Donald Trump annonce un investissement japonais massif

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Publié le 06 décembre 2016 à 14h56 | Mis à jour le 06 décembre 2016 à 18h21
Donald Trump a accueilli le PDG de SoftBank, Masayoshi... (PHOTO AP)
Donald Trump a accueilli le PDG de SoftBank, Masayoshi Son, à la tour Trump, mardi.
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IVAN COURONNE
Agence France-Presse
Fayetteville
Le président élu américain Donald Trump a affirmé mardi qu'un géant japonais des télécoms investirait grâce à lui 50 milliards de dollars aux États-Unis, avec 50 000 emplois à la clé, une annonce choc qui précède une nouvelle étape de sa tournée de victoire.
Sur Twitter, le républicain qui prendra ses fonctions le 20 janvier a annoncé que le PDG du groupe SoftBank, Masayoshi Son, était «d'accord» pour investir cette somme dans l'économie américaine.
«Masa a dit qu'il ne ferait jamais ça si nous n'avions pas remporté l'élection», s'est-il vanté.
Puis le milliardaire japonais a été vu à la Trump Tower de New York, où il a précisé à la presse que les emplois allaient être créés par le biais d'investissements dans des startups.
«Je suis venu fêter son nouveau travail», a déclaré M. Son. «Je lui ai dit: «C'est super, les États-Unis vont retrouver leur grandeur»», a ajouté le PDG, en paraphrasant le slogan de campagne de Donald Trump.
Malgré l'absence de détails, la nouvelle s'est répandue comme une traînée de poudre parmi les partisans du prochain président, qui avait également annoncé la semaine dernière avant un meeting un accord surprise avec un fabricant américain de climatiseurs, Carrier, pour annuler la délocalisation d'une usine au Mexique.
Après Carrier, «aujourd'hui il a eu la banque chinoise Sunbank, 50 000 emplois, c'est super», s'est réjouie Joann Chylinski, dans la file d'attente du meeting organisé par Donald Trump mardi soir à Fayetteville, en Caroline du Nord, en confondant certains détails.
«C'est un homme d'affaires qui négocie, pas un simple politicien», a renchéri son mari Stanley, petit patron de 60 ans.
Quatre semaines après la victoire de Donald Trump, ses électeurs se réjouissent ainsi que leur candidat fassent déjà ses preuves, sans rien avoir perdu de son côté iconoclaste.
L'annonce tôt mardi, encore sur Twitter, qu'il voulait annuler la commande d'une nouvelle flotte d'avions Air Force One à Boeing en raison de surcoûts illustre selon eux la capacité du milliardaire à bouleverser les règles du jeu, comme il l'avait promis en campagne.
«C'était une super décision», dit spontanément Carlysle Hill, 18 ans, qui venait d'apprendre la nouvelle sur internet.
Et c'est d'ailleurs dans une ambiance de campagne que Donald Trump s'exprimera mardi à Fayetteville, en compagnie du populaire général à la retraite James Mattis, tout juste choisi pour diriger la Défense.
Le lieu du meeting, le Crown Coliseum, est connu: le candidat Trump s'y est rendu plusieurs fois pendant la campagne, pour des réunions publiques houleuses, voire violentes.
Flou ou pragmatique?
«C'est une tournée pour faire plaisir à son ego», se lamente un banquier à la retraite, Steve Plummer, dans une petite ville rurale sur la route de Fayetteville. «Il vient exulter devant tous ceux qui n'ont pas voté pour lui».
«Il fait semblant de vouloir rassembler le pays», dit ce démocrate dépité. «C'est un comble, car c'est lui la cause des divisions».
Reste que le président élu, après un début de transition chaotique, a rapidement trouvé son rythme. Il est en avance sur ses prédécesseurs pour former l'équipe gouvernementale qui prendra les rênes de l'Amérique le 20 janvier.
Ce faisant, il n'a pas changé ses habitudes de communication ni sa façon de brouiller les pistes politiques, adoptant la même posture de négociateur imprévisible que le candidat.
S'arrêtant une fois n'est pas coutume devant la presse dans le hall de son immeuble, Donald Trump s'est félicité de la diversité des visiteurs reçus dans son QG: républicains conservateurs et modérés, fidèles et ex-ennemis, milliardaires et chefs d'entreprises, et même des élus démocrates, comme la maire de Washington, Muriel Bowser.
«Beaucoup de gens viennent nous voir, un groupe formidable de gens, tout va très bien», a déclaré le républicain.
Sur le fond, Donald Trump reste fidèle à sa méthode: au-delà des déclarations fracassantes, cultiver l'ambiguïté et ne pas dévoiler ses cartes avant la négociation.
Cuba, Iran, climat, santé: les élus démocrates comme républicains avec qui il devra composer à partir de janvier confient attendre toujours des propositions précises du successeur de Barack Obama.
L'actuel secrétaire d'État John Kerry a même assuré mardi depuis Bruxelles que l'alternance ne changerait pas «l'engagement inébranlable des États-Unis» envers l'OTAN, l'alliance militaire tant critiquée par Donald Trump pendant la campagne.