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dimanche, février 26, 2017

Kim Jong-Nam a succombé à une mort «très douloureuse»

http://www.lapresse.ca/international/asie-oceanie/

Publié le 26 février 2017 à 07h24 | Mis à jour à 07h24
Kim Jong-Nam... (Photo Toshifumi Kitamura, archives Agence France-Presse)
Kim Jong-Nam
PHOTO TOSHIFUMI KITAMURA, ARCHIVES AGENCE FRANCE-PRESSE
FREDERICK ATTEWILL
Agence France-Presse
Kuala Lumpur
Le demi-frère du numéro un nord-coréen a succombé à une mort rapide et probablement «très douloureuse» après avoir reçu un puissant agent neurotoxique à l'aéroport de Kuala Lumpur, a révélé dimanche un ministre malaisien tandis que le théâtre de cet assassinat était déclaré exempt de tout danger.
La Malaisie a révélé vendredi que le meurtre, le 13 février, de Kim Jong-Nam, demi-frère de Kim Jong-Un tombé en disgrâce, avait été perpétré avec du VX, un agent neurotoxique classé comme arme de destruction massive, dans un scénario digne d'un roman d'espionnage.
Sur des images de vidéosurveillance, on peut voir Kim Jong-Nam approché de dos par deux femmes dont l'une lui projette apparemment quelque chose au visage. La victime avait ensuite été conduite à la clinique de l'aéroport avant de succomber pendant son transfert à l'hôpital.
«Il est mort dans l'ambulance. Il s'est évanoui dans la clinique. Il est mort en 15 ou 20 minutes», a déclaré le ministre de la Santé S. Subramaniam. La mort a dû être «très douloureuse», a-t-il poursuivi, ajoutant que les résultats de l'autopsie suggéraient que la victime âgée de 45 ans avait succombé à une «paralysie très grave».
Les deux femmes soupçonnées d'avoir administré la substance ont été placées en détention provisoire, de même qu'un Nord-Coréen. La police veut entendre sept autres Nord-Coréens -- dont un diplomate de l'ambassade de Corée du Nord à Kuala Lumpur --, mais quatre des suspects ont fui la Malaisie le jour de l'assassinat.
Les deux suspectes affirment qu'elles ont été dupées bien que la police malaisienne assure qu'elles savaient ce qu'elles faisaient.
Le VX est une version plus mortelle du gaz sarin, indolore, inodore et hautement toxique. Les agents neurotoxiques stimulent excessivement les glandes et muscles, ce qui les fatigue rapidement et attaque la respiration.
D'après M. Subramaniam, «seuls 10 mg de VX suffisent pour provoquer la mort». «Les niveaux d'absorption étaient si rapides que le type a présenté des symptômes en quelques minutes», a ajouté le ministre.
Pendant toute la nuit, les personnels de la défense civile avaient passé au crible le terminal 2 de l'aéroport de Kuala Lumpur. Les autorités ont ensuite déclaré n'avoir rien trouvé et que les lieux étaient sûrs.
La police avait établi un cordon de sécurité dans une grande partie du terminal sous les regards des curieux. Trois zones ont été bouclées, «la scène de l'attaque, les toilettes où les deux suspectes se sont lavé les mains et le chemin emprunté pour aller à la clinique de l'aéroport», selon un porte-parole.
L'enquête continue
Cette opération menée près de deux semaines après l'assassinat en a surpris plus d'un.
«Je suis un peu inquiet», a déclaré à l'AFP Hariz Syafiq, étudiant de 21 ans en attendant son vol. «Pourquoi n'ont-ils pas placé l'aéroport sous quarantaine? C'est un peu étrange».
L'une des suspectes, Siti Aisyah, une Indonésienne de 25 ans, a raconté avoir reçu l'équivalent de 90 dollars pour prendre part à ce qu'elle pensait être une émission de télévision de type caméra cachée, selon un haut diplomate cité par les médias. Elle pensait manipuler de «l'huile pour bébé».
Elle ne connaissait pas l'autre suspecte, selon la même source.
Doan Thi Huong, Vietnamienne de 28 ans, a raconté aux autorités vietnamiennes avoir été piégée et qu'elle pensait elle aussi participer à un vidéo gag.
La police a déclaré que l'une des suspectes était tombée malade après son arrestation, et avait été prise de vomissements.
Abdul Samah Mat, chef de la police de l'État de Selangor, où est situé l'aéroport, a expliqué à la presse que l'enquête se poursuivait dans un complexe résidentiel de Kuala Lumpur, en lien avec les quatre Nord-Coréens ayant fui la Malaisie le jour du meurtre.
Des prélèvements ont été effectués sur les lieux aux fins d'analyses chimiques.
L'annonce de l'emploi du VX a semé la colère en Malaisie. La Corée du Sud, qui depuis le début de cette affaire pointe un doigt accusateur sur son voisin du Nord, a dénoncé une «violation patente de la Convention sur les armes chimiques».
Jeudi, Pyongyang a rompu le silence qu'il conservait depuis l'assassinat en tirant à boulets rouges sur la Malaisie, accusée d'être responsable du décès et de comploter avec la Corée du Sud.

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mercredi, février 15, 2017

Meurtre du demi-frère de Kim Jong-Un: une femme arrêtée

http://www.lapresse.ca/international/asie-oceanie/

Publié le 15 février 2017 à 06h29 | Mis à jour à 07h26
Sur ces images de l'aéroport apparait la femme... (Star TV via AP)
Sur ces images de l'aéroport apparait la femme qui a été arrêtée, en avant-plan avec le gilet blanc.
STAR TV VIA AP
M JEGATHESAN, PARK CHAN-KYONG
Agence France-Presse
KUALA LUMPUR et SEOUL
Les policiers malaisiens qui enquêtent sur le meurtre du demi-frère en disgrâce du dirigeant nord-coréen Kim Jong-Un ont arrêté une suspecte mercredi, après cet assassinat aux relents de Guerre froide imputé par Séoul à des agents nord-coréens.
Tandis que la Corée du Sud évoquait un assassinat au poison perpétré par des espionnes nord-coréennes, la police de Kuala Lumpur a annoncé l'arrestation d'une femme détentrice d'un passeport vietnamien.
Cette annonce survient 24 heures après celle de la mort de Kim Jong-Nam, 45 ans, fils aîné du dirigeant défunt Kim Jong-Il qui vivait en exil depuis des années. Certains médias ont évoqué un liquide lancé au visage de la victime.
Ce meurtre, à quelques jours des célébrations en Corée du Nord de la naissance du défunt Kim Jong-Il, a été présenté par Séoul comme une preuve de «la brutalité et la nature inhumaine» du régime de Pyongyang.
Des images de la vidéosurveillance publiées par les médias malaisiens montrent une Asiatique présentée comme l'une des suspectes, vêtue d'un haut de couleur blanche frappé des lettres «LOL».
Le chef de la police malaisienne, Khalid Abu Bakar, a déclaré que Doan Thi Huong, 28 ans, avait été arrêtée à l'aéroport de Kuala Lumpur dans la matinée. La police n'a fourni aucune explication sur la raison de la présence de cette femme à l'aéroport deux jours après l'assassinat qui y a eu lieu.
L'Asiatique a été «formellement identifiée à partir des caméras de surveillance à l'aéroport et était seule au moment de l'arrestation».
Maux de tête
Le corps de la victime était en cours d'autopsie à Kuala Lumpur.
Il s'agit du plus haut personnage assassiné sous le règne de Kim Jong-Un depuis l'exécution en décembre 2013 de l'oncle du jeune leader nord-coréen, Jang Song-Thaek, un temps numéro deux officieux du régime.
Le chef du renseignement sud-coréen Lee Byung-Ho a déclaré que les meurtrières avaient commis leur crime au moment où Jong-Nam s'apprêtait à prendre un vol pour le territoire chinois de Macao où il a passé plusieurs années en exil.
La police malaisienne a expliqué que la victime traversait le hall des départs au moment de l'attaque.
«Il a dit à l'accueil du hall des départs que quelqu'un l'avait attrapé par-derrière au visage et l'avait aspergé d'un liquide», a déclaré le chef de la police criminelle de l'État de Selangor, Fadzil Ahmat, selon le journal malaisien The Star.
«Il a demandé de l'aide et a immédiatement été envoyé à la clinique de l'aéroport. À ce moment-là, il disait souffrir de maux de tête et semblait sur le point de s'évanouir», a-t-il dit.
«À la clinique, il a été victime d'une crise cardiaque. Il a été placé dans une ambulance et était en route vers l'hôpital de Putrajaya quand son décès a été prononcé».
Disgrâce
Kim Jong-Nam, un temps pressenti pour être l'héritier du régime, était tombé en disgrâce après une bourde monumentale en 2001. Il avait été arrêté à l'aéroport de Tokyo avec un passeport falsifié de la République dominicaine. Il aurait alors affirmé qu'il voulait visiter Disneyland.
Après cette mésaventure, Kim Jong-Nam avait vécu de fait en exil avec sa famille, à Macao, Singapour ou en Chine. Il se disait qu'il se rendait souvent à Bangkok, à Moscou et en Europe.
Vers la fin du règne de son père, il s'était montré critique quant à la succession dynastique à la tête du régime nord-coréen. Il avait en outre émis de sérieux doutes quant aux capacités de son demi-frère quand celui-ci avait pris le pouvoir fin 2011.
Les annonces de purges, d'exécutions et de disparitions -- certaines étant confirmées, d'autres non -- sont depuis lors fréquentes.
Et Kim Jong-Nam avait écrit en 2012 à Kim Jong-Un pour l'implorer de l'épargner, lui et sa famille, ont affirmé mercredi des députés sud-coréens après une rencontre avec le patron des renseignements du Sud.
De l'avis de Cheong Seong-Jang, chercheur à l'Institut Sejong, groupe de réflexion à Séoul, il est «impensable» qu'un tel  meurtre ait pu être commis sans un ordre direct de Kim Jong-Un.
Cet assassinat, a-t-il estimé, a probablement été motivé par de récentes informations selon lesquelles Kim Jong-Nam aurait cherché depuis 2012 à faire défection aux États-Unis, en Union européenne ou en Corée du Sud.
À Pyongyang, les célébrations de l'anniversaire, le 16 février, du défunt Kim Jong-Il ont été lancées mercredi avec un gala de patinage artistique lors duquel évoluaient des fillettes en tenues pastel à froufrous.
L'agence officielle nord-coréenne KCNA n'ayant pas annoncé ce décès, il est probable que la vaste majorité des Nord-Coréens n'étaient pas au courant.