisation cotée en Bourse qui n'a pas l'intention de se faire connaître pour l'instant. Il aura été en poste au CHUM plus d'un an - il était entré en poste en juin 2014 et avait été renommé pour trois ans, ce printemps, conformément aux dispositions de la loi 10.
Pour Diane Lamarre, la critique du PQ en matière de santé, ce départ-surprise laisse l'impression qu'il demeure des inconnues dans les rapports entre M. Turgeon et le ministre de la Santé, Gaétan Barrette. M. Turgeon avait démissionné avec fracas en mars, accusant le ministre d'ingérence politique, pour étonnamment revenir sur sa décision une semaine plus tard. «Cette démission est très étonnante. On avait compris qu'il y avait entente et que M. Turgeon avait carte blanche, a souligné la député péquiste. M. Turgeon avait déjà à l'époque cette offre d'emploi, il l'aurait eue dans trois ans», soutient-elle. Selon elle, en coulisse, M. Turgeon n'a pu obtenir du ministre les garanties d'autonomie qu'il souhaitait pour sa gestion.
À l'époque de la querelle avec le ministre Barrette, M. Turgeon s'était rendu à un colloque à La Nouvelle-Orléans et des rumeurs d'emploi aux États-Unis avaient alors circulé.
Dans un communiqué diffusé mardi, le CHUM précise que «le Dr Turgeon a indiqué qu'il avait accepté l'offre d'une entreprise américaine oeuvrant dans le domaine de la santé, afin d'y poursuivre son travail en recherche et développement. Cette opportunité professionnelle permettra au Dr Turgeon de mettre en valeur ses connaissances, ses habiletés de gestionnaire de haut niveau et son expertise mondiale dans le domaine des interactions médicamenteuses».
Le Dr Turgeon soutient qu'il laisse le CHUM «en dépit des événements des derniers mois, avec le sentiment du devoir accompli». «Le CHUM est en bon ordre et le nouvel hôpital accueillera son premier patient à l'été 2016 comme prévu», a-t-il affirmé.
Un long feuilleton
C'est un nouveau développement dans un feuilleton rempli de volte-face qui aura suscité une crise sans précédent dans le principal établissement du réseau de la santé au Québec.
En mars dernier, M. Turgeon avait démissionné avec fracas du CHUM pour dénoncer l'intervention du ministre de la Santé, Gaétan Barrette, dans le choix du directeur du service de chirurgie. M. Barrette voulait que le poste soit réservé à une de ses bonnes connaissances. M. Turgeon avait qualifié cette intervention d'«abus de pouvoir» et d'«ingérence» et avait démissionné de son poste avec plusieurs membres du conseil d'administration.
Dès lors, a-t-on appris, M. Turgeon envisageait un poste aux États-Unis, mais après avoir exploré cette possibilité - il se serait même rendu sur place -, il s'était ravisé. Après une semaine de crise, tout était subitement rentré dans l'ordre. M. Turgeon avait, à la surprise générale, retiré sa démission et rendu publiquement hommage au ministre Barrette, qu'il avait dénoncé quelques jours plus tôt.

À DÉCOUVRIR SUR LAPRESSE.CA

Le Canada doit s'expliquer à l'ONU sur le respect des droits de la personne

http://www.985fm.ca/national/nouvelles/

Publié par La Presse Canadienne le mardi 07 juillet 2015 à 18h35. Modifié par Léandre Drolet à 21h48.
Le Canada doit s'expliquer à l'ONU sur le respect des droits de la personne
OTTAWA - Le gouvernement canadien a fait la sourde oreille à la demande du Comité des droits de l'homme de l'ONU, qui voulait connaître les mesures prises ou envisagées par Ottawa pour surveiller le comportement des pétrolières, minières et gazières canadiennes à l'étranger.
Le comité des Nations unies avait aussi demandé au Canada d'indiquer les moyens juridiques dont disposent «les victimes d'atteintes aux droits de l'homme résultant des activités à l'étranger des entreprises extractives canadiennes». Certaines de ces compagnies canadiennes à l'étranger sont actuellement poursuivies pour mauvais traitements.

Le Comité des droits de l'homme de l'ONU a amorcé mardi, à Genève, son premier examen en 10 ans du bilan du Canada relativement au Pacte international relatif aux droits civils et politiques, dont il est signataire.

Le comité avait aussi posé au gouvernement canadien des questions sur l'équité hommes-femmes, la disparition et l'assassinat de centaines de femmes et filles autochtones, ou certaines mesures antiterroristes — notamment l'échange d'informations avec des agences de renseignement étrangères.

Aiguillé au préalable par une vingtaine de groupes de défense des droits de la personne, dont la Commission canadienne des droits de la personne et Amnistie internationale, le comité avait posé au Canada 24 questions, par écrit, en novembre dernier.

Le gouvernement canadien comparaissait mardi pour y répondre, mais dans son préambule de six pages, la haute fonctionnaire Laurie Wright, du ministère de la Justice, n'a pas du tout évoqué la question des entreprises canadiennes à l'étranger. Elle a plutôt insisté sur quatre thèmes, soit le terrorisme, le traitement des immigrants et deux autres thèmes en lien avec le traitement des affaires autochtones.

Les membres du Comité des droits de l'homme sont ensuite revenus à la charge, tentant d'en apprendre plus sur les activités à l'étranger des entreprises extractives canadiennes et sur plusieurs autres thématiques que Mme Wright avait évité d'aborder dans son préambule.

Le secrétaire-général d'Amnistie internationale Canada, Alex Neve, était présent à l'audience. Il a souligné que des membres du comité avaient rappelé que le traité de l'ONU ne concernait pas uniquement ce qui se déroulait à l'intérieur des frontières d'un pays, mais également la conduite générale de ses citoyens.

Le gouvernement canadien était aussi invité à expliquer au comité de l'ONU «les restrictions illicites qui auraient été imposées au droit de réunion pacifique», notamment lors des manifestations étudiantes de 2012 au Québec, des manifestations au sommet du G-20 en 2010 à Toronto et des manifestations de communautés autochtones.

Le comité onusien devrait présenter ses conclusions dans deux semaines, après avoir passé en revue le bilan de plusieurs pays, dont la Grande-Bretagne, la France et l'Ouzbékistan.